Lettre de M. A. Mathias,... député à l'Assemblée nationale, servant de réponse à la dénonciation faite le 2 août, par M. J.-F. Gaultier, ancien député d'Auvergne

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impr. de Vezard et Le Normant ((Paris,)). 1790. In-8° , 15 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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D E M. A. MATHIAS,
curé d ' Eglifr-Neuve ,
Député à l ' Affemblée nationale,
SERVANT de réponse à la dénonciation
fàíte le 2 août ,
Par M, J. F, GAULTIER,
autre député d'Auvergne,
Ex verbis ruis condemnaberis.
S, Matth, chap. 12 , y. 37
L E T T R E
A M. J. F. G A U L T I E R, député à
l' affemblée nationale , au fujet d'une
dénonciation faite le 2 Août , contre
A. MATHIAS, curé d'Eglife-Neuve ,
député à l ' assemblée nationale,
Mo N S I E U R,
Vous m'avez calomnié auprès de l'affemblée
nationale dans un de ces accès de frénésie
aveugle que vous prenez apparemment pour
du pur patriotifme.
A 2
4
Vous m'avez dénoncé, moi votre compa-
triote & votre collegue , comme coupable ou
complice d'un projet, formé felon Vous, de
tranfporter une grande partie des habitans de
la France fur les rives du Scioto, Bien plus ,
la perfidie envers :les particuliers fe joint en
moi au crime de lefe-nation ; & je garde l'ar-
gent dont ils ont payés de vaines efpérances ,
cruellement déçues. Tel eft le double délit que
vous m'avez imposé le 2 août au foir. A" cette
occasion , vous avez demandé un tribunal au-
quel vous puiffiez me traduire. Les follicu-
laires, échos affidus de la calomnie, & fou-
vent ( vous le savez ) à ses gages , ont répétés
& m'ont appris la vôtre ; car, soit prudence
de votre part, soit par effet du hasard , j'étois
absent de rassemblée, lorsque toute espèce de
vraisemblance, je dirai plus, contre votre propre
conscience, vous m'avez imputé ces horreurs.
Le démenti que je n'ai pu vous donner fur
l ' heure même., & pour lequel je n'ai pas cru
devoir interrompre ensuite les importantes oc-
cupations de l'affemblée nationale , je vous le
donne aujourd'hui de la maniere la plus for-
melle (1).
(I) C' eft au tribunal de la nation, monfieur,
Quelque jugement que l'on porte fur ta com-
pagnie du Scioto, je fuis entièrement étranger à
fes intérêts, à ses projets, , à ùses spéculations;..
je ne l'ai connues que par le profpectus qu'elle,
fit diftribuer il y. a quelques mois r fous une
autorifation impofante. Les avantages qu'il pré-
sentait firent impreffion sur quelques jeunes
gens de ma province, de notre patrie , & fur.
leurs parens qui m ' engagerent à leur rendre à
cette occasion les fervices qui dépendroient
de moi. Je. crus ne devoir pas leur refufer
Cette démarche me parut d'autant plus inno-
cente que j'appris que votre patriotisme om-
brageux n'en étoit point allarmé. Vous regar-
deriez alors la chose en calculateur qui; connoît
les droits de l ' homme ; et bien fûr que la
constitution ne met point d'obftacle à l'émi-
gration volontaire d'un citoyen , que des efpé-
rances trop souvent illufoires arrachent à fon
pays natal, vous n'attendiez, pour faire partir
un de vos neveux ou parens, que le moment
où la spéculation fur Scioto. aurbit acquis un
degré de consistance qu'elle n'avoit point encore.
que je vous accufe de calomniateur : c'eft fur-tout,
a celui de nos concitoyens , où nous fommes con-
nus , vous & moi: tôt ou tard ils nous jugeront.
Mes jeunes gens plus vifs, plus, pressés de
jouir, & dont une plus longue attente eût al-
téré trop sensiblement les foibles moyens,
voulurent tenter l'aventure : ils partirent. Mais
l ' amour de la patrie, la crainte des événe-
mens, la fatigue du voyage, & les les relations
peu avantageuses que leur firent quelques par-
ticuliers au Havre , les ramenerent. Je fus en-
core chargé par leur famille de demander la
résiliation de l'acte qu'ils avoient fait, en par-
tant , avec la compagnie du Scioto ; & cette
compagnie , ( je dois cet hommage à la juftice
& à la force de la vérité , ) fe conduisit avec
toute la prudence & le désintéressement poffï-
bles : elle résilia l'acte & remit aux intéreffés
l'argent qu'elle en avoitreçue.
Tels font les faits, monsieur, ce n'eft pas
pour vous qui les connoiffez, au moins en
partie, & qui au reste pouvez si aifement vous
en instruire, mais c'eft pour nos compatriotes
& nos collegues que je les rappelle. Les pièces
ci-jointes en fourniroient la preuve complette
fi mon caractere connu de mes compatriotes,
l'abfurdité même de l'inculpation pouvoient
permettre à. cet égard le moindre doute.
J'ai attendu jufqu'à ce moment une retrac-
tation formelle de votre part; & je ne do tois

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