[Lettre de Mgr Zéphyrin Guillemin, préfet apostolique de Canton, demandant de l'argent pour la fondation d'un séminaire, 20 juin 1873]

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impr. de J. Le Clère (Paris). 1873. 8 p. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1873
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~O 2 n 564
Paris, le 20 juin 1873, iolo du Sacré-Cœur de N.S.
MESSMEUM )ETI CHER# VmIS,
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On dit que Kavier, parcourant les im-
menses contrées de l'Orient, et voyant la multitude de
- païens qui se perdaient, faute de prêtres pour leur an-
noncer la bonne nouvelle de l'Évangile, conçut le projet
d'écrire à toutes les universités d'Europe, pour appeler à
son secours tant de prêtres qui auraient pu l'aider dans
l'exercice de son ministère. Bien des fois, cette idée de
l'apôtre des Indes et du Japon est venue se présenter à
mon esprit : non que je sois un François Xavier mais
enfin l'endroit même où il a terminé sa glorieuse car-
rière est la part qui m'est échue en héritage ; chaque
jour, je parcours les mêmes pays; je suis témoin des mi-
sères qui excitaient à un si haut point le zèle de ce grand
apôtre, et c'est sous l'impression du même sentiment
qu'aujourd'hui je m'adresse à vous, pieux et dignes
Elèves du sanctuaire. Je ne viens pas toutefois vous en-
gager à traverser les- mers, mais seulement demander
votre concours pour une œuvre qui contribuera énormé-
ment à la conversion de nos pauvres païens, et qui vous
donnera à vous-mêmes une belle et large part à l'établis-
sement du christianisme dans ces pays infidèles : je veux
parler de la formation d\m Clergé indigène et de la fonda-
tion d'un Séminaire. Et pour mieux vous montrer la né-
cessité de l'un et de l'autre, laissez-moi entrer dana quel-
v - t..
©
- 2 -
ques détails sur la position dans laquelle nous nous
trouvons ici.
La mission de Canton, dont je suis chargé, ne ren-
ferme pas moins de 300 lieues de long sur 200 lieues de
large et quarante millions de païens, avec trente mis-
sionnaires européens, pour défricher cet immense terri-
toire, recevant annuellement de la Propagation de la Foi
30,000 francs, somme qui, toute précieuse qu'elle est,
suffit à peine aux besoins généraux de la mission et au
plus strict entretien de chacun de nous. Et encore, si
au milieu de cette pénurie de sujets et de secours, nous
pouvions agir librement et nous montrer! Mais non ; à
part Canton et les parties du littoral fréquentées par les
navires anglais et américains, le plus souvent nous
,sommes obligés de rester cachés, pour ne pas attirer
sur nous et nos chrétiens la malveillance et les vexations
des païens. Et d'ailleurs, quel crédit notre parole aurait-
elle sur des hommes qui nous regardent comme des
étrangers, hostiles à leurs croyances et à leurs usages,
venant leur prêcher une religion qui renverse le culte
des ancêtres, les pratiques superstitieuses de la famille,
et qui est pour tous ceux qui l'embrassent une cause
de mauvais traitements de la part de leurs parents, de
leurs amis et de l'autorité administrative? Évidemment,
dans une telle position, il n'y a plus aucune proportion
entre la tâche qui nous est imposée et les moyens de la
remplir. C'est vouloir soulever une montagne avec un
bâton de bois pour levier. Nous y passons des vingt,
trente années de notre vie,' et quand nous finissons nos
jours dans les prisons, ou exténués de fatigues sur une
natte, nous avons la douleur de nous dire que nous
n'avons rien fait, ou presque rien fait pour la propagation

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