Lettre de M. le Marquis de *** à un médecin de province

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1783. 46 p. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1783
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A
LETTRE
D|ç»> LE MARQUIS DE***,
DE PROVINCE.
>, MÉDECIN DE PROVINCE.
Tr~-L~
Je ne fuis, Monsieur, ni ravant, ni Médecin:
Vous qui réunifiez ces deux titres, par quelle sin-
gularité vous adrefllz-vous à moi pour avoir les
connoissances que vous desirez sur M. Mesmer &
sur le Magnétisme animal ? Seriez vous aerez rage
pour penser qu'un être isolé , qui n'a que de la
raison & de la bonne - foi, ne se décidant que
d'après les faits, doit mieux voir, mieux juger
qu'un Académicien, ou un Membre de la Faculté
qui a desfyftémes, des opinions de convention ,
& sur-tout un esprit de parti &: des intérêts per-
sonnels.
1
Je vous ai souvent entendu - dire que vous ne
deviez qu'au hazard les grands succès que vous avez
eu en Médecine, loifque vous la profefliez: que
des mêmes- principes qui vous ont conduit aux
résultats les plus heureux, vous auriez pu égale- x
ment tirer les conséquences les plus meurtrieres ;
enfin, vous êtes bien convaincu que, - si. les
Médecins ont quelques régies pour connoître le
mal, ils n'en ont prçfque point pour connoître ile
remede : qu'il n'est jamais qu'une maniere de con-
noître la nature, & de l'aider à guérir, mais qu'il
en existe des millions pour la contredire & pour
assassiner.
Ces trilles vérités font venues de bonne heure
affliger le cœur de M. Mesmer. Doué d'une pro-
fonde sensibilité , d'un génie vigoureux > d'une
imagination très-active & d'un caradere intrépide ,
- il s'cft élancé au-delà du cercle qui circonscrit
les connoissances humaines. Après avoir consulté
la nature longtemps & incessamment par l'obser-
vation & la méditation, il a soupçonné qu'il exiC
toit un principe universel , uniforme Se vivifiant. -
3
AJ.
Toutes les forces de son intelligence se font ten-
dues vers la recherche de ce principe : il l'a ap-
perçu ,v il l'a saisi , & une longue expérience ,
toujours heureuse & jamais démentie, fait aujour-
d'hui de cette découverte la vérité la plus sensible
& la mieux démontrée.
Persuadé que le possesseur de ce principe, déjà
éclairé par le petit nombre de connoissances cer-
taines que l'on a sur le méchanisme de la vie ,
pourroit former la doctrine la plus importante
pour le bonheur des hommes, M. Mesmer s'est
hâté de nous annoncer sa découverte , & il en a
rassemblé tous les élémens dans ces proportions
si neuves , si étonnantes , & qu'il ell nécessaire de
ne jamais les perdre de vue.
i. ° Il existe une influence mutuelle entre les
corps céltfles, la terre & les coips animés.
2..0 Un fluide universellement répandu, & con-
titnué de maniere à ne souffrir aucun vuide , donc
.la subtilité ne permet aucune comparaison , &
qui , de sa nature, est susceptible de recevoir,
propager & communiquer toutes les imprefnoDS -
4
du mouvement , est le moyen de cette in-
fluence.
3.0 Cette action réciproque est soumise à des
loix méchaniqucs, inconnues jusqu'à présent.
4.0 Il résulte de cette aftion des effets alterna-
tifs , qui peuvent être confédérés comme un flux
& reflux.
5.0 Ce flux & reflux est plus ou moins général,
plus ou moins particulier , plus ou moins com-
posé , félon la nature des causes qui le détermi-
nent.
6.° C'est par cette opération, la plus univer-
selle de celles que la nature nous offre , que les
relations d'aétivité s'exercent entre les corps céles-
tes , la terre & ses parties confiitutives.
7.0 Les propriétés de la matiere & du corps or-
ganisé dépendent de cette opération.
8.° Le corps animal éprouve les effets alter-
natifs de cet agent ; & c'est en s'jnfinuanr dans la
substance des nerfs, qu'il les affecte immédiate-
ment.
9.° Il se manifeste particulièrement dans le corps
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A 3
humain des propriétés analogues à celles de l'ai-
mant ; on y distingue des pôles également divers
& opposés, qui peuvent être communiqués, chan-
gés , détruits, & renforcés : le phénomène même
de l'inclinaison y est observé.
io." La propriété du corps animal , qui le rend
susceptible de l'influence des corps céleiles , &
de l'aélion réciproque de ceux qui l'environnent,
manifestée par son analogie avec l'aimant, m'a
déterminé à la nommer Magnétisme animal.
11.° L'aélion & la vertu du Magnétisme ani-
mal ainsi caraétérifées, peuvent être communiquées
2 d'autres corps animés & inanimés ; les uns &
les autres en font cependant plus ou moins sus-
ceptibles.
i2.° Cette aélion & cette vertu peuvent être
renforcées & propagées par ces mêmes corps.
13.0 On observe à l'expérience l'écoulement
d'une matiere dont la subtilité pénétre tous les
corps, sans perdre notablement de son aélivité.
14." Son aélion a lieu à une difiance éloignée9
sans le secours d'aucun corps intermédiaire.
6
i $.° Elle est communiquée , propagée & aug-
mentée par le son.
i 6.° Elle en augmentée & réfléchie par les gla-
ces , comme la lumiere.
17.° Cette vertu magnétique peut être accu-
mulée, concentrée & transportée.
18.0 J'ai dit que les corps animés n'en étoient
pas également fufccptibles : il en est même, quoi-
que très-rares , qui ont une propriété si opposée ,
que leur feule présence détruit tous les effets de
ce magnétisme dans les autres corps.
190. Cette vertu opposée pénétre aussi tous les
corps ; elle peut être également communiquée ,
propagée, accumulée , concenrrte & rranfportée,
réfléchie par les glaces & propagée par le son :
ce qui conflitue non - feulement une privation,
mais une vertu opposée positive.
20.0 L'aimant foiç naturel , foit artificiel est ,
ainsi que les autres corps , susceptible du Ma-
gnétisme animal, & même de la vertu opposée ,
sans que, ni dans l'un ni dans l'autre cas, son aétion
sur le fer & l'aiguille souffre aucune altératipn i
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ce qui prouve que le principe du Magnétisme ani-
mal differe efientiellement de celui du minéral.
21.0 Ce systéme fournira de nouveaux éclair-
cifTemens sur la nature du feu & de sa lumière,
ainsi que dans la théorie de l'attraélion, du flux
& reflux, de l'aimant &: de l'électricité.
22.0 Il fera connoître que l'aimant & l'électri-
cité artificielle n'ont à l'égard des maladies, que
des propriétés communes avec plusieurs autres
agens que la nature nous offre ; & que , s'il est
résulté quelques effets utiles de l'administration
de ceux-là, ils font dûs au Magnétisme animal.
23.° On reconnoîtra par les faits, d'après les
réglés pratiques que j'établirai, que ce principe
peut guérir immédiatement les maladies des nerfs.
& médiatement les autres.
24.0 Qu'avec son fecoursle Médecin est éclairé
sur l'usage des médicamens ; qu'il perfectionne leur
aélion , & qu'il provoque & dirige les crises salu-
taires, de manière à s'en rendre le maître.
25." En communiquant ma méthode , je dé-
montrerai par une théorie nouvelle des maladies,
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l'utilité universelle du principe que je leur op-
pose.
2.6.0 Avec cette connoirfance, le Médecin jugera
sûrement l'origine, la nature & les progrès des
maladies, même les plus compliquées : il en em-
pêchera l'accroissement, & parviendra à leur gué-
rison, sans jamais exposer le malade à des effets
dangereux ou à des fuites fâcheuses, quels que
soient l'âge, le tempérament & le sexe : les
femmes même, dans l'étit de grossessè & hors des
accouchemens, jouiront du même avantage.
27. ° Cette doctrine enfin mettra le Médecin
en état de juger du degré de fanté de chaque
individu , & de le préserver des .maladies aux-
quelles il pourroit être exposé. L'art de guérir
parviendra ainsi à sa derniere perfection.
Dans l'énoncé de ces propositions, trouvez-
vous , Monsieur, que l'on puisse appercevoir la
dhleéle d'un Empyrique & d'un faiseur de presti-
ges? Et fr l'homme, qui les fait entendre ces pro-
positions, étoit un Savant, un Médecin fameux
dans une Faculté célebre ; s'il avoit de la naiffancç
9
& de la fortune ; si avec une ame forte & sensi-
ble, il conservoit toujours, au milieu des outrages,
une humeur égale & le caraétere le plus noble ;
& si enfin , sans avoir sans celle le mot d'huma-
nité dans la bouche, il étoit constamment modeste,
désintéressé & d'une générosité infinie, que penfe-
riez-vous de ceux qui, parmi nous, n'obéissant
qu'à un esprit de parti fougueux ou à une baffe
jalousie, osent l'appeller le CHARLATAN MES-
MER ?
Ce Charlatan d'une espéce si rare, adressa en
1776, un Mémoire sur sa découverte à tous les
Corps Savans de l'Europe. Un seul, l'Académie
royale de Berlin, lui fit la grâce de lui répondre,
& il résultoit de cette réponse très-laconique qu'il
n'étoit qu'un visionnaire.
La Faculté de Médecine de Vienne, dont il est
Membre , a crié contre lui à l'impofiure, & l'a
persécuté impitoyablement.
Arrivé en France, quelques-uns de nos Sarans
l'ont accueilli avec honnêteté j mais ces Savans,
yéunis en Corps à l'Académie, des Sciences, l'ont
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barbue, rebuté avec mépris, lui & ceux qui
s'occupoient de ses propositions.
La Faculté de Médecine de Paris, a prononcé
anathême contre les Seétateurs de cet excommu-
nié, & a lâché contre lui & l'un de ses Mem-
bres, qui s'étoit déclaré partisan de ses opinions,
ses Gazetiers , ses Journalistes & ses Candidats.
Gardez-vous bien, Monsieur Mesmer, de la fan-
taisie de jamais mettre les pieds en Espagne ou
en Italie : vous n'v échapperiez pas aux cachots
de l'Inquisition. Autrefois Galilée y trouva le fort
que je vous présage, &;. sûrement il le mérita
moins que vous.
Pourriez-vous réfléchir, Monsieur , sur cettç
conduite de nos Savans & de nos Doéleurs, sans
avoir le cœur comprimé par la douleur , ou ré-
volté par l'indignation ? Comme Médecin , plus
encore comme Savant, M. Mesmer est cerraine.
ment un homme extraordinaire. Son systême efl;
clairement une grande vérité , ou une grande
erreur. Plus de cent personnes de toutes les cort,
ditions, & qui vivent dans notre Capitale, attef-

Il
tent avoir été guéries,ou au moins confidérablemenc
soulagées,par leMagnétifme animal,dans différentes
maladies formellement déclarées incurables par les
Membres de notre Faculté : ces cent personnes ne
font-elles pas cent preuves qui tranchent la quef.
tion de l'erreur ou de la vérité ?
De pareils renfeignemens n'appelloient-iis pas
d'une voix impérieuse l'Académie des Sciences à
l'examen de la découverte ? Comblée des bienfaits
de nos Rois, honorée de la confiance de la nation
& de l'estime de l'Europe, son insouciance sur une
doéhine, qui promet à tous les hommes un sou-
lagement facile à leurs maux, n'est - elle pas [au
moins dans le cas de reproche? Veut-elle justi-
fier irrévocablement ces cris tant répétés, que les
Compagnies Savantes portent dans leur constitu-
tion un vice radical, qui les rend plus nuisibles
qu'utiles aux progrès des Sciences ?
Quant à la Faculté de Médecine, que peut-on
penser de sa conduite en général, & des procédés
de ses Membres, pris separément ? Quelle fera
J'opinion de la postérité sur l'excès d'abfuadiçé
12.
& de mauvaise foi avec lequel elle s'est
signalée dans l'hifiojre du Magnétisme animal?
Pendant huit mois, M. Mesmer a reçu chez
lui quatre Docteurs, aussi souvent qu'ils l'ont
desiré ; & durant cet espace de temps, par une
foule d'expériences différentes , il leur a donné
des preuves matérielles de l'exiflence & de l'effi-
cacité de son principe. Un seul des quatre est con.
venu qu'il étoit persuadé , & s'est déclaré publi-
quement l'admirateur de M. Mesmer. Les trois
autres, irrités de ne pouvoir nier, ont pris le
parti de se taire , & d'observer le silence le plus
cbftiné, dans toutes les occasions où ils ont été
interpellés. Ce silence ne parle-t-il pas aussi élo-
quemment en faveur de M. Mesmer, qu'il fait
mal l'éloge de la droiture &: de l'honnêteté de
ceux qui l'observent ?
M. * * * , Prosesseur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , celui des quatre Doc-
teurs qui s'étoit déclaré le Seélateur du Magné-
tisme animal, efl devenu dès-lors l'objet de l'ani-
niadverfion de sa Compagnie. Quand il mettoiç
t3
fous les yeux du Public les preuves d'un nombre
de cures parfaites ou commencées par M. Mes-
mer ; quand il proposoit de la part de M. Mesmer
à ses Confreres, de chercher de bonne-foi la con-
vidion par le moyen le plus décisif, & qu'il leur
offroit de choisir vingt-quatre malades, de bien
constater leur état, de se les partager, d'en traiter
douze par les méthodes ordinaires, les douze au-
tres par le Magnétisme animal, & de comparer ;
dans ce même ternes , dis-je, au lieu de s'em-
presser à saisir la vérité qui leur étoit offerte 9
Messieurs de la Faculté s'cccupoient à lire, & à
répéter jusqu'à la satiété, au grand scandale de
tous les honnêtes gens , les lourds jeux de mots ,
les dégoûtantes plaisanteries que leur Gazetier
& leur Joumalifte vomissoient contre M. Mes-
mer. Toutes ces ordures étoient colporcées,
répétées dans toutes les maisons dont les miseres
humaines ouvrent les portes aux Médecins.
Un jeune Adepte, tout plein du lait de l'école,
dénonçoit dans une affembléc de la Faculté
M. * * *, & son ouvrage intitulé : Obfer-
r4
rations sur le Magnctifmt animal. Là, le
nouveau Zoïle recevoit des graves Dodeurs
les applaudissemens les plus flateurs, chaque
fois que l'épithéte de Charlatan Mesmer, ou
d'autres aussi indécentes venoient orner les pério-
des de -fa diatribe ; & puis, les graves Doéteurs
opinoient fort sensément à la radiation de M. * * *
de leur Compagnie , pour s'être avisé d'avoir
fait des obfervstions sur le Msgnétifme animal.
Maintenant, Monsieur, vous ne douterez pas
que cette auguste Faculté de Médecine, dont le
grand , le superbe prétexte a toujours été dans
cette affaire, qu'eUe ne vouloit, qu'elle ne devoit
pas se compromettre, ne se foit réellement com-
promise à un tel point, qu'elle a fait dépendre
sa réputation de la dectinée de la découverte de
M. Mesmer. Si, comme il n'en faut point douter,
cette découverte triomphe des manœuvres de l'or.
gueil, de l'envie & de la cupidité, la postérité
ne prononcera jamais le nom du grand homme,
auquel elle en fera redevable, sans indignation
contre ceux par qui il fut insulté.
15
Malgré l'opposition des Savans & des Médecins y
M. Mesmer ne laisse pas de conserver un très-
grand nombre d'amis & d'admirateurs. Dans ce
nombre font d'abord tous les mécréants en méde-
cine( & vous savez qu'ils ne font pas rares ),&puis
tous les gens raisonnables , qui ne font pas fourris
à l'impulsion des Doéleurs & des Académiciens.
On ne doit pas douter que, si l'un de nos hom-
mes du premier ordre eût voulu fixer son atten-
tion sur le Magnétisme animal, il ne l'eût rendu
facilement viétorieux ; je pense même qu'avec un
partisan d'une réputation ordinaire, il auroit fort
partagé le monde savant & le monde qui s'efforce
de le paroître ; rnJis franchement , M. * * *
n'est pas un champion de force à faire infiniment
refpefter unecaufe. D'ailleurs,l'usage qu'il a fait de
la confiance de M. Mesmer, après quatre ans de la
plus profonde hypocrisie , ne donnent pas une idée
bien relevée de son caractère. Mais ce qui étonne,
c'est qu'on veuille se prévaloir de ce caraétère,
malheureusement trop connu aujourd'hui, pour
outrager l'honnête homme qui s'y efl trop confié.
16
Parce que M. Mesmer a mal choisi son ami, on
a voulu prouver qu'il n'est que le charlatan
Mesmer : voilà à peu-près comme on raisonne
dans les Gazettes & les Journaux de Médecine.
Vous concevez aisément parce premier apperçu,
que M. * * * est , quant à l'esprit & aux con-
noissances , au-deltous de la médiocrité. C'est un
de ces êtres, dont la tête & le cœur n'ont point
assez de force & de ressort pour donner à leurs
idées & à leurs sentimens, un élan qui les éleve
à une certaine hauteur,. & qui,, fournis à leur
inertie, font confiamment & sans diftraétion re-
tenus dans le cercle étroit de l'égoïsme. Avec au-
tant de raison .qu'il en faut pour concevoir que
deux & deux font quatre, M. * * * vit clai-
rement dès le premier jour, que le Magnétisme
animal n'etoit pas une rêverie : il conçut qu'en
suivant le parti de ses confreres , il lqi faudroic
continuer à professèr la même doélrine, la même
médecine qu'eux ; & cette doctrine, cette méde-
cine n'étoient ni heureuses, ni lucratives dans ses
mains. Combien le Magnétisme animal devoit lui
plaire !
17
plaire ! il guérit tout seul, il guérit toujours, &
lorsque son guérit toujours , on a beaucoup de
malades rcconnoilTans. Un Huron ne raifonneroit
pas différemment, parce qu'un Huron ne fait rien,
& raisonne toujours bien.
Avec cette maniere de voir, M. * * * chercha
à se lier intimement avec M. Mesmer, son lan-
gage affeaueux, ses procédés tendres exprimoient
incessamment & avec passion l'admiration, le dé-
vouement, l'amitié & la sincérité.
La confiance & l'attachement d'un cœur
droit & sensible devoient être le prix de tant
de démonflrations si parfaitement soutenues, &
M. Mesmer se livra sans résèrve & avec beau-
coup de sécurité à l'homme intéresse qui ne
vouloit que le surprendre. Graces au Magné-
tifine animal, on apprit que M. * * * exifioit,
parloit & écrivoit : il donna au public trois
ouvrages sur la découverte de M. Mesmer ,
deux fous son nom , & un fous le nom de M.
Mesmer , tous les trois écrits d'un fiyle plus que
médiocre, chargés d'observations triviales & de
B
18
plaisanteries du plus mauvais goût, mais contenant
des faits précieux & des anecdotes remarqua-
bles. ( * ) C'en fut assez pour lui mériter un
(*) L'Ouvrage qui a été donné au public fous le
nom de M. Mesmer , eO: le Précis des faits relatifs
à Vhifloire du Magnétisme animal, brochure qu'on m'af-
fure n'avoir été lue à M. Mesmer que par lambeaux ,
& qai n'a été évidemment publiée, que pour accroître
le nombre de ses ennemis , & lui donner singulierement
pour adversaires, tous les Corps Savans, & tous les
hommes à réputation de la Capitale.
Ce qu'il faut sur-tout remarqusr dans cette brochure,
ce font les éloges exagérés que l'Auteur y fait de
lui-même; c'eil l'attention qu'il a d'y répéter à propos
& hors de propos, ces étranges assertions : que M.
Mesmer lui doit tout, qu'ifa fait pour lui les plus grands
sacrifices, &c. Eloges & assenions que M. il * * a l'art
de placer dans la bouche de M. Mesmer, afin de leur <
donner un plus grand air de vérité.
M. Mesmer doit tout à M. -le 4C * ! singuliere impu-
dence ! M. Mesmer qui, prêt à quitter la France à l'inf.
tant où il a connu M. * * * , n'y est relié que pour
lui, qui lui a tout appris, même la médecine ordinaire
qu'il ne savoit pas, qui s'est laifle dérober une partis

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