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Contes coquins 10 - Torride

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Un extrait de 20 pages des Contes des 1001 désirs.






Extraits des Contes des 1001 désirs: une sélection de contes grivois qui embrasse deux millénaires et deux continents - d'Ovide à Voltaire, de Canterbury à Kyoto en passant par Florence et Bagdad.
Des histoires coquines que les femmes peuvent lire avec le sourire.


Rien de sérieux, dans ce florilège de contes. Tous ont été écrits pour faire rire ou sourire. Que ce soit Apulée au IIe siècle ou bien Restif de la Bretonne au XVIIIe, sans oublier l'Arétin, Marguerite de Navarre, La Fontaine, Piron... tous ont l'humour pour point commun.
Il y a les incontournables - Boccace, Chaucer, Brantôme et quelques-unes des plus câlines des Mille et Une Nuits.
Et il y a les surprises. On découvre ainsi un Sade aux antipodes du sadisme, tout à fait capable d'amuser les femmes aux dépens des hommes. On fait connaissance avec des auteurs arabes aussi rabelaisiens que Rabelais ou aussi irrévérencieux que Voltaire - sept siècles avant eux. Il faut aussi citer les anonymes : fabliaux du Moyen Âge, contes populaires russes ou japonais, légendes indiennes. Tous, en se répondant l'un à l'autre, révèlent que le sexe joyeux voyageait vite et loin, volatile comme un éclat de rire, par-dessus les frontières de la langue et de la religion.





La fête des Innocents



Le vent frais



Une forte nature



Le bout de son nez



Parlons vrai






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Contes coquins
Torride 10
Extraits desContes des 1001 désirs choisis et présentés par Salwa Al-Neimi, Catherine Bouttier-Couqueberg, Annie Collognat
La fête des Innocents
e France, XVI siècle En la ville de Tours, il y avait un homme de fort s ubtil et bon esprit, tapissier de feu Monsieur d’Orléans, fils du roi François premier. Une maladie l’avait rendu sourd mais n’avait en rien diminué son entendement car il n’y avait point d’homme plus subtil en son métier et en toutes choses : vous allez voir comment cela l’aidait. Il avait épousé une femme de bien, une honnête femm e avec qui il vivait en paix. Il craignait grandement de lui déplaire et ne cherchait donc qu’à lui obéir en tout. Pourtant, à côté de l’affection qu’il lui témoignait, il avait tant de charité que souvent il donnait à ses voisines ce qui ne devait appartenir qu’à sa femme, mais le plus secrètement qu’il pouvait. Ils avaient en leur maison une servante fort accorte dont notre tapissier devint amoureux. Toutefois craignant que sa femme ne l’apprît, il fa isait semblant de lui adresser blâmes et remontrances disant que c’était la fille la plus paresseuse qu’il avait jamais vue et qu’il ne s’en étonnait pas vu que sa maîtresse ne la battait jamais. 1 Or un jour qu’ils parlaient de donner les Innocents , le tapissier dit à sa femme : — Ce serait belle aumône de les donner à cette fille paresseuse qui vous sert, mais il ne faudrait pas que vous les donniez, vous, car votre main est trop faible et votre cœur trop pitoyable. Tandis que si c’était moi, nous serions mieux servis par elle que nous ne le sommes aujourd’hui ! La pauvre femme, qui ne pensait pas à mal, le pria de bien vouloir effectivement faire l’exécution, confessant qu’elle n’avait ni le cœur ni la force de la battre. Le mari accepta donc volontiers cette charge, et, jouant le bourreau sévère, acheta les verges les plus fines qu’il put trouver. Pour montrer combien il voulait ne pas l’épargner, il les trempa dans la saumure, si bien que la femme avait pitié de la servante et aucun soupçon contre son mari. Le jour des Innocents venu, le tapissier se leva de bon matin et monta à l’étage où la servante se trouvait toute seule, et là il lui bailla les Innocents d’une tout autre façon que ce qu’il avait dit à sa femme. La servante pleura mais rien n’y fit. Toutefois de peur que sa femme ne survînt, il commença à taper les baguettes sur le bois du lit, si fort qu’il les abîma et brisa. Il les rapporta, ainsi brisées, à sa femme en lui disant : — Je crois, ma mie, que votre servante se souviendra des Innocents ! Puis il sortit. La pauvre servante vint alors se jeter aux genoux de sa maîtresse, lui disant que son mari lui avait fait le plus grand tort que jamais on fit à une servante. La femme, pensant qu’elle parlait du fouet, ne la laissa pas finir et lui dit : — Mon mari a bien fait, il y a plus d’un mois que j e lui demande de le faire, et si vous avez eu mal, j’en suis bien aise, ne vous en prenez qu’à moi ; encore n’a-t-il pas fait autant qu’il devait. La servante, voyant que sa maîtresse approuvait la chose, pensa que ce n’était pas si grand péché qu’elle croyait, puisque celle qui avait une telle réputation de femme de bien en avait
provoqué l’occasion, et elle n’osa plus en reparler. Le maître, de son côté, voyant que sa femme était aussi contente d’être trompée que lui de la t romper, décida de la contenter souvent, et amadoua si bien la servante qu’elle ne pleurait plus pour avoir les Innocents. Il continua cette vie longtemps sans que sa femme s ’en aperçût, jusqu’à la venue des grandes neiges. Et tout comme le tapissier avait donné les Innocents sur l’herbe de son jardin, il voulait les donner à présent sur la neige. Donc un matin, avant que personne ne soit réveillé dans la maison, il mène la servante en chemise faire le crucifix sur la neige, et tout en jouant à s’envoyer de la neige dessus, ils n’oublièrent pas le jeu des Innocents. Ce qu’aperçut une voisine qui s’était mise à la fenêtre qui donnait sur le jardin pour voir le temps qu’il fais ait. Cette vilenie la mit tellement en colère qu’elle décida d’aller tout raconter à sa commère, pour qu’elle ne se laisse plus tromper par un si mauvais mari, ni servir par une si méchante fille. Le tapissier, après avoir fait ses beaux tours, reg arda tout alentour pour vérifier que personne ne le voyait. Il aperçut la voisine et en fut bien marri. Mais comme il savait donner couleur à tout tissu, il pensa qu’il saurait bien colorer cet incident et tromper la commère aussi bien que sa femme. Sitôt recouché, il fit lever sa femme, en chemise, et la mena au jardin tout comme la chambrière. Il joua un grand moment avec elle en lui lançant de la neige comme à l’autre, et puis il lui donna les Innocents tout comme à la servante. Enfin ils allèrent se recoucher tous les deux. Quand la bonne femme s’en alla à la messe, sa voisine et bonne amie ne manqua pas de s’y trouver. Et, toute bouillante d’amicale ardeur, elle lui dit, sans autre explication, de renvoyer sa chambrière, une très mauvaise et dangereuse fille ! Mais son amie ne voulut pas la chasser sans savoir pourquoi sa voisine la tenait en si piètre estime. À la fin celle-ci lui conta comment elle l’avait vue le matin même dans son jardin avec son mari.
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