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Addiction

De
237 pages

Adjointe du Procureur de New York, Samantha McAlistair cache un lourd secret. Sa rencontre avec un diplomate russe va bouleverser à nouveau son existence.



Cet homme, addict au sexe et jaloux, possède des pouvoirs très particuliers.

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ADDICTION Roman
Sylvie ROCA-GERIS
ADDICTION
Roman
ISBN 978-2-37447-036-8
Dépôt Légal : Octobre 2015
© Erato–Editions - Imprimé en France
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1
Le vent s’était abattu sur New York, insidieux et f roid. Samantha McAlistair resserra les pans de son manteau en cuir avant de descendre les marches du Metropolitan Museum à la recherche d’un taxi.
Une longue limousine à l’avant orné d’un fanion du Consulat Russe vint s’arrêter le long du trottoir. Le chauffeur fit le tour du véhic ule et ouvrit la portière arrière droite. Un homme blond en descendit, le regard fixé dans les y eux de la jeune femme.
Elle détourna le regard et fit signe à un Yellow Ca b qui ralentit juste devant elle. L’homme s’avança rapidement vers le musée et se ret ourna avant de monter les quelques marches.
Elle jeta un coup d’œil vers lui et donna son adres se au chauffeur. Une sensation étrange l’avait gagnée, le regard bleu acier du Rus se l’avait littéralement transpercée.
Elle attrapa son portable qui bipait dans son sac, écouta le message et se replongea dans la contemplation de la rue.
Le taxi stoppa devant son immeuble. Harry, un des p ortiers de la Van Meer Tower, vint lui ouvrir la portière et l’accompagna jusqu’à l’entrée.
– Bonsoir, miss McAlistair, comment avez-vous trouv é l’exposition ?
– Un véritable bonheur ! Je passerais des heures à admirer ces tableaux, j’ai toujours eu un faible pour les impressionnistes français.
– Ce doit être dû à vos origines ; rétorqua le port ier, faisant allusion à la mère de la jeune femme.
– Sans doute, dit-elle avec un léger sourire et ell e s’engouffra dans l’ascenseur.
Arrivé au dernier étage, l’appareil s’immobilisa da ns un doux bruissement. Son appartement occupait le sommet de la tour, offrant ainsi une superbe vue sur Central Park. Elle déconnecta l’alarme, enfonça la touche d u répondeur et ôta ses bottes dans le salon avant de se servir un verre de vin blanc.
Elle prit le dossier sur lequel elle travaillait en tant qu’assistante du Procureur Max Sandoval.
L’instruction s’avérait épineuse, mettre Freddy Bar toli en examen relevait de la gageure. A maintes reprises, il avait bénéficié de non-lieux.
Pourtant son implication dans le trafic d’êtres hum ains, la drogue et le blanchiment d’argent était de notoriété publique. Mais l’homme savait s’entourer des meilleurs avocats.
Son portable émit un bip, elle enclencha une touche .
Le Procureur lui fixait rendez-vous le lundi matin dans un appartement de Brooklyn. Un témoin s’était présenté dans l’affaire qui les o ccupait.
Elle fit la grimace, jusqu’à ce jour, tous les témo ins malencontreusement disparu. La plupart de mort brutale.
potentiels
avaient
Alexei Vladimir Dimitrievitch, Consul de Russie, mo nta les marches qui menaient au Metropolitan et pénétra dans le musée à la recherch e du conservateur. Il le trouva occupé à discuter avec un des gardiens. Ce dernier s’éloigna en voyant approcher le
diplomate russe. Il n’aimait pas ce type, son regard bleu glacial le mettait mal à l’aise.
Le conservateur vint serrer chaleureusement la main de son visiteur.
– Bienvenue, monsieur le Consul, c’est toujours un plaisir de vous recevoir.
– Merci, monsieur Fairbanks ; la salle des impressi onnistes est ouverte ?
– Je vous accompagne, nous avons reçu une nouvelle collection de toiles ; répondit le conservateur.
– J’ai croisé une très belle femme en arrivant : tr ente ans environ, des mèches blondes, des yeux verts.
– Miss McAlistair, une de nos plus fidèles clientes , répondit Fairbanks sourire aux lèvres. Elle travaille pour le Procureur Sandoval.
Dimitrievitch remercia son interlocuteur et gagnant la salle des impressionnistes, saisit son portable et enfonça une touche.
– Grigori, j’aimerais que tu fasses une recherche s ur une certaine Miss McAlistair. Elle fait partie du bureau du Procureur, je veux to ut savoir sur elle.
– Bien patron, je vais voir ce que je peux trouver, fit le chef de la sécurité du Consulat habitué aux demandes particulières de son patron.
– Merci, fit ce dernier et il s’approcha des « Nymp héas ».
Ancien Colonel de l’armée russe à trente cinq ans, il occupait depuis trois ans le poste de Consul à New York. Veuf depuis plusieurs a nnées, il n’avait pas refait sa vie mais collectionnait les conquêtes féminines.
Son regard bleu acier faisait fondre ces dames malg ré un caractère difficile. Doté d’un physique avantageux, un mètre quatre vingt cinq, mu sclé par des heures de sport intensif, il jouait de son charme slave pour séduire. Sans beaucoup d’effort à vrai dire.
Cependant aucune de ses liaisons ne durait. Et à di re vrai, la dernière avec un mannequin avait failli lui coûter sa carrière, ou t out du moins lui valoir son rappel à Moscou. Et très franchement, il n’avait guère envie de rentrer au pays.
Il avait donc décidé de faire plus attention à son attitude. Sa jalousie maladive aurait pu lui attirer de sérieux ennuis.
Natalia avait voulu porter plainte et sans son immu nité diplomatique, il aurait eu à faire à la Justice américaine.
Il avait donc présenté ses excuses à la jeune femme , lui avait offert un superbe bijou et mit un terme à leur relation houleuse.
Il était seul depuis plusieurs mois, s’était plongé dans le travail. Mais sa rencontre furtive avec l’assistante du Procureur avait éveill é en lui un nouveau désir. Brûlant.
Il passa une bonne heure à flâner dans le musée ava nt de regagner le Consulat.
Il trouva son chef de la sécurité devant son PC.
– Tu trouves quelque chose, Grigori ?
– Oui, vive le Dieu Internet ! Je vous imprime ça.
Grigori Kirilenko, après avoir servi cinq années so us les ordres de Dimitrievitch, avait
suivi ce dernier lorsqu’il avait quitté l’armée.
Depuis, il servait à la fois de garde du corps, de secrétaire particulier. De confident, parfois. Il aurait donné sa vie pour le Consul.
Il saisit les pages qui sortaient de l’imprimante, les tendit à Dimitrievitch. Lequel le remercia avant de regagner son bureau où il s’insta lla sur un canapé de cuir fauve.
Les coupures montraient l’assistante lors de différ ents procès. Un résumé de sa carrière avait fait l’objet d’un article dans le « New York Times ».
D’aucun promettait la belle à un brillant avenir.
Sortie première de sa promotion à Harvard, elle ava it tout réussi dans sa carrière encore jeune.
2
Leportable de Samantha sonna, elle l’ouvrit en voyant le nom de l’appelant.
– Salut, Susan !
– Salut la belle, ça te dit un restau ?
– Pourquoi pas, un chinois ?
– Euh… on m’a parlé d’un russe qui vient d’ouvrir, il paraît qu’on y mange très bien… je ne sais plus le nom, mais je dois avoir la carte quelque part…
Samantha hésita un bref instant, le visage du diplo mate croisé devant le musée lui revint en mémoire. Un frisson lui parcourut le dos.
Et bien ma fille, se dit-elle, reprends-toi !
– Ok, on dit dans une heure, tu passes me prendre ? demanda-t-elle en refermant le dossier Bartoli.
Celui-là, il pouvait attendre.
– D’accord, à plus.
Elle passa dans la salle de bains, se doucha et se remaquilla avec soin. Puis elle se planta devant son dressing. Son choix se porta sur une robe en cuir moulante. Elle l’avait dessinée elle-même, comme la plupart de ses tenues.
Il lui suffisait ensuite de porter le croquis à Gin o, couturier italien installé sur la Cinquième avenue. Elle choisit des bas gris fumée, enfila une paire de bottes à lacets.
Regardant le résultat dans le miroir, elle sourit à son image. Satisfaite d’elle, elle se parfuma et enfila son manteau. Il était temps de re joindre son amie.
Le portier l’accompagna jusqu’au taxi où l’attendai t Susan qui émit un sifflement avant de donner l’adresse au chauffeur.
– Et bien, pour un simple dîner entre copines, tu t ’es mise sur ton trente et un ! fit-elle remarquer.
– Comme si tu avais prévu de rentrer sagement après dîner ! Tu ne comptes pas aller en boîte après ?
– Tu lis dans mes pensées ! rétorqua son amie en ri ant. Tu connais leBlue Moon?
– J’en ai entendu parler, le propriétaire est russe , je crois ! Décidément tu fais dans le russe, c’est nouveau ?
– J’en ai rencontré un en faisant mon jogging, same di matin... enfin rencontré c’est un bien grand mot, je dirais croisé.
Samantha se tourna vers son interlocutrice, le sourcil relevé.
– Et tu comptes le voir ce soir, dans ton restauran t ? Tu sais combien il y a de restaurants russes à New York ?
– On peut toujours rêver ! Et si je ne le vois pas, il y aura peut-être des gens intéressants !
– Je ne le crois pas, tu es indécrottable ! Et comm ent sais-tu qu’il est Russe, ton
jogger ? demanda Samantha en secouant la tête.
– Il est monté dans une voiture diplomatique avec l e drapeau russe !
Son amie enregistra l’information, surprise et dema nda :
– Un grand blond avec un regard bleu absolument gla cial ?
– Non, celui-là c’est le Consul… Moi je parle d’un brun à la coupe militaire et super baraqué !
– Connais pas !
Le taxi vint stopper devant le restaurant, mettant fin à la conversation. Provisoirement. Les deux femmes descendirent de voi ture. Elles avaient à peine atteint la porte que Susan demanda :
– Et toi, tu le connais d’où, le Consul ?
– Je ne le connais pas, je l’ai croisé devant le Me t, et je vais te dire une chose, je n’ai pas aimé son regard !
– Il a une sacrée réputation de séducteur !
– Ah oui, tant mieux pour lui ! Il ne m’intéresse p as !
Un serveur en tenue folklorique les conduisit à leu r table. Samantha le remercia en russe.
L’homme eut l’air surpris, sourit en leur tendant l es menus.
– Désirez-vous un apéritif ?
– Une vodka sur glace pour moi, et toi Susan ?
– Un whisky plutôt, merci. C’est sympa comme endroi t ; ajouta Susan en laissant son regard errer sur les autres tables.
– C’est assez typique en effet, répliqua son amie.
Samantha jeta un coup d’œil à la décoration ; elle avait séjourné à plusieurs reprises à Moscou et St Petersbourg. Elle aimait énormément la Russie, son Histoire la fascinait. Elles passèrent leur commande tout en sirotant leurs boissons.
Et au moment où le serveur apportait les entrées, S usan poussa une exclamation de surprise. Levant les yeux, Samantha suivit le regar d de son amie vers l’entrée de la salle. Deux hommes se tenaient sur le seuil. Un gra nd blond au regard bleu acier et un brun à la coupe militaire et super baraqué.
Le Consul avait aussi aperçu les deux convives et l eur souriait.
– Tu vois que le monde est petit ! fit Susan, aux a nges.
Son amie lui jeta un regard noir. A travers ses cil s, elle vit les deux Russes venir vers elles. Le Consul s’arrêta face à leur table, s’incl ina avant de se présenter :
– Alexei Vladimir Dimitrievitch, Consul de Russie, ravi de vous rencontrer à nouveau, Miss McAlistair.
Samantha leva les yeux sur la main que l’homme lui secondes et finit par tendre la sienne.
tendait, hésita quelques
Le diplomate la porta délicatement à ses lèvres et la jeune femme ressentit un brusque flot de chaleur envahir son corps.
Elle retira précipitamment ses doigts, présenta son amie :
– Susan Waters, avocate au barreau de New York.
– Grigori Kirilenko, mon chef de la sécurité ; fit Dimitrievitch en désignant son compagnon.
– Monsieur !
– Positivement enchantée ! s’exclama Susan en plant ant ses yeux bleus dans le regard du Russe.
Le chef de la sécurité les salua d’un signe de tête .
– Je vous souhaite un bon appétit, mesdames.
Les deux hommes ’éloignèrent de la table, gagnèrent l’autre extrémité du restaurant.
– Il s’est renseigné sur toi, on dirait ! chuchota Susan en les suivant du regard. Allons ne fais pas cette tête !
– Je n’aime décidément pas ce type ; rétorqua Saman tha.
– Tu as vu comment il te regarde ? demanda son amie .
– A ton avis ? J’ai l’impression qu’il lit dans mes pensées !
– Et alors ? Moi, j’aimerais bien un homme qui devi nerait le moindre de mes désirs !
Samantha haussa les épaules. Son amie était certain ement une grande avocate mais côté vie privée, elle avait le chic pour s’amourach er d’hommes pas faits pour elle. Et à chaque rupture, elle devait la consoler.
En tout cas, sa seule envie maintenant, était de te rminer son repas au plus vite.

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