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Breakfast in America

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VersusJames sur la route du blues...
Marlene Jones
Roman de 413 500 caractères, 73 000 mots. 275 pages équivalent papier (moyenne des pages livres Textes Gais).
Nathan Turner, Liam Gentry, James Harper, Julian Baker et Jason Rule reprennent la route et pas n’importe quelle route : celle des origines du rock.
Si les choses étaient simples avec VersusJames, ça se saurait.
Jason est tout prêt à consoler James des plaies laissées par le mariage de Lester Klein, mais le bassiste se laissera-t-il faire ?
Sacha Harper rêve d’un enfant et a déjà choisi le père, mais June, sa compagne est plutôt réticente autant au père qu’à l’enfant.
Julian s’aperçoit qu’être musicien, père de famille et élément de base d’une triade, n’est pas si facile.
Les amants terribles, Nathan Turner et Liam Gentry, sont plus unis que jamais, mais dans son château, un certain dessinateur ne demande qu’à semer le désordre...
Cependant le désordre n’est-il pas l’élément de base de VersusJames ?
De Montréal au branchissime festival de Coachella, en passant par la Grosse Pomme, Detroit, la ville ruinée, la Nouvelle Orléans, berceau de la musique noire et leur bien-aimé San Francisco, on peut compter sur le groupe le plus queer de France pour appliquer à la lettre la maxime : Sexe and drug and rock and roll !

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Breakfast in America

 

 

 

 

Marlene Jones

 

 

 

Saga VersusJames

 

 

Nous voici tous seuls à la maison,

On pourrait refaire notre éducation,

Et faire l’avion, grimper au plafond,

S’embrasser

Dans la chambre de nos parents,

Et danser,

Sur le lit qui est assez grand,

Tout casser,

Se toucher et fumer des cigares,

Drugstar…

Indochine.

 

On fait du ram da dam dans mon dos,

On fait du tam ta tam sur ma peau,

Du bam ba bam dans mon cerveau,

Je crois qu’on parle de moi,

On fait du ram da dam sur une scène

Avec des fans fans fans qui nous aiment,

Et un peu d’âme, dam dam dans nos veines,

Je crois que j’aime bien ça…

Merci, merci pour le ramdam !

Superbus

 

Take a look at my girlfriend,

She’s the only one I got,

Not much of a girlfriend,

Never seem to get a lot

Take a jumbo across the water

Like to see America

See the girls in California

I’m hoping it’s going to come true

But there’s not a lot I can do…

Supertramp.

 

À Pete et Carl, the Libertines.

Pendant que j’écrivais ces lignes, le héros de Nathan, David Bowie est parti. Je ne l’oublierai jamais et me souviendrai toujours que mon Nathan Turner est né, grâce à lui. Adieu, Ziggy. Je t’aimerai toujours.

Marlene Jones

 

 

 

Personnages

 

• Nathan Turner : 29 ans. Chanteur et auteur de VersusJames.

• Liam Gentry : 29 ans. Guitariste et compositeur de VersusJames. Amoureux de Nathan Turner.

• James Harper : 34 ans. Bassiste de VersusJames. Amant de Nathan et Liam.

• Jason Rule : 28 ans. Guitariste rythmique de VersusJames. Meilleur ami et sex-friend préféré de Nathan

• Julian Baker : 29 ans. Batteur de VersusJames. Compagnon d’Alice Kelly.

• Alice Kelly : 29 ans. Ex-manageuse de VersusJames. Compagne de Julian Baker.

• Sacha Harper : 28 ans. Réalisatrice. Sœur de James Harper.

• June Carter : 29 ans. Journaliste Petite amie de Sacha.

• Aelan Stadler : 28 ans. Journaliste. En triade avec Julian et Alice.

• Stanislas Abittan : 31 ans. Dessinateur. Dominateur. Maître de Nathan.

• Lester Klein : 52 ans. Prince des rock critiques. Ex de James Harper.

• Tristan Reed : 49 ans. Oncle de Nathan. Époux de Lester Klein.

• Sacha Harper : 29 ans. Réalisatrice. Sœur de James Harper.

• June Carter : 30 ans. Journaliste féministe. Petite amie de Sacha.

• Tammy Reed : 24 ans. Chanteuse, fille de Tristan.

• Salomé Klein : 24 ans. Actrice, fille de Lester.

• Aliénor Mansour : 30 ans. Photographe. Petite amie de Salomé.

• Alejandro Accompora : 30 ans. Acteur. Malade du Sida. Ex grand amour de Stanislas.

• Laurent Turner : 35 ans. Avocat. Frère de Nathan.

• Lou Turner : 30 ans. Épouse de Laurent.

• Lorelei Turner : 52 ans. Mère de Nathan et Laurent.

• Gaspard Bettencourt : 58 ans. Ex PDG de la Note Verte. Compagnon de Lorelei.

• Vernon Tyler : 58 ans. Guitariste. Père de Stanislas.

• Rainbow Tyler : 58 ans. Épouse de Vernon. Père de Stanislas.

• Jazz : Compagne de Vernon et Rainbow.

• Swann Tyler : 25 ans. DJ.

• Peggy Latour : 29 ans, journaliste.

• Véra : 49 ans, ex de Tristan, mère de Tammy.

• Isabella Larson : 52 ans, mère de Salomé.

• Antoine Turner : 52 ans, père de Nathan et Laurent.

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Début mars 2015, le loft fin d’après-midi

 

— Oh, oui ! Oui ! Encore !

Le soleil faiblard de ce début mars frappe les baies vitrées du loft. Une fille aux cheveux blonds chevauche un type aux longs cheveux bruns, allongé sur un lit king size qui caresse ses seins d’une main, tout en flattant ses fesses de l’autre.

— Oui ! Liam, oui ! Encore !

Le type aux cheveux longs se relève et enlace la fille qui tente de l’embrasser. Il secoue la tête.

— Je n’embrasse pas.

La porte de la chambre s’ouvre. La fille se fige instantanément.

— Hello, mon amour, lance un autre type aux yeux verts et à l’allure androgyne, tu t’amuses bien ?

— Ça va, répond Liam Gentry, et toi, tu viens d’où ?

— Du Some Boys. C’était tout à fait nul, d’ailleurs, rien à se mettre sous la dent. J’ai rendez-vous avec Jason au Dancetaria.

Il regarde la jeune femme qui se tortille avec embarras sur le torse de Liam.

— Tu ne fais pas les présentations ?

Liam pose ses deux mains sur les hanches de la jeune femme et la soulève délicatement, pour la poser à ses côtés.

— Muriel…

— Danièle, répond la fille un peu vexée.

— Si tu veux, je te présente…

Danièle sourit ironiquement.

— Nathan Turner ?

— Lui-même.

Il s’assied sur le lit et dépose un rapide baiser sur les lèvres de Liam.

— Tu as eu plus de chances que moi, poursuit-il, Danièle dont tu aurais pu retenir le prénom, au passage, est ravissante.

— Merci, minaude la fille, mais… Ça ne vous gêne pas ?

Nathan a son célèbre sourire, entre tendresse et cruauté.

— Nous inaugurons la journée « free baise » : une fois par mois, mon amour se tape des femmes pendant que je me fais baiser au Some Boys…

— Je n’espérais pas me marier et avoir beaucoup d’enfants en couchant avec le guitariste de VersusJames, mais c’est tout de même un peu humiliant de savoir que je sers à épicer votre couple ! répond la fille.

— Ne sois pas humiliée, Muriel… commence Liam.

— Danièle ! s’exclament en cœur Danièle et Nathan.

— Je t’ai choisi entre des centaines de groupies, dont un travesti très sexy…

Nathan lui adresse un sourire craquant.

— Tu n’as pas pris son numéro de téléphone ?

— Non, mon amour, mais si tu te dépêches, il doit être encore au Dancetaria, à moins que James ne l’ait ramassé.

Il attire Nathan contre lui et l’embrasse.

— En attendant, tu peux filer ? La journée n’est pas encore terminée et j’aimerais bien honorer cette charmante demoiselle…

Nathan se redresse d’un bond.

— Salut, mon cœur. On se retrouve dans ce lit à minuit ?

— Avec le plus grand plaisir, mon amour…

Il pince les fesses de son petit ami.

— Mais pour le moment, DISPARAIS !

Quand Nathan sort du loft, Danièle pousse un gros soupir.

— Ce type a des jambes pour lesquelles n’importe quelle fille donnerait un rein.

— Je sais, se vante Liam, et ces jambes sont régulièrement enroulées autour du cou de ton serviteur…

Il attire la jeune femme contre lui.

— Assez parlé de Nathan. Pour le moment, ce sont tes jambes qui m’intéressent…

Danièle se dégage.

— Tu plaisantes, Liam ? Je viens de voir Nathan Turner, pas question qu’on continue à baiser ! Si tu compares, de quoi j’aurai l’air ?

 

 

Dancetaria, 18 heures

 

— Journée improductive au Some Boys, bébé ?

Jason sourit à Nathan qui se glisse à ses côtés et l’embrasse sur la joue.

— Salut Jas. Journée nulle, tu veux dire.

Il pousse un soupir exagéré et fait signe à Sébastien.

— Tu me prépares quelque chose de sympa, chéri ?

— Un cocktail à l’amaretto, ça te dit ?

— Vas-y. Deux, Jas ?

— Ça me va.

Le séduisant métis, guitariste rythmique de VersusJames depuis quelques mois, pose sa main sur la cuisse de son « meilleur ami et sex-friend préféré. »

— Je n’ose imaginer que c’est pour cela que tu m’as appelé ?

Nathan lui lance un regard innocent.

— Tu penses que je t’ai appelé parce que, frustré de ma journée « free-baise » sans baise, je me suis dit que quelques heures d’apéro sexe avec mon troisième amant préféré, pourrait la finir agréablement avant de retrouver l’amour de ma vie ?

Jason secoue la tête en contemplant ce démon aux yeux verts qui épice sa vie de manière si agréable depuis des années.

— Parce que tu as foutrement raison, si c’est ce que tu penses !

La main de Nathan remonte sur la cuisse de Jason.

— Mais ce n’est pas la seule raison : depuis le mariage de Lester et Tristan, je te trouve triste et absent. Il se passe quelque chose, Jas ?

Les yeux de Jason font le tour de la pièce avant de revenir sur Nathan.

— James, finit-il par répondre.

— James quoi ?

— James, le bassiste de VersusJames, le pansexuel multi-actif, ton deuxième amant préféré, James Harper ! Tu situes ?

— Non, je ne vois pas du tout de qui tu parles, ironise Nathan.

Il passe son bras autour du cou de Jason.

— Qu’est-ce qui se passe avec James ?

— Je lui ai dit « je t’aime », le jour du mariage.

Nathan sursaute tandis que Sébastien pose les deux cocktails sur la table.

— Tu lui as dit « je t’aime » le jour du mariage de Lester et Tristan ?

— Oui…

— Tu lui as dit « je t’aime » le jour du mariage de son ex ?

— Oui…

Nathan se prend la tête dans les mains.

— Jas ! Pourquoi tu as fait ça ?

— Parce qu’il voulait s’opposer au mariage, bordel !

— Hein ?

Nathan avale une rasade de son cocktail.

— C’est une tuerie, ce truc, approuve-t-il, James voulait s’opposer au mariage ?

— Oui. Il a voulu se lever, je l’ai pris par le bras, je lui ai dit : « tu ne vas pas faire ça », il me répond « donne-moi une seule bonne raison ». Et je lui ai répondu : « je t’aime ».

— Et…

La voix de Nathan n’est qu’interrogation.

— Et… Il ne m’a pas répondu.

— Ça t’étonne ?

Nathan le regarde, tendrement amusé.

— Jas, en plein milieu de la cérémonie de mariage de son ex qu’il aime encore, tu as dû le déconcerter et ça explique sûrement pourquoi depuis deux semaines, on ne fait que croiser son ombre à l’appartement. James est perturbé, Jason. Ça lui passera.

— Il n’est peut-être pas amoureux de moi, gémit Jason.

— Oui, approuve calmement Nathan, c’est effectivement possible.

— Merci de ta sollicitude, grogne Jason.

— Désolé, mais je ne vais pas te mentir pour te faire plaisir. James n’est peut-être pas amoureux de toi, mais ça peut changer. Et il est peut-être perturbé par ta déclaration, il a peut-être besoin de solitude, il ne va peut-être pas très bien, après tout ce qui nous est arrivé… Je connais James, tu sais. C’est tout sauf un impulsif. Il a besoin de temps.

Il se rapproche de Jason, ses lèvres touchant presque celle de son ami.

— En attendant, si on finissait la soirée ensemble ?

— Et si tu la finissais avec moi ?

Liam entre dans le Dancetaria et emprisonne son amoureux dans ses bras.

— Il n’est pas encore minuit, proteste Nathan sans conviction, et où est Danièle ?

— Elle s’est sauvée, car elle craignait la comparaison avec toi…

Il pose sa bouche dans la nuque de Nathan.

— Et tu sais quoi ? Elle avait parfaitement raison.

— OK… soupire Nathan, les règles sont faites pour être brisées. Mais pas question de laisser Jason seul.

— Pas de problème, rit Liam, on rentre à l’appartement et je vous regarde baiser.

Le visage de Nathan s’assombrit. Liam lui pose une main sur la cuisse.

— Ça ne va pas ?

— Stanislas, répond Nathan, ça fait des jours que je n’ai pas de nouvelles. Depuis le mariage, en fait.

— Il te manque ? demande Liam, Dominique, tu m’apportes une bière ?

— Tu ne veux pas un cocktail à l’amaretto ? demande Sébastien.

Liam le regarde, visiblement navré.

— Je te rappelle que j’ai du sang irlandais. Garde tes cocktails de gonzesse pour la gonzesse qui me sert de mec.

— Merci, ironise Jason.

— Hey, Jason, je suis fier d’être quasiment une gonzesse, dit Nathan, les mecs virils ? Je ne déteste pas les avoir dans mon lit, mais de là à en être un…

— Et moi, j’adore que tu sois quasiment une gonzesse, souffle Liam, surtout au lit…

Ils s’embrassent à se couper le souffle, sous le regard attendri et envieux de l’assistance.

— Vous êtes tout simplement déprimants, soupire Jason.

— On sait, ricane Liam, surtout, détestez-nous, on adore ça !

Roman, le second patron du Dancetaria s’avance vers eux.

— Vous mangez ici ce soir ? demande-t-il, et comment se fait-il que vous soyez ensemble, les amoureux ? C’est pas votre première journée « free-baise » ?

— Cette journée a été écourtée, dit nonchalamment Liam, et comment se fait-il que vous soyez au courant ?

Roman ricane.

— À ton avis, qui a soufflé l’idée de la journée « free-baise » à Nathan ?

 

 

Château de Liane, 22 heures

 

— Je crois que ce n’est pas la peine d’insister.

Stanislas Abittan regarde James Harper, le bassiste de VersusJames, attaché, nu sur une croix de Saint-André.

— Non, proteste James, tu peux continuer, j’aimais bien…

Stanislas a un rire métallique.

— James, j’ai rarement vu quelqu’un qui avait autant l’air de s’emmerder pendant une flagellation. Je ne sais pas ce qui t’a pris de me demander cette séance, mais vraiment…

Il lève les yeux au ciel.

— Excuse-moi de te le dire franchement, mais c’était naze.

En quelques gestes précis, il détache James.

— Qu’est-ce qui t’arrive ? demande-t-il.

— Il ne m’arrive rien, je suis juste curieux de nouvelles expériences.

— Eh bien, on ne peut pas dire que le BDSM te transcende…

James passe son jean et sa chemise.

— Tu compares avec mon acolyte ? demande-t-il, mi-plaisantin, mi-inquiet.

— Non, je ne compare avec personne, répond Stanislas, de toute façon, Nathan est incomparable et inoubliable.

— À qui le dis-tu…

Tous deux se regardent et se comprennent.

— Je crois que tu as besoin d’un ami, James. Je ne sais pas pourquoi tu es chez moi au lieu d’être chez toi…

— C’est la journée « free-baise » de Nathan et Liam, répond James.

Stanislas le regarde, intrigué.

— Et ça consiste en quoi ?

James a son premier vrai sourire de la soirée.

— C’est une idée de Nathan : de minuit à minuit, ils se tapent qui ils veulent. Il a instauré ça pour que Liam puisse s’envoyer des filles sans remords.

Stanislas lève les sourcils.

— Parce que Liam a encore des remords ?

— Ça, c’est que Nathan veut croire, rit James, en fait, Liam pourrait très bien se passer de se taper d’autres personnes, mais Nathan est un obsédé de l’équité.

Stanislas soupire.

— Il me manque plus que je le croyais, en fait…

— Je te comprends… Et comment va Alejandro ?

— Pas trop mal. M’occuper de lui me fait du bien. Je me sens utile.

Ils entrent dans le vaste salon.

— Assieds-toi, James, dit Stanislas, tu veux quelque chose ? Un café, un digestif… Un soumis ?

— Non merci. Le sexe ne règle pas tout, malgré ce que pense Nathan…

James s’assied sur le canapé.

— Par contre, je crève de faim. C’est peut-être ce qui m’a déconcentré pendant la flagellation.

— Je vais te préparer ça, dit Stanislas, et non, ce n’est pas la faim qui t’a déconcentré…

Il lui lance un regard ironique.

— Ce qui t’a déconcentré a pour initiales… LK… Et pas Bennett !

James ne peut s’empêcher de rire.

— Monsieur Abittan, vous êtes une pétasse !

Resté seul, James regarde le ciel étoilé.

— LK, rêvasse-t-il, Lester Klein… Je devrais m’en être remis, mais visiblement…

Il se lève et colle son front contre la fenêtre.

— Visiblement non. Depuis son mariage, je fais n’importe quoi, genre sauter tout ce qui bouge et les balancer après… Passer des nuits entières dans les boites à partouze ou demander à Stanislas de me fouetter.

Il soupire.

— La vérité est pourtant tout autre : je fais tout pour éviter l’appartement et surtout… Pour éviter Jason Rule.

— Qu’est-ce qu’il t’a fait, Jason Rule ?

Stanislas pose le plateau sur la table.

— Je ne savais pas que tu étais revenu, soupire James, et en prime, tu m’as grillé.

Stanislas lui fait signe.

— Viens manger. Je suis passé voir Alejandro, il dort…

Il soupire.

— Je n’ai jamais voulu d’enfants et me voilà en train de m’occuper d’un acteur séropositif de 30 ans… Le comble !

— Comme tu dis, rit tristement James, c’est pas trop dur ?

— Si… D’autant que je sais parfaitement qu’il va mourir et lui aussi.

— Je pensais qu’on pouvait vivre des années, séropositif, s’étonne James.

Stanislas s’assombrit.

— Ses dernières analyses ont révélé un SIDA déclaré, James. Si la médecine ne se trompe pas, il en a pour un an maximum.

Il se force à sourire.

— Parlons d’autre chose : que t’a fait Jason Rule ?

James sourit.

— Le pire qu’on puisse faire à un type comme moi : il m’a dit « je t’aime. »

— De quoi tu te plains ?

Stanislas le regarde, intrigué.

— Si un type aussi fantastique que Jason Rule me disait « je t’aime », je serais tellement heureux que je dégoûterais la terre entière !

— Je sais, dit James, mais j’ai morflé, Stan. Nathan, Lester… June, d’une certaine façon. Je n’ai pas envie de m’attacher encore à quelqu’un pour finir par me faire balancer.

Il plonge sa cuiller dans les œufs meurette.

— Je ne savais pas qu’entre autres talents, tu étais si bon cuisinier.

— J’adore cuisiner, dit Stanislas, c’est ma mère qui me l’a appris. Mais pourquoi tu te ferais forcément balancer ?

James fronce les sourcils.

— On ne peut jamais être sûr, Stan. Je me souviens de l’enfer qu’on a vécu quand Nathan et Liam se rendaient fous. On se réveillait tous les matins avec une boule au ventre en pensant « est-ce qu’ils sont encore en vie ? Est-ce qu’un des deux ne s’est pas foutu par la fenêtre ? Est-ce qu’ils ne sont pas mutuellement entre-tués ? » Ça a duré des mois comme ça et je ne veux pas être responsable d’un autre fiasco.

Il prend une frite et boit une gorgée de vin rouge.

— Délicieux et ton vin est une merveille.

— Cuvée de mon père. C’est un épicurien, répond Stanislas.

James soupire et mord dans une frite avant de reprendre :

— On sort d’un flot d’emmerdes pour rentrer dans une tournée qui risque d’être décisive. Je n’ai pas l’espace pour une relation importante et ça ne pourrait pas être autre chose avec Jason…

Stanislas hoche la tête.

— Nathan tortillerait ses mèches en se mordillant la lèvre et finirait par te demander « qu’est-ce que c’est que ces conneries New Age, Harper ? »

James éclate de rire.

— Tout à fait ! Quand il fait ça, j’ai envie de l’embrasser.

— Et moi de le fouetter jusqu’à lui faire des marques. Je ne suis pas Nathan et je comprends ce que tu veux dire. En ce moment, entre la sortie d’Empêtrés et Alejandro, je ne suis vraiment pas disponible pour une nouvelle histoire.

Les deux hommes cognent leurs verres en souriant.

— Il paraît que c’est justement là que ça arrive, répond James.

— Espérons que ce ne soit pas le cas !

Ils rient ensemble. Un peu jaune, mais c’est déjà ça.

 

 

Londres, trois jours après

 

Un immense sourire aux lèvres, Lester Klein regarde Londres de son balcon.

— Lester ?

Il se retourne en souriant vers Tristan Reed, son mari tout neuf qui le rejoint, vêtu d’un jean lui appartenant et de son sourire.

— Hello, darling, dit-il, comment tu vas ?

— Pas mal ! Alfred m’a adressé la parole ce matin, certes pour me dire que si je te faisais encore du mal, il me noierait dans la Tamise, mais c’est un début !

Ils rient, puis Tristan l’entoure de ses bras.

— Dire que tu retournes à Paris dans trois jours, soupire-t-il.

— Tu peux m’accompagner, love !

— Tu sais bien que c’est impossible, je dois aller à San Francisco, faire connaissance avec ma fille et démêler toute cette histoire.

Lester reste un instant silencieux.

— Tristan, comment se fait-il que tu n’aies pas connu l’existence de ta fille plus tôt ? Cette femme…

— Véra.

— Tu m’as dit qu’elle était l’amour de ta vie, ce qui est très agréable, au passage.

Tristan rit.

— Arrête de jouer les jaloux, Lester, tu sais très bien que pour le meilleur et pour le pire, c’est toi, l’amour de ma vie. Véra, c’était l’amour de ma jeunesse, le dernier beau souvenir pré-toxicomanie. Elle m’a quitté et elle a eu raison. Mais apprendre qu’elle m’a caché l’existence de ma fille, même quand j’ai été sevré…

Il noie son visage dans l’épaule de Lester.

— Je me demande si elle ne m’a jamais aimé.

— Bien sûr que si, Tristan, dit doucement Lester, tu vas la rencontrer, non ?

— Je ne sais pas si elle voudra me voir.

— Tu n’as pas à lui laisser le choix, mon amour.

— Lester…

— Non, Tristan. Tu t’en veux d’avoir été toxico et tu as raison : c’est la pire dégueulasserie à faire à quelqu’un qu’on aime. Mais il ne s’agit pas de vous deux : il s’agit de votre fille. Tu as le droit de savoir qui elle est, d’où elle vient et pourquoi Véra ne t’a jamais parlé d’elle.

Ses lèvres parcourent le visage de Tristan.

— Je te rejoins dès que possible.

— Et ton boulot ? proteste Tristan.

— Si j’ai pris ce poste à Artandblood, c’est justement pour préserver ma vie privée, mais comme je ne peux pas louper l’inauguration des locaux de Turntry, j’arriverai lundi.

— C’est samedi soir ? demande Tristan.

— Oui, répond Lester.

Ils rentrent dans le salon.

— Ça va être sympa, poursuit-il, je n’ai pas vu Nathan et Liam depuis le mariage.

— Et les autres membres, tu les as vus ?

Le ton de Tristan est neutre, mais Lester ne s’y laisse pas prendre.

— Je n’ai quasiment vu que toi et Alfred depuis notre mariage, Tristan. Tu n’es quand même pas jaloux ?

— Non, mais je sais combien tu as aimé James. Je sais même que ce n’est pas tout à fait fini. Notre réconciliation est trop récente pour que je n’ai pas peur, Lester.

Lester soupire et attire Tristan sur le vaste lit.

— Tristan, je ne vais pas le nier : oui, j’ai aimé James. Il y a moins d’un an, il était à ta place dans ce lit. Oui, j’ai dégusté le moindre centimètre de sa peau, j’ai sucé sa bite, j’ai pénétré son cul…

— Je me sens vachement mieux, là…

— Et dans ces moments-là, je ne pensais pas à ta peau, à ta bite, à ton cul. Je ne pensais qu’à lui.

Il commence à déboutonner le jean de Tristan qui soupire.

— Mais dès que je t’ai revu, quand tes yeux se sont posés sur moi, quand tu m’as souri, quand tu m’as embrassé et que tu m’as dit « you know nothing, Lester Klein », j’ai compris que toi et moi…

— Lester…

— Toi et moi, c’était gravé dans le marbre…

Tandis que ses lèvres s’emparent du pénis de Tristan, Lester revoit un bref instant le regard turquoise de James Harper.

Pour obtenir ce dont on a besoin, il faut parfois renoncer à obtenir ce que l’on veut, même si c’est un bassiste sexy à mourir.

 

 

Appartement de Julian et d’Alice, 4 heures du matin

 

Aelan se redresse dans la fraîcheur de la nuit.

Sans qu’elle l’ait prévu, ses yeux se remplissent de larmes et elle s’apprête à les étouffer dans l’oreiller quand deux bras l’enlacent.

Julian l’attire contre lui.

— Qu’est-ce qui se passe ? murmure-t-il.

Aelan pose sa joue contre l’épaule du batteur avant de répondre.

— J’ai rêvé que Gabriel m’appelait. J’essayais de le rejoindre, mais je ne pouvais pas courir. J’essayais de crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche.

Julian ne dit mot et se contente de la serrer contre lui.

— Je n’avais plus rêvé de lui depuis longtemps…

Alice bouge doucement dans son sommeil. Julian l’enlace.

— Depuis que je dors avec vous, c’est la première fois…

Alice ouvre un œil et dit :

— Tu devrais parler de lui avec quelqu’un qui l’a connu.

Aelan secoue la tête.

— J’ai essayé de parler de lui avec mes parents, mais le sujet est trop douloureux pour eux.

Alice pose sa main sur l’épaule de la jeune femme.

— Aelan chérie, je ne pensais pas à tes parents, mais plutôt à quelqu’un qui connaissait le penchant de ton frère pour le SM.

Aelan tente de se lever, mais Julian la serre contre lui.

— Non, tu restes là, dit-il, on te laissera pas partir.

— Pourquoi parler de cette perversion ? demande Aelan d’un ton las.

— Parce que ça faisait partie de ton frère et ça lui a valu sa mort, répond Alice, ça vaut le coup, je pense…

Elle tend le bras pour éteindre la lumière.

— Réfléchis-y, ma douce, ajoute-t-elle, je crois que tu en as besoin.

Elle bâille et ferme les yeux.

— Tu vas pouvoir te rendormir ? demande-t-elle.

— Oui, répond Aelan, déjà ensommeillée, merci d’être là. Je vous aime.

— Nous aussi, on t’aime, répond Alice.

Julian écoute leur respiration régulière en souriant dans le noir.

— Que je plains tous les types du monde de n’être pas moi ! dit-il à haute voix.

Il se laisse porter par le sommeil en serrant ses deux amoureuses contre lui.

 

 

Le loft, Samedi

 

— Salut, les mecs.

James, l’air épuisé, ouvre la porte du loft.

— Ça va ? demande-t-il, j’ai passé une nuit épuisante…

Jason le regarde et hausse les épaules.

— On va te plaindre ! Combien de pétasses, hommes et femmes, tu as tiré cette nuit ?

James s’écroule sur le canapé et claque des doigts en direction de la cuisine.

— T’es là, frangine ? crie-t-il.

— Oui, répond la voix de Sacha, mais ne rêve pas, je ne vais pas te préparer de café. Bouge ton cul !

— Salut James…

Un sourire lascif aux lèvres, Nathan vêtu de son sourire, sort de la chambre.

— Salut, Nathan, répond James, tu peux me faire un café ?

Le sourire de Nathan s’accentue.

— Tu as beaucoup de chances que je sois d’une humeur délicieuse, chéri. Je vais te faire ton café.

— Tu peux passer un jean ? demande Jason, Sacha est là !

Nathan leur fait un clin d’œil.

— C’est vrai, Sacha ne m’a jamais vu à poil… Ah, Ben, si !

Il attrape un bas de jogging qui traîne.

— Mais comme Isabella est probablement avec elle…

— Non, Isabella passe la journée chez Alice et Julian, répond Jason en baillant, comment ça se fait que tu ne le saches pas ?

— Je dormais hier soir, quand Liam et Isabella sont rentrés, répond Nathan, ils étaient justement chez Julian et Alice.

— Et pourquoi, toi, tu n’y étais pas ? demande James.

Nathan se tourne vers lui et lui tire la langue.

— Je la préfère sur ma queue, rigole James.

— Et toi, pourquoi tu n’es jamais là, en ce moment ?

Il rentre dans la cuisine et embrasse Sacha sur l’épaule.

— Hey ! proteste la jeune femme, qu’est-ce qui t’arrive ?

— Rien de particulier, je suis heureux, c’est tout.

Il appuie sur le bouton de la cafetière et remplit deux tasses.

— Heureux ? pouffe Sacha, Liam t’a fait jouir, au réveil ?

Nathan lui fait un immense sourire qui a lieu d’approbation. Sacha hoche la tête.

— Je connais ça. June et moi, depuis qu’on est officiellement ensemble, on n’arrête de baiser comme des chiennes en chaleur. On se frotte l’une contre l’autre, ça dégouline, c’est…

Nathan lui fait une grimace d’horreur.

— Tu veux me faire vomir, c’est ça ?

Elle éclate de rire.

— Tu vas pas les jouer les dégoûtés !

— Non, tu as raison, d’autant que la dernière chatte que j’ai léchée n’est pas si vieille…

Sacha écarquille les yeux.

— Sérieux ?????

Nathan sort de la cuisine tandis que Sacha crie :

— Nathan Turner, je t’interdis de me larguer une info aussi énorme et de me laisser en plan !

Il ricane en posant la tasse devant James.

— Alors, demande James, pourquoi tu n’es pas allé chez Julian et Alice, hier soir ?

Nathan boit une gorgée de café avant de répondre.

— J’étais épuisé, figure-toi et je n’avais pas envie de passer la soirée, entouré de gamins braillards.

— Tu n’es jamais épuisé, s’étonne James.

— Eh bien, il y a un début à tout, répond Nathan, j’avais besoin de repos et de solitude.

— Tu parles, grogne Jason, je sais pourquoi tu n’as pas voulu y aller…

Nathan le regarde, étonné.

— Ah oui ?

— Oui. Tu ne supportes pas leur histoire bidon avec la manga girl.

Nathan écarquille les yeux.

— Pardon ?

Il secoue la tête, incrédule.

— Tu sais à qui tu parles ? Je suis quasiment un militant des amours plurielles !

James regarde Jason, ironique.

— Projection ! Le cool, relax et détendu du string, Jason Rule ne supporte pas qu’on sorte de la monogamie ! Le côté rastafari qui ressort d’un seul coup ?

Jason se lève d’un bond.

— Va te faire foutre, Harper.

Nathan l’attrape par le bras et le force à s’asseoir.

— Dommage que Stan ne soit pas dans le coin, je lui aurais dit de te coller une bonne fessée, James, plaisante-t-il, qu’est-ce qui arrive à tous les deux ? Vous êtes tendus comme la queue de Liam quand je me mets à genoux devant lui !

Malgré sa colère, Jason ne peut s’empêcher de rire.

— T’es con, ce n’est pas vrai !

James pose sa main sur la cuisse de Jason.

— Je suis désolé, Jason, je ne sais pas ce que j’ai, depuis quelque temps…

Nathan lui entoure les épaules de son bras.

— Mon cœur, tout le monde sait ce que tu as. Tu souffres, tu en baves pour une seule raison : le mariage de Lester.

James grogne.

— Rien à voir… Enfin si, peut-être un peu…

— Salut…

Liam émerge de la chambre, vêtu de son tee-shirt Led Zeppelin et d’un boxer.

— Y’a des croissants ? demande-t-il, je crève de faim…

Il se glisse à côté de Nathan et l’embrasse.

— Je déteste me réveiller seul sans pouvoir te serrer contre moi au réveil…

— Moi aussi, je déteste ça, mais la discussion de nos amis m’a tiré du lit…

James fait semblant de vomir.

— Pitié, les Turntry, vous pouvez éviter de donner dans la mièvrerie ?

— C’est vrai, ricane Jason, ça vous va comme un porte-jarretelle à un moine !

— On regretterait presque l’époque où vous vous déchiriez, ou plus près de nous, l’époque où Nathan léchait les bottes d’Abittan.

Sacha les rejoint et s’installe sur l’accoudoir.

— Il vient ce soir ? demande-t-elle.

— Normalement, oui, soupire Nathan, mais il ne me l’a pas encore confirmé. Il semblerait qu’entre nous, ce soit clair : je suis son esclave ou rien.

Liam l’attire contre lui.

— Il ne supporte pas que tu ne sois pas à ses pieds en permanence, mon amour. Ne t’inquiète pas, il…

Le iPhone de Nathan sonne.

— Stan, justement, dit le chanteur, écoutez ça…

« Je viens avec Léo, mon nouveau favori. J’espère que ça ne te gêne pas. » Comme si j’allais lui répondre de rester chez lui à enculer son esclave avec un gode !

— Je trouve Abittan décevant, sur ce coup, dit Jason, je n’aurais jamais pensé qu’il serait assez immature pour se pointer avec un autre pour te rendre jaloux…

— Comme si ça avait la moindre chance d’arriver, soupire Nathan, la jalousie est un sentiment qui m’est totalement étranger.

— Immature ET manquant totalement de discernement, baille Liam, son nouveau jouet aura l’air totalement insipide à côté de l’amour de ma vie…

Nathan soupire d’aise et embrasse Liam.

— À tes yeux, absolument tout le monde a l’air insipide à côté de moi…

— Pas qu’à ceux de Liam, soupire James, hélas…

Son regard croise celui de Jason qui lui sourit.

— Et qui d’autre est insipide à tes yeux ? demande-t-il lentement.

 

 

 

Chapitre 2

 

 

— J’adore voir la faune branchée défiler pour nous lécher les bottes…

Liam, en pantalon gris et chemise blanche, un foulard noir autour du cou, regarde arriver la foule des grandes soirées parisiennes.

— Assez attrayant, je dois dire, répond Nathan, et sympa à mater…

Les yeux du chanteur sont rivés à un cul musclé, tendu sous un jean. Liam suit le regard de son amoureux.

— Il a fallu que je te rencontre…

Nathan lui fait un clin d’œil.

— Pour me rendre compte qu’un cul de mec est quand même sacrément agréable à contempler.

Les yeux sirop d’érable de Liam font le tour de l’assemblée.

— Nathan…

— Liam ?

— Stanislas vient d’arriver…

Séduisant à mourir sur place, dans un jean gris et une chemise violette, assortie à ses yeux, Stanislas vient d’arriver, tenant par la main un type qu’il a l’air d’avoir ramassé à la sortie du collège. Nathan enregistre sa réaction de manière presque clinique : il n’a qu’une envie : se traîner aux pieds de Stanislas et le supplier d’accepter sa soumission.

— Bonsoir, Monsieur Abittan, répond-il lentement, Léo, je suppose ?

— Tu supposes bien, répond Stanislas.

Nathan se tourne vers Stanislas et lui dédie son fameux sourire.

— Il est condamné au silence pour la soirée ? Tu aurais dû carrément le bâillonner…

Liam tend la main à Stanislas.

— Bonsoir, Stan, je suis ravi de te revoir. Comment va Alejandro ?

Stanislas change d’expression immédiatement.

— Pas bien, Liam. Il avait de la fièvre avant que je parte. J’ai failli rester, mais il m’a dit « tu veux me faire crever de culpabilité avant même de crever du Sida ? »

Lester hoche la tête et serre l’épaule de Stanislas.

— J’ai perdu beaucoup d’amis, avec cette saloperie, Stan. Je sais de quoi tu parles…

Un silence s’établit que Stanislas rompt.

— Bref, parlons d’autre chose. Dans combien de temps, le laïus, Turner ?

— Une demi-heure, Abittan, répond froidement Nathan, tu as le temps de trimballer ton chiot en laisse dans les locaux. Il est toujours muet ?

— Vous êtes jaloux, ou je rêve ?

La voix du « chiot » fait sursauter Nathan.

— Mais il parle ! ironise le chanteur, c’est un miracle, merci David Bowie…

Léo le regarde, visiblement stupéfait. Stanislas le pousse.

— Léo, va te promener une seconde. J’ai une ancienne relation à liquider.

Lester échange un regard rapide avec Liam.

— Liam, tu me fais visiter s’il te plaît ? demande Lester.

— Avec grand plaisir.

Le trio s’éloigne.

Stanislas regarde autour de lui et pose ses mains sur les hanches de Nathan.

— Mon chat sauvage, j’ai beau avoir un nouveau jouet, le seul que j’ai envie de promener en laisse, c’est toi.

Nathan se fige, conscient de l’emprise que Stanislas exerce encore sur lui.

— Je me fous de ce que tu fais de ta bite, Abittan, mais je ne vois pas l’intérêt de te pointer avec cette espèce de gamin débile qui devrait être en train de découvrir les joies de la masturbation plutôt que subir tes lois…

Un sourire clairement cruel assombrit le visage parfait du chanteur.

— Tout le monde n’a pas les couilles pour ça, tu sais.

Stanislas le prend par le bras.

— Chéri, on a une demi-heure avant que tu lances les festivités. Je pense qu’on pourrait parler un peu.

Nathan se dégage.

— Désolé, cher ami, mais voilà ma belle-mère avec Jason et son père.

Il cligne lentement de l’œil.

— Certaines personnes comptent plus que toi.

Stanislas le suit du regard et l’entend dire :

— Je suis content de vous voir, tous les trois !

Rowena l’enlace.

— C’est notre place, Nathan. Nous sommes respectivement trésorier et secrétaire !

Jason lui dépose un baiser sur la joue.

— Salut, bébé, dit-il, je suppose que James n’est pas encore là ?

— Il va arriver, ne t’inquiète pas.

Comme si avoir parlé de lui l’avait fait apparaître, James franchit la porte, une superbe métisse à son bras. Jason secoue la tête.

— Bonsoir, je vous présente Shy.

James se tient devant eux, sous le regard glacial de Jason.

— Shy, dit galamment Nathan, James a toujours aussi bon goût.

La fille rit bêtement.

— Merci, mais vous n’êtes pas…

— Pas quoi ? rit Nathan.

— Pas… Enfin…

Shy se tortille, visiblement gênée.

— Pédé ? reprend Nathan, je le suis et je m’en félicite tous les jours. Mais que croyez-vous venir faire ici ?

— Je sais pas, glousse Shy, James m’a demandé de l’accompagner. Je sais pas trop pourquoi…

Nathan échange un regard ironique avec Stanislas.

— Eh bien, reprend Nathan d’un ton volontairement condescendant, nous inaugurons ce soir les locaux de l’Association Turntry dont le but premier est d’accueillir les jeunes homosexuels chassés de chez eux par des parents intolérants…

— Bonsoir, mon fils.

Antoine Turner embrasse Nathan.

— Bonsoir Papa. Des parents intolérants, disais-je, pas comme les miens.

— Bonsoir Nathan.

La voix qu’il entend le fait sursauter.

— Isabella ! Quelle surprise !

Il embrasse Isabella Larson.

— Tu es venue avec Salomé ?

Un sourire mystérieux illumine le beau visage d’Isabella.

— Non, je suis venue seule et ce charmant monsieur m’a mené à toi.

Nathan éclate de rire.

— Ce charmant monsieur est mon père, Isabella.

— Et cette ravissante personne est… commence Antoine.

Natha sourit à son père.

— Isabella Larson, Papa. La mère de Salomé Klein, l’amie de Lester.

Antoine hoche la tête.

— Ravi de faire votre connaissance, Isabella.

— Moi de même, Antoine…

— Nathan, demande Rowena, où est Liam ?

— Il fait visiter les locaux à Lester.

James prend Jason par le coude.

— Je t’offre un verre avant le discours de Nathan ? demande-t-il.

Il dépose un baiser sur la nuque de Shy qui glousse.

— Chérie, je te laisse quelques minutes, Jason et moi avons des choses à nous dire.

— Et moi, j’ai un point à régler avec Stanislas avant mon discours, dit Nathan, je vous laisse discuter tous les quatre ?

Il se détache du groupe et rejoint Stanislas qu’il entraîne dans le corridor.

— Tu me manques, dit Stanislas, tu me manques plus que je ne le pensais.

La gorge serrée, Nathan parvient à répondre :

— Moi aussi, tu me manques, Stan, mais depuis que je t’ai dit clairement que tu ne m’utiliserais pas comme un pantin, il semblerait que tu ne me juges plus digne d’intérêt.

Stanislas s’approche de lui et passe son doigt sur le col en V de Nathan.

— Ça n’arrivera jamais, mon chat sauvage.

Il vacille soudainement. Inquiet, Nathan lui met la main sur l’épaule et le fait asseoir.

— Qu’est-ce que tu as ? demande-t-il.

— Rien de grave, je suis épuisé. Je dors de manière très aléatoire, ces derniers temps.

Nathan s’agenouille devant lui.

— J’aime bien te voir comme ça, tente de plaisanter Stanislas.

— Dis-moi ce qui se passe, Stan. J’ai entendu ce que tu as dit à Liam. Si tu as besoin d’aide, je suis là.

— Tu connais un remède contre le SIDA ?

Nathan manque de s’étaler sur le sol.

— Tu as le SIDA ?

Stanislas sourit.

— Non, je parle...

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