Étreintes au féminin - roman lesbien

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Étreintes au féminin

Laura Syrenka
Trois histoires d'amour lesbien :
Mon amour en Agartha, récit de science fiction. En Terre Creuse où deux femmes luttent pour avoir le droit de s'aimer comme elles le désirent.
Hermaphrodite. Même s'il est parfois difficile de s'accepter comme on est, l'espoir revient lorsqu'on rencontre la femme de sa vie.
Luce. Cette femme n'est peut-être pas celle qu'elle paraît être !

Trois parcours, trois destins, mais toujours l'amour, car sans amour, la vie n'est qu'une succession de jours sans désir.

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Publié le : vendredi 13 juin 2014
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EAN13 : 9782363079763
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Étreintes au féminin

 

 

Trois nouvelles à déguster...

 

 

Laura Syrenka

 

 

 

 

À ma douce et merveilleuse Deborah,

Astre de mes nuits

et Lumineuse présence de mes jours,

Ma tendre Muse.

Je t’aime.

 

 

 

 

 

 

Mon Amour en Agartha

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Il fait bon vivre en Agartha. La température est de 24°, le jour constant est tamisé par notre beau soleil brumeux. Nous vivons sous le bienveillant regard de notre Créateur, le Grand Principe et nous sommes heureux. Mon épouse est à mes côtés, elle veille sur moi tout comme je veille sur elle. Nous sommes toutes deux femelles.

Nous, Filles et Fils du Grand Principe avons le droit de choisir librement notre partenaire éternelle quelque soit son sexe. Mon affinité se développe particulièrement avec les Créées et PCHT est mon épouse bien-aimée. Je m’appelle X51.

Ma longévité actuelle est de 117 Shambalas sacrés. PCHT n’en a que 95. J’aime les jeunes Créées. La majorité étant à 80, nous avons donc pu nous marier sans demander de licence au Grand Conseil des Sages. J’aime PCHT, elle est aussi belle et douce que j’ai le visage anguleux et volontaire. Elle est ma Yoni.

Nous exprimons notre amour par l’Union de Lumière. C’est une expérience inouïe et je chéris ce puissant souvenir. L’union de lumière n’a lieu qu’une fois par Shambala sacré, c'est-à-dire tous les 100 shambalas ordinaires.

Notre peau est pâle, presque luminescente. Nos voisins sont des Thorkiens. Ils habitent à Nivis à quelques encâbles de chez nous. Ils sont plus grands que nous. Leur peau est marron et porteuse d’écailles. Ils sont très courtois et leurs manières civilisées font d’eux de très agréables voisins. Ils sont issus de la planète Gulgal qui implosa il y a deux milliers lumière.

Les pauvres Thorkiens mirent plusieurs shambalas sacrés à s’habituer à la vie intra-terrestre. Il est vrai que Gulgal avait une température interne de - 40 ° ! La différence est importante. Les premiers shambalas, nos voisins Thorkiens muaient en permanence. C’était assez dégoûtant de les voir traîner leurs peaux mortes derrière eux. Mais maintenant, leur système de régulation a été révisé par le Grand Principe et tout va bien.

Notre petit chez nous se situe au bord de la mer de tranquillité à Delfis Niga. PCHT et moi, nous avons choisi un joli cristal à deux étages donnant sur la mer. Depuis notre terrasse, j’aime regarder l’horizon orangé.

Nous avons le droit et même le devoir d’être curieux et de nous cultiver sans cesse, le Grand Principe y tient. La plupart d’entre nous affectionne l’étude de la Géométrie, les Arts, la Divination, l’Esotérisme, l’Agriculture, la Construction, la Chimie moléculaire, la Physique quantique. Toutes ces sciences nous apportent de grandes joies intellectuelles ! Personnellement, j’ai un petit faible pour les sciences mortes et oubliées ! Je suis un peu à part dans mon cheminement de lumière ! En effet, je me passionne pour tout ce qui a trait aux civilisations des anciens humains qui vivaient au-dessus de la croûte terrestre.

PCHT trouve cette passion déplacée. Elle ne me comprend pas, mais je ne lui en tiens pas rigueur. Je l’aime telle qu’elle est.

Mes recherches ne sont pas aisées, car l’ancienne civilisation des humains a disparu dans le grand cataclysme nucléaire qui a sonné le glas du Nouvel Ordre de Prime. Cette organisation despotique avait résolu de tenir l’équilibre planétaire sous une domination de fer. Tous les humains étaient enregistrés, classés, triés par compétence et seuls ceux qui se pliaient aux injonctions du Nouvel Ordre avaient le droit de travailler, de se nourrir et de mourir. La reproduction de l’espèce était strictement réglementée et les parias qui refusaient le Nouvel Ordre de Prime devaient se cacher pour procréer, voler pour survivre et se tuer pour mourir.

Je n’étais pas née à cette époque. Mon manuel de vie extra-terrestre me l’expliquait lorsque j’étais petite. Un jour, il y avait eu une guerre terrible entre le Nouvel Ordre et les parias humains. Je crois qu’ils avaient réussi à s’armer contre Prime, mais que leur lutte n’aboutit jamais à une solution heureuse. Le nouvel Ordre écrasa la révolte et utilisa la destruction pour y parvenir.

Une fois les parias exterminés, le Nouvel Ordre de Prime pouvait régner en toute liberté, mais la destruction nucléaire avait pollué l’air, l’eau, la terre et tout le vivant fut frappé de maladies mortelles. Pour échapper à ce carnage écologique, le Nouvel Ordre fit partir quelques volontaires et ses dirigeants vers la planète Nibiru2 et nous n’avons plus eu de nouvelles de ces colons.

Tout cela se passa il y a 2000 shambalas et notre Grand Principe nous préserva du chaos extérieur. Lorsque tout fut terminé, une expédition de sauvetage partit de Télos pour rejoindre l’extérieur. Mais nos explorateurs ne trouvèrent plus aucun humain vivant. Partout, l’air vicié avait fait des ravages, aucune forme de vie n’avait résisté. Ils ramenèrent quelques archives à la grande bibliothèque de Télos et le Grand Conseil les a diffusées en libre consultation pour que nous puissions juger de l’avancée technologique de l’humanité avant sa destruction.

Plusieurs planètes sont d’ailleurs en train de disparaître, les réfugiés arrivent de plus en plus nombreux en Argatha. Le temps des grandes migrations est arrivé. Notre Grand Principe l’avait prophétisé, et nous accueillons les nouveaux venus avec sollicitude et attention. Je me délecte de leurs récits, chaque civilisation apporte ses technologies, mais aussi son histoire, son héritage culturel et notre Agharta s’enrichit de tous ces nouveaux savoirs.

Mais ce qui me fascine le plus, c’est l’histoire et la littérature des humains. On dirait qu’avec très peu d’éléments, ils arrivaient à composer des merveilles. Leur alphabet semblait bien pauvre en comparaison de toutes les langues qu’ils parlaient. Nous, nous parlons le Senzar ancien et moderne. Une seule femme parmi les humains avait réussi à le décrypter, elle s’appelait Hélène Blavatzky ! C’est incroyable, n’est-ce pas ? Personne ne le lui avait inculqué pourtant. Le Senzar est un langage universel télépathique. Je ne connais personne capable de l’apprendre sans dizaines d’années de pratique !

Pour lire les archives humaines, je dispose d’un traducteur automatique en Senzar. C’est un peu compliqué à mettre en route, car il faut au préalable deviner à quelle langue humaine on a affaire pour déclencher le programme, mais dans l’ensemble, c’est très pratique. Certaines actions humaines n’ont pourtant pas d’équivalent en Senzar, je dois alors faire preuve d’imagination pour me les représenter. Je bute par exemple sur le concept primitif de faire l’amour. C’est idiot de buter ainsi, car la littérature humaine ne cesse d’en parler. Je pense qu’il s’agit de l’affection. Mais je voudrais en savoir davantage à ce sujet.

PCHT arrive dans notre salle de bien-être. Elle me tend un verre de jus de corossol et s’assoit à côté de moi.

— Merci « ma chérie », dis-je en prenant le verre.

— Je ne comprendrai jamais pourquoi tu t’entêtes à utiliser des mots humains. Tu ne sais même pas ce que cela veut dire.

— C’est juste, mais je trouve cela vraiment très joli. Ces mots sortent de l’ordinaire, et comme tu es spéciale pour moi.

— Ah, voilà ce que j’aime entendre ! Veux-tu que je te « fasse l’amour » ?

— Volontiers, ma douce, j’adorerais !

PCHT se lève avec autant de grâce qu’elle s’était assise précédemment. Elle va chercher un gant de soie et l’enfile avec volupté. Je la dévore des yeux. Puis elle me tend mon gant. Elle s’approche à vingt centimètres de moi et me touche le majeur avec son majeur. Nous fermons les yeux de plaisir. En Agartha, nous nous montrons notre affection mutuelle ainsi. C’est hygiénique et parfaitement pur. Je ne m’en lasse pas ! J’ai introduit une nouvelle pratique : en même temps, nous nous regardons intensément. Je sais, c’est très osé, mais j’aime faire vivre à ma partenaire des sensations extrêmes ! Je suis comme ça !

— Quand voudras-tu que nous programmions notre procréation ? me demande PCHT.

— Je ne sais pas, quand tu veux, en fait. Tu sais bien que je te laisse libre de décider de notre emploi du temps.

— Très bien, alors nous irons au laboratoire dans deux jours. J’ai hâte de porter ton ovule fécondé !

— Moi aussi ! Crois-tu que nous sentirons la vie en nous dès le début ?

— Je n’en sais rien, mais ma mère m’a dit que lorsqu’elle a reçu mon implant, elle sentait mon cœur battre dès le début ! Je suis toute excitée, rien qu’à l’idée !

— Comment crois-tu que les humains faisaient avant le Nouvel Ordre de Prime ?

— Je n’en sais rien.

— J’ai trouvé des images, ce sont des statues sculptées sur des Temples en Inde, regarde comme c’est curieux. Je n’arrive pas à les décrypter.

— L’Inde était sur la terre ?

— Oui. À ton avis, on regarde les images dans quel sens ?

Je propose à PCHT de se lever de reproduire avec moi l’image que nous sommes en train de projeter sur le mur. C’est assez acrobatique, mais je n’en vois pas la finalité. De plus, nous ne pouvons pas nous toucher, ce qui rend l’exercice encore plus délicat !

— Arrête, arrête, je n’y arrive pas ! s’impatiente PCHT.

— Tant pis, merci d’avoir essayé.

— J’apporte notre dîner.

— Merci !

Pendant que PCHT s’affaire dans la salle des produits alimentaires, je tente de percer la signification de ces couples prenant des poses compliquées. Les statues ont le sourire aux lèvres, est-ce ce que les anciens humains appelaient le bonheur ? Curieux, ce mélange des corps qui rend heureux !

Entre deux bouchées d’aliment, PCHT me raconte sa journée et moi, poliment je l’écoute avant de faire de même. Nous sommes toujours d’accord, excepté au sujet des humains ! Je suis fascinée par ce peuple ! J’ai découvert les poèmes de Sapphô. Cette poétesse de l’antiquité humaine me plait. Elle a vécu à une époque de l’histoire de l’extérieur de la Terre où les femmes pouvaient s’accoupler entre elles librement, tout comme nous. Cette période était très avancée sociologiquement, malheureusement, elle ne dura pas et les humains sont retombés dans leur plus grand travers : l’intolérance.

Sapphô parle beaucoup d’amour. Elle aime des femmes qu’elle appelle des vierges. Je ne connais pas ce concept, mais dans sa prose, cela semble charmant. Elle soupire et pleure des amours perdues, je crois qu’elle est parfois triste. Moi, quand je pleure, c’est quand on me met un implant et qu’il ne reste pas dans ma matrice.

Parfois, lorsque je dors dans mon lit, je me rapproche doucement de PCHT. Je sais que les contactes physiques sont proscrits, mais j’aime sentir l’odeur de son corps, les effluves qui jaillissent de son entrejambe me ravissent. J’aimerais toucher son ventre, sa peau veloutée, sa poitrine, ses bras, mais je sais qu’elle n’est pas habituée à cela et qu’elle en refuse l’idée. Moi, non plus, je ne l’ai jamais fait, mais j’aimerais bien essayer ! Je suis une rebelle, dans mon genre !

Je m’endors souvent après avoir lu quelques poèmes de Sapphô. Je m’imagine ensuite avec elle, à cette époque reculée qui me semble si proche lorsque je lis ses mots. J’aime la passion qui l’anime ! Je l’envie !

J’ai préparé un vaisseau capable de voyager à travers les vortex du temps. Je cache mon entreprise hardie à ma femme, car j’ai peur qu’elle désapprouve. Je voudrais visiter Sapphô à Lesbos ! Je sais, c’est une folie, mais je voudrais bien essayer.

PCHT s’étonne :

— Tu n’as rien mangé ?

— Si, mais je n’ai pas terminé. Je suis désolée. J’aurai certainement plus faim demain. Je suis fatiguée. Me permets-tu d’aller me reposer ?

— Bien sûr, je te rejoindrai plus tard.

En entrant dans notre salle de repos, je quitte mes vêtements et regarde mon corps dans le miroir. Je ressemble assez aux humaines, j’en ai les mêmes proportions, ma peau est douce et mon odeur corporelle est délicate. Mes doigts se promènent sur la toison bleutée de mon pubis.

Avant que PCHT ne me rejoigne, j’enfile une tunique d’inspiration grecque. Je l’ai fabriquée moi-même ! Je suis assez satisfaite de l’effet. Lorsque je partirai pour Lesbos, je revêtirai cette tenue, ainsi je passerai inaperçu et je pourrai passer pour une humaine ! J’entends PCHT qui s’approche ! Vite, j’enlève mon déguisement antique et me couche à même le drap. Voilà encore une de mes inventions ! Je dors plus librement et je trouve cela délicieusement érotique ! Je suis assez fière d’avoir réussi à convaincre PCHT de faire de même ! Sous ses abords prudes, elle a accepté cette extravagance et je m’en réjouis.

Le sommeil vient me prendre et je m’endors en caressant le drap. Nous pratiquons la masturbation depuis des milliers d’années, lorsque dans le temps de repos cela me prend, je réveille PCHT et je me caresse devant elle. PCHT aime me regarder. Elle se caresse également et le plaisir que nous nous donnons produit chez notre partenaire une extase visuelle. Mes seins sont plus petits que ceux de PCHT, je n’arrive pas à les lécher ! Elle, si ! J’aimerais découvrir de nouvelles façons d’aimer, car je voudrais toucher PCHT. Mais elle s’y refuse, car nous enfreindrions l’interdit hygiénique d’Agartha. PCHT craint les sanctions. J’ai beau lui dire qu’entre nous, personne n’ira le savoir, mais PCHT n’en démord pas ! J’espère toutefois parvenir à la persuader si je fais de nouvelles découvertes à Lesbos !

 

 

 

Chapitre 2

 

 

Le grand jour est arrivé ! J’ai prévenu PCHT que je devais m’absenter deux shambalas pour mon travail. Elle ne m’a pas demandé où j’allais, car PCHT n’est pas curieuse. Elle a reçu l’information telle quelle sans se poser de question.

J’entre dans mon hangar à soucoupes et je m’installe dans ma machine à vortex temporel. Cet engin ressemble à une soucoupe standard et PCHT ne s’y est pas plus intéressée qu’à sa propre soucoupe ! J’aimerais qu’elle soit un peu plus curieuse parfois, mais là, son manque d’intérêt pour mes petites affaires m’arrange. PCHT désapprouverait mon voyage.

Bien calée dans mon siège, je prépare l’itinéraire et la date de mon arrivée : île de Lesbos, 590 avant J-C. Je ne sais pas ce que veut dire J-C. Certains érudits disent qu’il est le Grand Principe, mais en réalité, personne ne connaît son nom. Beaucoup d’auteurs anciens ont écrit ses exploits, mais ils n’étaient pas contemporains de ce héros antique. Comment savoir si ce qu’ils ont relaté était vrai ou romancé ? Certains disent même qu’il n’a jamais existé. Qui croire ? Sapphô, elle, a écrit des poèmes inouïs, c’est la preuve qu’elle a vécu. Je vais la rencontrer !

Le voyage est vertigineux ! Je reste prise de nausée durant plusieurs minutes. La chaleur est accablante à l’extérieur. Il me faut un moment pour m’y accoutumer.

Lorsque j’ouvre l’habitacle de ma soucoupe, les parfums de l’extérieur viennent chatouiller très agréablement mes narines. Je ne parviens pas à les identifier, mais je suis certaine de pouvoir bientôt y arriver. Des rires féminins proviennent de la prairie avoisinante. Attirée par ma curiosité naturelle, je m’approche. J’espère leur ressembler par ma tenue vestimentaire. On verra bien !

Le petit groupe de filles qui jacasse au soleil en tressant des violettes et des coquelicots en guirlandes odorantes s’interrompt subitement en me voyant arriver.

— Regardez qui vient là ?

Celle qui vient de parler est brune aux yeux bleus. Ses longs cheveux nattés tombent sur ses épaules. Une de ses boucles est nichée entre ses seins. Je suis subjuguée de la voir ainsi dénudée. Son buste s’offre sans la moindre étoffe aux chauds rayons du soleil. Elle a dégrafé le haut de tunique et sembler jouer en toute innocence avec ses tétons.

— Approche, belle inconnue. Viens te joindre à nous. Nous sommes en train de comparer nos poitrines. Ne trouves-tu pas que la mienne est charmante ?

Le groupe s’indigne en riant de cette répartie qui tenterait de m’influencer. Je voudrais parler, mais je ne puis, car le langage grec m’est inconnu. Je réponds en Senzar, mais je me rends vite compte que si moi je comprends ce qu’elles me disent, elles, ne m’entendent pas du tout. Devant mes efforts désespérés pour me faire comprendre, la belle dénudée vient au secours de mon incompétence :

— Elle est muette, la pauvrette ! Comment se faire comprendre ? J’ai trouvé, tu vas t’asseoir avec moi et je vais veiller sur toi ! Comment t’appelles-tu ?

Devant mon silence impuissant, elle reprend :

— Je vais t’appeler Gaïa ! N’est-ce pas charmant ? Cela te sied à ravir. Viens Gaïa et touche ma poitrine, soupèse-là, n’est-elle pas à ton goût ?

Devant ma surprise, elle prend mes mains et les pose sur ses deux globes laiteux. La douceur de sa peau et la fermeté de ses seins me transportent. Je me sens troublée par ce contact nouveau et merveilleux.

— À mon tour, Gaïa, mes seins ne sont-ils pas plus beaux et gonflés que ceux de Sapphô ?

— Gurinno, tu exagères ! Gaïa n’a pas encore goûté à mes trésors !

Gurinno refuse d’écouter les remontrances de Sapphô. Elle m’attire vers elle et dépose mes mains sur son opulente poitrine. Son chiton est bleu ciel, sa peau a la couleur du miel et je reste sans voix devant un tel chef-d’œuvre de la nature.

Gorgô s’empare de moi et m’embrasse furieusement.

— Je n’ai peut-être pas de beaux seins, mais je sais embrasser, moi ! fit Gorgô avec un air de défi à ses camarades de jeux.

C’est la première fois que j’embrasse quelqu’un, cela ne se fait pas en Agartha ! Je suis surprise de sentir le contact de ses lèvres. Je pourrais m’en contenter, mais je sens déjà sa langue pénétrer la barrière de mes lèvres entrouvertes. Je n’ai jusqu’à ce jour béni, jamais connu sensation plus délicieuse que nos deux langues s’enlaçant ! Je reste là, les bras ballants, mais Gorgô s’en saisit et les pose négligemment sur ses fesses. Un instant, surprise de ce nouveau contact direct, je reste immobile, mais elle presse son corps contre le mien et je prends vite goût à ce contact délicieux.

Je suis prise d’un vertige inouï et délectable ! Ces femmes sont divines. La Terre extérieure recèle des trésors insoupçonnés !

Bien vite, mes compagnes m’associent à leurs jeux. Je grignote des olives et du pain avec elles et je m’étends au soleil de l’après-midi. Sapphô chante et s’accompagne de sa lyre :

— « J’aime la délicatesse, et pour moi la splendeur et la beauté du soleil, c’est l’amour ! »

— Bien dit, chère Sapphô !

— Je vais rentrer. Gurinno, n’oublie pas tes affaires, il est tard. À demain !

Gorgô se lève et s’en va. Elle me fait un petit au revoir particulier et je rougis jusqu’à la racine de mes cheveux. Sapphô reste avec moi. Elle n’a pas l’air aussi pressée que ses compagnes. Je devrais certainement faire de même, mais j’ai envie de prolonger l’instant.

— Où habites-tu Gaïa ?

— …

— Je te proposerais bien de t’inviter chez moi, viendrais-tu ?

Je hoche la tête avec enthousiaste et la vois éclater de rire

— Très bien, Gaïa ! Viens avec moi, je vais m’occuper de toi.

Doucement, elle me prit la main, ramassa son panier et m’entraîna à sa suite. Nous descendons la petite colline, Sapphô chantonne et me charme de sa voix mélodieuse. Je ferme les yeux à demi pour percevoir avec plus d’acuité les bruits environnants.

Lorsque nous arrivons au port, je n’ai pas assez d’yeux pour découvrir une telle beauté. L’eau sent fortement l’iode, elle est d’un bleu profond, les mouettes qui piaillent en volant tandis que les pêcheurs ravaudent leurs filets.

Sapphô me pousse vers une petite maison blanchie à la chaux. Elle me fait signe d’entrer. L’intérieur est modeste, mais pratique. Je m’y sens tout de suite à l’aise. Mon hôtesse s’affaire comme l’eut fait PCHT dans la même occasion. Chère PCHT, quand je lui raconterai tous les interdis que je viens de braver en une seule journée, elle n’en reviendra pas !

Sapphô cuisine du poisson ! Elle y dépose des aromates et prépare quelques tomates et poivrons. Elle ajoute un peu de fromage de chèvre et quelques olives sur un plat.

— Bon appétit, Gaïa ! Tu sais que ce nom te va à merveille ? Je n’ai jamais vu une fille comme toi ! Ta peau est presque lumineuse et sa couleur presque bleutée font de toi l’envoyée de la Déesse-Primordiale !

J’incline la tête en signe de reconnaissance, tout en dégustant ce repas délicieux. La nuit commence à tomber. Je suis curieuse de découvrir ce qu’est un coucher de soleil. Je me précipite à la fenêtre pour l’admirer. Mon hôtesse s’approche de moi et caresse mes cheveux en me parlant :

— Tu vois, Gaïa ? L’horizon rougi tantôt par le soleil couchant a laissé la place à la nuit. Regarde la lune. Elle est si belle ! Chaque soir, je suis dans l’attente de sa présence. T’es-tu déjà baignée sous sa blafarde lumière ? J’aime sentir ma peau frémir sous le froid contact de la mer. Les étoiles autour de la belle lune voilent aussitôt leur clair visage lorsque, dans son plein, elle illumine la Terre de lueurs d’argent. Tout est blanc, la lune ouvre sa plénitude, à ses pieds gémit l’Océan tourmenté : Sereine, elle voit fleurir la solitude et la chasteté. Les astres, devant la Séléné divine, ont voilé leur face, et la clarté, neigeant du ciel virginal et candide, illumine la Terre d’argent. [Sapphô]

Je pousse un soupir d’aise. Son corps contre le mien me transmet le parfum délicieux de sa sueur. Je renverse ma tête contre sa poitrine avec délectation. Me voyant ainsi offerte, Sapphô m’enlace et dépose un baiser sur la ligne de mon cou.

— Tu es belle, Gaïa ! Tu es énigmatique et je sens mon désir pour toi s’amplifier. Me permets-tu des libertés, Ô Gaïa, Déesse de la Terre-Mère ?

Pour toute réponse, je me retourne vers elle et m’abandonne dans ses bras en enlaçant son cou adorable. Les baisers de Sapphô d’abord légers, se fond pénétrants et langoureux. Je sens son ventre se presser contre le mien et son pubis se balancer doucement. Lentement, ma compagne m’attire vers sa chambre. Je la suis, hypnotisée par sa douceur.

Elle me tend la main et je pénètre dans une petite pièce sans ouverture. Elle s’approche de nouveau de moi et défait la fibule de mon chiton. L’étoffe tombe sur ma taille, retenue par ma ceinture. Je sens ses baisers parcourir ma poitrine en volutes savamment menées. Je transpire de plaisir. Je n’ose faire de même avec ma compagne, mais celle-ci sentant mon trouble guide mes mains, les posant à certains endroits de son anatomie, et gémissant de plaisir à leur contact. Je prends bien vite l’initiative de la déshabiller.

Nues, nous nous étreignons lentement et je sens sa main rechercher entre mes jambes le chemin de la caverne du plaisir. Sapphô insinue sa douce main et les assauts voluptueux de ses caresses me font gémir de désir. Ainsi encouragée, la belle me couche et s’agenouille devant moi. Sur le coup, je pense qu’elle désire me regarder me masturber, mais elle arrête ma main, car c’est à mon sexe qu’elle veut boire. Savamment, elle lape ma vulve palpitante et ce plaisir là n’a rien de comparable en Agartha !

La tension que mon corps ressent augmente encore lorsqu’elle décide d’y faire entrer ses doigts. Les va-et-vient délicieux attisent mon désir et je gémis de plus belle pour inciter Sapphô à aller plus loin. Ma charmeuse hôtesse sait mesurer l’attente et je n’en puis plus de désir lorsqu’elle me permet enfin de jouir. Là, sur sa couche recouverte d’une peau de mouton soyeuse, je pleure de bonheur.

Voilà ce qu’est : faire l’amour ! C’est si beau, que j’ai peine à comprendre qu’on nous prive d’un tel bonheur subtil. Reconnaissante envers Sapphô, je m’emploie ensuite à lui faire ressentir le même bonheur. Je me sens bien malhabile, mais j’y parviens pourtant ! À ma grande joie, je sens la belle secouée de spasmes amoureux, agonisant de plaisir sous mes caresses !

La nuit est bien avancée lorsque, repues d’amour, nous nous endormons, les jambes entremêlées.

 

Au matin, les premiers rayons vivifiants du soleil viennent chatouiller mes narines. J’ouvre les yeux, émerveillée par l’aube colorant de teintes roses les murs blancs de notre chambre. Sapphô dort encore sur le ventre, je la contemple avec ravissement. Ses longs cheveux épars, sa bouche ouverte, ses seins écrasés sur le drap débordent et laissent deviner leur galbe charmant. Je ne peux réprimer mon désir de caresser sa peau si douce. Discrètement, j’effleure ses épaules et suis la ligne de son dos prolongeant mes caresses jusque sous le drap.

Sapphô se réveille doucement, elle suit les mouvements de ma main en oscillant du bassin. Un profond soupir s’échappe de sa bouche et finalement ouvre ses yeux telle une fleur offrant sa corole.

— Bonjour Gaïa ! Bien dormi ?

Je voudrais lui dire à quel point je suis heureuse d’être là, mais la barrière de la langue m’en empêche.

— Oui, continue, belle Gaïa, prends possession de mon être. Hier, ma chair connut le soleil de ta chair, j’étreignis la flamme et l’ombre et la rosée, ton gémissement mourait comme la mer lascive et brisée. [Sapphô] Viens à moi, douce Gaïa, laisse-moi recueillir ta bienheureuse rosée d’amour.

Je la laisse faire avec délectation. L’enchantement se répète avec de nouveaux délices. Sapphô, Sapphô, j’aime ce que tu m’offres avec tant de générosité !

Après l’amour, Sapphô se lève et me tire du lit avec tendresse.

— Allez, belle déesse, allons présenter nos hommages respectueux à Aphrodite. Son Temple est perché au-dessus de la ville, il ne faut pas tarder. Je vais te prêter une tunique de dévotion et un voile. Regarde, celui-ci te siéra à ravir !

Mon hôtesse me tend une tunique longue et un voile blancs. Dès que nous sommes prêtes toutes les deux, nous sortons. Sapphô cueille quelques fleurs en chemin et les tresse de ses doigts agiles.

— Nous les offrirons à la Déesse ! Dit-elle, de sa voix enjouée.

Je suis curieuse de découvrir le Temple d’Aphrodite. Soudain, il se distingue à flanc de montagne. Le long de la montée abrupte, j’ai peine à suivre ma belle amie. Je ne suis pas habiter à marcher si vite ! Elle rit en se retournant de temps en temps pour voir si je ne me suis pas perdue. Je suis au summum de l’essoufflement, mais le panorama qui m’attend...

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