Au bonheur des femmes infidèles

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Trois récits pour raconter le plaisir de certaines femmes à se donner à d'autres hommes en présence ou avec la complicité de leur mari consentant.





Appelé parfois " candaulisme " (le mot vient du roi Candaule qui trouvait sa femme tellement belle qu'il ne pouvait résister au plaisir d'en montrer les atouts à d'autres hommes), cette pratique a pour but d'exacerber le plaisir du couple en montrant à l'homme sa femme sous un autre jour et en permettant à cette dernière de connaître d'autres émois sans les affres de la culpabilité.


Un livre terriblement excitant qui interroge sur les principes de fidélité et de possessivité.





Publié le : jeudi 19 décembre 2013
Lecture(s) : 119
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EAN13 : 9782846284011
Nombre de pages : 86
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Anne


C’était le genre de dîner où se mélangent le professionnel et l’amical et que l’on organise à la fois pour accueillir des amis et pour entretenir de bonnes relations avec des collègues ou des supérieurs. Cette fois, au creux de l’hiver, nous avions invité deux couples d’amis, André (un collègue de Jean, mon mari) et son épouse Nicole, et Jacques et Danièle (l’une de mes collègues), ainsi que le patron de Jean, Henri, et son épouse, Lucie.

J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer Henri lors de cocktails d’entreprise où j’accompagnais Jean et je dois dire qu’il ne m’avait au premier abord pas beaucoup impressionnée. Ni beau ni laid, il m’avait paru assez banal, pas spécialement en forme physiquement parlant, et je l’avais trouvé un peu suffisant quand il n’avait pu s’empêcher de marquer sa supériorité professionnelle. Oh, bien sûr, ça n’avait pas été flagrant mais j’avais bien vu qu’il tenait clairement à souligner à mon intention sa place face à Jean, même (surtout ?) en sa présence, lors de nos discussions de cocktail.

Une fois, par exemple, alors que la discussion portait sur des questions de travail, il avait rappelé comment il avait demandé à Jean de s’en occuper puis avait ajouté :

– Et je dois dire, Anne, que votre mari a parfaitement exécuté mes ordres, ce que j’ai beaucoup apprécié. Je me souviens d’ailleurs que cela l’avait obligé à passer plusieurs longues soirées au bureau. J’espère que vous ne m’en avez pas voulu.

Que pouvais-je répondre ?

– Mais non, bien sûr. Je comprends qu’il y a certaines obligations auxquelles on ne peut échapper.

– C’est exact et j’apprécie que Jean le comprenne si bien, et qu’il me soit si dévoué. Et puisque vous ne m’en voulez pas, je tiens à vous dire que j’essaierai dès que possible de compenser le sacrifice que vous avez fait à cette occasion.

Pendant qu’il prononçait ces paroles, Henri avait posé sa main sur mon bras et, avec un léger sourire, m’avait regardée droit dans les yeux. Sans nous laisser le temps de répondre, ni à Jean ni à moi, il avait légèrement serré mon bras entre ses doigts et avait demandé à Jean, tout en continuant de me regarder :

– Voulez-vous aller nous chercher à boire, Jean, nos verres sont vides.

Après m’avoir lancé un rapide coup d’œil, Jean était parti dans la foule pour aller au bar nous réapprovisionner. Cette obéissance de Jean à la sollicitation de son patron, même si elle était au fond assez normale, m’avait fait penser qu’Henri exerçait sans doute un certain ascendant sur lui, ce qui m’avait fait une drôle d’impression. Henri avait d’ailleurs poursuivi en ce sens en ajoutant :

– J’espère que Jean vous est aussi dévoué qu’à moi.

Surprise par cette remarque, j’avais tout simplement répondu :

– Oh ! je n’en doute pas une seconde.

Mais je n’avais pas retiré mon bras de l’emprise d’Henri parce que, je dois bien l’avouer, cette esquisse de domination discrète commençait à retenir mon attention et à m’intriguer. Ce n’est que plus tard, à la maison, que je m’étais dit que j’aurais peut-être dû m’écarter de lui pour qu’il ne puisse avoir aucune impression d’assentiment de ma part envers quoi que ce soit. Et c’est au moment même où je me faisais cette sorte de reproche intérieur (mais bien mollement, je dois le dire) que j’avais réalisé que cela me procurait aussi un certain plaisir, léger et fugace certes, mais tout à fait indéniable.

La deuxième fois, lors du dernier cocktail, Henri m’avait lancé de loin quelques regards très appuyés auxquels je n’avais pas répondu. Certes, comme c’est ma réaction instinctive quand un homme me regarde directement dans les yeux, j’avais soutenu son regard pendant quelques secondes, en restant immobile et sans expression particulière, comme pour me mesurer à lui, surtout après ce qui s’était passé la fois précédente, mais c’était resté très bref, très passager.

Plus tard, il était venu se joindre au groupe que nous formions, Jean, André, Nicole et moi, et il avait participé à notre conversation qui portait sur tout et rien, les affaires, la politique, etc. Au bout d’un moment, Jean avait dû nous quitter pour se joindre à un autre groupe et Henri, voyant que mon verre était vide, en avait pris un sur le plateau d’un serveur qui passait près de nous puis, en se tournant vers moi sans un mot, m’avait pris la main pour m’enlever mon verre vide et me donner le nouveau. Il avait fait cela avec lenteur, délibérément, pendant que Nicole me parlait, et il avait gardé ma main dans la sienne. Comme Nicole me parlait à ce moment-là, j’avais dû rester immobile, ma main dans celle d’Henri, et cette manœuvre, ce contact corporel qui n’avait certainement pas échappé à Nicole, m’avait causé un frisson de plaisir, même si je ne l’avais pas du tout montré. Mais j’y avais vu aussi un signe plus clair de sa volonté de marquer sa supériorité, son emprise. Je n’avais ni réagi ni répondu à son geste, j’étais restée comme paralysée pendant les quelques instants du contact, mais je savais bien cette fois, instinctivement, que nous n’étions déjà plus dans le même type de relation qu’auparavant.

Je dois reconnaître en effet que, même si je n’avais pas ressenti au départ plus d’attirance qu’avant envers Henri, j’avais ensuite rapidement et clairement perçu la sensualité de son geste, à un point tel que, pendant les moments qui suivirent, alors que la conversation se poursuivait comme si rien ne s’était passé et que Jean était revenu dans notre groupe, j’avais senti affluer en moi cette vague de désir, ce trouble diffus qui m’annoncent invariablement une possibilité délicieuse de capitulation, le désir d’abandonner mon corps, mon sexe, à la force du mâle. Mais cette vague de sensations avait ensuite rapidement reflué et je n’y avais plus pensé.

Et quand, quelques semaines plus tard, Jean avait proposé d’inviter Henri à dîner avec sa femme, en disant qu’il pensait que ce serait de bonne politique pour son avenir professionnel, j’avais acquiescé tout naturellement, sans aucune arrière-pensée. Certes, je m’étais souvenue, mais de manière très fugace, de la manière dont Jean avait obéi à la demande d’Henri lors du cocktail, et cela avait un instant évoqué dans mon esprit l’idée de soumission de Jean devant Henri, mais sans plus. Le choix des autres invités avait tout de suite chassé cette esquisse de pensée de mon esprit.

C’est quand la sonnette de la porte d’entrée retentit pour la troisième fois, annonçant l’arrivée d’Henri et de sa femme après les deux autres couples, que le souvenir des deux incidents me revint plus nettement et brutalement à l’esprit, alors que Jean me demandait d’aller leur ouvrir parce qu’il était occupé à préparer des apéritifs. Comme le salon se trouve au premier étage de notre maison, je descendis au rez-de-chaussée et, après avoir allumé la lumière du hall d’entrée, j’ouvris la porte avec un large sourire, comme il se doit pour accueillir des invités… et je constatai qu’Henri était seul.

– Bonsoir, Henri, et bienvenue chez nous. Lucie n’est pas avec vous ?

– Hélas non, elle ne se sentait pas bien et a préféré ne pas venir. J’espère que cela ne dérangera pas vos plans. Je ne vous ai pas prévenue parce que j’espérais jusqu’à la dernière minute qu’elle m’accompagnerait mais elle a finalement renoncé. Je ne veux cependant pas vous causer de difficulté.

– Mais non, voyons, je le regrette simplement pour elle. J’espère qu’elle se rétablira vite. De toute façon, Jean et moi sommes ravis de vous accueillir chez nous.

– Merci, vous êtes gentille, Anne, et je ferai de mon mieux pour essayer de vous donner autant de plaisir que si nous étions deux.

– Oh ! là, là, c’est toute une responsabilité que vous assumez là, dites donc. En tout cas, ne restez pas au froid, d’autant plus que je me gèle dans ce courant d’air, et venez me donner votre manteau.

– En effet, dit-il en entrant, fermez la porte car ce froid va vous frigorifier, surtout avec la robe légère, mais superbe, que vous portez ce soir.

– Merci de ce compliment, dis-je en fermant la porte ; il est vrai que cette robe, que Jean aime beaucoup, ne m’est pas d’un grand secours dans ce courant d’air.

Il enleva son manteau en peau d’agneau noir rasée et me le tendit. Pendant les quelques pas qui me séparaient de la penderie, je passai rapidement la main à l’intérieur de la peau pour en apprécier toute la douceur et la chaleur, et je sentis aussi son parfum, qui n’était pas désagréable. Tout en accrochant le manteau dans la penderie, je dis :

– Quelle douceur que cette peau d’agneau rasée, c’est presque de la soie.

– Oui, j’aime beaucoup cette peau ; je suis heureux qu’elle vous plaise et, surtout, de voir que vous êtes sensible à sa douceur.

– Ah ! c’est l’une de mes faiblesses, peut-être.

– Mais c’est très bien, cela prouve que vous êtes une femme de goût, et sensuelle aussi. Que demander de plus ?

J’étais revenue vers lui pendant cet échange de plaisanteries et je m’étais arrêtée au pied de l’escalier avant de l’inviter à monter. Sans réfléchir, je lui dis :

– Voyons, Henri, essayez-vous déjà de me séduire ?

Je ne sais pas ce qui me prit de lui dire cela car je compris immédiatement, ces mots à peine prononcés, que je venais de lui lancer un défi qu’il ne manquerait pas d’essayer de relever. C’est moi-même qui venais ainsi de lancer le jeu de la séduction et de me placer sur un terrain où, les cocktails me l’avaient assez clairement montré, il serait ravi de se trouver. Je me sentis à la fois gênée de mon audace mais aussi, je dois le reconnaître, heureuse de me trouver dans cette situation. Je ressentais en effet malgré moi le plaisir immense qui m’envahissait chaque fois que je me faisais, face à un homme nouveau, à la fois proie et chasseresse. Et, honnêtement, quand l’occasion s’en présentait, je ne pouvais pas m’en empêcher, j’adorais ça.

– Vous savez, Anne, dit-il, je ne serais plus moi-même si je restais impassible devant une femme aussi belle que vous.

Tout en parlant, il me prit la main et se pencha légèrement pour la baiser, doucement et lentement, tout en me fixant dans les yeux. Je le laissai faire et, lorsque ses lèvres effleurèrent ma peau, le souvenir des cocktails me revint totalement à l’esprit, surtout le trouble que j’en avais alors ressenti, et je dois avouer que ce fut agréable.

Je n’en montrai rien, bien sûr, mais je sus immédiatement que je serais inévitablement à sa merci s’il savait exploiter son avantage. Je flottais déjà dans un doux nuage de plaisir et de séduction. D’autant plus qu’après avoir relevé la tête, tout en gardant ma main dans la sienne, il tira légèrement sur mon bras pour me faire tourner sur moi-même et dit :

– Permettez-moi, Anne, avant d’aller rejoindre votre mari et vos invités, d’admirer cette robe qui vous va à merveille, et le corps sublime qu’elle dissimule à peine.

J’étais littéralement en train de fondre ! J’avais choisi ce soir une robe en mousseline grise très élégante que Jean m’avait offerte et qui m’arrivait bien au-dessus du genou, ce qui allongeait mes jambes déjà longues. J’avais décidé de la porter parce qu’elle me rendait très sexy et que Jean l’aimait beaucoup. Un peu resserrée à la taille, le haut se fermait avec plusieurs boutons à pression invisibles qui permettaient de laisser le décolleté aussi ouvert ou fermé qu’on le souhaitait. Comme nous étions chez nous, j’avais laissé les deux premiers boutons ouverts, ce qui dévoilait généreusement le haut de mes seins, d’autant plus que les demi-balconnets passaient juste au-dessous des pointes. Quand je me tenais debout, on voyait seulement le haut de mes globes mais, si je me penchais et que l’on regardait dans mon décolleté, on pouvait voir parfaitement la masse de mes seins dénudés. Et, bien sûr, j’avais mis des bas gris diaphanes avec une très légère guêpière et un string à petit volant, gris aussi. J’étais sûre en m’habillant ainsi de faire très plaisir à Jean quand, plus tard dans la soirée, il trouverait comme d’habitude l’occasion de venir vérifier ce que j’avais choisi à son intention. Je savais bien qu’il parviendrait à voler un instant au groupe, dans la cuisine ou ailleurs, pour soulever rapidement ma robe et admirer mes fesses dans leur écrin de dentelle, ou pour écarter mon décolleté et embrasser mes seins, ce que je le laisserais faire avec complaisance.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’un autre homme voudrait lui aussi admirer ce que je portais… et que j’aurais tout de suite envie de le laisser faire. J’étais en effet terriblement excitée qu’Henri, de manière tout à fait imprévue, m’ait fait cette demande qui était quasiment une invitation à m’exhiber devant lui, ou que je ressentais en tout cas comme telle. Et cela m’excitait d’autant plus, je dois en convenir, que cet homme n’était pas n’importe lequel mais le patron de mon mari. Ce fait ajoutait à l’idée d’exhibition un élément d’interdit et de… soumission que je trouvais irrésistible.

Je retirai donc ma main de la sienne et, avec un large sourire, je fis rapidement un tour sur moi-même, ce qui fit voleter bien haut ma robe et lui permit évidemment, comme je le souhaitais malgré moi, de voir le haut de mes bas et de mes cuisses, ainsi que les attaches de mon porte-jarretelles. À la fin de cette virevolte, je m’arrêtai devant lui.

– Eh bien, Marilyn Monroe n’aurait pas fait mieux, je crois.

– Absolument, dit-il, et je suis totalement admiratif.

Sur ces paroles, il me prit la main et me tira légèrement vers lui, ce qui me fit me pencher un peu. Et il regarda franchement dans mon décolleté ! Il avait une vue plongeante sur mes seins dont il pouvait apprécier la chair gonflée et voir les pointes déjà tendues. J’étais gênée d’être dans cette position devant lui et voulus immédiatement me relever, mais il résista et me tint fermement penchée vers lui. Je décidai alors qu’il valait mieux ne pas faire d’esclandre et le laissai donc se délecter quelques secondes, après quoi je me relevai et le regardai dans les yeux.

– Eh bien, je suis heureuse de vous avoir fait plaisir, Henri ; après tout, c’est bien le rôle d’une bonne hôtesse, n’est-ce-pas ?

– Vous avez raison, et j’aime que vous désiriez me faire plaisir. Me serez-vous aussi dévouée que Jean ?

– Que voulez-vous dire ?

– Qu’il ne me refuse rien, je crois.

– Disons que je ne lui refuse rien à lui… et, sur ce, je crois que nous pouvons monter rejoindre les autres.

Je lui fis signe de monter le premier mais il n’en fit rien :

– Je vous en prie, dit-il, passez devant.

– Si vous y tenez, dis-je en riant.

Et je passai devant lui pour commencer à monter. Je venais juste d’emprunter la première marche quand je sentis sa main sur ma hanche et m’arrêtai.

– Lentement, dit-il d’une voix ferme, je veux jouir pleinement du spectacle.

Je tournai la tête vers lui. J’étais un peu interloquée parce que le ton de sa remarque m’avait immédiatement rappelé la manière dont il avait donné à Jean l’ordre de changer nos verres, au cocktail. Je lui lançai un regard qui signifiait « N’exagérez pas, quand même », mais il resta impassible. Quant à moi, je ne sus que faire ni dire. Si j’avais été raisonnable, j’aurais sans doute dû l’envoyer gentiment sur les roses, mais je ne le fis pas. Avait-il déjà deviné que je pourrais lui être soumise et lui obéir ou avait-il simplement tenté sa chance, pour voir, pour me tester ? Je ne saurais le dire mais, malgré ma réaction, je savais que je voulais malgré moi accéder à son désir et lui offrir ce plaisir, tant que cela restait entre nous.

Je me détournai donc de lui et, lançant instinctivement un regard vers le haut des marches, je constatai que, même si nous pouvions entendre les voix du salon, personne ne se trouvait en haut de l’escalier et personne ne s’intéressait donc à nous ou pouvait nous voir. Je recommençai donc à monter et, en levant très lentement le pied droit pour passer à la marche suivante, je portai les mains sur les bords de ma robe que je relevai lentement sur mes fesses.

Tout cela s’était fait dans un seul mouvement et je passai lentement d’une marche à l’autre. Je devinais le regard d’Henri fixé sur mes fesses et mes jambes, comme si ses yeux me caressaient, ce qui me donnait un plaisir immense, et je lui laissai tout le loisir d’en profiter. J’avais l’impression qu’il pouvait même voir le fil de mon string au milieu de ma chatte et je m’imaginais que son regard pourrait presque le couper net. J’en étais ravie, même si je ressentais en même temps une honte indéniable à me comporter de cette manière. De fait, je dois avouer que ce mélange de honte et d’excitation, que je connaissais si bien, décuplait mon plaisir. Finalement, arrivée presque en haut de l’escalier, je relâchai ma robe et, laissant Henri me rejoindre, je le pris par le bras pour l’amener vers les autres et faire les présentations. Pendant qu’il expliquait l’absence de Lucie et que Jean lui offrait un apéritif, je partis à la cuisine m’occuper des derniers préparatifs du dîner.

*

Je réfléchis à ce qui venait de se passer avec Henri. Voici un homme qui ne m’attirait pas particulièrement, même si les incidents des cocktails ne m’avaient pas laissée insensible, quelqu’un que j’avais trouvé relativement sans charme ni séduction, et je venais en quelques instants de fondre devant lui, de m’exhiber de manière éhontée sous ses yeux, de lui montrer clairement, sans une seule parole, que je pouvais être à sa disposition, qu’il pourrait m’avoir s’il le voulait ! Or, je m’étais juré d’être fidèle à Jean et de ne plus le tromper ! Certes, il m’était déjà arrivé d’avoir des aventures, mais je savais qu’il était jaloux et que cela lui faisait mal ; nous en avions discuté et je lui avais promis de ne pas recommencer.

Par contre, je savais aussi que Jean aimait savoir que je séduisais ; quand nous avions parlé de mes infidélités, il avait tenu à savoir en détail ce qui s’était passé et il m’avait expliqué que le mal que lui causait mon infidélité était en même temps pour lui la source d’un vif plaisir. Voilà pourquoi il tenait à connaître les détails et, quand je lui disais que c’était moi qui avais fait les premiers pas, par exemple, je savais qu’il éprouvait encore plus de douleur et de jouissance. J’avais pu constater que cela l’excitait beaucoup et le rendait encore plus fougueux ! De fait, l’un de ses fantasmes préférés était précisément de m’imaginer en train de séduire un autre homme et de faire l’amour avec lui, sous ses yeux. Et, tout comme cela provoquait chez lui un mélange égal de douleur et de jouissance, la manière dont Henri m’avait séduite ce soir et la manière dont je m’étais exhibée devant lui, provoquait chez moi un mélange égal de honte et de plaisir. Et ce cocktail était rendu encore plus explosif par le fait que l’homme devant qui je m’étais exhibée était le patron de mon mari, d’une part, et que cela s’était passé à quelques pas de ce dernier !

Peut-être y avait-il aussi instinctivement dans mon esprit la logique suivante : Henri domine Jean puisque c’est son patron et, comme je suis la femme de Jean, il peut aussi me dominer. Donc il peut m’avoir, il peut me baiser. Ou encore, comme nous sommes un couple, son droit sur Jean lui donne droit sur moi et, comme je suis une femme, le droit professionnel envers Jean devient un droit sexuel envers moi. Donc, je le séduis pour qu’il exerce son droit sur moi, sur nous deux. Certes, je comprenais bien que je rationalisais ainsi mon propre désir, ma propre soumission, ma faiblesse même, mon incapacité à résister aux avances sexuelles des hommes mais, en fait, Jean et moi partagions des sentiments assez symétriques à cet égard, ce qui était probablement aussi l’explication de l’amour profond que nous ressentions l’un pour l’autre et du lien très solide qui nous unissait.

Réussirais-je cependant à arrêter le train que j’avais mis en marche ? Comment allait se dérouler cette soirée ? Henri allait-il essayer de profiter de son avantage ? Parviendrais-je à lui résister ? Aurais-je envie de lui résister ? Devrais-je d’ailleurs le faire ? Si j’allais raconter immédiatement à Jean comment s’était passé l’accueil d’Henri, comment le prendrait-il ? Je savais que cela l’exciterait terriblement, mais qu’il serait sans doute en même temps furieux contre moi et contre Henri. Tout cela me tournait dans la tête quand Jean vint dans la cuisine me demander si nous pouvions passer à table. J’étais en train de préparer un plat et il vint derrière moi pour voir de quoi il s’agissait. Tout en regardant par-dessus mon épaule, il passa une main sous ma robe, comme je m’étais attendue à ce qu’il le fît à un moment ou un autre, et lança :

– Comme tu es belle, mon amour. J’adore caresser tes fesses.

Cependant, sa main monta plus haut et s’insinua sous mon string :

– Mais tu es toute mouillée, ma chérie ! Qu’est-ce qui t’excite donc comme ça ? Serait-ce l’arrivée d’Henri ?

Je le regardai en souriant et j’étais sur le point de lui répondre quand nous entendîmes des pas. Jean s’écarta de moi et, alors que je me tournais vers lui, je n’eus pas le temps de lui parler. Je vis cependant son regard interrogateur, presque inquiet, et je suis certaine qu’il perçut mon propre trouble.

– Eh bien, les amoureux, dit Jacques en posant son verre vide sur le comptoir, on ne peut pas passer dix minutes sans se caresser !

– Eh, dit Jean, peut-on résister à une femme aussi belle ?

– Dehors les hommes, dis-je à mon tour, nous allons passer à table. Jean, peux-tu aller placer nos invités ?

Pendant qu’ils sortaient de la cuisine, j’arrêtai Jean une seconde et lui dis à l’oreille :

– Tu aimes que je sois comme ça, mon amour, et moi aussi.

Je les laissai partir et continuai mes arrangements de dernière minute. En arrivant dans la salle à manger avec les entrées, je vis que tout le monde était installé, Jean en bout de table et les autres sur les côtés. Il ne me restait plus qu’à m’asseoir à l’autre bout de la table, face à Jean, avec Henri à ma gauche et Jacques à ma droite.

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