Dis-moi des choses... suivi de Un mari parfait et Une séparation

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Dis-moi des choses...

Quand l'amour se dit autant qu'il se fait.



Un mari parfait

Comment faire de votre mari idéal, un amant parfait ?



Une séparation

Pas question de se séparer avant d'avoir tout essayé.





Publié le : jeudi 24 mai 2012
Lecture(s) : 49
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782823800647
Nombre de pages : 9
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couverture
Galatée de Chaussy

Dis-moi des choses…

suivi de

Un mari parfait

et

Une séparation

12-21

Dis-moi des choses…

« J’aimerais que tu me dises les mots bleus, murmura-t-elle dans le secret de leur lit. – Ceux qu’on dit avec les yeux ? – Non. Ceux que l’on dit vraiment. » Mais il ne savait pas de quoi elle parlait.

Son meilleur ami était en analyse. « Les mots bleus ? lui demanda-t-il. Dans la version Christophe ou Bashung ? – Aucune idée ! – Il faut que tu saches un truc : aux États-Unis, les films pornographiques s’appellent des Blue Movies. – Tu penses que… ? – Je ne pense rien. Je fais juste le lien. »

Seul, chez lui, il s’exerça donc aux mots bleus. Mais avec quelle peine ! Il n’osait rien. « Ta chatte », susurrait-il. « Ton minou. » « Ta foufounette. » C’était ridicule. Il en convenait. « Mon amour, j’ai envie d’embrasser ta minette. » Ça ne collait pas.

La nuit, ils firent l’amour. Mais il ne prononça aucun mot. Bleu ou pas. Elle ne voulut pas qu’il jouisse comme il aimait, entre ses seins.

Alors il écrivit les phrases sur un cahier à spirales. « D’abord, je voudrais avec ma langue… » Mais c’était du plagiat. Une reprise de Gainsbourg. La feuille demeurait blanche. Il fit un dessin pornographique : un sexe dressé pénétrant des cuisses écartées. Il se serait cru en cinquième. Il jeta la feuille.

« Sois pas toujours à dire ce que tu vas faire, lui conseilla son ami. Dis-lui plutôt ce que tu aimes. Commente ce que tu fais. » De la paraphrase, donc.

Le soir, comme il se tenait face aux cuisses ouvertes de son amie (elle tenait un livre et ne faisait pas du tout attention à lui), il regardait, à travers le coton de sa culotte blanche, le dessin de sa raie. « J’adore ton sexe », dit-il. Étonnée, elle abaissa son livre pour le regarder en souriant. « Ah oui ? Qu’est-ce que tu aimes chez lui ? » Angoisse ! Il ne s’était pas préparé à la suite. Pourtant, il savait ce qui lui plaisait tant (objectivement, elle avait le plus beau sexe de la terre. Mignon, délicieusement dessiné, une mignardise du XVIIIe siècle avec un clitoris qui pouvait se gonfler comme un téton). Mais les mots ne dépassaient pas sa gorge. Ils s’y trouvaient coincés. Il bafouilla : « Il est vraiment… Ouahou ! » Elle reprit sa lecture.

Plus tard, comme il se tenait assis au-dessus de ses seins, en veillant, car il était délicat, à ne pas l’écraser, il regardait son sexe passer de ses lèvres à ses seins. « J’adore te baiser la bouche, dit-il. Voir ma queue toute luisante de ta salive », ce qui la laissa sans voix (mais également parce qu’elle avait la bouche pleine). Il avait dit des mots bleus !

Ensuite, comme elle était sur lui, il lâcha sa taille qu’il maintenait habituellement dans cette position pour mettre les mains sur ses fesses. « Je suis dingue de ton cul, lui dit-il. J’adore le tenir comme ça, le faire bouger contre moi. » (Objectivement, elle avait le plus beau cul de la terre qui lui gonflait ses robes comme une crinoline qu’on avait envie de bouffer – le cul, pas la crinoline). Elle jouit. Il s’en étonna. Quelle rapidité ! Mais elle, elle n’en fut pas surprise. Car il avait dit les mots. Les mots, toujours les mots ! Les mots bleus.

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