Lettres au peuple français, sur la véritable conspiration du moment , par M. R. Natalis [N. Rosset],...

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Rusand (Lyon). 1827. 29 p. ; in-8.
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Publié le : lundi 1 janvier 1827
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AU PEUPLE FRANÇAIS,
CONSPIRATION DU MOMENT.
LETTRES
SUR LA VÉRITABLE
LYON, IMPRIMERIE DE RUSAND.
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̃Mk AU ^™
PEUPLE FRANÇAIS,
SUR IA VERITABLE
CONSPIRATION DU MOMENT.
PAR
M. R. NATALIS ANCIEN avocat.
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^-tJià^ A LYON,
CHEZ RUSAND, LIBRAIRE, IMPRIMEUR DU ROI.
A PARIS,
A LA LIBRAIRIE ECCLÉSIASTIQUE DE BOSAND,
me du Fot-de-Fer-St-Sulplce, n.» 8.
l327.
A
LETTRES
AU PEUPLE FRANCAIS
SUR
LA VÉRITABLE CONSPIRATION DU MOMENT.
LETTRE PREMIÈRE,
Peuple français nation grande et .généreuse t
de sinistres accens ont retenti dans l'Europe en-
tière deux accusations contraires ont frappé nos
oreilles suivant les uns, on nous forge de toutes
parts les chaînes de la servitude suivant les au-
tres, nous touchons à des révolutions nouvelles.
On nous montre, d'un côté les Jésuites, les Mis-
sionnaires et.le Clergé conspirant à l'ombre des
autels l'asservissement de la monarchie et la des-
truction des libertés publiques ailleurs on
nous signale la faction libérale fomentant avec
une sacrilége audace le retour de l'anarchie et
des calamités qui naguères ont épouvanté la
terre. Que faut-il penser de ces deux accusations
diamétralement opposées? Devons-nous craindre
le despotisme des prêtres et de l'aristocratie, on
devons-nous redouter le parti de la révolution?
Ces questions méritent sans doute d'être exami-
nées; c'est aussi là, Français, l'examen que
nous allons entreprendre. Ecartant avec soin
de funestes préventions nous ne chercherons
que la vérité; nous raisonnerons sur des faits
incontestables, et nous en tirerons des consé-
quences si naturelles, qu'aucun citoyen de bonne
foi ne pourra les désavouer.
Voyons d'abord si nous avons lieu de craindre
les Jésuites, les Missionnaires le Clergé et leurs
adhérens nous verrons, après cela ce que nous
devons penser des révolutionnaires.
DES JÉSUITES.
LES Jésuites furent constamment la terreur et
l'effroi des novateurs, des sectaires et de tous
les brouillons qui de puisleur institution ont paru
dans le monde. Nés pour ainsi dire, avec la
réforme ils en arrêtèrent les funestes progrès;
invariablement attacliés au Saint-Siège ils en
défendirent avec courage les augustes préro-
gatives. Instituteurs de la jeunesse ils prépa-
rèrent et formèrent pour la société une multi-
tude immense de citoyens vertueux, de sujets
fidèles.
L'aménité de leurs manières, les grâces de leur
langage, des vertus aimables de grands talens
un esprit de corps admirable', concilièrent à cet
ordre célèbre la juste vénération de l'univers.
Pendant qu'ils enfantoient le beau siècle de
Louis XIV leurs missionnaires civilisoient l'A-
mérique et faisoient bénir l'urbanité française
aux bords de l'Orenoque et dans les vastes régions
de l'Asie. Quand des hommes pervers osèrent pro-
clamer les désolantes doctrines de la philosophie
moderne ces valeureux champions montèrent
sur la hrèche et défendirent en présence de
l'Europe l'ordre social que l'on minoit de toutes
parts.
Harcelés par d'aussi nobles adversaires ter-
rassés par l'éclat de leur incomparable célébrité, s
les philosophes pâlirent de rage, et jurèrent par
toutes les puissances de l'enfer la destruction de
cette immortelle phalange. Les novateurs com-
prirent que sans la ruine de cette illustre cor-
poration, ils ne pourroient jamais atteindre le
but de leurs détestables complots. Fidèles aux
infâmes conseils du farouche Calvin ils tentè-
rent la perte des Jésuites en les calomniant. Ils
ressuscitèrent d'anciennes accusations mille fois
réfutées ils prêtèrent à tout le corps la doc-
trine de quelques individus ils prodiguèrent
l'encens à des ministres orgueilleux, dont ils se
moquoient dans leurs conciliabules ils poussè-
rent leurs adeptes au milieu des cours, et par
leurs intrigues ils peuplèrent de leurs disciples
le sanctuaire de la justice et des lois ils eni-
vrèrent les grands de louanges perfides; ils flat-
tèrent la multitude en lui parlant de ses pré-
tendus droits enfin ces malheureux déchaî-
nèrent toutes les passions, et bientôt les cris de
la vérité se trouvèrent couverts par les vociféra-'
tions de l'Europe en délire.
En vain le Clergé prenoit hautement la dé-*
42 :&
fonse des accusés en vain le pouvoir résistoit
encore en vain le Pape restoit inébranlable.
Les novateurs ne perdirent pas courage ils re-
doublèrent d'adresse et de fureur. Les livres
impies augmcntoient chaque jour le nombre,
de leurs partisans; le fanatisme s'empara bientôt
de toutes les têtes ardentes; beaucoup d'honnêtes
gens étrangers encore au langage des révolu-
tions, se laissèrent dominer par une secte furi-
bonde ils crurent à la justice de l'accusation 7
ou du moins l'innocence des Jésuites devint pour
eux un problème. La masse des hommes sans
caractère, de ces individus sans opinion que
j'appellerai les hommes du milieu cette masse
si nombreuse dans tous les pays de la terre, ne
pouvoit pas croire à cette innocence quand des
voix imposantes et multipliées osoient la flétrir.
Ils prirent en conséquence comme ils firent
toujours le langage de la haine et de la pas-
sion pour celui de la justice et de la vérité.
Quoi qu'il en soit, les princes se laissèrent ef-
frayer les parlemens prononcèrent la fatale
sentence et le Pape lui-même, par un acte de
foiblesse que lui arrachèrent les instances réi-
térées, et même les menaces des cabinets, con-
somma la destruction de cette vénérable société.
Mais les Jésuites ont troublé le monde, s'écrient
les hommes dujnilieu depuis trois siècles leur
nom se retrouve dans toutes les querelles ils
ont eu pour ennemis tous les rois de l'Europe
ils ont été plusieurs fois persécutés et proscrits
il faut donc bien qu'ils ne fussent pas tout-à-
fait exempts de reproches.
Ils ont pris part à toutes les querelies tliéolo-
giques, on ne peut le nier. Quand les Luthériens
et les Calvinistes ont bouleversé la terre les
Jésuites se sont levés en masse pour combattre
ces audacieux novateurs quand les Jansénistes
.sont venus désoler le christianisme par leur doc-
trine farouche et dénaturée, les Jésuites se sont
précipités dans l'arène quand les philosophes
ont paru promenant au milieu des nations la
coupe du mensonge et de l'incrédulité, athlètes
infatigables, les Jésuites ont couru à de nouveaux
combats, et leur courage a jeté l'épouvante dans
le camp de ces prétendus amis de l'humanité.
Ils ont pris part à toutes les querelles théolo-
giques, il est vrai mais étoit-ce pour attaquer,
étoit-ce pour détruire la vérité ou pour la dé-
fendre ? Ils ont souvent et vaillamment com-
battu, mais toujours dans l'intérêt des mœurs et
de la religion ils ont donc rempli leur devoir.
Ce ne sont pas les Jésuites qui ont innové; ils
ont au contraire pulvérisé toutes les innova-
tious qu'on nous montre l'hérésie qu'ils ont
formée le schisme qu'ils ont introduit les
atteintes qu'ils ont portées aux croyances antiques.
Oui, sans doute les Jésuites ont souvent com-
battu, mais toujours en faveur de la |jonnc
cause et c'est parce que l'impiété les redoute
qu'elle pousse des rugissemens à la seule idée
.de leur résurrection.
Mais les parlemens les ont condamnés ? les
gouvernemens les ont proscrits le Pape lui-
même a prononcé leur dissolution il falloit
donc bien qu'ils fussent coupables..
Les parlemens les ont condamnés, il est vrai;
mais cette condamnation fut-elle conforme aux
principes de la justice et de l'équité? mais la
passion fut-elle bien étrangère à ces formidables
arrêts? mais d'abord, lamagisft'ature française fut-
elle unanime la cause des opprimés ne comptâ-
t-elle pas de nombreux défenseurs dans tous les
parlemens ? dans plusieurs la majorité ne fut-
elle pas de quelques voix seulement ? dans d'au-
tres la majorité ne fut-elle pas pour les persé^-
cutés ? ne résista-t-elle pas de tout son pouvoir,
en rendant un solennel hommage à leur inno-
cence ? en second lieu, ceux qui prononcèrent
"la sentence n'excédèrent-ils pas évidemment les
.bornes de leurs attributions ? ces juges pros-
cripteurs n'étoient-ils pas, les uns des impies
déclarés les autres, des jansénistes opiniâtres
d'autres des' hommes achetés d'autres des
hommes séduits, trompés, égarés, auxquels la
correspondance des philosophes, publiée depuis,
"a prouvé qu'ils avoient agi en hauts exécuteurs
~pour la philosophie et qui ont expié leur:erreur
par les larmes le repentir, quelques-uns même
par une mort héroïque ? Il .ne faut donc pas
s'étonner qu'une majorité -composée de tels juges
ait osé supprimer une corporation qu'ils redou-
toient. Ennemis connus des Jésuites, dévoient-
ils rester leurs juges?Les libéraux consentiraient-
ils s àparoître devant un tribunal composé de ma-
gistrats qu'ils regarderaient comme leurs ennemis
implacables? et si, forcés de comparaître devant
cet aréopage ils étoient condamnés sans être
entendus, ne diroient-ils pas avec raison qu'une
pareille sentence est le comble de l'iniquité ? Si
on les proscrivoit, surtout en leur imputant, con-
tre toute vraisemblance, des opinions contradic-
toires, ne crieroient-ils pas avec justice à la pré-
varication? `
On ne peut pas argumenter de l'arrêt des par-
lemens, parce que la majorité de ceux qui jugèrent
affichoit publiquement la haine des Jésuites 1
qu'elle professoit en grande partie les doctrines
de l'erreur ou de l'impiété et qu'alors elle se
constituoit juge et partie dans sa propre cause.
D'ailleurs il n'est pas question de savoir si
les Jésuites furent condamnés mais s'ils le fu-
rent avec justice or, les motifs de leur pros-
cription n'ont rien de précis la sentence ne
repose que sur des allégations vagues et contra-
dictoires. On cite les ouvrages de quelques Jé-
suites, réfutés par d'autres Jésuites on isole
les passages d'un livre innocent en lui-même
on renouvelle des accusations que rien ne jus-
tifie on s'appuie sur de vaines -rumeurs dé-
menties par les auteurs contemporains les plus
̃véridiques on n'entend aucun témoin on
u'éclaircit aucun fait des passages tronqués
des allégations, des mensonges des calomnies,
Voilà les titres péremptoires qui ont, servi de
base à des arrêts que l'on n'a pas honte d'invoquer
aujourd'hui.
Je le demande ensuite, depuis quand les
magistrats sont-ils revêtus du caractère de l'in-
faillibilité ? n'ont ils jamais donné l'exemple
d'une funeste prévention ? Si la haine n'avoit
pas transporté les parlemens, la magistrature
auroit-elle empiété sur l'autorité royalc ? Se se-
roit-elle arrogé des attributions qui ne lui ap-
partenoient pas ? N'auroit-clle pas opposé l'in-
compétence aux réquisitions passionnées du mi-
nistère public? Par cela seul qu'elle ne se récusa
pas ses décisions devroient nous être sus-
pectes, quand même la sentence de proscription
ne porleroitpas les caractères évidens de l'injus-
tice et de la plus révoltante partialité.
L'arrêt du parlement de Paris est surtout em-.
preint de toutes les marques d'une aveugle
passion on y peint les Jésuites comme profes-
sant tout à la fois le calvinisme, le déisme et
l^atliéisme* Mais peut-on croire en même temps
à l'existence de Dieu et au néant ? Il falloit que
l'innocence des Jésuites fût bien incontestable
pouravoirrecours, afin de les perdre, à d'absur des
calomnies qui se réfutent si victorieusement les
unes par les autres. L'arrêt du parlement ne
signifie donc rien et l'on ne peut s'en prévaloiy
aujourd'hui
Mais réplique-t-on, les gouvernemens les ont
proscrits et le Pape lui-même les a supprimés.
Les rois, entourés de conseillers imprévoyans ou
perfides se laissèrent subjuguer par de vaines
terreurs toutefois la plupart d'entre eux ont
reconnu solennellement leur fatale imprudence,
et se sont empressés de rappeler au milieu de
nous les illustres bannis. Le bref de suppres-
sioia donné par Ganganclli ? ne mérite aucune
considération, puisqu'il fut arraché par la vio-
lence, et qu'il est d'ailleurs si formellement
contredit par les devanciers et par les succes-
seurs de l'infortuné Pontife.
Les Jésuites eurent, il est vrai, de constans
et de nombreux ennemis ils méritèrent la haine
des prolestans des jansénistes et des philoso-
phes les novateurs de tous les temps et de tous
les pays les ont calomniés sans relâche. Est-il
«tonnant que les impies de nos jours poursui-
,ent avec acharnement la guerre entreprise con-
tre eux par le génie du mal à l'instant même de
leur glorieuse apparition ?
Mais enfin, tout ce qu'on leur impute ne seroit-il
en effet qu'impostures et calomnies ? On les accuse
d'ambition, en seroient-ils tout-à-fait exempts?
Si les Jésuites sont des ambitieux il faut con-
venir que voilà, certes, une ambition bien
étrange. Leur premier voeu est de renoncer aux
dignités ecclésiastiques; et l'histoire nous prouve
qu'en général ils ont fidèlement rempli cette
promesse; nous ne voyons pas, en effet qu'ils
aient grossi beaucoup la liste des Evêques et
des Cardinaux. S'ils ont paru dans les cours 1
faut-il en être surpris? le tort, s'il y en a un, en
est-il à eux ou à ceux qui les ont appelés ? Estimés
des grands et des princes, devoient-ils résister
à leurs pressantes sollicitations? S'ils eurent
quelquefois une grande influence, ce ne fut que
le résultat nécessaire de la juste confiance qu'ins-
pirèrent leur génie et leurs vertus. Avec leur
m.érite incontestable ils auroieut pu sans doute
prétendre aux premières dignités de l'Eglise
donner de nombreux sujets au sacré collége, et
même, comme plusieurs autres corporations reli-
gieuses, des Pontifes à la chaire de St. Pierre.
Malgré l'ascendant qu'ils avoient, les Jésuites
n'ont rien fait de tout cela. Ils ne sont donc pas
des ambitieux ils n'ont point recherché leurs
intérêts propres mais l'intérêt seul de la reli-
gion et du bonheur public.
Ils ont enseigné le régicide nous répètent
les libéraux, qui sont quelquefois pleins d'amour
pour la royauté. Mais on feint d'oublier que
cette doctrine abominable fut solennellement
repoussée surtout par le corps entier de la
société mais on feint d'ignorer que les partisans
de cette même doctrine ne l'avancèrent qu'avec
des restrictions infinies, et ne dirent que du
tyran usurpateur la plupart des choses qu'on leur
fait dire du souverain légitime. Il en est de
même des autres principes que leur attribue
l'impiété si quelques écrivains de cette com-
pagnie ont avancé des propositions dangereuses
des maximes d'une morale relâchée des apho-
rismes équivoques et malsonnans ces témé-.
raires écrivains ont trouvé de nobles adversaires
dans leur propre corporation, et la plupart, pour
ne pas dire tous, se sont humblement soumis à
l'autorité qui les condamnoit. On sait que Pascal
a pris dans un Jésuite le fonds de ses Lettres
provinciales que Voltaire lui-même a condam-
nées.
Ne disons pas que tous les Jésuites, sans ex-
c
ception, ont professé des principes également
vrais, des maximes également orthodoxes; mais
disons, sans crainte d'être démentis, que le
nombre de ces écrivains répréhensibles n'est
rien, absolument rien, si on le compare aux
membres des autres corporations qui ont donné
le même scandale. Les libéraux prétendent-ils
que les Jésuites n'auroient jamais dû faillir? Ne
blessent-ils pas le sens commun en exigeant
dans leurs ennemis une perfection qui n'est pas
dans la nature Depuis quand sera-t-il permis
de rendre un corps responsable de l'erreur ou
du crime de quelques membres isolés ? Quand
ces membres ont été désavoués par la majorité du
corps et surtout par les déclarations de l'ordre,
B' exprimant au nom de la société a-t-on le
droit d'en exiger davantage? Faudra-t-il dé-
truire une corporation, parce que tous les indi-
vidus qui la composent ne sont pas impeccables?
Faudra-t-il abolir la magistrature parce qu'elle
nous donna quelquefois des juges prévarica-
teurs ? Parce que Robespierre et Danton étoient
avocats l'ordre des avocats deVra-t-il. être
anéanti ? Parce qne Marat exerça la médecine
faudra-t-il bannir tous les médecins du royaume?
En vérité quand de certaines gens parlent des
Jésuites on diroit que la tête leur tourne. On
a beau réfuter leurs sophismes démasquer leur
hypocrisie prouver l'innocence des accusés p
ils n'en crient pas moins Crucijige qii'eii les
crucifie. On devroit sans doute leur répondre
par le silence du mépris si leurs ridicules de*.
clamations ne trouvoient pas de fidèles échos
au milieu de ces hommes profondément irréflé-
chis, qui de très-bonne foi, jugent sans exa-
miner et condamnent sans entendre. Dans tous
les pays du monde la multitude des dupes est
immense; nous dirons donc à ces hommes cré-
dules, que nous plaignons sincèrement:
« On vous crie que les Jésuites sont les enne-
mis de la religion comment se fait-il donc que
tous les ennemis de la religion, tous les impies,
les abhorrent ? comment se fait-il qu'ils aient eu
constamment l'estime des souverains Pontifes et
l'approbation de l'Episcopat? Les Papes auroient-
ils favorisé les ennemis de l'Eglise? Peut-on sup-
poser que les Evêques et le Clergé eussent honoré
de leurs suffrages des hommes qu'on nous re-
présente comme des impies, comme des hypo-
crites, comme les corrupteurs de la jeunesse ?
Se croira-t-on plus clairvoyant que le Pape et
plus* orthodoxe que le Clergé ? Puisqu'on ne
veut pas en croire le Sacerdoce on suppose
apparemment que le Sacerdoce est le complice
des Jésuites c'est là en effet ce qu'on tache de
faire entendre on veut aussi perdre le Clergé
dansl'csprit des nations; on veut briser le dernier
appui qui soutienne encore le trône et l'autel
et, sous le vain nom de Jésuites, c'est l'ordre
sacerdotal tout entier que l'on désigne à la hache
des proscripteurs futurs.
» On vous dit: Les Jésuites prêchent le régi-
cide. Nous vous avons déjà montré ce qu'il en
faut croire. Quels sont aujourd'hui y ajouterons-
nous, quels sont ceux qui osent élever ces
étranges accusations ? Ne sont-ce pas les hommes
couverts du sang de Louis XVI, ou leurs com-
plices, ou leurs apologistes ou les partisans
révolutionnaires de la souveraineté du peuple ?
Ne sont-ce pas les panégyristes deBerton, les ad-
mirateurs de Bolivar les enthousiastes de tous
les rebelles de notre .temps ï
« On vous dit que les Jésuites corrompoient
la jeunesse regardez ceux qui leur font cette
imputation grossière et vous verrez des hommes
qui eurent le malheur de n'être pas élevés par
eux, et qui sont des monstres de corruption;
vous reconnoih-ez ceux-là même qui répandent
partout, jusque dans les maisons d'éducation y
les livres les plus licencieux visitez les établis-
semens des Jésuites et vous vous convaincrez
que de tous les lieux où s'élève la jeunesse ce
sont ceux où les mceurs sont le plus en s-ûreté ?
parce que c'est là que les corrupteurs ont le
plus de peine à pénétrer. Dans tous les temps
les nombreux élèves de ces religieux se sont
généralement sigualés par des mœurs pures et
une inviolable probité. La plupart des écrivains
qui ont immortalisé le grand siècle étoient leurs
disciples en est-il un seul qui ait professé des
principes révolutionnaires? Les Jésuites ont pris
la jeunesse française au sortir des fureurs de la
ligue, et nous leur avons dû les merveilles
de ce siècle incomparable; ils ont abandonné la
jeunesse française à la fin du dix-huitième siècle,
et trente ans après nous avons vu le régicide
proclamé dans toute la France comme un article
de foi.
Si les Jésuites étoient les ennemis du pouvoir,
auroient-ils mérité l'estime de Henri IV les
suffrages de Richelieu et de Louis XIV, l'admi-
ration du grand Frédéric? Certes, ces hommes-
là avoient assez de génie pour savoir connoltre
les brouillons et assez de puissance pour s'en
débarrasser. Si donc ils ont protégé l'illustre
corporation, n'est-ce pas une preuve évidente
que non-seulement ses maximes n'étoient pas
dangereuses, mais qu'elles ne reufermoient rien
que d'éminemment bon et utile ? il
Les Jésuites, après les discordes de la ligue, 5
ramenèrent la France aux principes monarchi-
ques, quoi qu^en disent ceux qui prétendent qu'ils
travaillèrent et qu'ils travailleront encore daus
un sens contraire. Il n'y a que les Jacobins à qui
il puisse revenir quelque chose d'une pareille
tentative. Ceux-là ont besoin de détruire la légi-*
timité pour ouvrir la barrière à toutes les ambi-
tions ils ont besoin de replonger l'Europe dans
l'anarchie, pour reconquérir leur épouvantable
puissance.Comme les philosophes d'avant la révo-
lution ils ne doutent pas de l'innocence des Jé-
suites mais comme eux aussi ils savent quels
obstacles l'existence de la compagnie apporteroit
à leurs complots. Si les philosophes préludèrent
par sa destruction au renversement de l'autel et
du trône il est naturel que les révolutionnaires
invoquent une mesure semblable pour atteindre
an semblable but.
Les Jésuites sontles grenadiers du Pape, c'est
Voltaire qui nous l'a dit leur société est cette
phalange macédonienne que redoutoit le fameux
d'Alembert son absence du champ de bataille
est donc nécessaire à l'accomplissement du grand
œuvre. Les déclamations furibondes du parti
révolutionnaire démontrent jusqu'à l'évidence
les craintes mortelles qui l'agitent à la vue des
enfans de Loyola en perdant toute réserve la
révolution nous a découvert le fond de ses
noires pensées. Pour connoître s'il convient,
s'il est temps d'adopter une institution les
gouvernemens n'ont qu'à prêter l'oreille et
écouter quelles sont les clameurs du jacobinisme.
Toutes les fois que les révolutionnaires se dé-
chaînent contre un corps, contre une personne,
contre une institution, qu'on se hâte d'employer
cette personne, de favoriser ce corps de conso-
lider cette institution, et l'on aura la certitude
d'avoir bien fait.
Les Jésuites ont pour eux les suffrages du
Pape et du Clergé ils ont pour eux l'affection
des plus grands monarques; ils ont pour eux
les principes que leur corporation a constamment
professés, la conduite fidèle qu'ils ont invaria-
blement tenue, trois siècles de gloire et de
vertu; ils ont pour eux l'estime de tous les hon-
nêtes gens libres de préjugés et la haine de
tous les partisans de la révolution les Jésuites
ne sont donc pas des conspirateurs.
Etablis dans les états voisins de la France ils
font ce qu'ils ont toujours fait: ils forment l'es-
prit et le cœur de la jeunesse leurs établisse-
mens ne sont pas assez vastes pour recevoir les
nombreux élèves qui leur arrivent de toutes parts;
ils ont tellement triomphé des fureurs de l'envie 7
que les libéraux de ces diverses contrées briguent
l'avantage de leur confier l'éducation de leurs
enfans et qu'ils sont les premiers à placer entre
les mains de ces vertueux instituteurs les objets de
leurs plus chères espérances et de leurs plus ten~-
lires affections. Pères de leurs disciples les Jé-
suites s'en font adorer. Les jeunes gens qui sor-
tent de leurs écoles sont faciles à remarquer
modestes instruits religieux, ils n'ont rien de
commun avec cette jeunesse indomptée licen-
cieuse et turbulente que vomissent d'autres éta-
blissemens d'instruction publique. Il faut en con-
venir, me disoit naguères un fameux libéral
les Jésuites m'ont rendu mon fils; sans eux il
étoit perdu sans retour. Ce sont des magiciens,
me disoit un autre on ne connoît plus ces jeu-
nes gens quand ils rentrent dans la maison pa-
ternelle ils ont échangé leur présomption contre
une douce modestie leur ton de licence contre-
un langage de pudeur et d' urbanité leur orgueil
et leur insubordination contre l'amour de l'ordre
et la piété filiale.
Oui c'est ainsi que les Jésuites savent cons-
pirer. Ils conspirent en effet mais c'est à faire
des sujets dévoués, des citoyens honnêtes, des
chrétiens éclairés et sincères.
Hommes respectables et trop long-temps ca-
lomniés quand viendra pour vous le jour de la!
juslic*
B
justice et de l'impartialité? Quand cessera-t-on de
vomir l'imposture? Quand sera-t-on las d'appeler
la proscription sur des hommes recommandables
que la Suisse république protège, que les Etats-
Unis favorisent que l'ombrageuse Angleterre
"supporte sans alarmes, et que respecte le sauvage
de l'Amérique ait milieu de ses déserts?
Oui les Jésuites conspirent :ils conspirent àsau-
verle genre humain de l'abîme que les partisans de
larévohilionereusentsous nos pas avec un incon-
cevable délire ils conspirent à répandre l'amour
de la religion et l'horreur de l'impiété ils cons-
pirent à propager la véritable science à déra-
ciner cet esprit d'orgueil et de vertige qui nous
replongeroit tôt ou tard dans une profonde bar-
barie à former de nouvelles générations pour la
gloire des lettres 'et pour l'ornement de la so-
ciété. 0 vous, hommes de bonne foi de toutes
les opinions -vous qui répétez les anathèmes
d'une secte antisociale je vous en conjure,
avant de maudire lisez, examinez ne condam-
nez pas sans entendre J'en ai la certitude con-
solante, un léger examen suffira pour vous con-
vaincre vous rougirez de servir d'échos aux
ennemis de la patrie et de la véritable liberté vous
verrez tout à coup s'évanouir vos aveugles pré-
ventions vous resterezconvaincus de l'innocence
des Jésuites, et vous conviendrez avec moi que
si l'on conspire en Europe, ce n'est pas dans les
rangs de ces hommes vénérables.
LETTRE SECONDE.
DES MISSIONNAIRES ET DU CLERGÉ.
DES hommes évangéliques parcourent les cités
et les campagnes ils prêchent aux peuples l'ou-
bli des injures on les accuse de semer la dis-
corde. Ils enseignent une morale sublime on
leur impute l'horrible projet de corrompre et
d'égarer la nation. Ils crient aux enfans de res-
pecter leur père aux époux de s'aimer et d'ob-
server la fidélité conjugale aux domestiques de
chérir leurs mattres et d'honorer par une invio-
lable probité les livrées du service; à tous les
citoyens d'obéir à l'autorité; ils propagent,enfin
l'horreur de tous les vices et l'amour de toutes
les vertus; et toutefois la calomnie ose démentir
des faits publies, dénaturer leurs intentions,
leur prêter des arrière-pensées on voudroit les
voir accablés sous le poids du ridicule et de la
haine.
On les accuse de fanatisme, alors que, par-
donnant les plus sanglans outrages ils implorent
la miséricorde divine pour les véritables fanati-
ques qui les persécutent, et qui ne craignent pas
d'appeler ouvertement sur ces hommes de paix
des arrêts de mort ou de proscription. Ce sont
des hypocrites s'écrie-t-on; le miel découle de
B 2
leurs lèvres perfides, mais la rage est 'au fond
de leur cœur ils s'efforcent de captiver la mul-
titude pour en faire bientôt l'aveugle instrument
de leur ambition; marchant de concert avec les
Jésuites ils brûlent de renverser la monarchie
pour asseoir à sa place le despotismedes prêtres
et la tyrannie des préjugés.
Il faut convenir que si tel étoit le but des Mis-
sionnaires, la maladresse de ces hommes là
seroit grande. En effet) ils nourriroient secrè-
tement l'affreux projet de détruire la monar-
chie et néanmoins ils commenceroient par faire
un devoir sacré d'obéir à la puissance établie 1
Suivant leurs discours, les rois ne sont pas de
simples mandataires ce ne sont pas de majes-
tueux fantômes que le souffle du peuple ait le
droit d'anéantir ce sont les agens du pouvoir
suprême ce sont les lieutenans de Dieu ils ne
dépendent que de l'Eternel leur personne est
inviolable attenter à leurs augustes préroga-
tives, c'est violer la plus sainte de toutes les
lois c'est se constituer en révolte contre Dieu
lui-même; c'est commettre le plus grand de tous
les attentats.
Cette doctrine n'est-elle pas éminemment so-
ciale, et n'est-ce pas celle qu'ils proclament dans
toutes les églises, et qu'ils ne cessent de prêcher
au milieu d'une nation que des hommes pervers
voudroient séduire et précipiter dans les révolu-
tions, en propageant des maximes contraires?
Or, n'iroient-ils pas directement contre leur
but en tenant un pareil langage ? Quand iTï au-
ront une fois gravé dans le cœur des peuples
l'amour des souverains et l'obéissance à l'auto-
rité quand une fois la majesté du trône sera
devenue pour les citoyens un objet de culte et
de vénération quand une fois l'esprit public
aura pris cette direction salutaire les Mission-
naires pourront-ils contredire, avec la moindre
apparence de succès la doctrine qu'ils professent
aujourd'hui? Ne trouveroient-ils pas daus toutes
les consciences une résistance opiniâtre si
jamais ils concevoientla folie d'une pareille ten-
tative ? Est-il si facile, d'ailleurs, d'extirper une
croyance quand elle est une fois profondément
enracinée dans les esprits, et surtout dans les
.cœurs? Trente ans de révolution, un demi-siè-
cle de combats contre la vérité l'éloquence de
tous les sophistes et l'éloquence des passions
plus forte qu'elle, n'ont pu, jusqu'à ce joui- 5
éteindre en Europe les saintes et consolantes
doctrines de nos aieux.
Il est évident que si l'on veut conduire les
peuples vers un but déterminé il ne faut pas
ouvrir devant eux une route qui les en écarte
il est évident que si l'on aspire à des innova-
tions T il ne faut pas attirer sur ces innovations
la haine de la multitude il est évident que si
l'on veut détruire un édifice, il faut en saper
les bases au lieu de les, consolider. Désirer la
révolte et prêcher l'obéissance vouloir des
ebangemens et tout faire pour les prévenir fa-
çonner les hommes au joug du pouvoir, et for-
mer l'espérance d'eu affranchir la terre na se-
roit-ce pas le comble de la folie et de l'extra-
vagance ? Il faut convenir que si les Mission-
naires sont des conspirateurs, on n'auroit jamais
pu le soupçonner sans les étonnantes révélations
de la faction libérale.
Mais à quoi bon des Missionnaires, s'écrie
l'impiété dans ses momens d'hypocrisie et de
modération? les provinces de France seroient-
elles par hasard des Landes sauvages et vivons-
nous dans des contrées idolâtres ? N'avons-nous
pas des Evêques des Curés, des Vicaires pour
enseigner les vérités du christianisme? Quelle
nécessité de recourir à cette milice nouvelle t
Quelle nécessité ? Quand des milliers d'églises
se trouvent dans un état de veuvage quand le
vide du sanctuaire se fait sentir d'une manière
alarmante quand la mort frappe et moissonna
de toutes parts les vétérans du sacerdoce, quand
le nombre des jeunes Lévites est si loin de remplir r
les tristes lacunes que l'homme de bien remar-
que partout en gémissant c'est alors qu'on ose
demander si les Missionnaires sont utiles! On
oublie qu'un intervalle de douze ans sépare les
anciens des nouveaux ministres de l'Eglise. Les
Missionnaires sont utiles, parce qu'ils soulagent
le Clergé dans sa lamentable pénurie parce
qu'ils suppléent aux enseignemens que les prê-
tres ordinaires ne peuvent procurer aux peuples
parce que sans leur céleste ministère la vigne
de Jésus-Christ demeureroit inculte dans plu-
sieurs régions de la France.
Il est d'ailleur&^ertain que'les missions doi-
1).
X
vent produire sur les esprits des impressions
plus durables et plus profondes que les exer-
cices ordinaires de la religion la pompe qui les
accompagne, des cérémonies touchantes, des
prédications répétées, tout est fait pour attendrir
et remuer plus fortement les cœurs. Il s'opère
nécessairement alors une commotion générale et
salutaire. L'homme a besoin d'être vivement ex-
cité il s'habitue insensiblement aux choses qu'il
voit tous les jours il aime naturellement l'éclat
et la nouveauté l'éloquence d'un orateur inconnu
a pour lui de plus grands attraits il écoute
plus volontiers l'homme qui lui parle rarement
Bossuet lui-même perdroit de son empire s'il
prêchoit tous les jours. Quand il est surtout
question de déposer le fardeau d'une conscience
criminelle on le fait avec moins de répugnance
aux genoux d'un Missionnaire étranger il en
coûte moins de révéler ses fautes à celui que
peut-être on ne reverra plus. Les missions ap-
pellent un grand concours l'exemple entraîne
des imitateurs et tel avoit peut-être juré de
mourir dans l'impiété qui cède à l'impulsion
générale, et qui retrouve, dans ces momens d'in-
dulgence et de miséricorde, les consolations
divines que son pasteur n'auroit jamais pu lui
faire goûter.
Si l'on consulte le cœur humain, on ne dou-
tera pas de ces incontestables vérités, D'ailleurs,
les faits sont là pour confondre les téméraires
qui refuseroient de les croire. Dans chaque ville
où se rendent les Missionnaires la foule se pré»
cipite sur leurs traces. Dans les temples la foule
déborde par toutes les issues les riches et les pau-
vres se confondent autour de la chaire évangé-
lique. Des vieillards, enfoncés dans la fange de
la débauche et dans les ténèbres de l'incrédulité
comprennent, pour la première fois de leur vie,
cette religion sublime qu'ils ignoroient des
femmes mondaines sortent de l'instruction con-
vaincues de la vanité des plaisirs, et des charmes
delavertu; desjeunes gens qui, avec toutl'orgueil
de leurs fausses lumières méprisoient les saintes
maximes de leurs aïeux prêtent une oreille at-
tentive à la voix de ces obscurs Missionnaires
qu'ils avoient en horreur. On prêche le pardon
des injures, la concorde et la charité les in-
crédules s'étonnent d'entendre un pareil langage
dans la bouche de ces hommes qu'on leur avoit
peints comme des fanatiques ils sentent mourir
au fond de leur cœur la haine qui les dévoroit.
Ces hommes qui prouvent la nécessité d'aimer
jusqu'à ses ennemis cessent d'être à leurs yeux
le fléau du genre humain; ces hommes qui prê-
chent l'obligation d'obéir à l'autorité ne sont
plus des conspirateurs ni des factieux; ces hom-
mes qui prient pour la société toute entière
ne sont plus des tigres ni des antropophages
ces hommes qui déroulent devant eux les magni-
fiques preuves du christianisme, ne sont plus de
vils charlatans. Emus jusqu'au fond des en-
trailles les incrédules ne cachent plus leur mi-
raculeux attendrissement le bandeau fatal se
déchire et tombe; les préjugés s'évanouissent
la vérité dissipe les ténèbres de leur intelli-
gence et ces malheureux, qui peut-être étoient
venus pour rire des Missionnaires s'en retour-
nent confondus de l'étonnante révolution qui
s'est opérée dans leur manière de voir et de
sentir. Ils se sont promis de parler désormais
avec réserve, et d'étudier une religion qu'ils
blasphémoient dans les jours de leur superbe
ignorance. C'est en vain que la voix des passions
lutte encore et repousse le joug de la vérité ils
sont contraints de se rendre et de proclamer
leur défaite ils accourent aux pieds de ces nou-
veaux apôtres qu'ils avoient naguères en exécra-
tion, et les hommes de Dieu s'empressent de
leur prodiguer les avis et les douces consola-
tions d'une charité vraiment fraternelle. Tous
ne se rendent pas, il est vrai mais tous sont
du moins forcés d'accorder leur estime aux mo-
destes vertus de ces hommes apostoliques.
Je le demande à tous les hommes de bonne
foi qui ont vu des missions n'est-ce pas là le
fruit qu'elles produisent généralement ï Qu'ils
me disent si jamais ils ont entendu des paroles
séditieuses des phrases anti-clirétîennes des
provocations à la vengeance, et des maximes de
persécution? Dans ces assemblées religieuses
que des forcenés voudroient interdire ne prê-
che-t-on pas sans cesse le pardon des injures et
l'amour de ses ennemis ? En sortant de ces réu.
nions en est-on plus mauvais époux plus mau-.
vais père ou plus mauvais citoyen ? Combien ?
dans ces momens extraordinaires ? n'ont pas,
rougi de leur vie passée Combien n'ont pas
oublié leurs querelles Combien n'ont pas senti
la haine expirer au fond de leur coeur attendri Que
de sincères réconciliations que de restitutions
opérées que d'injustices prévenues Tel qui
vomit le blasphème et l'outrage doit peut-être
aux apôtres qu'il n'a pas honte de calomnier, le
retour d'un fils égaré ou d'une compagne qui déjà
nourrissoit une flamme adultère.
Dans l'impossibilité d'imputer avec succès un
langage répréhensible à ces prétendus fanatiques,
l'impiété se donne comme l'interprètc de leurs
plus secrètes pensées. Suivant elle, les Mission-
naires se gardent bien de laisser apercevoir en
public les intentions perfides dont ils sont ani-
més c'est à huis-clos que ces tartufes déposent
toute contrainte ces factieux d'un nouveau
genre conspirent dans les tribunaux de la con-
fesssion des réunions clandestines leur pro-
curent ensuite la facilité d'endoctriner la mul-
titude, et c'est là que, abusant de leur ministère
ils se font de nombreux adeptes capables de se
lever en masse au premier signal.
Est-ce donc sérieusement que le libéralisme
ose déraisonner jusqu'à ce point? Quoi! les Mis-
sionnaires prêcheroient publiquement une doc-
trine qu'ils s'empresseroient de désavouer en
secret! S'ils tenoient une pareille conduite ne
seroient-ils pas à jamais perdus dans l'esprit de
leurs concitoyens ? Où est l'honnête homme qui
voudroit à l'avenir les écouter et les suivre ?
Où egt l'homme d'honneur qui ne seroit pas in-
digne d'une aussi détestable hypocrisie ? Bien-
tôt les Missionnaires n'auroient plus d'empire
et le mépris universel deviendroit leur trop juste
récompense.
Nous nous en rapportons à tous ceux qui ont
répondu au zèle des Missionnaires, à tous ceux
qui détestent la calomnie à tous ceux qui con-
servent encore de la droiture et de la probité: qu'ils
nous disent si les Missionnaires démentent en
secret la doctrine qu'ils enseignent sous les voû-
tes de nos temples Qu'ils nous apprennent si
jamais des maximes de discorde et de sédition
ont frappé leurs oreilles attentives Qu'ils nous
répètent leurs discours et qu'ils ne craignent
pas de dénoncer à la terre le plus exécrable de
tous les complots Mais tous les gens de bien
gardent un profond silence non-seulement ils
n'ont rien vu de blâmable non-seulement ils
n'ont rien entendu de contraire à la doctrine
publique, mais tout ce qui s'est passé dans le
secret n'a servi qu'à leur faire connoître jusqu'où
peuvent aller les miracles de la charité. C'est là
ce qu'affirme une foule de témoins de tous les
âges et de toutes les conditions. Faudra-t-il
récuser cet imposant témoignage pour croire à
des accusations dénuées de fondement? Des
hommes qui ne vont jamais dans nos temples
devront-ils être écoutés avec plus de faveur que
des milliers de citoyens dont la conduite est
exemplaire, et qui fréquentent nos églises? Ah!
si les Missionnaires nourrissoient des projets
sinistres des nuées de transfuges auroient dé-
serté leurs bannières une armée d'accusateurs
se lèveroit contre eux; on citeroit des faits pré-
cis on appelleroitsurla tête des insensé la juste
vengeance des lois; on auroit bientôt anéanti une
milice sacrilége capable de se jouer ainsi avec
une exécrable audace de tout ce qu'il y a de
saint parmi les hommes.
Si l'on se borne à prêter des arrière-pensées
aux Missionnaires, c'est qu'il est impossible
de censurer leur conduite et de reprendre leurs
discours. Quand on a la vérité pour soi, ou
n'a jamais recours à la calomnie avec elle
on est assez fort, et rien ne pourroit soustraire
les hommes apostoliques aux cnâtimens que mé-
ritent les factieux, si ces hommes-là étoient en
effet des conspirateurs dans un siècle comme le
notre, ils ne manqueroient certainement pas d'ha-
biles accusateurs pour les dénoncer, et de juges
inexorables pour prononcer leur sentence de
proscription. De vagues inculpations des faits
aventurés et démentis le lendemain des propos
dénaturés par des bouches impies des arrière-
pensées qu'on leur suppose les intentions qu'ou
leur prête les complots imaginaires qu'on leur
attribue ce ne seront jamais là sans doute 9
aux yeux de la justice et de l'équité des titres
de censure et de condamnation. Des hommes qui
se dévouent à l'instruction de leurs concitoyens;
des hommes qui se privent volontairement de
tous les agrémens de la vie; des hommes qui
mènent l'existence la plus dure et la plus pénible,
ne sont pas des ambitieux; des hommes qui
supportent avec une héroïque résignation les ou-
trages et les mauvais traitemens ne sont pas des
fanatiques; des hommes qui prêchent toutes les
vertus en en donnant l'exemple, ne sont pas des
conspirateurs. Sans leur utile coopération, les
dernières lueurs du christianisme seroient peut-
être au moment de s'éteindre dans cette belle
France, dans cet empire fondé par desEvêques,
dans cette florissante monarchie, si religieuse au-
trefois. Du moins sera-t-on forcé de convenir
qu'ils ont rendu les plus grands services et qu'ils
en rendront encore. C'est là, qu'on n'en doute
pas, le motif qui leur mérite l'honorable aver-
sion de tous les impies c'est la crainte qu'ils
inspirent aux artisans du crime et de la révolution,
qui leur suscite tant d'ennemis, et qui fait rugir
contre eux les nombreuses phalanges de l'incré-
dulité.
Hommes de bonne foi que l'on abuse par
de vaines déclamations, pesez bien ce que nous
venons de dire et vous aurez bientôt la plus
entière conviction, qu'en attaquant les Jésuites
et les Missionnaires, c'est au christianisme lui-
même qu'on prétend déclarer la guerre! En dou-
terez-vous encore, lorsque vous entendrez re-
tentir les mêmes clameurs contre les prêtres en
général? Les Prêtres, vous dit-on, sont des cons-
pirateurs. Des insensés qui prennent pour des
réalités les rêves de leur imagination malade 1
ne cessent de crier à la conspiration des Prêtres.
A les entendre c'en est fait des libertés de la
France et de la terre entière la monarchie est
cii péril et le siècle de Grégoire VII est au mo-
ment de reparoitre au milieu de nous.
Voilà, certes, une étrauge accusation; mais
ne seroit-il pas équitable de la justifier par des
faits ? Depuis quand suffit-il d'accuser une classe
de citoyens pour la faire proscrire ? Quelles
preuves nous a-t-on fournies jusqu'à ce jour, à
l'appui de ces sinistres complots ? Parce que des
Prêtres fidèles aux lois de l'Eglise refusent
d'inhumer l'impie qui se précipite en furieux
dans les abîmes de l'éternité, on crie à la con-
juration Mais par quel esprit de vertige vou-
droit-on forcer les Prêtres à violer des lois sain-
tes, à prostituer les prières du christianisme sur
le cadavre d'un athée ? à déshonorer par une
sacrilége condescendance l'auguste ministère
dont ils sont revêtus ? Que diroit le Consistoire,
si l'on vouloit exiger d'un pasteur protestant
l'inhumation d'un idolâtre ou d'un musulman ?
Que diroit la Synagogue si l'on vouloit imposer
à ses rabbins la même obligation? cette préten-
tion ne seroit-elle pas le comble du ridicule ? Il
falloit arriver au dix-neuvième siècle pour enten-
dre élever une prétention pareille.
Mais les Prêtres acquièrent de toutes parts une
influence capable d'alarmer tous les vrais amis
de la liberté ce sont eux qui poussent la Con-
grégation ce sont eux qui dominent les hommes
du pouvoir; ce sont eux qui dirigent les minis-
tères qui conduisent les princes et qui sont
l'ame secrète de toutes les délibérations.
Insensés qui tenez ce langage parlez-vous de
tonne foi? Répondez je vous conjure. Si
e est de bonne foi nous plaignons sincèrement
votre ineptie et votre crédulité mais si vous le
dites sans le croire, comment peut-on qualifier
une telle conduite et quels noms méritez-vous ?
On soutient que les Prêtres dominent les
hommes du pouvoir quelle déraison Quand le
pouvoir s'arroge le droit de contrôler les Evê-
ques dans l'administration de leurs diocèses
quand les Evêques entourés d'une méfiance in-
concevable, n'ont pas la faculté de correspondre
librement avec le souverain Pontife quand on
entrave de toutes parts et de toutes les ma-
nières le gouvernement spirituel de l'Eglise
c'est le moment que l'on ose choisir pour élever
cette étrauge accusation! Si les Prêtres domi-
noient en effet les hommes du pouvoir la re-
ligion catholique n'auroit-elle pas reconquis sa
légitime indépendance ? l'Episcopat gémiroit-il
sous le poids d'une servitude incompatible avee
sa dignité? le Clergé ne pourroit-il pas se réu-
nir en assemblées générales? Ne le verroit-on pas
1 affluer dans les premiers corps de l'empire? Se-
roit-il impunément tralné dans la boue, avili
dans son ministère assailli dans ses augustes
fonctions ? On fait grand bruit des libertés de
l'Eglise Gallicane etl'on ne dit rien de ses humi-
liantes servitudes; on laisse de toutes parts circuler
les productions de l'athéisme, et l'on traîne sur les
bancs de la justice uivPrêtre vénérable, un élo-
̃ quent écrivain pour des opinions qui n'ont rien
d'alarmant; on poursuit comme coupables d'Ul-
tramontanisme des hommes qui n'ont d'autre
tort que de professer des maximes reçues dans
la majorité de l'Eglise et l'ou souffre à l'occa-
sion d'un comédien le spectacle d'une odieuse
apostasie être catholique comme le Pape est un
titre à la persécution mais détruire toutes les
bases de la société en prêchant le matérialisme,
est une audace que l'on contemple sans horreur
et que l'on traite avec indifférence.
Or, je le demande à tous ceux qui n'ont pas
étouffé les dernières lueurs du bon sens si le
Clergé dominoit les hommes du pouvoir ver-
rions-nous des scandales aussi monstrueux ? Ne
mettroit-on pas des barrières à la démence de
l'impiété ? La religion de l'état ne pourroit-elle
pas du moins jouir de la liberté que l'on ac-
corde à toutes les sectes, sans en excepter celle
de ces malheureux qui se font gloire de n'en
suivre aucune ? Qu'on cesse enfin, de parler de
la prétendue domination de gens qui gémissent
dans une véritable servitude. Qu'on cesse, enfin,
de joindre aux blasphèmes une insultante déri-
sion. 0 peuple français combien les révolu-
tionnaires te méprisent, puisqu'ils osent compter
jusques-là sur ton aveugle crédulité!
Mais les Prêtres, réplique-t-on forment des
sociétés occultes et des associations multipliées
couvrent le sol de la France. Pourquoi cette
Congrégation dont on ne connoît pas les mys-
tères ? Est-il besoin, pour pratiquer les vertus
chrétiennes, de s'envelopper dans les ténèbres et
de se lier par des engagemens suspects?
Qu'il est facile de répondre à cette interpella*»
tion Quand des sociétés révolutionnaires pullu-
lent dans toutes les contrées de l'Europe, il est
naturel que les amis de l'ordre cherchent à con-
centrer leurs forces, et que par une union plus
étroite ils tâchent d'opposer une barrière aux
incursions d'un parti essentiellement désorgani-
sateurv Quand les francs-maçons les carbonari,
les radicaux et les factieux de tous les pays s'unis-
sent pour combattre la vérité sous les auspices du;
Toi des ténèbres, il est impossible de faire un crime
•aux bons citoyens de resserrer les nœuds de leur
sainte fraternité sous les auspices du Dieu dela
lumière. D'ailleurs, la Congrégation n'agit point
dans le mystère on connoit son but et ses rè-
glemens la politique n'entre pour rien dans les
salutaires projets qu'elle a conçus. L'obligation
des membres de cette terrible Congrégation est
de vivre dans les pratiques de la religion de
répandre l'amour et les préceptes du christia-
nisme, de neutraliser les tentatives d'une secte
impie et séditieuse, de travailler au bonheur et
à la gloire de sa patrie. Quand un Matthieu
'Montmorency l'a présidée qui pourroit lui sup-
poser d'horribles complots? Quand des hommes
vénérables s'enorgueillissent d'en faire partie
osera-t-on bien ne voir dans une pareille société
qu'une réunion de conspirateurs ? Si l'on veut
condamner les hommes sur les intentions qu'on
leur prête, que l'on ne parle plus de justice et
d'équité. Si l'on veut proscrire sans preuves, Fran-
çais, déchirez la Charte constitutionnelle rem-
place)!
placez le sceptre de saint Louis par le cimeterre
de Mahomet ou par le sabre de Tamerlan.
Généreux Français qui d'entre vous ne con-
noît pas quelques membres de cette formidable
Congrégation ? Répondez-moi les reconnoissez-
vous pour des factieux, pour des ennemis de leur
patrie, pour des hommes vils et corrompus? Ne
sont-ce pas, au contraire, des hommes recomman-
dables par leurs vertus politiques par leur con-
duite privée par leur charité pour le pauvre
par la pureté de leurs mœurs et par la noblesse
de leur caractère ? Sans manquer aux saintes
lois de la justice, vous ne pouvez leur refuser1
votre estime. Après cela, croirez- vous que des
hommes pareils iroient s'enrôler, daus une asso-*
ciation oit se trameroient la ruine et la honte de
la France?
La Congrégation n'est pas l'unique société que
poursuivent les furibondes clameurs du libéra-
lisme on en veut à toutes les réunions reli-
gieuses on voudroit interdire toutes les assem-
blées qui n'ont pas la révolution pour objet et
pourbut. Mais que sont ces pieuses sociétés dont
on cherche à épouvanter le gouvernement ? Ce
sont des institutions consacrées au soulagement
de l'indigence, à l'instruction du peuple à la
propagation d'une morale que des forcenés vou-
droient détruire, pour asseoir avec plus de faci-
lité sur la terre leur épouvantable domination.
Les chevaliers du libéralisme aperçoivent des
brigands dans tous ceux qu'ils rencontrent et qui
ne portent pas leur couleur: nouveaux Dons Qui,
C
chottes, ils créent des fantômes pour les combat-
tre, et les rêves de leur délire se changent
bientôt dans leur esprit en sinistres réalités. En
vain leur parlez-vous des bienfaits du Clergé,
des vertus de l'épiscopat; ces malheureux pas-
sent sans vous répondre et comme autrefois
les Juifs à Pilate, ils crient à la mort de l'inno-
cence.
Mais, enfin, qu'on nous dise nettement quel
est le but du Clergé et des hommes religieux
s'ils conspirent à l'abri des lois. Que veulent-ils ? 2
Que demandent-ils? Auroient-ils conçu le projet
de détrôner les Bourbons? Dans cette hypothèse,
dites comment ils pourroient consommer un pareil
attentat? Dites-nous quel seroit pour eux le résul-
tat de cette impie conjuration? Comment concilier
d'aussi noirs complots avec la doctrine dont ils
nourrissent le peuple français ? Quoi nous les
entendons chaque jour flétrir la révolte et prê-
cher l'obéissance aux princes de la terre qu'ils
appellent les lieutenans de Dieu et cependant
ils nourrirolent l'espérance de renverser le trône
légitime Quelle inconséquence de leur part I
Si leur doctrine secrète n'étoit pas en harmonie
avec la doctrine qu'ils professent publiquement,
combien de transfuges ne manqueroient pas de
signaler à la vengeance des lois une aussi détes-
table hypocrisie! f
D'ailleurs depuis trente ans des troubles ont
éclaté dans toutes les parties del'Europe; a-t-on
vu le Clergé prendre parti dans ces révolution &
diverses ? N'a-t-il pas au contraire, déployé la
plus noble énergie pour la défense des trônes
attaqués ? Sont-ce les prêtres qui préludèrent
aux jours funèbres de 93 ? Sont-ce les prêtres
qui ramenèrent Bonaparte en l8l5? Sont-ce les
prêtres qui secondèrent les Pépé, les Riégo et
qui furent les amis de Bertou? Le Clergé fut
puissant autrefois les Suger, les Mazarin, les
Richelieu ont brillé sur la scène politique les
Ximenès et les Albéroni ont dirigé les affaires
d'un peuple voisin; sous leur domination a-t-oa
vu le Clergé croître en influence et s'emparer
des gouvernemens ou les asservir?
Généreux Français pouvez-vous croire à l'é-
trange conspiration que l'on ose vous dénoncer?
Si des cerveaux malades aperçoivent des fantô-
mes si des hommes de bonne foi dominés par
une véritable manie, reculent d'épouvante à la
vue des prêtres, des missionnaires et des jésuites
les hommes sensés partageront-ils une semblable
démence? Les coryphées de la révolution savent
bien qu'ils n'ont rien à craindre de la part du
Clergé mais, à l'aide de leurs fougueuses décla-
mations, ils détournent l'attention publique; ils
crient au feu pour occuper la foule pendant qu'ils
préparent dans l'ombre les torches incendiaires
qui doivent embraser leur pays. Rappelez-voua
que, fidèles à leur vieille tactiqpe ils ont juré
de calomnier sans relâche et de prêter à leurs
adversaires les horribles complots qu'eux-même$
ne cessent de tramer au milieu de nous. Rappelez.
vous que leurs devanciers firent chasser les jé-
suites en les accusant de conspirer la destruction
C a
de la monarchie, alors qu'eux-mêmes travailloient
à cette destruction fatale.
Non je ne croirai jamais à la conjuration du
Clergé contre le trône je ne croirai jamais à
l'infamie de l'Episcopat à l'hypocrisie de tout ce
qu'il y a d'honnête en France, aux crimes de
ceux qui ont partout conquis la vénération par
d'héroïques et de touchantes vertus. Les prêtres,
justement effrayés de l'avenir que l'on prépare
aux nations, tachent de conjurer l'orage; ils
rappellent à l'homme ses immortelles destinées
ils gravent dans son cœur les notions de la jus-
tice ils réveillent dans son ame des sentimens
généreux et de salutaires pensées; ils s'efforcent
de combler le précipice que des malheureux creu-
sent devant nous avec une incroyable fureur; ils-
travaillent à rasseoir la société sur des bases so-
lides et voilà pourquoi la révolution voudroit
les proscrire voilà pourquoi l'impiété les signale
à la haine des peuples voilà n'en doutons pas
la véritable conspiration des prêtres; voîlà? soyons-
en bien convaincus le véritable motif de cette
guerre implacable qu'on semble leur avoir jurée.
Hommes si bassement calomniés honneur à
vos efforts magnanimes Poursuivez avec courage
votre noble tâche si le succès ne doit pas
couronner vos généreuses vertus, vous aurez du
moins retardé la ruine de votre patrie vous au-
rez du moins garanti du naufrage une multitude
de citoyens vous aurez du moins dressé pour
les jours de la tempête des matelots courageux et
fidèles l'armée que vous aurez enfantée ne pé-
rira pas toute entière les débris de cette armée
choisie conserveront pour les races futures la
tradition de vos célestes doctrines et c'est par
elle que la société ressuscitera pour recommen-
cer des siècles de gloire et de prospérité.

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