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Condamné amour

De
317 pages
Sylvain découvre l’écriture un dimanche après-midi d’hiver sur le parking de l’université de Lille, le soleil au cours d’un passage à Porto-Rico et l’image de l’amour en voyant le visage de Thomas dans un film : Condamné amour.L’écriture, le soleil, l’amour… C’est à cette triple quête qu’il se consacre. Un long périple mi-réel mi-ima¬ginaire qui l’entraîne d’Afrique du Nord en Amérique, de Hambourg à Venise. Voyage jalonné de rencontres. De femmes. D’hommes. De diables blonds…Mais ce chemin, tragique en vérité, conduit Sylvain vers la souffrance, la maladie, la mort, peut-être – la sienne et celle des autres. L’érotisme est voué à sa propre perte. Seule, émergeant du chaos, l’écriture existe…
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Cyril Collard
Condamné amour
Flammarion
www.centrenationaldulivre.fr
© Flammarion, 1987 Dépôt légal : février 1987 ISBN Epub : 9782081345393
ISBN PDF Web : 9782081345409
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782080649836
Ouvrage numérisé et converti par Meta-systems (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Sylvain découvre l’écriture un dimanche après-midi d’hiver sur le parking de l’université de Lille, le soleil au cours d’un passage à Porto-Rico et l’image de l’amour en voyant le visage de Thomas dans un film : Condamné amour. L’écriture, le soleil, l’amour… C’est à cette triple quête qu’il se consacre. Un long périple mi-réel mi-imaginaire qui l’entraîne d’Afrique du Nord en Amérique, de Hambourg à Venise. Voyage jalonné de rencontres. De femmes. D’hommes. De diables blonds… Mais ce chemin, tragique en vérité, conduit Sylvain vers la souffrance, la maladie, la mort, peut-être – la sienne et celle des autres. L’érotisme est voué à sa propre perte. Seule, émergeant du chaos, l’écriture existe…
Cyril Collard, cinéaste, musicien, il a adapté à l’écran et interprété lui-même son second roman, Les Nuits fauves. Le film, quatre fois primé, a été élu meilleur film de l’année aux Césars 1993. Quelques jours plus tôt Cyril Collard mourait du sida.
Condamné amour
à Caroline à Claude
«La limite de chaque douleur est une douleur plus grande. » E. M. CIORAN
« Le Christianisme a fait boire du poison à Éros. Éros n'est pas mort mais a dégénéré en vice. » « La métaphore n'est pas pour le vrai poète une figure de rhétorique, mais une image substituée qu'il place réellement devant ses yeux à la place d'une idée. » Friedrich NIETZSCHE
I
1
J'avais l'oppressante sensation d'une imminence. La ville se vidait. Le temps était plus lourd. Lourd comme avant l'orage. Un avion de chasse traversait le ciel sombre. Il s'enroulait autour de la ville dans une stridence aiguë. Je croisai un homme en uniforme noir couvert de décorations multicolores. Il portait une casquette blanche et des lunettes de soleil. Des marins rentraient à leur base, un balluchon sur l'épaule. D'autres paradaient, assis sur les ailes d'une voiture neuve, claire contre l'asphalte. Une femme inclina vers le sol un carton qui se délitait et du sang de viande coula dans la poussière. Un chat se terra sous une voiture. Un gosse s'assit sur le butoir d'un tramway arrêté. Un autre chat miaulait régulièrement, comme une roue qui grince à chaque tour, fasciné par l'image neigeuse d'une télévision qui crachait vers la rue. Le tramway démarra. Les pieds du gosse traînèrent sur la route. L'avion de chasse de nouveau déchira le ciel. Je m'assis à la terrasse d'un café. Il commença à pleuvoir. Des hommes rentrèrent les tables et les chaises sous l'auvent. Ils les disposèrent en rangées serrées qui formèrent un carré autour de moi. J'étais pris au piège. De l'autre côté de la rue, abrité par le surplomb d'un balcon, un cireur assis sur son petit banc répétait des gestes séculaires. C'était une rue d'Al-Anfuschi à Alexandrie. Que pouvais-je attendre qui traversât le gris des nuages et la belle rumeur de la ville, et vînt me délivrer ? Je ne pouvais que rentrer à Paris où Carol m'attendait. Chaque jour je me décevais un peu plus. Des plaisirs me croisaient. Persistaient. Je cherchais à les retrouver. Je cherchais plus : le début de la lente progression d'un germe étranger dans mon corps. Un désir vital et naïf de l'excès. Mais je gaspillais tout dans des demi-plaisirs, demi-amours, demi-folies, demi-audaces, demi-urgences. Je sentais l'idée de la faute accrochée à ma nuque. Je voulais rajeunir de dix ans, appartenir à une autre génération, ne plus composer qu'avec l'angoisse. Je suis entré dans les toilettes du train qui me ramenait d'Alexandrie. La lumière qui se reflétait sur les murs de plastique orange avait une teinte chaude. Le sol était mouillé, taché de boue. Derrière la vitre opaque des formes sombres défilaient. Comme des idées passagères. Je pissai. Machinalement, en boutonnant ma braguette, je me regardai dans le miroir fixé à la porte. Mon image se reflétait doublement : de face, puis de trois quarts dos, dans l'autre miroir qui se trouvait au-dessus du lavabo. Une terrible excitation montait en moi. Je fis tomber mon blue-jean sur mes genoux. Je portais un caleçon à fines rayures grises et blanches que j'avais acheté pour éviter aux élastiques d'un slip d'aggraver les plaies que j'avais à l'aine. Mon sexe se raidit. Je m'appuyai dos à la fenêtre et me touchai à travers l'étoffe du caleçon. Le tissu était lâche autour des cuisses. Je sortis par cet espace ma queue tendue et mes couilles. Je commençai à me branler. Le train ralentit et je crus qu'il allait s'arrêter. Mais il reprit sa vitesse de croisière. La poignée de la porte tourna puis revint à sa position de départ. Quelqu'un voulait entrer et j'étais face à lui. La porte nous séparait. Elle portait le miroir qui me renvoyait mon image et m'excitait. J'imaginais qui pouvait vouloir entrer. Personne, sans doute, qui pût combler mes fantasmes de jeunes garçons doux de violence au repos qui m'auraient sodomisé devant le reflet du miroir, ou de gamines lascives que j'aurais souillées d'un jet d'urine avant de les baiser. Mais cette pensée suffit à me faire jouir. Quand j'ouvris la porte et me trouvai face à deux femmes dont l'une tenait par la main un petit garçon grassouillet, mon sperme dégoulinait en rigoles blanchâtres sur le miroir. J'avais changé, ou j'allais changer, Carol le savait. Elle m'attendait dans Paris gris et mouillé, en haut d'escaliers métalliques, derrière des vitres fumées. Ce fut un mélange d'étonnement, de désir et de soulagement. J'entendis sa voix : – Sylvain…
II

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