Lettre écrite au très-honorable Edmund Burke, membre du parlement d'Angleterre ([Reprod.]) / par Trophime-Gérard, comte de Lally-Tolendal,...

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[s.n.]. 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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AU
A V I S; ̃
On répandit, il y a quelques mois, le Poil-Sc ip-
lum imprimé d'une. Lettre de M. de Lally-Yoltndal
à M. Burke mais la lettre mène resta itenoilée.
L'Auteur qui se trouvoit alors à flore ce. retira
lorsqu'il apprit l'affreuse nouvelle de l'arrestation
du Roi et ses. premières suites. Sans son aveu:,
on réimprima le Post-Sctiplum en Suisse quant à
la Lettre elle ne parut point, parce qu'ap'pa.rcm-
înent èlle contrarioit Iti opinions des Editeurs
du P. S. La voici telle que l'Auteur nous l'a
f?it parvenir, avec quelques corrections. On verrâ
qu'il y donnoit prophétiquement à S. M. le conseil
que cet infortuné Monwque exécutait si nalheu-
Kùsercunt à là même cpo.que.
Les opinions politiques de M. de Lally trouveront
sSns d'outè des partisans cï'dés contradicteurs;
mais la discussion de ses idées est néîeisaire a
l'intérêt public. Il combat le retour de 'ancien
Avec l'horreur du système actuel, il développe
le danger de représenter t'ancien, à des hommes
infectes des maximes et de l'habitude de l'anar-
thie la plus licencieuse. Au reste la meilleure
forme de gouvernement substituera à cette anar-
le plus important', et celui sans lequel tous les
autre» seroicnt la cause de nouveaux troubles,
estlc rétablissement de la force et de l'ordre pu-
blies. Ce n'est qu'après la restauration de l'auto-
rité monarchique, puissante et provisoire, qu'on
pourroit traiter utilement des bases d'une consti-
tution nouvelle.
̃[*̃]̃
confirmée encore depuis dans h lettre
M. Trévor, ministre de votre cour à
mon Qiiinttus Capitolinus. •
Cependant Monsieur, un homme
aussi respectable par son scrupule qu'ad-
mirable par son esprit et son courage,
M. Mallet du Pan croit au moins que
cette lettre est de vous, puisqu'il la cite
comme telle. D'un autre côté ce nie me
éditeur qui annonce que vraisemblable-
ment l'original ne paroîtra pas, offre,
vaguement de le déposer s'il est néces-
de la traduction; et quoique plusieurs
fois et récemment encore, on ai fait
courir, sous mon nom et avec ma signa-
turc des écrits auxquels je n"ai pas eu
la moindre part il est des noms si
sacrés des réputations si imposantes
qu'on a peine à concevoir qu'il ek'iste
un être assez téméraire les usurper
Seroit-ellc donc de vous Monsieur
cette lettre dans laquelle vous auriez
changé en amertume toute la consola-
I 3 1
h comparant avec la précédente t ien-
droit-eHe uniquement a la précipita jioii
avec laquelle la dernière auroit été écrite
ou peut-être a l'inexactitude de la traf
ancienne opinion et votre opinion c 'au-
jourd'hui sur moi et mon honorable
ami auroit-elle pour principe quelques'
insinuations récentes de certaines per-
sonnes, dont les malheurs me font ex-
cuser l'injustice mais cjui rendues un
donneront j^as d'avoir accusé de leurs
prévenir et compromis pour les ven >er ?
Je m'adresse à vous, Monsieur, our
fixer mon incertitude. Je ne veux point
encore moins
k même
tous ceux
qui se nomment 1
daigne, pas
entendre. Mais quand M. Burke accuse,
il sem*
son estime il faut la reconquérir ou
A a
1 Il 4,)
s'avouer insensible an jugement de 1 uni-
vers a ecluv de la postérité et
tout ce qui a droit de fixer l'uji et
l'obscurité. Plût à Dieu que je n'en usse
jamais sorti Dans tous les temps1, et
comme fils de mon père et comme
enfant de ma patrie, je n'ai dû i la célé-
brité cju'à des malheurs je n.'ai fait
connoitre mon existence je n'ai fait
entendre ma voix que sous le poids des
erreurs et des injustices, du mi ieu des
victimes et des tombeaux: les assassi-
nats politiques ont succédé peur moi
aux assassinats juridiques, et l'ombre
poursuivi pendant vingt trots. Mais
autre chose est de souscrire a l'oubli
de la postérité, autre chose est de bra-
ver sa censuré. J'ignore ce que pensera
M. Mouuier, de qui je suis éloigné
dans ce moment. Peut être se croira-
t-il et avec raison moins obligé que
moi d'entrer en discussion lui qui avoit
pu mettre une partie de ses principes
à exécution lui qui, dans l'application
de sa théorie a une grande province,
avoit. présenté à l'admiration de la
C ]
France, la réunion sans destruction
l'égalïfé civile sans la confusion sociale,
la félicité publique sans infortunes par-
ticulières, l'amour de la patrie sans fana-
tisme, la soumission au monarque sans
servitude, enfin la combinaison d'une
cessaire, aussi noblement alliées
elles, que sagement tempérées l'une par
l'autre.
dont l'ouvrage a voit été glorifié et le
temps de honte et de crime, où es.,
esclaves l'ont appelé séditieux, et. ou
moi, Monsieur, qui n'ai fait, qui n'ai
pu faire autre chose
le désert pendant six mois; moi qui
1)'ai pu donner un avis que quand il
falloit déjà tourmenter son opinioiV
pour l'adapter à des circonstances im-
périeuses, pour la soumettce à des con-
a des "calamités effrayantes moi, foncé
de pourvoir aux besoins de ravenir,
quand le présent dévoroit tout moi
dont la voix a été successivement étouf-
fée dans un lieu, parce que je disois
que lt$ états, généraux étaient portion
autre parce que je disois que, le roi
neté: ici, lorsque je
déclaration de guerre là lorsque! je
soilicitois une proclamation de pajx
orsque je*vouîois qu'on ne reconnût
pas le droic d'une partie sans ^econ-
toutes les autres, et sur-
tout qu'on ne consacrât l'existence d'au-
cun sans en poser au, même instantes
limites moi, dont les vœux stériles,
dont les paroles fugitives, dont les
projets échoués n'ont été fixés par au-
cune exécution jugés par aucune] expé-
rience, il ne me seroit ni possible, ni
permis de rester muet sous le joug; d'une
sentence que le nom de M. Durke porte-
jusqu'à la dernière des générations.
• Les éloges par lesquels débute cette
sentence seroient un foible et impuis-
sant appareil pour guérir la blessure
que vous m'auriez
gence plus de jus-
tice principes. Ce n'est pas
t 7
a4
Chabroud l'est, si ses rapports, c'est-
a-dire, si ses crimes sent de lui. Ce qui
est glorieux, ce
d'être bon citoyen, d'être homme 9e
bien et celui-là ne le seroit
aurait rendu et jusqu'à
trie ,par son aveugle confiance dans les
systèmes par son peu de précaution, k
se garantir de l'épidémie universel^
par la présomption d'une jeunesse
par des spéculations obscures et sans
bornes sur-tout par l'enivrement d'un
celui qes
et j*invoque un passage très-vrai de la
lettre.même dont je me plains (pag-33)»
Il est des .circonstances dans lesquelles
n'avoir pas été trompé.
été
moi à mes espérances qui avoient pour
objet unique le bonheur de
de en étoit
existence
empoisonnée jusques dans sa sou par
3
tout ce que j'ai vu par tout ce qui se: t
je pouirois ̃m'en honorer je les çjier s
en même temps que j'en gémis juge z
si je puis y voir de s
doute je suis accable de mes souvenirs
plongé dans l'amert u me mais le repentir
m'est aussi étranger que le 'remords ,4c
loue mon repentir^ outrage mon
innocence. Sans doute M. Mountcr et
crime et de la misère publique1: mais il
ne s'ouvroif pas au milieu de nos syi-
contraire, on s'éloignoit de nous pour
lc creuser) on nous repoiBsoit quand
loin de s'envelopper de Vàbscurtté de
nos spéculations, on ridiculisoit la sim-
plicité de nos maximes, la candeur de
tees de verjte's niaises üos exemples
(V exemples surannés. Novis posions des'
bornes^ et on les arrachoit; nous élevions
des digues, est on les renversôit. î|t ces
assertions que j'oppose ici généralejmeti^
a des allégations vagues vous
M on s te ur si c*es t vous qui èùs }i o t re
I 9 ̃̃]
accusateur, se développer, se circonstàtv
nombrables la vérité frappera sur qui
il appartiendra. Sans doute, M. M611-;
r.jcr et moi nous avons déserte un
complot de meurtre et de rébellion; et;
nous nous applaudissons de l'avoir jdé-
serre et sans prétendre donner notre
opinion pour règle., sans refuser notre
ei aux vertus qui
se sont déployés sur la scène depuis
regrettons que tous ceux qui, conjmc
mer X abîme; qui, comme nous, avoient
combattu vainement le complot n'aient
Cerfaincmcnt il est bien hors de douté
que M. Mounicr et moi, n'avons yrts
toutes les délibérations
qui ont suivi le 6 octobre 1789. Nous
ne croirions pas avoir rempli le même
Objet en restant et en protestai a
telle ou telle séance, de
des délibérations dans les-
quelles on 'nous auroitvus et
des hommes que nous méprisions d'en-
des institutions
riiille vérités dans le faux espoir d'en
introduire une, et de prostituer le nom
sacre de loi, a ce que Cicéron appelpit
des actes de brigandage, qùœ ndh réa-
trônes aîiquo consensii suo san^rerint.
Mais nous n'avons désert/ du lieu |où
ctoient les Meurtriers et les rebellés
qu'après les avoir combattus à tolite
outrance après avoir été forcés de céder
à leur- nombre à leurs. moyens et à.
la trahison de ceux qui devait les
combaure avec nous s'étoient ralliés
avec eux après avoir réfléchi si r-tout
que désormais ils ne pouvôient plus
être perdus, que par eux-mêmes, que
des,lors il fâlloit les abandoriner a eux-
mêmes, ne pas leur opposer un genre
de résistance dont ils sarmeroient, ne
pas donner, par des discussions contra-
dictoires un air de liberté à des. déci-
sions arrêtées d'avance irrévocablement
par leur odieux et absurde despotisme.
nous avons diserte cet arsenal ue tra-
hisons et de sacrilèges mais notfe pré-
sence été dès le principe une
tuttc perpétuelle contfe les coupables 9
et cette présence n'a cessé que lors-
qu'elle nous a paru être une espèce de
complicité. Dans aucun temps nous 'a1
vons marche avec eux du même pasJ
Nous ne nous sommes pas arrêtés sur
les bords du crime car nous ne s m;
mes jamais entrés dans ses routes et
lorsque dans cette lettre qu'on /vous
sion de foi sur M. Mounier et sur moi:
je les honore de n'avoir
pas poussé leurs erreurs jusqu'à des
crimes (pag. 78); alors j'ai besoin de
l'incertitude où je suis encore sur la iv ain
nom de M» Burke toute cette impres*
sion profonde dont il me saisit, tout
il me présente l'idée à lui seul, pour nà
pas rn écrier en adressant
l'auteur de cette lettre quel qu'il soit:
« Reprenez ces éloges qui
tort
avec lequel on feroit des cou»'
pabîes ».
Pardonne^ ce
Vous devez le concevoir vous qui nous
vous .qui avez regretté ces temps où
profonde:. Il esc encore des ames qui
setiteiit commè la vôtre la délicatesse
cœurs et s'il en est un dans lejquel
vienne encore s'y réun,ir quelque choie
de cette fierté britannique au sein de
laquelle je me glorifie de retrouver mon
origine jugez tout ce qu'a dû soufirir
celui-là combien il a du s'indigner
lorsqu'avec la, conscience d'avoir tou-
jours fait son devoir avec fidélité quel-
quefois peut-être avec distinction il
s'est vu méconnu, oflènsé àccus par
un des hommes pu sous le nom d'uii des
hommes du inonde qu'il admiroit et res-
pectoit le plus.
En vérité Monsieur mon embarras
est extrême, et je crains de vous oflèn-
ser également soit en paroissant trop
croire à la possibilité que vous ayez
écrit cette lettre si elle n'est pas de
vous, soit en décicîantqu'elle nëpeut ê-tre
de vous, si réenemenc vous l'avez écrite.
Cependant M. Burke a daigna lire
au car
t '3
j'en ai eu sous nies yeux l'assurance
écrite de sa main, et je me suis honoré
autant que félicite de son approbation.
Il y a vu combien doit ardent mon
zèle pour la liberté," mais en même temps
jours été inébranlables et mes principes
pour la moit'archie et ma fidélité pdur
le monarque. Il y a vu jusque quel excès
de scrupule sciportoit mon respect pour
tous les genres de propriétés. Il y a vu
comme je partais de ce club, que j'jip-
h monde me paroi avoir ainst appelé
depuis de ce club le plus grandi et
te pius honteux scandale qu'auaincna-
tion ait étalé aux yeux de l'univers de-
puis la formation des hommes en o-
ciété de ce club que j'aurois, inutile-
ment sans doute, mais perpétuellement
et qui, pour la sanction de ses horri-
bles et ridicules décrets, n'a pas laissé
rassemblée nationale plus libre que te
roi ne ra été pour la sanction des dé-
crets de quel
mépris et ouclle horreur je versois sur
toutes les branches de ce tronc veni-
Il 141
J'csprit humain, ee qui bien constam-
gouvernement établie en France. Com-
ment donc M. Burke auroit-il pu dire
dans cette lettre produite sous
encore guéri > si elle ne en*
Jtn appris qifil etolt
nécessaire, pour assurer la
la commencer par rétablir
la monarchie si je Il suis
pas convaincu que le projet de gouver-
ner par le moyen des clubs est le ren-
versement 4e l'Etat'. de.; alors je méri-
des erreurs^ de ma
qiPà la Jtn de ma carrière. (Page 79. )
M* Burke aurois-je été bien venu k
propriété; si les journées du s ec ^u
C octobre 178P ne lui présentent pas
une scène de rébellion d'assassinats,
et de tous les crimes qui peuvent bles.
s'il
nt juge pas que rassemblée nationale
d'abord usurpatrice, est aujourd'hui en*-
chaînée sur son trône par !es insjru-
mens dont elle s'est servie pour y mon-
ter tandis que le roi, dans sa prison,
est l'esclave des esclaves s'il approuva
le déchirement de nos provinces, lâ
formation de toutes ces petites hordes
municipales et leurs quarante mille C&»
ciques;s'il ne voit pas le voeu naio-
nai sur la constitution dans des cahiers
presque unanimes auxquels il n'y avoir
pas un seul membre de la nation qui
n'eût concouru médiatement ou immé-
diatement qui avoient été rédigés sous
l'autorité de la loi, au sein de la libère
dans Je calme 4q la réflexion au ni-
lieu de l'espérance et de la sécurité jj>u-
bliques et s'il s'obstine à trouver! ce
voeu dans des conciliabules nocturnes
dans des cohues, tumultuaires dans des
sasurnalçs dégoûtantes, dont on écar»
toit d'où l'on faisoit fuir où l'on
.égorgeoit les nobles les magistrats,
les citoyens sages et honnêtes tes pro-
> c'est-à-dire la véritable na-
des Saltimbanques en 'démence
bacchantes ivre? de sang diccoient', ea
r 16 ]
vous
voter a travers des lnir!en)ens de bêtes
féroces T"sous des lanternes patibulaires,
au milieu .de torches allumées et de
baïonnettes rouillées par
M.- Burke enfin envie pour l'Angle-
et de tels exemples*, il n'est plus digne
ni d'écrire sur notre constitution m de
vivre sous celle dont il jouit et. je se-
cette gloire qui est entrée avec li i dans
sa carrière politique, qui l'y a co.irohné'
à chaque pas cesse dc raccompagner
carrière |
Je n'outre rien Monsieur cet que je
dis ici a la plus parfaite conformité
avec ee que vous avez dit ou ce qu'on
1 vous a fait dire.
iypo, qu'après avoir écrit le, ip janvier
1791 ? Le livre dans lequel j'avôis pré-
ccdemnient rendu compte de ma con-
roit-il connu que parles citations trôn-
èes
viens
d'écrire $ Monsieur pour que ce livre
Vous sure»
nient du début je la
d'empotter. un livre pu
un
lent s abstenir Je prononcer sur ma ç<yi-
Voudront );ou l'ouvrir jamais*
doit' prendrez
d'un individu ? Mais celui qui prétend
droit d'exiger qu'i(
de yo*
gue ci vous ne fttâvei point accusé
avec lui* dans une discussion bien àu\
1 Mais. Monsieur si
que c'est à vous
C 18 3
défendre si je n'ai cédé cju'à, l'idée que
ma défense personnelle n étoit p sans
un intérêt public qu'il n'étoit bas Jion
pour la cause juste, pour les principes
modérés pour les droits de tous, ue
ceux qui en ont toujours été les plus
fidèles partisans et les plus ferrpes de--
ïènseurs, se laissassent enlever a cotf-
fiance qu'an leur porte et qu'en leur
doit
Il n'en est pas de même des autres
objets discutés dans la lettre qu'on vous
attribue. Il en est un particulièrement
sur lequel je ne puis ni me taire ni at-
tendre ) ni nésiter j il ést urgtnt celui-là
ce n est pas moi, c est la- France en-
tière qu'il regarde on ne sait ce qui se
prépare tous les momens sont Chers
tous les avis sont précieux,et celui que je
veux combattre que Je crois dange-
reux, se produit avec tout le poids de^
votre nom.
L'auteur de. la lettre du janvier^
1 parmi les principes dont il exige que
je sois convaincu pour mériter d'être
.en soit avec moi soit avec mes
concitoyens, rang-e la nécessité de re-
mettre tout préalablement dans la même

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