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Apprends-moi ton silence

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Apprends-moi ton silence
LN. Nikita
185 300 caractères, 33 700 mots.
Yanis est muet et cela ne lui a jamais posé le moindre problème avant ce jour terrible il y a maintenant deux ans. Aujourd'hui, il s'est reconstruit une vie paisible autour de son petit paradis personnel : le salon de thé, le Rainbow cupcake, qu'il a ouvert avec son meilleur ami Nell. Mais l'arrivée de Cal dans son monde va chambouler toutes ses barrières et il va devoir affronter son passé.
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Apprends-moi ton silence


LN. Nikita



R e m e r c i e m e n t s
À Lys qui a été la première à croire en cette histoire.
À Margot et Maryne pour leur soutien et leur bonne humeur.
À Pédro pour son écoute et ses bons conseils.
À mon mari pour la couverture.
À mes enfants toujours.


C o n v e n t i o n
Afin que vous puissiez bien suivre ce récit :
• les pensées des protagonistes sont mises entre guillemets, ex. :
« Je le trouve très beau. »
• Yanis est muet et utilise le langage des signes, ses « paroles » sont en italiques, ex. :
— Je le trouve très beau.
• Les notes écrites et SMS sont entre guillemets et en italique, ex. :
« Je le trouve très beau ! »


Chapitre 1


Yanis


Je trempai mon doigt dans le glaçage sucré et le portai à ma bouche.
« Mmmh, juste parfait. »
Je remplis ma poche à douille et commençai à recouvrir mes cupcakes à la vanille lorsque Nell passa
la tête dans ma cuisine.
― Chaton, on a presque plus de Trois chocolats.
Je lui souris et désignai d’un signe de tête ma fournée de petits cakes au chocolat recouverts de mousse
blanche.
― T’es le meilleur, m’affirma-t-il.
Je lui répondis par un clin d’œil et il alla chercher ses gâteaux pour les emmener dans la boutique.
Nous avions ouvert le Rainbow cupcake il y avait un peu plus d’un an. C’était un pari risqué, car Nell
avait lâché son poste prometteur de commercial dans le domaine médical pour me suivre dans mon plus
grand rêve. Un geste de confiance et d’amour pour m’aider à remonter la pente après le drame. J’avais
conscience de la chance que j’avais d’avoir Nell dans ma vie, mais bien plus depuis que ma vie avait
basculé. Sans lui, je ne serais tout simplement plus là.
« Non ! hors de question. »
Je me secouai mentalement et affichai de nouveau mon sourire le plus sincère. J’aimais être ici, dans
ma cuisine bougeant doucement les hanches en rythme avec la musique que diffusait ma station iPod. Je
refusais de laisser entrer cette noirceur dans mon paradis. D’une main légère, je déposai de petits cristaux
de sucre turquoise sur mon glaçage puis m’essuyai les mains sur un torchon avant d’attraper le plateau de
mes pâtisseries et de pousser la porte donnant sur le comptoir d’un coup de hanche.
Il régnait un tranquille brouhaha dans le salon de thé. À cette heure de l’après-midi et en plein hiver, il
y avait pas mal de passage. Les tables en plastique transparent de différentes couleurs étaient installées
aléatoirement dans la pièce créant un espace coloré et vivant, à notre image. Je déposai le plateau sur le
comptoir et commençai à placer les pâtisseries dans la vitrine. Nell était en train de servir une gentille
grand-mère qui avait du mal à choisir la douceur qu’elle voulait prendre avec son café. Madame Berger
était une habituée, elle venait deux fois par semaine en sortant de son rendez-vous chez le coiffeur. Un
brushing toujours impeccable donc, elle poussait la porte de notre boutique et passait bien dix minutes à
se décider sur le cupcake qui accompagnerait son café noir. Nell, d’une patience exemplaire répondait
avec gentillesse à chacune de ses questions.
― Vous diriez que c’est un jour à chocolat ou à fraise ? demanda-t-elle le plus sérieusement du
monde.
― Un jour fraise incontestablement, répondit-il.― Pourquoi ?
― Parce qu’il fait doux, s’il faisait froid il vous faudrait du chocolat, de plus nous sommes jeudi.
― Ah oui, c’est juste.
Je secouai la tête. Je ne sais pas comment il faisait, mais il savait toujours comment parler aux clients.
J’ignore ce que le jeudi eut à y voir, mais Madame Berger repartit avec un cupcake à la fraise.
― Hey, mais c’est nouveau ça, me dit mon ami en désignant mon jean. J’adore les strass sur le côté, tu
me le prêteras ?
Je levai les yeux au ciel, comme si Nell allait se priver de me piquer des fringues dans mon armoire,
ça serait une première. Il faut dire que nous faisions la même taille, alors nous nous échangions souvent
nos affaires. Aujourd’hui, il portait d’ailleurs un de mes foulards autour du cou, cette couleur rehaussait
le brun cuivré de ses yeux. Comme d’habitude, il avait plaqué la totalité de ses cheveux bleu électrique
sur le côté avec du gel, comme si une énorme rafale avait fait envoler ses courtes mèches. J’avais opté,
quant à moi, pour une couleur moins voyante, Nell m’aurait probablement tué si j’avais touché à mon
blond naturel de toute façon, alors je m’étais contenté de les agrémenter de quelques mèches violettes.
Aujourd’hui, elles étaient cachées sous mon foulard à carreau rouge assorti à mon tablier. Ce n’est pas
parce que j’étais la plupart du temps caché dans la cuisine que je ne devais pas être à mon avantage, et
soyons honnête, j’étais à tomber avec ce jean, même si le tablier avec l’adorable petit chien au nœud rose
le cachait en partie.
Je lançai une œillade aguicheuse à Nell tout en remuant mon cul que je savais parfaitement moulé dans
mon jean et me dirigeai vers la cuisine quand la cloche de la porte retentit. Machinalement, je me tournai
vers l’entrée de la boutique et tombait sur les plus beaux pectoraux de la création. Je levai les yeux pour
voir à qui ils appartenaient, le type était tourné sur le côté et souriait à une très belle femme brune qui
l’accompagnait.
« Hétéro bien sûr. »
― Chaton ! Le four a fait : « ding ! »
Je quittai des yeux le beau profil du brun et retournai en cuisine avant de devoir jeter tous mes cakes à
la cannelle.

*
* *

― Yanis ! entendis-je mon ami appeler depuis la salle. Un jeune homme très sexy veut visiter l’appart
du haut, tu aurais le temps ?
Je souris, un mec sexy ? Juste au-dessus de nous ? Voilà qui me semblait un bon plan. J’ouvris la porte
et montrai ma poche à douille pleine de chantilly au caramel que j’avais en main à mon partenaire et lui
montrai mon autre main pour lui signifier que j’en avais encore pour cinq minutes. Il acquiesça et je
l’entendis dire à quelqu’un que j’étais le roi de la poche à douille et que je n’en avais pas pour
longtemps. Je m’appliquai à recouvrir mes cupcakes cannelle avec ce glaçage puis ajoutai des petites
billes de pommes caramélisées dessus. Je glissai mon carnet et mon stylo dans la poche arrière de mon
jean, pris le plateau et retournai en salle. Je déposai le plateau sur le comptoir et récupérai les clefs de
l’appartement sous la caisse. Je retrouvai Nell dans un coin de la salle en compagnie du couple que
j’avais vu entrer plus tôt.― J’ai mis le plateau des derniers sur le comptoir, tu pourrais les mettre en vitrine s’il te plaît ?
signai-je.
― Bien sûr chaton, ça va aller ?
Je hochai la tête et lui montrai mon carnet et mon stylo. Nell me sourit et se tourna vers les deux
clients.
― Voici Yanis, mon partenaire et le dieu du cupcake, il va vous faire visiter les lieux, je ne peux pas
m’absenter de la boutique, mais Yan n’a rien au four pour le moment. Il va tout vous expliquer.


Cal

« Muet ? »
La première chose que je remarquai quand le petit ami de notre serveur arriva fut qu’il était le mec le
plus sexy que j’avais jamais vu. Des yeux d’un bleu profond sur un visage aux angles doux, des cheveux
bouclés blonds s’échappant d’un foulard et une bouche sensuelle et d’autant plus renversante quand il
m’offrit un sourire éblouissant qui me donna des palpitations. Puis il agita ses mains et je compris,
hébété, qu’il devait être muet. Il montra un calepin ce qui me rassura sur la suite de la visite, car je ne
risquais pas de comprendre ses signes. Avec Betty, ma meilleure amie, nous avions passé la journée à
visiter des appartements collants à mon budget, autant dire des taudis. Jusque-là, nous avions vécu
ensemble dans un trois-pièces dans le Marais, mais son homme avait récemment emménagé avec nous et
il était temps que je leur laisse un peu d’intimité. Après des heures de visites fatigantes, Betty m’avait
supplié de lui offrir un café dans ce salon de thé haut en couleur. J’adorais le Marais, mais le côté
exubérant de la communauté gay n’était pas ce que je préférais. C’est ce qui me surprit dans mon coup de
cœur pour le beau pâtissier, il avait beau être canon, le genre excentrique et légèrement féminin n’était
pas mon type habituel. Je les aimais virils et musclés, de la testostérone fuyant par tous les pores. Un peu
comme moi… mais en sexy.
Yanis nous fit signe de le suivre et mes yeux descendirent malgré moi pour mater un cul d’enfer, moulé
à la perfection dans un jean taille basse. Miam.
Je ne devais pas être des plus discrets, car mon amie me donna un petit coup de coude. Je lui offris un
clin d’œil auquel elle répondit en levant les yeux au ciel. Nous passâmes à côté du comptoir jusqu’à un
escalier, celui-ci déboucha directement sur une porte qu’il déverrouilla. À l’intérieur, je découvris une
pièce à vivre lumineuse avec un coin-cuisine. Yanis s’arrêta sur le comptoir et commença à griffonner sur
son cahier puis il me le tendit. L’écriture était petite et soignée, Betty se pencha par-dessus mon épaule
pour lire sa note en même temps que moi.
« Nous avons acheté la boutique il y a presque deux ans, nous n’avons pas l’utilité de cet appart et
il avait besoin d’être rénové, nous venons juste de finir les travaux. Par contre, je dois vous prévenir
qu’il est sans doute un peu petit pour deux. »
Je me dépêchai de le démentir.
― Oh ! Non c’est juste pour moi, Betty est… C’est…
Je m’embrouillais, l’idée qu’il puisse penser que j’étais avec elle me dérangeait bêtement.― Je suis son souffre-douleur, termina ma traîtresse d’amie, Betty et lui c’est Cal.
Le sourire éblouissant fut de retour sur son superbe visage et j’en oubliai de pincer Betty. Après avoir
griffonné une nouvelle note, il me la tendit.
« Le mieux est peut-être que je vous fasse visiter les lieux, puis je répondrais à toutes vos questions
à la fin. »
C’est donc avec le plus grand des plaisirs que je le laissai me précéder dans l’appartement, m’offrant
une vue magnifique sur un déhanché à tomber. Il nous montra une petite chambre et une petite salle de
bains. Le tout était en effet assez petit, mais en excellent état et très bien situé. Je bossais comme agent de
sécurité dans un complexe commercial à deux stations de métro, c’était parfait. Restait à voir si le loyer
me conviendrait. Je posai la question à Yanis et il inscrit un montant raisonnable sur son calepin.
― Quand est-il disponible ? demandai-je.
« Quand voulez-vous emménager ? » écrivit-il.
― Dimanche ?
Il tapa des mains, visiblement excité, et m’écrivit rapidement.
« Formidable ! c’est le jour des pops. Éric et Sam pourrons nous aider. Vous avec un camion ?
Parce que je peux en trouver un. »
Je ne pus m’empêcher de rire face à tant d’enthousiasme, Yanis était de ces gens pour qui la vie est un
présent et qui ont tendance à illuminer tout autour d’eux. De toute évidence, il prévoyait de faire partie de
ce déménagement comme si je faisais partie de ses amis. Je n’allais pas dire non à un peu d’aide, d’autant
que je n’avais personne en dehors de Betty et de son mec Tony. Non pas que je sois asocial, mais je
sortais d’une relation compliquée avec une fin plutôt tragique qui avait fait un ménage radical parmi mes
supposés amis. Je rangeai mon amertume et offris un sourire à l’homme généreux devant moi.
― Pour être honnête, je ne dirais pas non à un camion ni à un peu d’aide.
« Fabuleux ! Je m’occupe de tout alors. »
Encore une fois, il ne semblait pas tenir en place je pressentais qu’il était frustré de ne pas pouvoir
s’exprimer avec des signes.
« Venez, je dois retourner en cuisine. »
Nous redescendîmes tous et une fois en bas il me tendit une nouvelle note.
« Reviens demain signer le bail. Et arrête de mater mes fesses. »
Je levai les yeux vers lui lorsqu’il me fit un clin d’œil avant de repartir dans sa cuisine avec un
déhanché exagéré et incroyablement sexy. J’éclatai de rire.


Yanis

« Définitivement pas hétéro. »Je souris en retournant dans ma cuisine, pouvant presque sentir le regard de Cal sur mes fesses que je
remuai d’une manière aguicheuse. Je le trouvais sympa, tout à fait le genre de locataire que je voulais
avoir. Je préparerai le bail et le laisserai à Nell pour demain. J’envoyai un texto rapide à Sam.
« Coucou les p’tits cœurs, j’ai besoin de vous dimanche pour aider notre nouveau locataire à
emménager au-dessus de la boutique. Ça marche ? »
Je reçus une réponse presque immédiatement.
« Pas de problème mon chou à la crème et puis c’est le jour des pops. »
Je souris à sa réponse et lui envoyai un smiley. Puis je contactai mon amie Alex, une musicienne qui se
produisait à la harpe dans les plus grands hôtels de la capitale pour voir si elle pouvait nous prêter son
camion.
« OK, passe le chercher dimanche matin, et n’oublie pas les pops. »
Je souris, on pouvait compter sur mes amis pour ne pas oublier leur estomac. Je repensai à Cal et à la
manière dont il s’était comporté avec moi. Quand ils se rendent compte que je suis muet, la plupart des
gens se comportent différemment avec moi, certains articulent exagérément ou parlent plus fort comme si
j’étais sourd ou débile et comme si crier dans les oreilles d’un sourd changeait quoi que ce soit. Quand je
dois faire des démarches administratives et que Nell m’accompagne pour traduire, la plupart des gens se
tournent vers lui et ne me regardent même pas quand ils posent des questions comme si je ne pouvais pas
les comprendre, comme s’ils m’effaçaient de la conversation. Et puis il y a les nombreuses soirées en
boite ou dans un bar où les mecs m’offrent un verre et s’enfuient à toutes jambes dès qu’ils s’aperçoivent
de mon handicap.
Cal ne m’a pas regardé différemment, il m’a souri, m’a parlé normalement, a lu mes messages avec
patience, il a même flirté. C’est ça qui m’a plu chez lui, je suis sûr que nous deviendrons amis. Je
n’aurais pas voulu de n’importe qui dans mon paradis.

*
* *

Deux heures plus tard, j’étais en train de ranger la vaisselle pour le lendemain quand mon meilleur ami
passa la tête par la porte de la cuisine.
― Tu as fini chaton ? me demanda-t-il.
Pour toute réponse, je lui lançai un torchon. Il me sourit et commença à nettoyer mon plan de travail.
― Tu ne vas pas le croire, commença-t-il, Lilian m’a appelé, il veut me voir demain soir.
Je pouffai.
― Il ne doute de rien, signai-je.
― C’est ce que je lui ai dit, il m’a répondu que c’était un malentendu.
― Un malentendu ? La langue de ce type dans sa bouche ?― Il a peut-être glissé.
Il me regarda en jouant des sourcils et nous éclatâmes de rire.
― Bref, je lui ai répondu de se trouver un autre pigeon qui y croirait, c’est la dernière fois que je
drague un type dans un bar.
― J’ai déjà entendu ça, c’était mon tour de jouer des sourcils.
Pour toute réponse, il se contenta d’un clin d’œil.
― Alors, ce type t’a fait bonne impression on dirait.
Je haussai les épaules, je voyais bien où il voulait en venir, Nell essayait de me caser depuis plus d’un
an.
― Oh allez ! Tu as vu comment il est bâti ? En plus, tu lui as tapé dans l’œil c’est évident.
― Je ne veux pas d’un mec à qui j’ai « tapé dans l’œil », je veux un mec qui me connaisse et
m’apprécie pour ce que je suis, pas pour ce qu’il peut montrer aux autres, j’ai déjà donné, tu te
rappelles ?
C’était un coup bas, bien sûr qu’il se rappelait, je me sentis minable de lui avoir répondu comme ça.
D’autant que, blessé, il avait baissé immédiatement les yeux.
― Excuse-moi, cœur, je ne voulais pas te parler comme ça. C’est juste… cesse d’essayer de me
caser tu veux ? Il n’est même pas mon genre.
Un sourire espiègle refit son apparition sur le visage de mon ami.
― Tu veux dire, le genre musclé et sexy ? C’est ce genre qui n’est pas le tien ?
Je lui donnai un coup d’épaule.
― Alors dis-moi, c’est quoi ton genre ?
Je déposai mon dernier cul de poule à sa place et m’adossai à mon plan de travail.
― Je les aime gringalets et un peu trop bavards, malheureusement tu ronfles.
Il me balança le torchon à la figure.
― Pour ta gouverne, je ne suis pas gringalet, je suis fluet. Et je ne ronfle pas. Enlève ta panoplie
espèce de petite peste, on lève le camp.
Je retirai mon tablier et mon foulard, les mit dans la machine à laver avec les torchons du jour puis
suivit Nell jusqu’à la sortie.


Cal

Je rentrai chez nous et laissai Betty raconter notre journée à Tony qui venait de rentrer du boulot. Tonyétait un grand homme solide qui travaillait comme charpentier. J’avoue que j’aurais plus vu ma petite
citadine préférée tomber amoureuse d’un banquier ou d’un informaticien que d’un homme qui travaille de
ses mains. Mais Tony était un mec adorable, aux petits soins pour ma princesse et vraiment je n’aurais
pas voulu d’un autre homme pour elle. Avec une patience digne d’un ange, il l’écouta s’énerver sur ce que
certains propriétaires osent louer une fortune. Puis elle parla du Rainbow cupcake et de ces deux figures
typiques de la communauté gay branchée – tout ce que je ne suis pas, se lamenta-t-elle –, elle parla de
mon futur appartement et décréta qu’il allait devoir passer son dimanche à soulever des meubles avec
moi. Il m’offrit un petit sourire, signe que l’arrangement que semblait avoir pris sa petite amie pour lui ne
le dérangeait pas. Je les laissai alors qu’elle partait sur une description détaillée du « meilleur cupcake
que j’ai mangé de ma vie » et allai m’allonger sur mon lit.
Je contemplai le plafond tout en laissant mes pensées dériver vers un regard bleu d’une douceur si
touchante. Je soupirai, plus que je n’aurais voulu, j’avais été troublé par cette rencontre avec Yanis.
C’était indéniablement un homme sexy et même s’il n’était pas mon genre habituel, il faudrait que je sois
aveugle pour ne pas craquer sur ce visage expressif et ce corps à damner un saint. Pourtant si je devais le
décrire en un mot je dirais surtout qu’il est lumineux. En pénétrant dans la salle, son foulard sur la tête son
regard tendre sur son petit ami, son sourire éclatant pour moi, il a d’un seul coup illuminé toute la pièce.
Je n’ai pas d’autres mots, et s’il m’obsède tant ce soir c’est que je veux plus de cette lumière, j’en veux
chaque jour de ma vie et je la veux pour moi.
Je fermai les yeux. La poisse ...

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