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Histoire d'I

De
93 pages

Publié en 1972, sous pseudonyme, par Eric Losfeld, et rapidement devenu introuvable, Histoire d'I s'est imposé au fil des années comme un texte de référence de la littérature sadomasochiste.






Pendant de Histoire d'O, le roman de Gaëtane raconte avec une rare cruauté l'éducation d'un jeune homme esclave par des femmes autoritaires et sans pitié. De souffrances de plus en plus raffinées en humiliations dégradantes, ces femmes font de " I " l'objet de leurs fantasmes les plus fous. Rien ne les retient, ni morale ni compassion pour assouvir leurs pulsions et laisser libre cours à leur haine des hommes.


Beaucoup de noms ont circulé sur l'identité de Gaëtane dont la personnalité reste à ce jour mystérieuse. Roman flamboyant de l'excès, Histoire d'I est un texte majeur à découvrir ou redécouvrir.





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UN PEU ROSE, TOUT DÉCALOTTÉ


I souriait. Il n’avait pas perdu sa soirée. Une belle prise, cette femme. Longue et haute, elle portait des cuissardes de fine peau, une courte robe de la même peau, au ras des fesses, lacée sur les seins qu’elle laissait scandaleusement découverts. Son abondante chevelure, rouge feu, mouvante, accompagnait ses mouvements jusqu’au creux de la taille.

À vrai dire, plongée dans la lecture de son “policier”, il ne l’avait pas vue, d’abord et c’était elle qui, à longues enjambées, avait évolué vers sa table. Elle, qui lui avait souri. I tremblait un peu quand elle fixait son regard clair. Elle fixait ses cheveux blonds qui bouclaient dans son cou. Elle fixait ses longues hanches et I agitait les jambes sous la table, surpris. Mais, oui, elle fixait le renflement de son pantalon, sur la cuisse gauche. « On pourrait prendre un verre chez moi, disait I, niaisement. Il y a trop de monde dans ce café. C’est encombré. » Elle proposa sa voiture. Elle marchait de telle façon que tout le monde, dans le café, se retourna pour la voir passer. Il n’était pas peu fier.

Au volant, elle démarra résolument. De toute évidence, ce n’était pas la direction de la chambre d’I, mais après tout, peu importait. Elle était là. Elle pouvait bien aller n’importe où. Et il se cala dans les coussins. Mais la main de la femme couverte de bagues brillantes, quitta brusquement le volant et toucha sa cuisse, là où son caleçon à fleurs libérait le sexe. Eh bien ! Elle n’y allait pas par quatre chemins, celle-là. Il fallait faire quelque chose. I voulut l’entourer de son bras. Mais, sans savoir pourquoi, il trouva cela ridicule. Pas avec cette femme. Il valait mieux ne pas bouger.

D’un geste doux, elle ouvrit la braguette, enfonça la main et sortit le sexe. Il se dressait déjà, un peu rose, tout décalotté. Les doigts bagués de bronze et de crénelures l’effleurèrent d’abord, puis serrèrent et coururent sur la peau, avec de plus en plus de précision, touchant à chaque mouvement de va-et-vient le repli du gland, là où la chair est si sensible. Il se laissa faire, abasourdi, mal à l’aise et heureux. Elle conduisait de l’autre main et l’entraînait.

Quand elle arriva chez elle et lâcha sa queue, I ne sut que faire, n’osa se reboutonner et resta ainsi. Il monta les escaliers derrière elle, le sexe à l’air, mais légèrement débandant et s’incurvant.

LES BRAS EN CROIX,
 S’OFFRANT AUX COUPS


I n’en pouvait plus. L’inconnue l’excitait comme jamais une femme ne l’avait excité. Mais lui, le fier-à-bras, le dragueur professionnel, il hésitait à l’étreindre. Il n’osait la renverser sur le très haut lit de plume, au fond de l’alcôve en bois, parmi les grandes fleurs pâles des rideaux. Elle se tenait debout, pas vraiment hautaine. Seule. Immense. La pièce était belle, sans doute mais embroussaillée comme une forêt, tant les objets et les voiles s’y accumulaient, profonde comme une mer, tant les plumes et les miroirs y respiraient. Une odeur d’Orient imbibait sourdement les murs. Des lampes basses, aux abats jours de perle, éclairaient le visage de vieilles poupées, aux corps rongés sous les robes de cretonne ouvragée. Les yeux d’un baigneur étaient fichés dans les seins volumineux d’un mannequin de couturière, vêtu de dentelle noire.

Immobile, elle regardait I. en attendant sans doute qu’il fit un pas. Non, elle n’attendait pas. Elle souriait et rêvait. C’est lui qui attendait, inquiet, hésitant, le sexe se dressant toujours hors de la braguette qu’il n’avait su refermer.

Lentement, sans qu’il comprit quand le geste avait commencé, elle déboutonnait son corsage de cuir et ses seins jaillirent brutalement, beaux comme le fer et la glace. Haletant, I tendit les mains. Ses genoux fléchirent. Et soudain dans un geste fou, criant, elle se renversa toute sur le lit, ouvrant largement ses longues cuisses brunes, fines et souples, découvrant tout à fait son sexe à a toison sauvage comme une crinière de jument, au mont Vénus bien galbé, aux lèvres chaudes et épaisses, béantes sur un trou d’ombre.

Les paupières d’I battirent nerveusement. Le sang brûla ses oreilles. Il s’affola. Sa verge se tendit, bondit vers elle et toucha la vulve. Dans le même mouvement, il éjacula, se vida, déversant sa jouissance avant même de l’avoir sentie.

Il en éprouva un intense sentiment de honte, de rage contre lui-même, d’humiliation. Qu’allait-elle penser de lui, et de sa virilité ? Il n’avait même pas été capable d’aller jusqu’en elle. Il la regarda, elle ne souriait plus. Elle s’était redressée et son visage avait pris une telle expression de profond mépris et de haine féroce, que sa confusion se mêla presque de peur. Il s’affaissa sur le bord du lit, le ventre, avec son sexe mou contre l’édredon. elle passa derrière lui. Il l’entendit marcher, s’approcher.

Une lanière siffla à ses oreilles et s’abattit sur son dos. La douleur, aiguë, le suffoqua. Plus encore la surprise. Était-elle folle ? Tout à sa honte, il ne bougea pourtant pas. Elle recommença, frappant de plus en plus fort, marquant son dos et ses fesses, qu’elle dénudait d’un geste rapide, comme les sorcières aux doigts crochus arrachent les yeux. Il éprouva bientôt un grand sentiment de soulagement. Oui, qu’elle le punisse, qu’elle l’écorche. Il avait perdu la face. Il s’était couvert de ridicule. La punition lui faisait du bien, l’absolvait, le purifiait.

De lui-même, il étendit les bras en croix, s’offrant aux coups qui le cuisaient, marquaient son corps.

UN CRI DE RÉVOLTE,
 UN LIQUIDE CHAUD ET ÂCRE


Quand elle cessa, il resta ainsi, endolori, meurtri, mais délivré. Elle lui dit de se lever. Il fut ému de voir son visage, plus beau de l’exaltation qui marquait ses traits, creusait ses joues. Elle tenait, entre ses doigts nerveux, la longue cravache de cuir fauve qui l’avait marqué. Elle lui dit encore de marcher, souleva une tenture qui masquait une porte, lui fit descendre un escalier obscur, aux marches de chêne inégales et le fit entrer dans une sorte de cave tellement sombre qu’il n’y pouvait rien distinguer. Elle le poussa et le fit rudement tomber sur le dos. Le sol devait être recouvert de paille.

 

Elle saisit un de ses poignets, l’enserra dans un anneau de fer, fixé au sol, puis l’autre poignet, puis ses deux pieds. Tant que les longs doigts de la femme touchèrent son corps, il ressentit seulement le contact avec bonheur et trouble. Mais lorsqu’elle l’eut quitté, il se rendit compte de la situation.

 

Il était nu, lié au sol, les bras et les jambes en croix, tendus à lui faire mal. Le dos, déjà entaillé par la cravache, s’écorchait à la paille qui se teintait de sang. Il était prisonnier.

 

Il eut alors une violente réaction de révolte et de colère. Il se mit à hurler, à l’insulter, à se débattre pour tenter de briser ses chaînes. Il l’entendit rire auprès de lui.

Il redoubla de rage et d’efforts. Tandis que sa bouche s’ouvrait pour un cri de révolte, il sentit un liquide chaud et âcre à l’odeur forte, pénétrer au fond de sa gorge. Elle pissait sur lui. Il ferma la bouche, mais, dans sa position couchée, ne put qu’avaler et le jet puissant continua de souiller son visage, son cou, sa poitrine. Écœuré, il se tut.

Alors les mains de la femme commencèrent à se promener sur son corps. Il luttait contre l’émotion mais se sentit perdu lorsque la vulve humide caressa son torse, ses bras, ses cuisses. Il banda. Il ne pouvait rien voir mais ressentait fortement le contact de la peau fine et froide, le contact des pointes de seins, granuleuses et dures, le contact des lèvres du sexe qui semblaient sucer sa chair, se repaître.

La femme commença de geindre au-dessus de lui. Un souffle rauque qui s’amplifiait, montait et se fit cri aigu quand, d’un coup, la vulve s’enfonça sur son sexe dressé et l’engloutit.

Il se sentit pris dans les cuisses qui le serraient convulsivement, spasmodiquement. Les ongles pointus lacéraient sa poitrine, s’y agrippaient. Un étrange feu courait en lui, sur lui, l’anéantissait. Il subissait violemment le contrecoup du combat, sans l maîtriser. Puis, la femelle aux tentacules dans plus fort sur lui. Elle hurla et sa vulve, en une horrible succion, l’avala comme une pieuvre, le pompa, l’aspira. Son sexe fut engouffré, puis relâché, comme un ballon de baudruche crevé.

Le silence pesa. Son corps connut une douleur sale, un effondrement cruel et bienheureux, l’effroi de la solitude. La fée toute puissante l’oublia ce soir-là sur la litière des bêtes.

LA ROBE


Un bruit léger, un frôlement délicat l’éveillèrent. La robe de sa maîtresse touchait sa joue. L’étoffe dansante effleurait ses cils et crissait à son oreille comme une musique. Il ouvrit lentement les paupières. Soie sauvage mauve, aux reflets de feu, qui couvraient les chevilles de la femme. D’un pas raide et bruissant, elle vint se placer en face de lui, au fond de la pièce. Les murs étaient courbes. La voûte était tapissée de tissus épais, aux lourds ramages, où s’entremêlaient les fleurs et les oiseaux exotiques.

Sous sa capeline mauve, à larges bords et plumes de paon, elle l’observait. Elle était nue sous sa robe qui moulait étrangement sa poitrine dure, aux pointes dressées. Lentement, le sexe d’I se gonfla, grossit et se leva. Le désir de cette femme s’éveillait avec lui. Il se rappela comment il s’était senti happé, hier, quand elle lui faisait l’amour, puis entraîné hors de lui-même jusqu’à perdre totalement conscience et il sut qu’il n’avait jamais joui comme cela.

La femme fit un geste de sa main de fée malfaisante, aujourd’hui gantée de velours incarnat. Une porte s’ouvrit sur le côté, qu’il n’avait pas remarquée et quatre petites filles entrèrent, frêles et rieuses.

Elles étaient entièrement nues, leurs cheveux défaits tombant et jouant sur leurs reins cambrés. Leurs petites chattes bombées étaient lisses et sans poils. Parmi elles, une petite noire, aux seins minuscules et à peine formés mais animés de très grosses pointes, dures et dressées. Elles entourèrent la femme, embrassèrent ses mains et ses lèvres et lui firent fête en caressant ses hanches, ses jambes et son ventre. Puis, comme si elles savaient ce qu’on attendait d’elles, elles vinrent vers I et le détachèrent, d’un seul geste, en s’amusant. Enfin, elles disparurent comme elles étaient venues, en touchant à peine le sol de leurs petites pieds nus.

I se trouva libre. Il bougea un peu ses membres endoloris. Décontenancé, il ne savait quelle attitude prendre. Il leva les yeux vers la femme, croisa son regard dur et, très vie, d’instinct, il se mit à genoux devant elle. Ce fut un mouvement presque naturel. Il comprenait qu’il ne pouvait faire autrement. Et, comme si elle n’avait attendu que de l’avoir à ses genoux, elle parla.

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