Lettres politiques . Première lettre. De la chambre des pairs

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chez les principaux libraires (Paris). 1830. France -- 1824-1830 (Charles X). 19 p. ; in-8.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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IMPRIMERIE DE DHMOîTVTLI.E,
rae Christine, nQ %
LETTRES POLITIQUES.
PREMIERE LETTRE.
DE LA
CHAMBRE DES PAIRS.
A PARIS,
CHEZ MES PRINCIPAUX LIBRAIRES.
1830.
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PREMIÈRE LETTRE.
DE LA CHAMBRE DES PAIRS,
LA Charte contient le germe de dévelop-
pemens nécessaires auxquels il serait aussi
insensé de s'opposer qu'à l'existence même
de la Charte. Or la France veut la Charte.
Eni8i4, elle l'obtint, même vaincue, en
présence de l'Europe victorieuse.
Une faction menaça la Charte, et I8I5
vit les Bourbons à Grand.
La Cour et le Clergé abhorrent la Charte,
mais la France la veut! et la Charte a
(X)
été jurée en leur présence, à Rheims, par
Charles X.
La France veut la Charte, et elle s'est
levée deux fois, sans armes, pour renverser
le ministère Villèle et le ministère Polignac.
Elle se lèvera tout arméeT s'il le faut,
pour défendre la Charte !
Que les nations sont fortes lors même
qu'elles combattent contre les lois ; mais,
avec les lois , combien les nations sont plus
fortes, encore ! Si les incroyables menaces
d'une aveugle faction s'accomplissent, la
patrie sera dans la position la plus favorable
aux nations. Déjà l'on se dit de toutes parts :
« Quels sont ces hommes qui appellent
révolutionnaire cette France qui ne fit "une
révolution que parce qu'elle avait toléré,
pendant quatorze siècles, d'intolérables
usurpations, et qui n'en ferait une seconde
(5)
que si elle souffrait plus long - temps des
usurpations nouvelles ? Quels sont ces hom-
mes? Ce sont ces mêmes hommes qui établi-
rent l'odieux privilège du double vote , en-
levèrent à l'institution nationale du jury le
jugement des procès de la presse, imposè-
rent la censure, changèrent la quinquen-
nalité en septennalité, le renouvellement
partiel en renouvellement intégral ; ce sont
les auteurs de ce projet infâme de justice
et d'amour, qui devait étouffer la liberté de
la presse, et de ce projet du droit d'aînesse,
qui apportait l'ancien régime tout entier ■
ce sont ceux qui trouvèrent dans leur coeur
la loi du sacrilège! ceux qui ont détruit la
garde nationale parisienne, ceux qui refila
sent à la France les lois municipale et dé-
partementale j voilà ses accusateurs, voilà
ses oppresseurs ! »
(4)
On se dira alors : « Voilà les violateurs
de la Charte ! »
Puissent-ils, vaincus, n'être condamnés
qu'à recevoir leur pardon de la magnani-
mité française !
Qu'on y prenne garde : détruire la mo-
narchie constitutionnelle, ou plutôt la répu-
blique royale , c'est semer la république
fédérative; si nous nous trompons, ayons
du moins le mérite de la franchise ; nous
l'aurons d'autant plus que nous ne crai-
gnons pas d'avouer que pour nous la répu-
blique fédérative est le meilleur des gou-
vernements.
Un grand exemple pèse désormais dans les
destinées du monde. Ce n'est plus seulement
aux noms des républiques anciennes que s'en-
thousiasment nos coeurs.L a révolution de
1776 est l'ère des peuples modernes. La dé-
(5)
claration d'indépendance des États-Unis
renferma l'affranchissement du genre hu-
main. Plusieurs signataires de cette déclara-
tion existent encore, et sont témoins du
bonheur de douze millions d'hommes aux
mêmes lieux où ils n'en rendirent libres que
trois millions. De 1776 à ce jour, la révolu-
tion française a ébranlé l'Europe, et le joug
de l'Europe s'est brisé dans l'Amérique du
Sud. Sans doute de si grands événemens re-
connaissent de nombreuses causes ; mais qui
niera l'influence des États-Unis? C'est dé-
sormais surtout que cette République,le chef-
d'oeuvre des gouvernements humains, va faire
sentir les bienfaits de son existence aux deux
mondes! Elle a résolu pour toujours le pro-
blême de la prospérité des nations.
Ramenons nos yeux des États-Unis sur la
France : nous verrons trente villes se lever
(6)
tout-à-coup, et se présenter comme centres
de trente républiques : en effet, la plupart
furent les capitales des anciennes provinces
ou sont les sièges des cours royales, et toutes,
par leurs souvenirs et leurs établissemèns,
ou par leur commerce et leur population,
paraissent déjà aux peuples comme admira-
blement disposées pour des projets nouveaux;
Il existe parmi nous un malaise encore se-
cret, peu défini, niais qui ne tardera pas à
éclater : l'industrie, le commerce et l'agri-
culture se plaignent, l'énergie politique des
Français, déjà trop forte pour le petit nombre
d'institutions qu'ils possèdent, en demande
de nouvelles où elle puisse glorieusement se
développer : trente gouvernemens fédératifs
ne sembleraient-ils pas trente centres d'une
activité merveilleuse pour le commerce, l'a-
griculture et l'industrie, pour les sciences,

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