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EAN : 9782335007312
©Ligaran 2014
De Madame de Sévigné à Ménage
Paris, dimanche 12 janvier 1654.
Je suis agréablement surprise de votre souvenir, monsieur, il y a longtemps que vous aviez retranché les démonstrations de l’amitié que je suis persuadée que vous avez toujours pour moi. Je vous rends mille grâces, monsieur, de vouloir bien les remettre à leur place, et de me témoigner l’intérêt que vous prenez à mon retour et à ma santé. Mon grand voyage, dans une si rude saison, ne m’a point du tout fatiguée et ma santé est d’une perfection que je souhaiterais à la vôtre. J’irai vous en rendre compte, monsieur, et vous assurer qu’il y a des sortes d’amitié que l’absence et le temps ne finissent jamais.
La marquise de Sévigné.
Au Comte de Bussy
Paris, le 14 juillet 1655.
Voulez-vous toujours faire honte à vos parents ? Ne vous lasserez-vous jamais de faire parler de vous toutes les campagnes ? Pensez-vous que nous soyons bien aises d’entendre dire que M. de Turenne mande à la cour que vous n’avez rien fait qui vaille à Landrecies ? En vérité, c’est avec un grand chagrin que nous entendons dire ces choses-là ; et vous comprenez bien de quelle sorte je m’intéresse aux affronts que vous faites à notre maison. Mais je ne sais, mon cousin, pourquoi je m’amuse à plaisanter, car je n’en ai pas le loisir, et, si peu que j’aie à vous dire, je le devrais dire sérieusement. Je vous dis donc que je suis ravie du bonheur que vous avez eu à tout ce que vous avez entrepris. Je vous ai écrit une grande lettre de Livry, que je crains bien que vous n’ayez pas reçue ; j’aurais quelque regret qu’elle fût perdue, car elle me semblait assez badine.
Je me trouvais hier chez madame de Monglas qui avait reçu une de vos lettres, et madame de Gouville aussi : je croyais en avoir une chez moi ; mais je fus trompée dans mon attente, et je jugeai que vous n’aviez pas voulu confondre tant de rares merveilles. J’en suis bien aise, et je prétends avoir un de ces jours unevoiture à part. Adieu, mon cousin, le gazetier parle de vous légèrement : bien des gens en ont été scandalisés, et moi plus que les autres ; car je prends plus d’intérêt que personne à tout ce qui vous touche. Ce n’est pas que je ne vous conseille de quitter Renaudot de ses éloges, pourvu que M. de Turenne et M. le cardinal soient toujours bien informés de vos actions.
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