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Endless Love Episode 5

De
29 pages

Karina est serveuse dans un bar de New York. Elle tombe sous le charme de James, un client mystérieux et dominateur.
Ce qui commence comme un jeu érotique évolue bientôt en un jeu de pouvoir où James révèle le côté sauvage de Karina et brouille la ligne entre le plaisir et la souffrance.
Et c'est Karina qui réclame toujours plus, dépassant ses propres limites, pour prouver la force de son amour à l'homme à qui elle s'offre.



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8

Possession et caresses


J’ai fait quelques pas à l’intérieur de la pièce. Un homme d’un certain âge, fort bien mis, s’est levé de table pour me serrer la main.

– Heureux de faire votre connaissance.

Il ressemblait un peu à un maître d’hôtel transfuge d’une série de la BBC.

– Moi de même, lui ai-je répondu avant de me tourner vers l’homme qui aimait tant me surprendre. Je ne vous interromps pas, j’espère ?

– Asseyez-vous, je vous en prie, joignez-vous à nous pour finir cette bouteille, a-t-il répondu en me guidant vers une chaise dans la lumière douce qui nimbait sa silhouette. (Je me suis alors aperçu que la chambre était, en réalité, une suite avec salon et chambre à coucher.) Je crois que Monsieur Martingale et vous avez des centres d’intérêt en commun.

Sur la table dressée pour deux, il y avait des reliefs de fruits et de fromages. Je me suis demandé si le vin faisait partie d’une corbeille de bienvenue. Une sculpture en cristal, aux courbes sinueuses, très chic et sûrement hors de prix, trônait au centre de la table.

– Est-ce que la Tate n’est pas sur le point de présenter une exposition majeure sur les préraphaélites ? lui ai-je lancé en m’asseyant. Je connaissais parfaitement la réponse, mais il m’est apparu très « britannique » d’engager la conversation par une question.

– Oui, en effet, nous exposerons pas moins de cent cinquante tableaux, une réalisation majeure, a répondu Martingale.

Ce qui l’a tout naturellement amené à m’expliquer combien il avait été difficile de rassembler ces œuvres. Puis nous avons dérivé sur les relations entre peintres et poètes préraphaélites, un sujet que je ne connaissais pas très bien. Les préraphaélites en tant que punks artistiques, c’était la thèse que j’avais développée dans mon mémoire. Ils ne prenaient pas de gant et choquaient terriblement la société victorienne, tellement distinguée. James a versé la dernière goutte de vin à Martindale.

– N’oublions pas qu’il était difficile d’exprimer le moindre intérêt pour la sexualité en ce temps-là.

Quand il a prononcé le mot sexualité, son pied a effleuré ma cheville. Il n’a pas mis le vibromasseur en marche, mais je sentais sa pression sur ma peau comme si c’était sa main qui me caressait. Martindale a reniflé :

– Aujourd’hui, on s’imagine que les Victoriens ne faisaient pas l’amour. En réalité, ils ont produit plus de pornographie par adulte lettré que n’importe quelle autre civilisation depuis l’invention de l’imprimerie. La différence avec nous, c’est qu’ils avaient bien plus de raisons de le cacher.

– Tout à fait d’accord, a acquiescé James. Ce qui était compliqué, c’était d’en parler, pas de le faire. On pouvait faire beaucoup de choses tant que cela restait secret. En revanche, avec l’art, il s’agit de rendre les idées visibles.

– Aujourd’hui, nous admirons ces tableaux comme de belles images. Mais je suis entièrement d’accord avec vous, Karina. Le public de cette époque devait être choqué. Scandalisé.

– Que pensez-vous du Roi Cophetua et la servante mendiante ? ai-je demandé.

– Oh ! c’est quasiment pornographique, vous ne pensez pas ?

– Vraiment, Reg ?

James a terminé son verre en rejetant sa tête et son long cou si lisse en arrière.

– Ça se discute, mais je pense que si Burne-Jones a habillé la servante comme il l’a fait, ce n’est pas pour préserver une pudeur toute victorienne. Il lui a fait porter ce qui ressemble à de la lingerie. S’il l’avait peinte nue, on aurait pu penser qu’il faisait référence aux nus de la Renaissance. Bien au contraire, il la représente à moitié nue, selon les critères victoriens. Pas vraiment en bas et porte-jarretelles, mais c’est quand même très suggestif.

– D’autant que tous les autres personnages du tableau sont entièrement habillés, ai-je ajouté. Alors qu’elle est censée être portée aux nues par le roi, deux personnages font des messes basses, comme si la scène qui se déroulait devant eux était scandaleuse.

– C’est exactement ça. Quand ils sont représentés seuls tous les deux, comme dans la version de Leighton, l’interprétation devient très différente, a poursuivi Martindale.

– Je ne l’ai vu qu’une fois, s’est écrié mon homme mystérieux, je ne m’en souviens pas très bien.

– Eh bien, venez l’admirer à nouveau ! lui a répondu Martindale en se levant.

Nous avons fait de même et il m’a serré la main.

– Mademoiselle Casper, j’aimerais beaucoup lire votre mémoire. (Il a sorti une carte de son attaché-case et me l’a tendue.) Voici ma carte. Envoyez-le moi par mail.

– Je le ferai sans faute.

J’étais flattée qu’il s’intéresse à mon travail au point de me confier sa carte. Est-ce qu’il y avait des galeries de la Tate ailleurs qu’en Angleterre ? Je me le demandais. Non pas que j’aie le moindre espoir d’y décrocher un poste, mais Monsieur Martindale pouvait être quelqu’un d’utile à connaître. Je me suis également demandé si James avait planifié notre rencontre. Les deux hommes se sont serrés dans les bras l’un de l’autre et il est sorti. James s’est appuyé sur la porte en soupirant :

– J’ai cru qu’il ne partirait jamais !

– Mais c’est pourtant vous qui l’avez invité ? ai-je demandé, debout à côté de ma chaise.

Comment savoir si son rendez-vous ne m’était pas, en partie, destiné ?

– Oui, je voulais vous offrir la possibilité de le rencontrer, mais bon Dieu, à l’instant où vous avez franchi cette porte, je n’ai plus souhaité qu’une seule chose, être seul avec vous. (Il m’a regardée par en dessous.) Vous deviez être encore plus impatiente que moi, non ?

– À vrai dire, je suis assez… excitée.

Il a répété le mot « assez » tout doucement en s’approchant de moi et en glissant le doigt le long de mon décolleté. Son accent était plus prononcé que d’habitude. Est-ce que c’était Martindale qui déteignait sur lui, ou bien est-ce qu’il se donnait un genre, pour rire ?

– Je trouve que le verre est un matériau vraiment exquis.

– Magnifique, lisse et impitoyable, ai-je répondu.

Cette description aurait aussi bien pu s’adresser à lui, vu ce que m’avait raconté Stéphane. Il a haussé le sourcil comme pour m’inviter à en dire plus. Mais je suis restée silencieuse, le cœur battant. Il était tout proche de moi, suffisamment proche pour que je puisse sentir la chaleur de son corps. Il était plus grand que dans mon souvenir. Avions-nous déjà été debout, face à face ainsi ? Une seule fois. La nuit où nous nous étions rencontrés dans le bar. Il a posé sa main sur ma hanche. De l’autre, il m’a soulevé le menton.

– Cela vous dérangerait beaucoup si je vous embrassais ?

Ça m’a presque fait rire. Après tout ce qu’il m’avait fait, qu’il me demande la permission de m’embrasser, c’était franchement comique !

– Je vous en prie.

Il a posé lentement ses lèvres entrouvertes sur les miennes, comme s’il les explorait, dans l’attente d’une réponse. J’ai eu un instant le souffle coupé quand il s’est mis à mordiller mes lèvres, sa langue pointant pour humecter un peu la voie en cherchant la mienne. Sa main a glissé de mon menton à mes cheveux, il m’a forcée à me pencher en arrière et à offrir ma bouche à une exploration plus poussée. Sa langue taquinait la mienne et l’invitait à lui répondre. Peu à peu, mon corps tout entier m’a paru se fondre avec le sien. Il m’a poussé encore un peu plus en arrière. Maintenant, sa langue fourrageait et découvrait l’intérieur de ma bouche sans aucune retenue. Je n’avais jamais été dévorée comme ça. Quand il m’a enfin lâchée, j’étais à bout de souffle, plus mouillée encore qu’en arrivant.

– À quelle heure devez-vous passer votre coup de fil ?

– Quel coup de fil ?

– Prévenez votre colocataire que vous lui donnerez signe de vie à 8h30, a-t-il poursuivi, le nez plongé dans mes cheveux, parce que maintenant, vous êtes sur le point de vous faire attacher par un homme étrange.

Ces mots m’ont fait frissonner. Je lui ai répondu d’une voix rauque :

– Ooo… ok. Je vais juste lui envoyer un SMS, d’accord ?

– D’accord, rejoignez-moi dans la chambre, nue, quand vous aurez terminé et apportez l’autre objet que Mandinka vous a donné.

Puis il s’est éclipsé derrière la porte à double battant de la chambre à coucher. J’ai entendu de la musique. Du violon. J’avais les mains qui tremblaient tellement que j’ai eu toutes les peines du monde à envoyer mon SMS. C’était de l’excitation, pas de la peur, même si le résultat était le même. Je respirais très vite, mes jambes tremblaient un peu.

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