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Épisode 2 : Chasse

1

Eric

Je n’espionne pas Jane. Je ne la suis pas constamment. Je dois aussi rentrer chez moi pour dormir et travailler un peu. Mais disons que j’ai tendance à me retrouver au même endroit qu’elle, surtout lorsqu’elle sort du poste de police et va appréhender un suspect. Je ne pense pas qu’elle m’ait repéré. Je me dissimule dans l’ombre, je me poste sur les toits ou je la suis en moto. Je veux juste m’assurer qu’elle va bien. D’accord, je la harcèle, même si elle l’ignore. Je ne suis pas fier de mon comportement. Je ne me reconnais plus. Je me fais l’effet d’être un psychopathe qui traque sa proie avant de lui sauter dessus et de la tuer. Je la vois avec sa sœur et la petite Sofie, qui a l’air d’être pleinement remise et cela fait chaud à mon cœur de vampire. Je la vois aussi avec cette femme, Sachka, et malgré moi, je sens une colère irrationnelle monter en moi et je serre les poings, les canines sorties. C’est à cause d’elle si Jane et moi n’avons pas eu le temps de construire quelque chose. Je suis conscient que je réagis comme un humain, mais je ne peux pas m’en empêcher.

Ma vie amoureuse de vampire est d’un calme sidérant. Je parle de sentiments, pas de relations basées uniquement sur l’attirance physique. J’ai eu des liaisons, comme n’importe qui, mais c’est la première fois que je ressens une aussi violente passion pour quelqu’un. Je suis amoureux de Jane, et elle m’a jeté. Je veux la reconquérir, mais il me faut du temps et un plan. Je n’ai pour l’instant ni l’un ni l’autre.

Je suis allé voir Margaret après avoir reçu plusieurs emails du Conseil Rouge à propos de Jane. Ils s’inquiètent de ne pas avoir encore reçu le rapport qui leur confirme qu’elle a bien été glamourisée et a tout oublié des vampires. En même temps, connaissant le Conseil local, ils savent probablement mieux que moi combien de jours se sont écoulés depuis que Jane a donné son sang pour la première fois. Je suis sans illusion sur la façon dont nous sommes observés, fichés, étudiés, et j’ai beau essayer d’être le plus discret possible, surtout sur les réseaux sociaux vampiriques – oui, nous en avons aussi -, ma paranoïa naturelle me pousse à dire que nous sommes tous espionnés.

Margaret travaille en partie à l’hôpital, où elle mène des observations sur les patients humains. Elle est sortie faire une pause. Elle a un grand gobelet de café chaud à la main. Malgré plus d’un siècle de vampirisme, elle n’a pas renoncé à certains petits plaisirs de sa vie d’avant, même si le café n’a aucun pouvoir énergisant sur elle, à présent. Elle aime surtout le rituel de souffler sur sa tasse, boire à petites gorgées et surtout, l’odeur du café. Elle a plusieurs doctorats, en médecine et en biologie. Margaret, à son époque, était appelée un bas-bleu.

Depuis que je l’ai rencontrée, elle a travaillé à l’hôpital de New York, avant de partir faire de la recherche à Seattle. En ce moment, je sais qu’elle bosse sur une étude portant sur la psychologie des humains qui viennent donner leur sang à un vampire. C’est pour cela qu’elle accueille et accompagne les gens comme Jane. Les quelques minutes de conversation, ce qu’elle peut observer, sont les bases de sa nouvelle étude. J’ai changé plusieurs fois de métier et de domaine, mais Margaret est toujours restée fidèle à son premier amour, la médecine.

— Tu es sûr de toi ? me demande-t-elle.

Je pousse un profond soupir. Je suis sûr de moi et je doute en même temps, bien sûr.

— Je suis amoureux, Maggie. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé.

— Je sais, me sourit-elle. Je suis heureuse pour toi. Mais tu connais la Loi. Tu es désormais responsable d’elle. Si elle parle, si elle commet une indiscrétion, c’est toi qui devras réparer sa faute, et même payer pour elle.

— Je sais.

— Eric, regarde les choses en face. Elle t’a largué. Et plus tu attendras, plus il sera difficile de la soumettre au glamour pour lui faire oublier notre existence sans endommager sa mémoire.

— Je sais cela aussi. Je ne peux pas supporter l’idée qu’elle m’oublie.

— Je pourrais la glamouriser et me débrouiller pour te la présenter à nouveau, suggère-t-elle.

Mais elle sait tout comme moi que c’est une très mauvaise idée. Je ne peux pas vivre de relation avec une humaine sans lui révéler ma nature de vampire. Je vis d’une façon trop différente. De plus, je ne veux pas d’une Jane qui ait oublié qui je suis, réellement. Je veux qu’elle m’aime pour ce que je suis, amant, écrivain et suceur de sang.

— Tu vas le signaler au Conseil ? je demande, même si je connais la réponse.

Margaret soupire et finit son café.

— Tu sais que j’y suis obligée. Normalement, dès que la petite a été sauvée, Jane aurait dû oublier tout ce qui concerne les vampires. J’ai déjà largement dépassé le délai. Je te laisse encore quelques jours.

Je glisse mon bras sous le sien, dans un geste très old-fashion.

— Merci.

— Je ne suis pas sûre de te rendre service, soupire-t-elle à nouveau. Les histoires d’amour entre humains et vampires ne finissent généralement pas bien. Au début, vous serez tous les deux sur votre petit nuage et puis, peu à peu, elle va se rendre compte que la vie avec un Nocturne n’est pas si facile. Et toi, tu vas la voir vieillir.

Margaret sait de quoi elle parle. Elle est tombée amoureuse d’un pilote, jadis. Ils se sont aimés alors que le monde devenait fou autour d’eux, dans une passion qui a bien failli la consumer. Elle a dû lui révéler sa nature. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans les années qui ont suivi, sinon qu’ils vivaient ensemble avant de disparaître pendant près d’une décennie. Margaret a réapparu seule, et elle était dévastée. Je n’ai jamais su s’il était mort, si elle avait dû le glamouriser ou si elle l’avait simplement quitté. Je sais simplement que Margaret avait le cœur brisé.

J’espère être assez fort pour affronter les épreuves avec autant de courage qu’elle. Je verrai Jane vieillir, de corps et d’esprit. Je la verrai s’éteindre. Je devrai peut-être la glamouriser quitte à la tuer si elle devient sénile et se met à parler à tort et à travers de son amant vampire. Je serre les poings. Pour l’instant, je veux vivre mon amour ! Je veux vivre cette passion qui me fait me sentir plus vivant que je ne l’ai été depuis des années. Je veux pouvoir dire que je me moque du lendemain.

Je n’ai pas des années, ni même des mois pour me décider. Le cerveau humain est délicat et fragile. Glamouriser un humain qui connaît notre existence depuis quarante-huit heures est une chose. Effacer les souvenirs nous concernant de quelqu’un qui le sait depuis deux semaines est déjà beaucoup plus difficile. Il faut de l’expérience et du doigté, et l’humain qui en fait les frais a généralement des problèmes de mémoire après. Autrement dit, pour Jane, il est déjà presque trop tard. On est dans l’extrême limite de temps. Faire oublier notre existence à quelqu’un qui sait que les vampires existent depuis plusieurs mois est quasiment impossible sans endommager sa mémoire, voire ses facultés mentales. Nous avons une longue liste d’expériences malheureuses dans ce domaine.

— Ne la glamourise pas, je décide. Je vais lui parler.

— Tu vas lui dire la vérité à propos de ton passé ?

Je baisse la tête. Mon courage ne va pas jusque là.

— Non, je murmure.

Margaret pose ses mains sur mes épaules.

— Tôt ou tard, tu devras le lui dire, si tu veux vivre une relation durable avec elle.

Je le sais. Mais je ne peux pas. Pas tout de suite. Je ne suis pas prêt. Je ne le serai sans doute jamais. Je le sais, Margaret le sait.

Elle m’a à peine laissé que Jane débouche sur le parking, avec une femme que je sais être sa sœur et Sofie. Jane me voit immédiatement, comme mue par un instinct qui la pousse à regarder vers moi. Elle dit quelque chose à sa sœur qui monte avec la petite dans un break familial et démarre. Jane leur fait un signe de la main et marche vers moi, l’air résolu. Je suis pris de court. Voilà des jours que je veux la voir et lui parler, et maintenant que ça arrive, je ne sais pas quoi dire. Elle a un vague sourire, en tout cas, c’est déjà ça.

Tout à coup, son visage change d’expression et elle me pousse violemment de côté.

— Couche-toi ! hurle-t-elle en dégainant son arme.

Quelque chose siffle à mes oreilles et va rebondir sur le macadam du parking. Je passe en survitesse et je bondis par-dessus une voiture pour m’abriter derrière. Je veux l’attraper au passage, mais elle court vers la source du tir, arme à la main. Je la vois dans la lueur des réverbères, brandissant son arme.

— Police de Seattle ! s’écrie-t-elle. Sortez, les mains en l’air !

Bon sang qu’elle est belle !

Pour toute réponse, un deuxième tir fuse, venant de derrière un container à verre. Mais il ne vise pas Jane, il me vise moi. Je me suis redressé et je ne dois qu’à la chance d’éviter le projectile qui va se planter dans le panneau publicitaire juste derrière la voiture.

Jane se précipite vers le container, et je cours derrière elle. Je vois un homme s’enfuir, grimper sur une moto et démarrer en trombe. Jane tire, une fois, deux fois, mais loupe sa cible. Il faut dire que la moto est rapide et que son conducteur zigzague. Il finit par disparaître dans la nuit.

— Merde ! s’écrie ma belle. C’était quoi, ce bordel ?

— Quelqu’un qui m’en veut, je dis calmement, alors que je me sens soudain les jambes vraiment pâles.

C’est la première fois depuis plus de soixante-dix ans qu’on me tire dessus. J’avais oublié l’impression que ça faisait d’être une cible.

— Et toi, qu’est-ce qui t’a pris de courir comme ça derrière moi ? me demande-t-elle d’un ton coléreux.

— Je voulais te…

Je n’achève pas ma phrase. Je me sens idiot. Je voulais la protéger. Je voulais la sauver. Je voulais me jeter devant elle pour lui faire un bouclier de mon corps.

— Je suis flic ! s’emporte-t-elle. C’est mon boulot de protéger les gens. Le tien, c’est de rester en vie en te mettant à l’abri !

Notre dispute, sur un parking éclairé par les becs de gaz, est surréaliste. Jane a pris son portable et allumé la lumière d’assistance. Elle explore l’endroit où s’est tenu le tireur. Quant à moi, je reviens vers la voiture et je récupère les deux projectiles. Je prends le premier à pleine main et je le lâche aussitôt. Je sais qui a tiré.

 

 

Jane

Mais c’est quoi ce cirque ? Je ne suis pas étrangère aux règlements de compte entre bandes rivales, mais me faire tirer dessus sur le parking d’un hôpital alors que je suis avec un vampire, c’est une première. En plus, je suis certaine que c’était Eric qui était visé. Le deuxième tir est allé droit sur lui, pas sur moi, alors que je menaçais le tireur avec mon arme.

Je dois reconnaître que revoir Eric comme ça, sans m’y attendre, m’a fait un choc, du genre plutôt agréable. J’ai le cœur qui a manqué un battement quand je l’ai reconnu et j’ai eu une envie folle de me jeter dans ses bras. Alors le connard qui vient de tenter de faire un carton sur lui, je vais lui faire avaler son arme. Pas forcément par en haut. L’inspection derrière le container ne donne rien. Je dois dire que pour la première fois de ma carrière, je ne sais pas quoi faire. J’aurais déjà dû appeler le central, reporter la tentative de meurtre et appeler du renfort, mais j’hésite. Eric est un vampire. Durant ces dernières semaines, il m’a parlé de son espèce et, d’après ce que j’ai compris, discrétion est le maître mot. Eric a des papiers en règle, mais moins il attire l’attention, mieux c’est pour lui.

— Jane ! m’appelle-t-il.

Je reviens vers lui. Eric est agenouillé sur le sol et me désigne quelque chose. Je me baisse et j’ouvre de grands yeux. Ce n’est pas une balle – d’ailleurs je n’ai pas entendu de détonations – mais une flèche ! Elle est brillante, comme si elle était… en argent ? L’histoire de l’argent qui tue les êtres surnaturels est donc vraie ?

— Prends-là, je ne peux pas la toucher, me dit mon vampire. Et surtout, n’appelle pas tes collègues. C’est un chasseur de vampires !

Je saisis la flèche avec délicatesse, après avoir sorti un sachet plastique de la poche de ma veste. Certaines femmes trimballent du parfum ou du rouge à lèvres, je trimballe des menottes et des sachets plastiques pour recueillir les indices.

Nous nous relevons tous les deux et brusquement il explose.

— Ça t’arrive souvent de te mettre en pleine ligne de mire ? s’écrie Eric. Une des flèches aurait pu t’atteindre et te tuer ! Et je n’aurais pas été assez rapide pour la stopper !

Mais c’est qu’il s’inquiète pour moi ! D’accord, je suis touchée et flattée. Mais je ne vais pas le laisser faire son numéro de macho. Je me plante face à lui, les jambes un peu écartées, les poings sur les hanches.

— Je te rappelle que c’est mon boulot de protéger les gens ! je rétorque sur le même ton vif. Et je ne me suis pas collée en pleine ligne de mire. J’ai louvoyé ! On nous apprend ça, à l’école de police ! Si je n’avais pas été là, si je n’avais pas vu le reflet sur l’arme de ce type, tu serais étendu sur ce parking avec deux flèches dans le corps !

— En clair, tu m’as sauvé la vie, c’est ça ? crie Eric.

— C’est exactement ça ! Alors tu pourrais au moins ne pas m’engueuler !

Eric et moi nous regardons et subitement, nous nous mettons à rire. Il m’enlace.

— Jane, tu m’as manqué, murmure-t-il en frôlant mon oreille de ses lèvres.

— Tu m’as manqué aussi, j’avoue.

Ses lèvres réclament les miennes et l’instant suivant, je me retrouve soulevée dans les bras d’Eric. Il me pousse contre le mur, dans un coin d’ombre, et ses mains sont soudain très occupées à passer sous mon pull pour caresser mes seins. Ses doigts habiles écartent le tissu de mon soutien-gorge pour titiller mes tétons qui se dressent et envoient une traînée de feu dans mon ventre. Eric ne laisse mes lèvres que pour mordiller mon oreille, et je sais d’instinct que je n’ai rien à craindre de ses canines. J’incline la tête, parce que ses dents qui chatouillent mon épaule juste à la naissance de mon cou me font frissonner. Je renonce à lui ôter son blouson et son tee-shirt. C’est trop long, c’est trop compliqué. Je me suis embrasée. J’ai besoin d’Eric, maintenant, en moi, tout de suite. Je défais son jean et je glisse ma main dans son boxer-short pour dégager son sexe déjà raidi par le désir.

— Jane, gémit-il tandis que ma main se referme sur sa virilité.

Il me défait mon jean, le baisse jusqu’à mes genoux en entraînant ma petite culotte blanche avec – je savais que j’aurais dû mettre un truc plus sexy – et glisse sa main entre mes cuisses. Ses doigts glissent dans mon intimité déjà mouillée et il caresse mon clitoris. Je veux exploser, je veux jouir, mais il enlève sa main juste au moment où j’allais perdre le contrôle et me soulève à nouveau de terre. Il m’empale littéralement sur lui. Je pousse un cri étouffé, parce que même mouillée et ouverte, sa queue me remplit. Je m’accroche à son cou et cette fois, c’est moi qui le mords, presque jusqu’au sang. Il pousse un cri d’exclamation, me traite de petit démon et entreprend de me baiser avec frénésie, me faisant aller et venir sur lui de plus en plus vite. Le plaisir monte à toute vitesse, mais chaque fois que je vais jouir, Eric s’arrête, ses yeux brillants rivés aux miens. Nous nous défions du regard. Il mène le jeu et il le sait. Plusieurs fois il me provoque, m’amène au bord de l’orgasme avant de se retirer à demi. Je finis par saisir son rythme et lorsqu’il va s’arrêter à nouveau, je plante mes dents dans son cou et je mords, fort. J’y vais à l’instinct, vaguement consciente que chez un vampire, un tel geste peut être irrésistible. Eric finit par se rendre et cette fois, ne peut pas s’arrêter. Il me pilonne littéralement et nous jouissons ensemble, tandis qu’un peu de son sang coule sur mes lèvres. L’orgasme me cloue littéralement au mur et je me mords la main pour ne pas hurler. Les vagues de plaisir m’envahissent, montent et atteignent mon cerveau qui se déconnecte de la réalité pour n’être plus que plaisir.

Lorsqu’Eric me repose à terre, je reste un moment...

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