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Contes coquins 7 - Suggestif

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16 pages


Un extrait de 20 pages des Contes des 1001 désirs.






Extraits des Contes des 1001 désirs: une sélection de contes grivois qui embrasse deux millénaires et deux continents - d'Ovide à Voltaire, de Canterbury à Kyoto en passant par Florence et Bagdad.
Des histoires coquines que les femmes peuvent lire avec le sourire.


Rien de sérieux, dans ce florilège de contes. Tous ont été écrits pour faire rire ou sourire. Que ce soit Apulée au IIe siècle ou bien Restif de la Bretonne au XVIIIe, sans oublier l'Arétin, Marguerite de Navarre, La Fontaine, Piron... tous ont l'humour pour point commun.
Il y a les incontournables - Boccace, Chaucer, Brantôme et quelques-unes des plus câlines des Mille et Une Nuits.
Et il y a les surprises. On découvre ainsi un Sade aux antipodes du sadisme, tout à fait capable d'amuser les femmes aux dépens des hommes. On fait connaissance avec des auteurs arabes aussi rabelaisiens que Rabelais ou aussi irrévérencieux que Voltaire - sept siècles avant eux. Il faut aussi citer les anonymes : fabliaux du Moyen Âge, contes populaires russes ou japonais, légendes indiennes. Tous, en se répondant l'un à l'autre, révèlent que le sexe joyeux voyageait vite et loin, volatile comme un éclat de rire, par-dessus les frontières de la langue et de la religion.





Une oreille bien ourlée



Le cocu de lui-même






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couverture
Contes coquins

Suggestif

7

Extraits des Contes des 1001 désirs
 choisis et présentés par
 Salwa Al-Neimi,
 Catherine Bouttier-Couqueberg,
 Annie Collognat

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Une oreille bien ourlée

France, XVIe siècle

Il ne faut pas s’étonner que les femmes des champs ne soient guère fines, vu que celles de la ville se laissent parfois abuser aisément ; il est vrai que c’est rare car c’est en ville que les femmes jouent de bons tours.

Bref, il y avait en la ville de Lyon, une jeune femme passablement belle qui fut mariée à un marchand d’assez bon commerce. Il n’y avait pas plus de trois ou quatre mois qu’ils étaient ensemble qu’il dut voyager pour ses affaires, la laissant enceinte de trois semaines, ce qu’elle savait aux nausées qui lui prenaient parfois, ainsi qu’à d’autres désagréments qui arrivent aux femmes enceintes.

Si tôt qu’il fut parti, un de ses voisins, le dénommé sire André, s’en vint voir la jeune femme (il avait coutume de fréquenter la maison familièrement par droit de voisinage) et se mit à plaisanter avec elle, lui demandant comme elle se sentait en ménage. Assez bien, lui répondit-elle, mais qu’elle pensait être grosse.

— Ce n’est pas possible, dit-il, votre mari n’a pas eu loisir de faire un enfant pendant le peu de temps que vous avez vécu ensemble.

— Pourtant si, dit-elle, car dame Toiny m’a dit qu’elle se sentait tout comme moi aujourd’hui lorsqu’elle fut enceinte de son premier enfant.

— Vraiment, lui dit sire André, sans vouloir penser à mal, ni à accident, croyez que je m’y connais bien et à vous voir je crains fort que votre mari n’ait pas pu faire l’enfant tout entier mais qu’il reste quelque morceau à fabriquer encore. Sur mon honneur, prenez-y garde ! J’ai vu beaucoup de femmes qui s’en sont mal trouvées, et d’autres plus sages qui ont fait finir leur enfant en l’absence de leur mari, de peur des inconvénients. Sitôt que mon compère sera revenu, faites-le-lui achever.

— Comment faire ? dit la jeune femme, il est parti en Bourgogne et ne sera pas rentré d’un mois au plus tôt…

— Ma mie, dit-il, vous êtes donc mal en point ; votre enfant n’aura qu’une oreille et vous courez même le risque que les suivants n’en aient qu’une aussi, car souvent, lorsqu’il manque quelque chose au premier, les autres souffrent du même problème.

La jeune femme, à ces nouvelles, fut bien marrie.

— Eh mon Dieu, pauvre de moi, dit-elle. Je m’étonne qu’il n’ait pas pensé à tout finir avant de partir.

— Je vous dirai, dit sire André, qu’il y a remède à tout sauf à la mort. Pour l’amour de vous, je serai content de vous l’achever, ce que je ne ferais pas pour tout le monde, car j’ai déjà assez à faire avec les miens ; mais je ne voudrais pas que, faute de secours, il vous arrive tel accident.

Elle, qui le croyait de bonne foi, pensa qu’il lui disait vrai, car il parlait brusquement, comme s’il avait voulu lui faire comprendre qu’il faisait beaucoup pour elle et que c’était pour lui une corvée.

Conclusion : elle se fit achever cet enfant, ce dont sire André s’acquitta aimablement, et non pas cette fois-là seulement, mais il y retourna assez souvent. Un jour, la jeune femme lui dit :

— Oui, mais si vous lui faites quatre ou cinq oreilles ? Ce sera mauvaise besogne !

— Non, non, répondit sire André, je n’en ferai qu’une. Mais pensez-vous qu’elle soit si vite faite ? Votre mari a mis longtemps à faire ce qui est déjà fait ! Et puis on peut bien faire moins, mais pas plus car quand une chose est achevée, il ne manque plus rien.

Ainsi fut achevée l’oreille.

 

Quand le mari revint, sa femme lui dit la nuit en folâtrant :

— Par ma foi, vous êtes un beau faiseur d’enfant ! Vous m’en aviez fait un qui n’aurait eu qu’une oreille et vous étiez parti sans l’achever.

— Allez, allez, vous êtes folle ! Les enfants se font-ils sans oreilles ?

— Oui, oui, cela arrive, dit-elle. Demandez à sire André : il m’a dit qu’il y en avait plus de vingt qui n’en avaient qu’une par faute de les avoir achevés, et que c’est la chose la plus malaisée à faire que l’oreille d’un enfant. Et s’il ne me l’avait pas achevée, pensez que j’aurais eu un tel enfant !

Le mari ne fut pas trop content de ces nouvelles.

— Comment cela, achevée ? Qu’est-ce qu’il vous a fait pour l’achever ?

— Me le demandez-vous ? Il a fait tout comme vous me faites.

— Ah ah, dit le mari, est-ce bien vrai ? M’avez-vous fait cela ?

Et Dieu sait comment il put dormir ensuite ! Lui qui était fort coléreux, en pensant à la finition de cette oreille, rêva de donner cent coups de dague ou plus au finisseur et la nuit lui sembla durer mille ans, à attendre sa vengeance.

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