En quête de…

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En quête de…

Jan-Marc Brières
Suivi de Internet… mon amour
Pulp de 224 000 caractères
Péripéties et passions d'un jeune français envers de riches américains en mal de sensations fortes. Il deviendra un grand dans le monde des affaires…
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Publié le : vendredi 22 février 2013
Lecture(s) : 20
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EAN13 : 9782363075741
Nombre de pages : non-communiqué
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En quête de…

 

 

Jean-Marc Brières

 

 

Suivi de Internet… mon amour

 

 

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Yves assiste à un match exhibition en faveur d'une association caritative, aux côtés de son père. Drôle de séjour aux États Unis ! Faire connaître les productions françaises dans ce pays où tout vit dans l'ignorance des autres états présente quelques difficultés, dont ces matches quasi insupportables sont partie intégrante. Yves bâille généreusement, portant sa main devant sa bouche en penchant la tête : on sait se tenir en public. Il ne comprend strictement rien à ces courses effrénées autour d'un carré d'herbe, à ces envois de balle avec une batte, aux coups de sifflet, aux cris, aux invectives. On appelle ça du base-ball ! (on prononce baise bôle, avec l'accent gaulois).

Enfin, la corvée s'achève. Les vainqueurs viennent recevoir leur récompense constituée par un confortable chèque qu'ils reverseront à ladite association caritative. Yves serre des mains, sans trop voir de qui il s'agit, impressionné par les odeurs de sueur, la force qui se dégage des joueurs amateurs. Sa société, enfin celle de son père, est le principal et seul sponsor de la manifestation, publicité oblige. Le jeune homme, un peu excédé, se désintéresse de tous ces gens. Cependant il abandonne cette attitude en entendant parler le masseur de l'équipe, un jeune prometteur selon diverses opinions émanant des professionnels du cru. Et là, c'est le flash, éblouissant. Une sorte de bulle invisible se crée autour d'eux, les séparant du reste du monde. Immédiatement, les deux hommes s'isolent par la pensée. Leurs regards intenses se croisent, se nouent, les liant l'un à l'autre. Quelques secondes suffisent. Ils s'adressent un message d'amour muet, pendant que les mains restent collées. Yves sait qu'il vient de rencontrer l'homme de sa vie. Matt décide de tout entreprendre afin de conserver auprès de lui ce jeunot à l'aspect plus qu'alléchant. Passée l'extase de ce premier contact, chacun en revient à la réalité. L'un continue la série des officiels, l'autre celle des congratulations aux membres de l'équipe victorieuse sans négliger les paroles de consolation aux perdants. Tout en débitant machinalement les phrases de circonstance, Yves se demande comment retrouver le kiné de ses rêves, en tête-à-tête si possible.

Un ultime coup d'hymnes, les dernières poignées de mains, quelques félicitations et remerciements, et tout le monde se sépare, regagnant sa vie courante. Yves s'affole en voyant s'éloigner l'objet de ses désirs. Toutefois, il note que celui-ci se retourne, jetant un regard dans sa direction, comme pour lui dire qu'ils s'aimeront toute la vie.

La bonne étoile des amoureux secourt ceux-ci dès que de besoin. Certes, pour Yves, la chose se déroule plutôt mal : il se foule une cheville en descendant les marches de la tribune d'honneur, trop préoccupé à conserver l'image merveilleuse, fabuleuse, de Matt. Ameuté par le remue-ménage consécutif à l'incident, ce dernier se précipite tout heureux, mais contrit, de constater qui est la victime. Aussitôt il propose d'emmener le blessé dans la salle de massage. Il le soulève, murmure à l'adresse de Yves :

— Léger comme une plume le mignonnet ! Fragile avec ça ! On va le soigner avec amour.

Faisant mine d'installer son fardeau plus commodément, Matt en profite pour glisser sa langue derrière l'oreille d'un Yves aux anges. Il n'en demandait pas tant. Un vrai délice que de se fouler une cheville dans de telles conditions !

Une fois allongé sur la table de massage, passée une brève discussion entre le blessé et son patron de papa, le premier se retrouve seul en face du masseur qui, sans perdre de temps, s'affaire aux préparatifs. Il bougonne avec un grand sourire :

— D'abord, on rétablit la bête. Ensuite, on la console de ses gros malheurs. Ça te va ?

Yves ne répond pas, paralysé par il ne sait trop quoi. Ses regards caressent les bras puissants, les mains larges. Sa bouche sèche n'émet aucun son, car nul mot ne saurait exprimer son ressenti, son émerveillement. Ses bras, collés contre son corps, ne peuvent se soulever tant ils aimeraient avant tout s'enrouler au cou de l'autre. Enfin, après un énorme effort de quelques secondes, paraissant des heures, il parvient à dire :

— Je crois que je vais tomber dans les pommes tellement je suis heureux.

— Hé reste avec moi ! Le bonheur, ça se partage !

Matt administre deux gifles retenues à un Yves béat, puis appose ses lèvres à l'endroit rougeoyant des joues, non sans décider :

— Bon, la cheville !

Les doigts tâtent délicatement l'endroit douloureux. Yves grimace légèrement, mais plus par crainte de souffrir que pour cause de souffrance réelle. Ses yeux fixent la bouche charnue, les lèvres tentatrices. Matt propose :

— On va enlever ce pantalon, il m'enquiquine.

Et de déboutonner le haut de la braguette puis tirer de toutes ses forces de chaque côté, déchirant ainsi le vêtement en deux, sous l'œil amusé d'un Yves bougonnant :

— J'ai plus qu'à me promener en tutu, maintenant.

Son attention se porte vers sa cheville. Une sorte de couteau vient de se planter dans ses chairs. Il hurle. Comme par magie, la douleur s'efface. Matt annonce :

— C'est fait. Maintenant, je vais te passer un truc pour te soulager.

Les doigts s'agitent, caressant la cheville, se hasardant plus haut, au mollet, frôlent le genou. Un peu plus haut encore, le caleçon se soulève pour cause d'érection non contrôlée. Matt ironise :

— Va falloir que je soulage ça aussi !

Il dépose un rapide baiser sur le tissu, juste au sommet de « l'édifice », ajoute en fixant le bas-ventre de son patient :

— On va la contenter, la grosse coquine. Juste un petit massage pour la faire dégorger.

Sitôt terminée l'opération cheville, il passe à celle prévue. Pour la seconde fois, les mains déchirent le tissu, libérant une bite d'une longueur exceptionnelle compte tenu de sa finesse. L'impressionnante main de Matt s'empare du cylindre, lui impose une masturbation compensatrice de bienfaits. Yves se crispe, ses mains serrent la table de chaque côté tandis que son visage annonce la jouissance imminente. Le foutre gicle, asperge la chemise, la table, le bras de Matt qui constate :

— Les urgences, c'est fait. Maintenant, passons aux choses sérieuses.

Anéanti, Yves voudrait dormir là, veillé par son adonis de kiné, la tête posée sur les cuisses. Il arrive à marmonner :

— Je n'en peux plus ! Je suis lessivé ! Cérémonies, banquets, discussions, déplacements à travers le pays, conférences ! Je n'en peux plus ! Et on n'a même pas pu récupérer du décalage horaire ! Et maintenant, le coup de foudre ! C'en est trop pour moi tout seul !

Derechef il s'endort, au grand étonnement d'un Matt plutôt embarrassé par la situation qui ne bouge plus, craignant de réveiller le dormeur. Toutefois, il réagit de la seule manière raisonnable en emmenant le dormeur à son hôtel.

 

***

 

Le géant pénètre dans l'appartement, après avoir frappé. Une secrétaire l'accueille, lui demandant s'il a rendez-vous et avec qui. Matt hausse les épaules, pousse la gentillesse en grommelant :

— Pas besoin de rendez-vous, je viens voir mon blessé.

Offusquée par tant de sans-gêne, la scribouilleuse regimbe, refusant tout accès. Ses cris attirent l'attention d'Yves qui pénètre dans la pièce, ouvre grand ses yeux, sourire épanoui aux lèvres, chantonne presque :

— Laissez, Adeline ! Matt est mon sauveur. À l'occasion, il est également kiné.

Adeline opine, dodeline du chef, comprenant fort bien que ledit kiné ne restera pas très longtemps dans cette seule fonction auprès du sous-patron, comme elle surnomme Yves. Dans le même temps, elle soupire de constater que pareil mâle ne prise guère la gent féminine. Ce Matt est tout à fait son genre d'homme. Dommage, elle devra s'en priver !

Une fois en tête-à-tête, Matt demande :

— Alors, mes manipulations ont-elles fait de l'effet ?

— Celles de la cheville, rien à dire. Je gambade comme un cabri, sous réserve d'un minimum de prudence. Pour ce qui est des autres manipulations, on peut dire qu'elles valaient tous les somnifères du monde. Je suis confus de t'avoir laissé ainsi en plan. Promis, cela ne se renouvellera plus jamais. Et merci de m'avoir ramené ici.

— Alors il y aura beaucoup d'autres séances ?

— Autant que tu voudras.

Comme pour sceller une sorte de pacte, Yves se colle contre Matt. Les lèvres se taquinent, les langues se cherchent avant de sombrer dans un long baiser savoureux. Alors qu'ils reprennent leur respiration, Yves déclare à regret :

— On se voit ce soir. Pour une fois, je suis libre en soirée. Maintenant, j'ai pas mal de rendez-vous et mon père ne va plus tarder.

Tout en parlant, il passe sa main sur la braguette de Matt. Ce geste lui permet d'évaluer l'ampleur de la chose : elle ne diffère en rien du reste de l'imposant personnage. Pourquoi remettre à plus tard ce que l'on peut faire immédiatement ? L'Américain se montre pressant, glissant ses doigts sous la ceinture d'un Yves dont la longue bite commence à s'éveiller. Les bouches ne se détachent pas, les mains palpent de plus en plus vivement. Une voix ramène les amants à plus de sagesse : papa demande à sa secrétaire si Yves est arrivé. Ce dernier a juste le temps de remettre de l'ordre dans sa tenue vestimentaire. Matt, lui, remonte vite fait son pantalon de jogging, rajuste le T-shirt, prend la pose du spécialiste venu visiter son patient. Cependant, il a le temps de proposer :

— Je passe te chercher ici vers 19h.

Jovial, le big boss s'exclame :

— Alors, comment va mon bras droit de fils préféré ?

Et de donner une grande tape dans le dos de l'intéressé qui, ainsi bousculé, va s'avachir contre un Matt solidement campé sur ses deux jambes. Le patron constate :

— Pas encore bien solide sur ses pieds, à ce que je vois.

 

***

 

Yves manifeste son besoin de sortir de cette malbouffe, panacée culinaire des U.S, exception faite de certains endroits luxueux. Matt propose sa cuisine personnelle dans son appartement. Il se dit grand amateur de mets internationaux. En vérité, le dîner simple, délicieux, se déroule rapidement. On avale une bouchée entre deux œillades. Les pieds folâtrent avec les jambes du voisin. Les mains se croisent sous le moindre prétexte profitant de leur proximité pour manifester leur désir de faire plus ample connaissance. De temps à autre, les corps se soulèvent de leur chaise afin de permettre aux têtes de se rejoindre au-dessus de la table et aux bouches de se congratuler dans un baiser fort apprécié. En réalité, on n'a guère le temps de déguster en gastronome. On déguste en amoureux toute la passion que l'on se porte. Aussi, l'ultime bouchée avalée, se jette-t-on sur un immense lit afin d'y exprimer sa joie d'aimer.

Les gestes précipités prouvent l'impatience. On déshabille l'autre maladroitement, bien trop préoccupé aux papouilles autrement plus excitantes. Les doigts s'énervent sur un bouton, pressés d'aller câliner un téton. Les yeux s'impatientent, désireux de contempler au plus tôt le corps à chérir. Les lèvres se savourent dans l'attente de gober très prochainement des queues en effervescence, emprisonnées dans un sous-vêtement bien trop gênant pour l'heure. Enfin, les corps nus se joignent, s'épousent. Les amants se serrent très fort l'un contre l'autre, ne laissant aucun espace entre eux. Les baisers de langoureux deviennent fougueux. On goûte les lèvres, on suce les langues. Yves comprend qu'il sera entièrement possédé par son géant d'amant qui, lui, étend déjà son aile protectrice sur son frêle partenaire. Allongés côte à côte, on prend son temps. Plus rien ne presse. Les yeux assouvissent leur besoin d'admirer. Les doigts papillonnent de-ci, de-là, sur les peaux en alerte. Les lèvres s'entrouvrent laissant passer les langues fureteuses. Les bites dressées frétillent en espérant un assouvissement complet.

Yves se fond contre Matt qui l'enveloppe de son corps. Ils roulent sur le lit tandis que les lèvres se soudent à nouveau. Le premier sent son pénis écrasé sous l'énorme braquemart du second. Il se détache, attarde ses regards sur la chose dont la grosseur lui semble égale à ce qu'il avait imaginé. Par contre, les couilles paraissent petites, bien que d'une nature relativement importante. Sa main soupèse les bourses puis longe la hampe pour englober le gland sur lequel un doigt étale le liquide précurseur. Yves murmure :

— Qu'on est bien ! Je voudrais tant rester toute ma vie comme ça !

Matt le prend par la taille, l'oblige à s'allonger sur le dos, se couche sur lui, rétorque :

— Comme ça, je te protège. Personne ne te fera jamais de mal.

Ses grandes mains parcourent le corps presque menu comparativement au sien. Il bouge son bassin afin que les bites se frottent l'une contre l'autre. On se laisse prendre au jeu amenant l'éjaculation entre les ventres. On s'endort après une salve de baisers.

Dans la nuit, Yves se réveille, collé contre son amant. L'odeur du sperme envahit ses narines lui rappelant ses désirs charnels. Il plonge la tête sous les draps, fourre la bite de Matt dans sa bouche et lui administre une fellation magistrale. Certes, il ne peut tout avaler. Cependant il ne rechigne pas devant les efforts pour en engloutir un maximum. Le sucé gémit, pose une main sur la tête du suceur qui s'active encore plus. Le foutre envahit son visage, noie sa bouche. Il se frotte contre la cuisse, testant de la sorte le soyeux du système pileux d'un Matt essoufflé qui s'empresse de renverser les positions. Avec une force douce, il soulève Yves, le place en position adéquate, entame une pipe haut de gamme.

Las ! Un bruit de clé dans une serrure distrait les amants dans leurs activités. Laissant là les plaisirs de la chair, Matt se lève d'un bond, sort à poil de la chambre, ferme la porte. Un peu déconfit par cette interruption, inquiet de ce qu'il soupçonne, Yves se tient aux aguets et n'hésite pas à se lever à son tour afin de se placer contre la porte pour mieux entendre. La discussion s'avère de courte durée :

— Désolé, j'ai quelqu'un. Je t'avais dit de ne plus venir sans prévenir. Rends-moi mes clés !

— Pourquoi tu fais ça, Matt ? Je t'aime !

— C'est fini et bien fini. On en a parlé plusieurs fois, je ne vais pas m'éterniser là-dessus. Pour moi, tu es le passé. L'avenir, il est dans mon lit et m'attend. Alors, décampe.

Des bruits de pas montrent que Matt raccompagne manu militari son visiteur. La porte d'entrée claque un peu fort. Un trousseau de clés est jeté sur une table. Yves regagne le lit. Enfin, Matt réapparaît, grognon :

— J'espère qu'il aura compris cette fois.

Yves ne pose aucune question, se contentant de se blottir contre lui. Très vite, les queues se redressent. Matt s'inquiète :

— Pas trop ennuyé, j'espère ? Reprenons notre conversation où ce crétin l'a interrompue.

De nouveau, les lèvres enserrent la longue bite qu'elles malaxent suavement jusqu'à éjaculation. Matt se barbouille le visage avec la semence avant de présenter ses lèvres pour un baiser. On se rendort.

La grosse queue déploie son volume. Elle frôle le petit anus offert. Matt s'oblige à beaucoup de douceur. Il sait pouvoir enculer Yves qui ne demande que ça, mais veut lui procurer tout le plaisir d'une bite comme la sienne. Le trou s'ouvre à l'invitation, distillant son lubrifiant naturel. Le cylindre encapuchonné s'introduit dans l'orifice, par à-coups, jusqu'à totale intromission. Les couilles de l'enculeur heurtent les fesses de l'enculé. Le bassin du premier entame un mouvement d'avant en arrière, permettant à la queue d'entrer et de sortir. L'action prend de la vitesse. Le foutre gicle contre le latex. Les vibrations anales chatouillent la prostate en délire. Yves hurle son bonheur tandis qu'une main s'emploie à le faire jouir.

Poisseux, les amants retombent dans les bras de Morphée.

À 6h, le réveil rappelle les amants aux dures réalités de la vie laborieuse. Cette première nuit idyllique en laisse augurer beaucoup d'autres.

 

***

 

Paresseusement allongés sur le sofa, les deux jeunes gens s'ennuient ferme. Ils soupirent bruyamment, se jetant des regards de chiens battus. Que faire d'original quand on possède tout, quand il suffit de claquer des doigts pour obtenir ce que l'on désire ? À 22 ans ils se lassent vite. Ils errent, s'estimant malheureux. La mère de Franco, excédée de les voir gémir contre tout et n'importe quoi, suggère :

— Et si vous alliez vivre un peu comme des clochards ? Peut-être que cela vous ferait connaître certaines réalités loin de vos petites têtes et vous procurerait quelques sensations fortes dont vous rêvez tant.

Quelle idée ! Vivre en clochard ! N'importe quoi ! Stephan, une fois seul avec Franco, propose :

— Si on se baladait un peu dans les quartiers chauds, voir la racaille. Juste histoire de s'en faire un ou deux. Ça nous dégourdirait les jambes.

— On peut toujours, ça passera le temps.

Les deux compères se lèvent, guère enthousiastes quant à leur prochaine virée. Mais faut bien se bouger un peu !

Mains dans les poches, casquettes avec visière sur la nuque, d'un œil froid ils contemplent la misère. Rien, ici, ne les intéresse. Depuis longtemps, ils n'éprouvent plus aucun frisson à se mêler à la « populace ». Au demeurant, rien d'intéressant à provoquer. Les rues quasiment désertes n'offrent pas de cheptel. Ils se rendent chez Franco, dans l'immense villa que viennent de lui faire construire ses parents.

Franco et Stephan dépareillent dans la gentry. Deux milliardaires (merci papa, merci maman) dont l'un est noir l'autre de type hispanique ! On les boude officiellement. On se les arrache en privé. Car ils présentent beau les garnements. Et, de surcroît, bien montés, ce qui ne gâche rien auprès d'une certaine gent féminine toujours prête à consoler des solitaires argentés, en espérant qu'ils déboutonneront autre chose que leur braguette, à savoir leur porte-monnaie pour leur offrir un solitaire d'une nature purement minérale celle-là.

Mais ici ne réside pas la cause de leurs différences avec ceux de leur classe sociale. Ce sont deux friqués qui glandent à longueur de journée, castagnent pour passer le temps. Pas question de s'occuper un tant soit peu de leur fortune, elle travaille toute seule comme une esclave aux ordres. Ils ne s'inquiètent pas de savoir si les intérêts augmentent, si les jetons de présence restent juteux, si les actions trônent toujours au firmament des bonnes affaires. Ils dépensent, travail jusqu'alors épuisant. Mais cette occupation ne les attire plus : trop facile. Alors ils déambulent, bayent aux corneilles, s'étirent entre deux sommes, maudissent leur triste sort. Malgré leur jeune âge, rien ne les amuse plus. Les filles s'agglutinent à eux comme les grains sur une grappe de raisin. Un signe suffit à les faire se pâmer. Plus rien à conquérir, on leur sert tout sur un plateau. Un battement de cil, et voilà leurs desiderata comblés. Lassant à la fin ! Oui vraiment lassant ! Alors ils s'adonnent à la chasse aux malingres, aux pédés, aux pas comme eux.

Stephan se sent poisseux. La chaleur étouffante de cet été n'arrange pas ses humeurs. Il maugrée :

— Ça te dit un plongeon ?

— D’accord, mais dans la piscine.

Franco daigne lever son grand corps. Ses allures de yakuza impressionnent un Stephan appréciant le côté marginal de la vie ou ce qu'il nomme de la sorte.

Les deux garçons, habillés, se glissent frileusement dans l'immense piscine. Ils se dévêtent dans l'eau, juste histoire de pimenter le bain. Quelques longueurs suffisent à les fatiguer. Nus, ils gagnent la salle de bain, se douchent l'un après l'autre, s'essuient, se rhabillent avec des vêtements neufs. Dans la piscine, les autres flottent en attendant que le personnel procède au repêchage puis au nettoyage.

La soirée chez les F… s'annonce des plus ennuyeuses. Les sempiternelles mêmes têtes, les mortelles mêmes conversations (fric, mode en tous domaines), rebutent nos tristes compères. Toutefois ils présentent bonne figure, politesse oblige.

Une fois les salamalecs terminés, la nature humaine reprendra ses droits et chacun participera à quelque orgie concoctée par les hôtes.

Or, ce soir, on change un peu les habitudes. Les dames d'un côté, les hommes de l'autre. On annonce que les spectacles débutent. Le maître de maison prie ses invités de passer dans les salons appropriés. Par une distraction résultant du peu d'attrait éprouvé pour ces divertissements, Franco et Stephan se trompent d'endroit. Ils débarquent dans la salle réservée aux dames. Retourner sur leurs pas devient impossible, la porte étant fermée et l'ouvrir afin de sortir serait inconvenant et risquerait déranger ces dames dans leur contemplation. Les deux intrus décident donc de rester debout, tout au fond, dans le noir, en attendant une pause qui leur permettra de s'esquiver discrètement. Tout au moins l'espèrent-ils. D'ici là, ils ne peuvent que regarder l'évolution des acteurs sur la scène improvisée. Le tableau se présente sous une facture très spéciale. Deux magnifiques spécimens du genre masculin se rencontrent fortuitement dans un bar. On ne s'éternise pas en mièvrerie, et c'est tant mieux ! Dévoiler leurs appâts urge grandement. Ce serait vraiment dommage de les cacher plus longtemps. Les corps, similaires au point qu'ils pourraient être ceux de jumeaux, se passent de tout commentaire. Les décrire reviendrait à formuler un vrai mensonge tant leur beauté est indescriptible. On regrette seulement que les visages soient cachés par un loup de velours cramoisi. Les cheveux, châtains pour l'un et blond pour l'autre, tombent dans le cou avec grâce. Les poitrines se rapprochent, se touchent. Les jambes s'entrelacent. Les bras s'enlacent. Les têtes se posent sur l'épaule de l'autre, frôlent l'oreille de l'autre. Les bouches s'avancent, ouvertes, s'offrant aux baisers de feu. Elles dévient de leur trajectoire initiale quand les corps s'éloignent. Les croupes ondulent. On devine les pénis proéminents sous des slips fort bien faits. Les chairs grossissent, se développent, montrant un volume explicite à travers la toile. Ici, on ne bande pas, on s'émeut, comme le déclare une spectatrice dans un soupir quasi orgasmique. Deux ou trois spasmes, ponctués par une tâche humide s'étalant au bon endroit, forment l'apothéose du numéro. Les acteurs n'ont, à aucun moment, touché leurs parties génitales ou celles de leur compère.

On applaudit fort, très fort. Franco et Stephan en profitent pour quitter le salon. Du même coup, ils s'esquivent de la réception.

— Tu viens à la maison, Franco ?

— Non, je rentre chez moi, je préfère.

— Alors à demain.

Les deux amis se serrent la main. Leurs voitures arrivent devant le perron.

Durant le trajet du retour, Franco ne cesse de revoir mentalement les deux garçons s'exciter sur scène. Ces images l'obsèdent. Il tente de les chasser, sans résultat probant. De son côté, Stephan se demande comment...

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