Litanie

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La perte de la mère entaille la vie de l’enfant devenu adulte.
Elle, est l’absence, le rejet, l’oubli, l’indifférence. Elle, s’amuse à emmêler les souvenirs de la réalité et du rêve. Elle, est la blessure infligée, jamais avouée, toujours reniée. Elle, est la cause et le but, la spiritualité et une religion, un art de vivre et d’aimer, la cause première et la finalité. Elle, est le passé et l’avenir, en oubliant que le présent, c’est aujourd’hui, ici et maintenant. Elle, c’est la recherche imposée à celui qui cherche sans trouver à rejoindre le premier pas avec elle et sans elle. Blessure de l’âme qui empoisonne le cœur et le corps, en tourmentant l’esprit.
Né en 1964, l’auteur est un enfant du rock et du cinéma. Imbibé de ces deux « géants », ses poèmes, ses contes, ses nouvelles et ses romans sont des témoignages des principales étapes de l’existence :
naissance, vie, amour et mort !
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107226
Nombre de pages : 110
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Benoit Deville
Litanie


La perte de la mère entaille la vie de l’enfant
devenu adulte.

Elle, est l’absence, le rejet, l’oubli,
l’indifférence. Elle, s’amuse à emmêler les
souvenirs de la réalité et du rêve. Elle, est la
blessure infligée, jamais avouée, toujours reniée.
Elle, est la cause et le but, la spiritualité et une
religion, un art de vivre et d’aimer, la cause
première et la finalité. Elle, est le passé et
l’avenir, en oubliant que le présent, c’est aujourd’hui, ici et maintenant. Elle, c’est la
recherche imposée à celui qui cherche sans
trouver à rejoindre le premier pas avec elle et
sans elle. Blessure de l’âme qui empoisonne le
cœur et le corps, en tourmentant l’esprit.

Né en 1964, l’auteur est un enfant du rock et du
cinéma. Imbibé de ces deux « géants », ses poèmes,
ses contes, ses nouvelles et ses romans sont des
témoignages des principales étapes de l’existence :
naissance, vie, amour et mort !



978-2-7561-0721-9EAN numérique : 978-2-7561-0722-6

EAN livre papier : 9782954040912

www.leoscheer.com Note de l’éditeur m@n
Litanie de Benoit Deville est le premier livre des
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en votant, le texte qui leur semble le meilleur.
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pouvoir d’éditer.© Éditions m@n, 2012
www.editions-man.comBENOIT DEVILLE
Litanie
Éditions m@n« Pour bien enchaîner ma Légende j’aurais pu
me documenter auprès de personnes délicates…
accoutumées aux sentiments… aux mille variantes des tons
d’amour… J’aime mieux me débrouiller tout seul. »
Louis-Ferdinand Céline
à la source de toute naissance et de toute fin…I
Vivre l’histoire de la prime approche. Elle
demeurerait dans une logique, inspirée par l’Oubli. Spirale
démesurée qui engloutirait tout rapprochement
puéril. La pluie passe et sieur Soleil revient,
paraîtil ?
La première mortelle, un jour, s’est débarrassée de
ce révolu qui lui collait à la peau. Et pour soigner
ses plaies, elle reconstituera un autre Demain. Sans
cette première approche. Et sans les autres parties
d’elle. Qu’elle laissera aux chemins du sieur Hasard.
Ils pleurent… Parfois ensemble. Quelquefois, seuls.
Ils se retrouvent… Quelquefois, tous. D’autres
fois, quelques-uns… entre eux. Mais la scission est
consommée et… ils ne le comprennent pas ! Ils
haïssent ! Des fois… Et d’autres jours, quand dame
Lune ose s’aventurer dans le secteur de la Lumière,
ils essaient d’aimer. Mais, aucun amour ! Aucun
ressentiment, ni enchaînement, ni déchaînement.
Neutralité. Observation de leurs leurres. Et de leurs
pleurs. Mais ils ne comprennent pas ! Ils bercent
leurs illusoires sentiments de rester une tribu malgré
11les heurts. Ils demeurent persuadés que la chaîne
du Sang et de la Chair est la plus sincère. Qu’elle
est immuable et que rien n’est plus sacré. Ils ne
voient pas que sa présence marque au plus profond,
les entrailles. Rien n’est, sans sa brûlure ! Rien n’est,
sans les battements réguliers de son émanation !
Rien n’est, sans les essences corporelles de sa fêlure !
Rien n’est, sans les profondeurs de sa sensation !
Elle a enfanté l’entité qui respire aujourd’hui.
Observateur ! Glacé par sa vigilance… en vain ! Comment
faire, dorénavant, pour obtenir un jour ses faveurs ?
Rien ? Le bannissement égal à l’Oubli ! Après la
protection… Les cajoleries, quelquefois (cela peut
arriver). Tellement infime. Si intime. Le fragment
du rappel de son souffle chaud sur la nuque. Mais,
également, de ces moments incompréhensibles de
rage. Paranoïaque, croyez-vous ? Le regret certain
d’avoir permis l’accès à ce monde. Sans heures
rieuses. Elles sont devenues l’Amer. Dans les yeux
des autres, la couleur du chagrin s’entrevoit. Aux
caresses humides de ces enveloppes passagères, les
rondeurs de sa création restent invisibles. En vain !
Et quelles que soient les causes, vibre toujours
l’Amour refusé. Pour Elle et par elle.
En dépit de ce refus, persistant, d’être
l’accompagnatrice de toute une existence. Quelles ont été ces
larmes pour que la route se sépare, vulgairement ?
12Apparence d’une furtive conformité. Physiquement,
s’entend. D’autres vipères répliqueront que la
ressemblance est flagrante avec la crachée du spécimen
qui a honoré sa couche et qui a osé reconnaître,
sans l’accepter, les fruits de cet enlacement. Sortis
de leurs chairs. Allongés dans leurs couches, leurs
étreintes ont enfanté la crasse de l’Ignorance. Devant
le rideau opaque d’une journée d’Octobre qui
tombe sans cesse, elle doit demeurer au fond de
son antre et revoir les images de son vibrant passé.
Qu’aperçoit-elle, de temps à autre, au tréfonds de
ses souvenances ? Pleure-t-elle aux vents du Néant ?
A-t-elle réussi à vaincre ses vantardises ? Celles,
léguées. Celles qui accompagnent chacun de ses
pas, chacun de ses gestes. II
Sous l’œil amusé du Regard, les chemins se perdent
en des dédales douteux. Essayer, désespérément, de
retrouver l’unique chaleur. La seule senteur. L’Intime
lié à la Chair. Et respirer les odeurs parfumées et
envoûtantes. Avoir toujours froid. Alors, il faut
continuer ! Chercher la véritable saveur : le Sang lié
au Corps ; et le Corps à l’Âme ! S’user à se sacrifier
pour Elle. Confondre cette ardeur à rebrousser
chemin avec la volonté d’un sacerdoce. L’unique
voie de ce cheminement perdu avant d’avoir pu
commencer. Chercher le visage de l’Amour alors
qu’il n’existe pas ! Déchirer les draps de l’Angoisse
pour faire peur à la Tristesse. En vain ! Peines inutiles
et futiles. Les girons rosis de ces aspects passagers
enivrent. Leurs jolies parures cajolent l’espace d’une
accolade. Et, au cours de ces nuits esseulées, appuyé
contre le mur de l’Inconstance, hurler ! Et le cri se
mélange aux murmures étranges du Vent
s’étranglant dans les sinuosités du Silence. Et dame Lune
continue à sourire. Éperdument. Comme une mère
qui oblige son enfant à grandir et à se brûler les
15ailes afin d’apprendre. Mais personne au-dessus
du suaire ne vient border l’unique Douceur avec
le baiser du réconfort. Dame Solitude berce pour
se sentir pitoyable. Seul, dans la pénombre de
ces parois rocheuses et naturelles, le processus
d’un supplice est engagé, et il ne finira pas.
Sacrifice superflu… Les afflictions, au fil du temps,
s’assèchent. Les sillons du sieur Hiver tracent les
routes à emprunter. Et les pas martèlent les chemins
boueux et rocailleux. Les portes qui se trouvent sur
la route, s’ouvrent. À se coucher dans les sépulcres
des mortalités délaissées et à leur donner un sourire
en guise d’adieu. Le baluchon de la Dérision toujours
prêt, le Corps s’écorche et ne soigne pas ses plaies.
Il espère que le liquide vital sera le plus fort et qu’il
le ramènera au point de départ. À la source de
toute soif.
Alors, l’horizon se ternit et l’Espoir, comme la Vie
commencée, amorce sa lente destruction. Feu du
Désastre qui consume, lentement, les affres de
l’Ennui qui se présentent. Seul ami sûr ! Et les
rencontres défilent en saluant devant la tribune
officielle. Les bruits et les mouvements tapageurs
par leurs éclats sans teint attirent comme la lumière
artificielle dans la nuit, l’insecte éphémère. Attendre
donc, un éventuel retour. Utopique sentiment !
Personne ne revient. Jamais ! Et d’après les échos
16qui traversent les vallées et se heurtent aux
montagnes, l’unique venue fut pour affirmer un peu
plus, le rejet. Ronde autour de la protectrice solide
contre l’aimée volage de l’Autrefois. Il ne doit pas
y avoir assez de laideur. Il faut, sans doute, ouvrir
la lésion. Encore… Davantage… Elle, déjà, si
béante ! Dans les nuits solitaires et chaleureuses,
les sons du chuchotement virevoltent dans la pièce
fermée, par inadvertance ; devant l’éclat violeur
du Jour froid, il faut contrer l’Amour éventuel qui
peut renaître, sans relâche. Les vivants aperçoivent
les cicatrices de ce damné qui courbe l’échine. Et
ce maraudeur reconnaît l’immense détresse qui se
presse contre la masse vulgaire de ces obscurs. Ils
passent, eux aussi. Comme la Vie. Et, seule, ose
s’éterniser madame la Mort ! La Mémoire s’en
souvient. Elle sait se rappeler à la misérable
commémoration. Et l’Absence, pire que tout, ancre
en ces chairs douloureuses, l’Instinct. Celui d’avoir
appartenu, l’espace d’un souffle, au premier
rendezvous. Et de le rechercher, encore et encore… Parmi
toutes ces essences voluptueuses et charnelles. Et
d’atteindre, l’espace d’un râle sauveur, la sensation
d’avoir été assassiné avant d’être né. Chape de
plomb, l’orage revient vite et il faut trouver, une
fois encore, ce calme bienfaiteur. Jusqu’au mot FIN
qui sera gravé, un jour, sur la stèle du Souvenir. Ce
17morceau de pierre enlaidira, à son tour, avec la
complicité du sieur Temps, la tombe d’où s’effacera
le nom d’un inconnu. Un de plus. III
Dame Solitude est une amie paraît-il. Singulière
inversion de la vision, répondrez-vous.
Le grand édifice blanc se voit par la lucarne mais
l’Apparence obscure, penchée à son balcon, elle, ne
se remarque pas. Mais entrevoit-elle ? Il se peut
qu’elle discerne le détail mais en aucun cas, ce
dernier ne le saura. Ferait-elle un signe autrement ?
Peut-être ? Peut-être pas ? Saurait-elle dépasser les
conventions ? Mais dans cette attente installée,
combien de pauses faudrait-il pour ne pas perdre
patience ? Saurait-elle donner cette indication ?
Ainsi, le passager fourbu pourrait aller lui demander
la permission de l’aimer. Se cajoler entre ses flancs
nus. Enfouir cette face de malodorant entre les
chaleureuses mamelles de la Vie donnée. Mais
surtout ne pas entrer en elle ! Rester dans le
murmure et le froissement doux des caresses. Patienter
dans le vestibule des demandes informulées. La
jauger avant d’emplir le vide de cet éloignement
par un subtil mélange dérisoire de Tendresse
enchaînée. Simplement, elle regarde l’Espace et
19elle ne sait pas qu’elle est un fantasme. Timidement !
Voluptueusement ! Il ne faut pas heurter le miroir.
Le risque est grand à briser le charme. Et pour
quelle raison prendre ce droit ? Après le désir éprouvé,
s’obtient la Rencontre. Puis vient l’enlacement
pour se lever à l’aube et découvrir le chagrin du
Regret. Étendu, là, dans cette couche des plaisirs
abandonnés. Poursuivre une route, ensemble ? Mais
au bout de chaque ligne droite, se trouvent les
boucles d’un échangeur. Et la voie choisie conduit au
dénouement. Et la Séparation se fait en compagnie
de dame Douleur. L’Échange n’est plus et chacun
dans son coin, se lèche les blessures et cajole la
vision d’un effleurement transformé. En ignorant
somptueusement la brèche rouverte. Et autour, les
parois du verre invisible de cette apparition
enveloppent l’Isolement. Elles ne permettent pas d’atteindre
l’Origine. Des passeurs voient pourtant ce chaland
de Nulle part, gelé sur la berge. Mais aucun ne
tente le geste rédempteur. Libérateur ! Le courant
charrie les innommables immondices et empêche
toute volonté. Seule, la Mémoire rappelle que
l’Amour ne se trompe pas. Quand bien même les
voilages envoûtants et les parfums enivrants
arrivent jusqu’au Désir, ils ne pénètrent pas l’essence
même de ce cadavre déjà en décomposition. Qu’ils
le veuillent ou non, il est l’Union. La première
20Puis, le parfum de nos essences, enseveli au creux
de nos échanges, embaume nos souvenirs incertains
par nos douleurs anciennes. Puis, les rires, de nos
semences enlacées, s’envolent au gré du vent et
s’éternisent sur nos desseins, accrochés à nos rives
endeuillées. Les souffles de nos chaleurs, exhortés
par nos élans murmurés, attisent nos cœurs
endoloris par nos meurtrissures antiques. Les regards,
de nos éveils amusés, fuient au détour du chemin
et s’ancrent en nos bouches avides, agrippées à nos
chères arrogances ensevelies. Les gouttes de nos suées,
asséchées par nos salives mélangées, abreuvent nos
sillons tendus à nos angoisses étendues. Alors, les
actes, de nos germes agrandis, tracent la filière du
Destin et s’arrachent de nos mains enchaînées à nos
paysages torturés. Dès lors, les promesses de nos
ententes, appuyées contre nos caresses avortées,
encerclent nos gestes cajoleurs à nos fiels ancestraux.
Les anges, à l’écoute de nos fruits entendus, sourient
devant le Soleil et s’épuisent en nos passages gravés
à nos marbres délavés.
Désormais, sur les tapis de la Confidence, l’Attente
se vautre. Pour voir s’ouvrir, enfin, les draps de sa
couche et l’autorisation de s’allonger contre le flanc
de toutes les naissances. Téter ses tétons sombres
pour sucer le lait suprême de la gâterie initiale.
Puis, dans un dernier baiser passionné, avaler son
109souffle fétide qui permettra à cette carcasse insipide
d’ouvrir le sas de l’Envol. Et l’Âme survolera ce
charmant tableau pour rejoindre les azurs infernaux.
FIN
Achevé d’imprimer en janvier 2012
sur les presses de la Nouvelle Imprimerie Laballery – 58500 Clamecy
Dépôt légal : janvier 2012 N° d’impression : 201019
Imprimé en France
®La Nouvelle Imprimerie Laballery est titulaire de la marque Imprim’Vert

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