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Contes coquins 2 - Léger

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15 pages

Un extrait de 20 pages des Contes des 1001 désirs.





Extraits des Contes des 1001 désirs: une sélection de contes grivois qui embrasse deux millénaires et deux continents - d'Ovide à Voltaire, de Canterbury à Kyoto en passant par Florence et Bagdad.
Des histoires coquines que les femmes peuvent lire avec le sourire.


Rien de sérieux, dans ce florilège de contes. Tous ont été écrits pour faire rire ou sourire. Que ce soit Apulée au IIe siècle ou bien Restif de la Bretonne au XVIIIe, sans oublier l'Arétin, Marguerite de Navarre, La Fontaine, Piron... tous ont l'humour pour point commun.
Il y a les incontournables - Boccace, Chaucer, Brantôme et quelques-unes des plus câlines des Mille et Une Nuits.
Et il y a les surprises. On découvre ainsi un Sade aux antipodes du sadisme, tout à fait capable d'amuser les femmes aux dépens des hommes. On fait connaissance avec des auteurs arabes aussi rabelaisiens que Rabelais ou aussi irrévérencieux que Voltaire - sept siècles avant eux. Il faut aussi citer les anonymes : fabliaux du Moyen Âge, contes populaires russes ou japonais, légendes indiennes. Tous, en se répondant l'un à l'autre, révèlent que le sexe joyeux voyageait vite et loin, volatile comme un éclat de rire, par-dessus les frontières de la langue et de la religion.





Janvier et Mai






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couverture
Contes coquins

Léger

2

Extraits des Contes des 1001 désirs
 choisis et présentés par
 Salwa Al-Neimi,
 Catherine Bouttier-Couqueberg,
 Annie Collognat

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Janvier et Mai

Angleterre, XIVe siècle

Il était une fois en Lombardie un riche chevalier. Né à Pavie, où il vivait en grande fortune, il resta quarante ans sans épouse, laissant sa fantaisie le porter sur une femme ou l’autre. Aussi bien il arriva qu’à soixante ans, il s’interrogea sur le besoin du mariage.

« Nulle créature n’est plus précieuse qu’une épouse dévouée, pensait-il. S’il est malade, l’homme gémit en vain s’il n’a pas d’épouse pour le soigner. Voici le conseil d’un sage : aime bien ta femme comme le Christ son Eglise si tu t’aimes toi-même. »

Convaincu, mon héros, Janvier est son nom, convoqua ses amis pour leur faire part de son projet.

— J’ai le poil blanc, leur dit-il, et la fosse n’est pas loin. Je dois penser à mon âme, car j’ai dispersé mes forces en folies. Donc j’ai décidé de me marier. Aussi je vous le demande, trouvez-moi sans tarder − car le temps me manque − une demoiselle tendre en âge et jolie de figure. De mon côté, je chercherai quelle fille je peux épouser tantôt, mais je compte sur votre nombre. Cependant, je dois, chers amis, vous avertir : en aucun cas je ne veux d’une vieille. Elle doit avoir moins de vingt ans : j’aime le poisson quand il est vieux mais la viande quand elle est jeune. Mieux vaut un brochet qu’un brocheton, certes, mais le veau est meilleur que le bœuf. Et puis ces veuves en savent tant qu’avec elles je ne pourrais vivre en paix. Passé par plusieurs écoles, le clerc est savant ; passée par plusieurs maris, la femme égale un clerc. Une jeune au contraire est une cire tiède sous les doigts. Voilà pourquoi, soyons clairs : je ne veux pas épouser de vieille femme. J’ai les cheveux blancs, mais je suis comme l’arbre : plein de sève, il fleurit avant que les fruits n’apparaissent. Vous avez entendu mon avis, j’attends le vôtre.

Autant de réponses, autant de versions. Les uns le blâmaient, les autres le louaient. Pour faire bref, comme une discussion entre amis se termine toujours par une querelle, les deux frères de Janvier se disputèrent. L’un s’appelait Placebo, l’autre Justinus.

Placebo dit :

— Janvier mon frère, vous n’avez guère besoin, mon cher seigneur, de demander l’avis de l’assistance. Vous avez en vous tant de sagesse que vous appliquez le précepte de Salomon : « Ne fais rien sans prendre conseil, tu auras la conscience tranquille. » Pour aller contre Salomon, je déclare qu’il n’y a meilleur avis que le sien propre. Vous avez ici montré, aujourd’hui un jugement si sûr, clair et moral, que j’y souscris sans plus rien dire. En vérité, il faut un cœur vaillant à un homme d’un âge si avancé pour prendre une jeune épouse. Dieu de mes pères ! Suivez donc votre idée en cette affaire car, à y regarder, je la trouve la meilleure.

Justinus, qui avait écouté dans le calme, dit alors, en réponse à Placebo :

— Vous avez fini, à mon tour de parler. Soyez patient et écoutez-moi. Entre autres maximes, Sénèque dit qu’un homme doit bien regarder à qui il donne ses biens. A plus forte raison dois-je savoir à qui je donne mon corps. Ce n’est pas un jeu d’enfant, croyez-moi, de prendre femme : il faut réfléchir. On doit s’enquérir, du moins d’après moi, de son esprit : est-elle sensée, est-elle folle ? Est-elle ivrogne, est-elle sobre ? Querelleuse ou dépensière ? Bien sûr, nulle n’est sans défaut. Mais une épouse doit montrer plus de qualités que de défauts. Cela exige du temps − Dieu sait combien j’ai versé de larmes depuis que j’ai pris femme ! On peut célébrer la vie conjugale ; moi je n’y ai trouvé que ruine et soucis. Et pourtant mes voisins, et surtout mes voisines, disent que j’ai la meilleure et la plus douce des femmes. Mais moi, je sais où me blesse ma chaussure. Faites ce qu’il vous plaît, mais avant cela, songez à l’âge que vous avez, au risque d’épouser une jeune beauté. Vous la satisferez trois ans au plus, comment répondre à ses appétits ? Evitez donc les déceptions.

— As-tu fini ? lui répondit Janvier. Foin de Sénèque ! De plus savants que toi, tu l’as entendu, ont apprécié ma décision. Qu’en dis-tu, Placebo ?

— Je dis que c’est péché mortel de faire obstacle au mariage.

Sur ce, ils se quittèrent, d’accord qu’il devait se marier.

 

De ce jour, l’agitation s’empara de Janvier. Jolis minois et belles silhouettes défilaient en rêve dans ses nuits comme s’il était au milieu d’un marché : Janvier y voyait toutes les filles de son voisinage sans savoir sur laquelle s’arrêter Car si l’une était belle de visage, une autre était gentille. Certaines étaient riches, mais de mauvaise réputation. Enfin, il fit son choix, et tout fut dit. L’amour n’est-il pas aveugle ? Avant de s’endormir, Janvier détaillait le portrait de l’élue : son âge printanier, sa taille fine, ses bras longs et graciles, son sage maintien, ses nobles manières, son allure et son air sérieux… Il était convaincu qu’on ne pouvait mieux trouver. Il déclara donc nul le jugement d’autrui.

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