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Hot Mustang

 

Dantikos et Anthéas

 

 

 

Résumé

 

 

Depuis deux années, Anthéas n’a que deux préoccupations principales dans sa vie, ses quatre enfants et son travail de professeur, pour lesquels il se dévoue corps et âme. C’est un homme qui se dissimule dans sa discrétion et que rien ne peut venir perturber dans ses habitudes bien installées. Aucune distraction ! C’est maison-enfants, boulot, enfants-maison, son rythme est régulier et bien huilé. Sa vie est plate, ponctuée par les rires de sa progéniture et sa maniaquerie exagérée. Il est droit, ne déroge pas à la loi et ne dévie jamais. Mais c’est sans compter sur l’arrivée du nouveau voisin, Dan. Ce dernier est un biker, un vrai de vrai, Harley, cuirs, tatouages. Extraverti, célibataire, et optionnellement agent de sécurité spécialisé. Sa vie se résume à son travail, ses motos et ses potes. Ce macho arrogant va-t-il, inconsciemment ou pas, révolutionner la vie bien rangée du petit professeur timide et solitaire qu’est Anthéas ?

 

 

 

Remerciements

 

 

Mon éditeur, mes bêtas, ma famille, mes amis, mes lectrices, mes lecteurs… Des milliers de mercis à vous tous grâce à qui j’existe en tant qu’auteur. Vous êtes merveilleux et votre enthousiasme me booste chaque jour.

Merci à ma gueule d’amour, Jordan, (ami et modèle depuis dix ans déjà) d’avoir accepté de poser et de figurer en première place sur la couverture de ce roman. T’es trop top !

 

 

 

Dédicace

 

 

À mes potes bikers, qui m’ont fait découvrir leur milieu, leur incroyable fraternité et leur précieuse amitié. Leurs cœurs sont aussi beaux que leurs Harley. Vous êtes dans mon cœur à jamais.

 

 

 

 

Prologue

 

 

 

Anthéas

 

 

Je gare ma voiture dans l’allée qui mène au garage contigu à ma maison, et avant que je n’aie tourné la clé pour l’arrêter, le moteur s’éteint dans un grand bruit comme s’il avait calé et je ne peux m’empêcher de grimacer. Ma vieille berline commerciale commence sérieusement à s’essouffler. Et il serait sage de songer à la changer, elle ne tiendra plus guère longtemps, déjà douze ans de bons et loyaux services. Si j’avais quelques connaissances en mécanique, je pourrais peut-être la faire durer encore une année ou deux. Pas que je n’aie les moyens pour en racheter une, mais je suis attaché à cette vieille guimbarde qui transporte tant de souvenirs. Ridicule au fond. Pour ce qu’il reste des souvenirs…

Je sors d’une épuisante réunion au lycée, je suis fatigué. Ils m’ont épuisé. Lorsque je quitte l’habitacle et que je referme la portière, des rires et moqueries attirent mon attention et je jette un œil dans la direction d’où cela provient. J’avise, à peine à une quinzaine de mètres de ma maison, le camion de déménagement garé devant chez Papy Max où s’affairent une bande de gaillards agités. Je remarque immédiatement les carrures charpentées, les torses nus et les tatouages, les crânes tondus pour certains, les chevelures au milieu du dos pour d’autres. Seigneur ! Faites que ce soit les déménageurs et non le nouveau voisinage. Mon regard surprend quelques femmes qui discutent en groupe non loin, les yeux rivés sur l’agitation inhabituelle, une nouvelle distraction qui ne manquera pas t’attiser les commérages. Si Papy Max était encore là, il les rappellerait à l’ordre en leur imposant un minimum de décence et de discrétion dans ce quartier envahi d’enfants. À commencer par les miens qui se dirigent vers moi à l’instant pile. Je récupère ma sacoche, que, distrait par le remue-ménage d’à côté, j’avais oubliée dans ma voiture et me tourne vers Liù, Xuan et Bao pour les accueillir. Comme d’habitude, je remarque l’absence de Thien, le petit dernier, et inconsciemment je tourne mon regard vers la baie vitrée.

— T’inquiètes papa, il est plongé dans sa tablette, me dit Liù ma fille aînée, qui a surpris mon mouvement, bonsoir, ça a été cette réunion parents-prof ? Le dîner est prêt, tu n’as plus qu’à prendre ta douche et nous pourrons passer à table.

— Papa, pour le match de demain à 14h au stade Sud, le coach passe me chercher, me lance Xuan.

— Je pourrai aller à la fête que donne Lucy demain soir ? me demande Bao avec sa mine innocente dont il sait à laquelle j’ai du mal à résister.

Ils ne me laissent pas en placer une, comme à leur habitude, c’est sans doute un peu de ma faute, depuis deux ans, je leur suis totalement dévoué. Je les attire contre moi et leur donne à chacun un baiser sur le front et les entraîne vers l’entrée de la maison non sans entendre les remarques qui fusent non loin.

— Oh le joli papa poule !

— Des petits bridés, voudrais bien voir la maman !

— C’est chaud une petite asiatique !

— Ouais elles connaissent le kâma par cœur.

— Ahahahahahahahah !

— Vos gueules les mecs, commencez pas à me mettre à mal avec le voisinage, je ne suis pas encore installé ! Emmenez-moi ce foutu canapé dans le salon !

Je ne réagis pas aux commentaires grivois balancés par les voix moqueuses et sans plus leur accorder d’attention, pénètre chez moi, impassible. De suite mon regard part à la recherche de Thien, que je découvre sagement assis dans un des fauteuils de la pièce à vivre, les yeux effectivement rivés sur sa tablette. Avec un profond soupir, je vais vers lui et lui dépose un baiser sur la tête, en sachant pertinemment qu’il n’aura aucune réaction. Égal à ce qu’il est devenu les vingt-quatre derniers mois : un robot.

— La maison de Papy Max va être à nouveau habitée, me signale Liù avec une grimace.

— J’ai cru comprendre en voyant le camion de déménagement, je réplique en retirant ma veste.

Je la place correctement sur un cintre afin qu’il n’y ait aucun pli qui déforme les épaules et la range soigneusement dans le placard de l’entrée prévu à cet effet. Machinalement, j’essuie la poignée avec un mouchoir en papier propre sorti de ma poche.

— Elle n’est pas sale cette poignée tu sais, me fait remarquer Liù qui est restée à mes côtés alors que mes deux autres garçons sont partis coller le nez à la fenêtre pour surveiller le remue-ménage qui se passe à l’extérieur.

J’adresse un petit sourire contrit à ma fille et me dirige en direction de la montée d’escaliers. Une bonne douche me lavera de toutes ces mains que j’ai serrées aujourd’hui. Pas que je sois paranoïaque, mais on ne sait jamais ce que les gens ont pu toucher avant de vous donner une poignée de main. J’évite d’ailleurs de l’imaginer sinon, je ne serrerais plus la main à qui que ce soit et je passerais mon temps à me les savonner.

En fait, je suis un maniaque ! Un maniaque parano ! De la propreté, du rangement, de l’hygiène corporelle. À un tel point que je crois bien que j’en suis arrivé à vivre avec des TOC. C’est le diagnostic de mon médecin en tous cas : Troubles obsessionnels compulsifs, un comportement né d’un choc émotionnel. Jamais je n’aurais pensé en arriver là un jour parce que ça ne ressemble en rien à la personne que je suis, du moins que j’étais, et pourtant j’y suis arrivé, à ce stade. J’essaie de prendre sur moi, aidé en cela par mes enfants, mais j’ai un mal fou à me sortir de cette spirale infernale de nettoyage, de ménage, de mise en ordre, d’organisation et de salubrité. « Chaque chose à sa place et chaque place a sa chose ». C’est ma devise. C’est plus fort que moi. Toute cette déferlante de décrassage, voire de purification est presque un besoin, c’est l’unique moyen que j’ai trouvé pour exorciser la trahison, les mots blessants, l’abandon. J’ai bien conscience que cela rend fous mes enfants et que je leur fais subir mon mal-être alors qu’ils ne sont en rien responsables. Je me fais pardonner mes abus en leur apportant le plus de confort possible et en cédant à la plupart de leurs caprices dans la mesure de mes possibilités. Ils ont souffert tout autant que moi et si les trois grands ont plutôt bien accusé le coup, le petit dernier et moi-même avons été affectés plus que de raison, sans doute pas pour les mêmes motifs, mais on ne s’en est pas sortis sans mal. On n’en est d’ailleurs pas encore sortis… Je suis devenu un fou de la maniaquerie et Thien s’est transformé en automate insensible. Il ne parle plus, ne sourit plus, ne rit plus, ne pleure plus. Il mange, boit, fait sa toilette, s’habille, joue sur sa tablette et va à l’école. Ses résultats scolaires sont excellents, malgré son mutisme et sa façon si effrayante de vivre, ou plutôt survivre, sans faire attention à ce qui se passe autour de lui. Cela me rend dingue et aiguise mes TOC. C’est un malsain cercle vicieux dont j’aimerais m’extraire, mais je ne peux pas, je n’y arrive pas. Ma volonté est intégralement étouffée par cette démence abjecte qui fait de moi un déséquilibré. Le plus difficile étant de s’en rendre compte, mais d’être dans l’incapacité de le gérer. Au lycée je réussis à me contrôler un minimum, oui, un minimum. Et j’ai bien conscience de ce que peuvent penser mes élèves et de leurs moqueries dans mon dos, je suis loin d’être idiot. Quant à mes collègues professeurs, ils se sont habitués à mes excentricités maniaques. Certains ont bien tenté de « m’aider », mais ont vite abandonné face à ma réserve à évoquer le problème. Si je dois m’en sortir, je le ferai seul, même mes croyances ne m’ont pas apporté de réconfort, je bataille chaque jour pour ça, et je finirai par surmonter ce « mal ».

En nous quittant, « elle » ne pensait certainement pas aux ravages qu’ « elle » allait causer dans nos vies…

 

 

 

Dan

 

 

Lorsque l’on m’a annoncé le décès de mon grand-père, j’ai été profondément touché et attristé. D’autant qu’un mois avant qu’il ne disparaisse d’un accident cérébral, il était venu faire de la moto en ma compagnie, au local, avec les gars du club. Il avait beau avoir quatre-vingts ans, il n’en était pas moins alerte. Papy Max, c’était toute mon enfance, et adolescence. Père de ma mère adoptive, il avait su garder un esprit jeune et doté d’une sagesse phénoménale, c’est près de lui que j’avais grandi à chaque vacance. C’est lui qui m’avait initié aux valeurs morales et remis dans le droit chemin lorsqu’à dix-sept ans j’étais parti en live à cause de mauvaises fréquentations. Cela ne m’avait pas empêché de devenir un biker avec tout ce que cela implique…

Je me souviens du savon magistral qu’il m’avait administré, le jour où j’étais rentré, tatoué du prénom de ma petite amie de l’époque, j’avais tout juste quinze ans. C’est aussi lui qui m’avait enseigné les sports de combat avec cette devise : « Les arts martiaux ne servent pas à se battre fils, mais à se défendre en situation dangereuse, compris fils ? Uniquement si tu n’as pas d’autre choix. Maîtriser l’adversaire en condition périlleuse est ton seul but, et si tu peux le faire avec ton intelligence et non tes techniques de combat, cela est préférable ». Aujourd’hui agent de sécurité spécialisé, garde du corps en gros, je mettais un point d’honneur à suivre ses conseils scrupuleusement, sauf en cas d’extrême urgence. Au fur et à mesure des années, ma passion pour les tatouages s’est amplifiée et le prénom est à présent recouvert d’un tribal tout ce qu’il y a de plus tribal puisque que j’en ai réalisé le dessin moi même. Ce dernier inclut ma nuque, toute mon épaule et bras droit, une partie de mes pectoraux, descend en diagonale sur mes abdos et mon dos, enserre ma hanche gauche et continue sur ma cuisse et mon mollet. Par respect pour ma mère, je ne me suis pas tatoué le visage, mais je n’ai pu m’empêcher de le faire sur un côté au-dessus de mes oreilles où mes cheveux sont tondus, je peux les dissimuler quand le reste de ma chevelure longue est détachée.

Lorsque le notaire a annoncé que j’étais l’héritier de sa maison de Los Angeles, je me suis retrouvé ému et démuni et cela a soulevé des tensions au sein de la famille. J’habitais un petit deux pièces au centre-ville, en location et je ne faisais qu’y dormir, préférant, lorsque mon boulot le permettait le week-end, retrouver les gars du club au local, avec qui je roulais depuis déjà pas mal d’années. J’ai trouvé chez les bikers une fraternité. Une entente parfaite, une passion partagée, la moto. Les soirées entre potes, les chevauchées sur nos bécanes, les conventions tatouages, les concentres, ces réunions entre clubs de bikers. Une ambiance de franche camaraderie qui me sied à merveille. Quand ma mère m’a demandé si j’allais vendre cette maison bien trop grande pour moi, j’ai bien entendu crié au scandale en précisant que cette maison serait dorénavant la mienne et qu’il était hors de question que le bien de Papy Max tombe entre des mains inconnues. Elle n’a pas eu d’autre choix que d’accepter ma décision, de toute façon, elle savait pertinemment que discuter était peine inutile. Peut-être a-t-elle jugé que ma sœur avait été lésée dans cet héritage bien que cette dernière ait bénéficié d’une jolie somme, mais si c’est le cas, elle a eu l’intelligence de ne pas insister.

L’endroit est tellement grand que je vais pouvoir y mettre mes trois motos et mon SUV dans l’immense garage, je pourrai aussi y bricoler tout mon saoul et je pourrai même y réviser les machines de mes frères. La mécanique, en dehors de mon taf, est une autre passion, c’est mon truc. La spacieuse maison est capable d’accueillir de nombreuses personnes et nous permettra de faire des soirées entre nous. Il faudra tout de même que l’on se tienne à carreau, le quartier est un peu bourgeois et je me doute bien que mon arrivée ne va pas passer inaperçue et que peut-être même, ma présence sera jugée dérangeante. J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de mômes dans le coin et pas question de les choquer. Quoiqu’aujourd’hui, les gosses de cette génération sont plutôt à la page et sont moins coincés que certains adultes enfermés dans leur petit confort de normalité. Même si je me fous royalement de l’avis que les gens peuvent porter sur moi, je ne veux pas passer pour un voyou. Lorsque je serai un peu intégré, je me laisserai sans doute un peu plus aller, mais pour l’instant, je vais essayer de faire profil bas. Essayer, et ce n’est pas gagné avec tous mes potes qui m’aident à déménager. Ils sont plutôt dissipés et j’ai dû les rappeler à l’ordre quand le voisin d’à côté est arrivé avec sa vieille voiture qui a calé dans l’allée de son garage, au bruit qu’elle fait, il serait plus prudent pour lui qu’il fasse une révision, sinon, il va se retrouver en panne très prochainement. Je l’ai à peine aperçu alors que mes potes l’alpaguaient. Un père de famille visiblement, vu les trois gosses qui l’entouraient.

Trois semaines plus tard,

— Si tu n’retires pas tes pattes tout de suite, j’te bute !

— Comment tu fais pour supporter un bouffon pareil ? je m’esclaffe en resserrant un peu plus mon ami Onyx contre moi, alors qu’il vient d’arriver et que je le salue chaleureusement.

— Le bouffon est mon mari Dan, il faut bien que je mette un peu d’eau dans mon vin, me répond Onyx avec un clin d’œil.

— Dégueu ! Ça gâche le goût ! Allez mari jaloux, viens là que je t’embrasse !

Et avant qu’il n’ait le temps d’esquiver mon geste, j’attire Khalycé contre moi et lui ravage le cou de baisers mouillés. J’adore ce mec et j’adore encore plus le faire enrager, il démarre au quart de tour. Onyx, je le connais depuis quelques années, rencontré par le biais d’un frère du club, Lysander, avec qui il fricotait. Je dois admettre que j’ai eu un profond béguin pour ce type dès le jour où je l’ai rencontré. Mais ce n’est devenu qu’un ami, qui répond présent en toutes circonstances. C’est d’ailleurs lui qui a affrété son jet privé, rien que pour moi, lorsque j’ai été blessé en mission trois mois en arrière, afin de me rapatrier dans mes pénates en toute quiétude. Il s’est marié avec ce grand couillon de commissaire Resky, Khal pour les intimes, quelques mois auparavant. Et ces deux là étaient vraiment faits pour être ensemble, ils se complètent totalement et irradient de bonheur. Quelque part ça donne envie…

— Tu sais que ma vengeance va être terrible ! me menace Khal en gigotant pour se sortir de mon étreinte.

— Je tremble de peur brrrrrrr ! je riposte en le lâchant, le vol a été bon ?

— J’aime toujours autant la petite cabine de repos, me balance Khal avec un haussement de sourcils significatif.

Ils rentrent de New York où Onyx avait un défilé. Il échange un regard avec lui et ce dernier exprime une mine innocente et ils finissent par éclater de rire.

— Je ne veux pas de détails, merci ! Je vous sers une bière ? Allez vous installer derrière, les autres ne vont pas tarder.

— Tu veux que l’on t’aide à quelque chose ? demande Onyx en attirant Khal contre lui pour l’embrasser derrière l’oreille.

— Si ça vous dit, je réponds en disparaissant dans le garage, il y a quelques tables à placer derrière, j’arrive avec les bières !

Je sifflote joyeusement en refermant la porte de la cuisine qui me conduit directement dans mon garage-atelier-réserve. Depuis presque trois mois, je suis en vacances forcées, suite à une blessure assez grave en mission. J’ai failli y laisser ma peau et je ne suis pas mécontent d’être en repos. Ces dernières trois semaines m’ont permis de m’installer confortablement dans ma nouvelle maison, d’y faire quelques améliorations et de me retaper en lézardant dans le jardin derrière. J’y vais tout doucement, et n’ai repris mes exercices sportifs que depuis une semaine. Si je continue à me modérer, je pourrais bientôt retrouver mon taf qui, je dois l’admettre, me manque un peu. En attendant, ce soir, c’est pendaison de crémaillère, tous mes frères du club vont rappliquer, une dizaine en tout, avec femmes, enfants et potes pour certains, nous devrions être une petite trentaine et ça risque de pas mal picoler. J’ai eu le temps de tout préparer pour les accueillir et faire que cette soirée soit mémorable. J’ai passé la majeure partie de la journée dans la cuisine et à vérifier que je n’avais rien oublié. Les deux frigos du garage sont blindés de bières, de Jagger et autres alcools indispensables. Celui de ma cuisine regorge de saucisses, merguez, côtelettes, entrecôtes, manchons de poulet, le tout à griller, et de charcuterie, sans compter les salades variées que j’ai concoctées. J’ai même réservé un petit groupe de quatre musiciens de la région pour l’animation et ma sono est prête pour prendre le relai entre les pauses. Je tiens à ce que tout soit parfait et que mes frères s’amusent. Ce dont je ne doute pas, vu qu’à chaque fois que l’on se regroupe c’est la folie furieuse. Je n’ai pas vu certains depuis pas mal de temps, travail oblige, et cela va être un réel plaisir de les retrouver. J’ai aussi préparé les quatre chambres que je n’utilise pas, et aménagé le grenier en dortoir, ainsi tout le monde pourra s’installer pour la nuit. Enfin, lorsque je dis nuit, c’est aléatoire. Il est certain que lors de ce genre de réunions, la nuit est déjà presque terminée quand on décide d’aller se coucher, l’esprit complètement embué par l’alcool. Et bien souvent, on n’a même plus la faculté de trouver un lit et l’on finit soit par terre, soit avachi dans un canapé, les pieds en l’air et la tête dans le vide.

J’ai, en toute correction, distribué des petits flyers dans les boites aux lettres du voisinage, pour avertir qu’il risquait d’y avoir un peu de bruit dans le quartier ce week-end, m’excusant des désagréments qu’il pourrait en ressortir et invitant ceux qui le désireraient à venir se joindre à nous, un bon moyen de faire connaissance et s’adapter, même si je n’en ai strictement rien à faire. En dehors des mecs du club, de quelques collègues de travail et deux paires d’amis comme Onyx, Khal, Stone et Texas, je suis plutôt du genre sauvage. Je me doute pertinemment que personne ne risque de répondre à mon invitation vu les coincés que j’ai pour voisins, mais j’ai fait un pas vers eux, voir s’ils seront réceptifs.

Je suis en train de fourrager dans le frigo réservé aux bières, lorsqu’un mouvement sur ma droite attire mon attention. Immédiatement en alerte, défaut professionnel, je me redresse prêt à chasser un chat fouineur, qui se délecterait des selles en cuir de mes « chéries » avec ses griffes, ou d’un chien fugueur qui viendrait se soulager sur les chromes rutilants. J’ai déjà remarqué que certaines bestioles se baladaient dans le quartier et n’ai pas encore pris l’habitude de fermer le garage lorsque je n’y bricole pas, et il va vraiment falloir remédier à cela. Mon regard surpris se pose sur l’animal en question, à cheval sur la plus vieille de mes Harley. Celle-ci, j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux, un modèle de 1948, une Panhead, 1200 CC, couleur crème. Un petit bijou que je bichonne avec beaucoup d’attention et oserais-je dire… amour. J’ai économisé de longs mois pour pouvoir m’offrir ce vieux rêve de gosse. Depuis les dix années qu’elle partage ma vie, elle n’a jamais connu que mes fesses, parce que prêter mes « chéries » ne fait pas partie de mes habitudes. C’est une option que je n’ai pas prise, plutôt crever que de laisser qui que ce soit mettre un seul doigt sur elles. Je suis le seul et l’unique à en prendre soin et à les chevaucher avec une passion et un plaisir peu communs. Mes motos, c’est une grande partie de ma vie. Et le premier qui y touche est MORT !

 

 

 

Anthéas

 

— Alors ça, c’est plutôt sympa comme idée !

Je relève la tête de mon café et dirige mon regard vers Liù qui vient de rentrer dans la maison. Comme chaque jour, elle est allée recueillir le courrier. Elle m’adresse un de ses sourires éclatants dont elle a le secret, tout en agitant un morceau de papier qu’elle tient dans la main droite. Et lorsque ma fille m’adresse cette mine réjouie et qu’elle utilise cette expression de séductrice, je sais d’avance qu’elle va user de son charme pour me demander quelque chose.

Je connais bien mes enfants, pour la simple et bonne raison que depuis deux ans, ils sont mon univers. Parce qu’ils sont les seuls à encore réussir à me maintenir la tête hors de l’eau. Les seuls pour qui je respire, les seuls pour qui mon cœur bat. À bien y réfléchir, ils n’avaient pas demandé à être là. Ils auraient pu tomber dans une autre famille. Et peut-être qu’ils n’auraient pas eu à supporter un deuxième abandon.

« Elle » ne pouvait pas donner la vie, alors, d’un commun accord, nous avions décidé d’adopter. Pourquoi pas après tout, cela faisait six années que nous étions mariés. Après de longues démarches et enquêtes de moralité, Liù est arrivée au sein de notre couple. Elle avait sept ans. Petite fille fragilisée par le décès de ses parents et l’abandon de sa famille. Il ne lui avait fallu que peu de temps pour s’adapter à ce couple d’étrangers que nous formions, lui apportant tout l’amour nécessaire à son épanouissement. Et « elle » en a voulu un deuxième. Pourquoi pas. Nouvelles démarches plus courtes que les précédentes, et nous sommes revenus du Vietnam, pays d’origine de Liù, avec deux petits frères au lieu d’un, Xuan, sept ans et Bao, six ans. Je me suis pris d’amour pour ces trois estropiés de la vie, mettant toute mon ardeur à leur donner une vie décente et agréable, leur inculquant les valeurs fondamentales du respect et de la tolérance. Nous étions heureux, nous étions une famille. Lorsque les enfants ont commencé à grandir, « elle » m’a supplié d’en adopter un autre, mais un bébé cette fois, argumentant sur son besoin de materner un tout petit. J’ai émis quelques hésitations, mais devant son insistance, j’ai cédé. Les enfants ayant toujours été une fascination, ce n’était d’ailleurs pas pour rien que j’avais fait des études pour devenir professeur. Observer, analyser, comprendre, instruire, aider, faisait partie de mes qualités premières. Thien est donc apparu dans nos vies à l’âge de deux mois, abandonné par une mère instable. « Elle » s’est occupée correctement de ce petit bout, une année durant, comme une mère louve, disponible, affairée, aimante. Puis dès que Thien a fait ses premiers pas, « elle » a commencé à s’en désintéresser…

— Papa, ce serait une super idée d’y aller, un bon moyen de le connaître mieux.

La voix de Liù me sort brutalement de mes souvenirs, ramenant mon cœur à un rythme plus calme. C’est plus fort que moi, dès que mon subconscient l’évoque, mon cœur s’emballe… de rage, de déception, de rancœur, de honte. Pourtant cela fait déjà deux ans.

J’avise le papier coloré qu’elle dépose à côté de ma tasse de café vide. J’ai besoin d’en boire un autre, je suis un peu à l’ouest ce matin, et il faut que je me secoue, j’ai mille choses à faire et je n’aurai pas assez de la journée comme d’habitude. Je n’ai pourtant pas flemmardé dans mon lit, je ne sais plus faire. Un flyer ? Il y aurait une réunion de voisinage ? Il est vrai que nous sommes en mai, et que le beau temps toujours présent dans l’État de Californie, incite les gens à sortir. Avant, c’est une activité qui ne me déplaisait pas, les repas entre voisins. J’aimais discuter sport, bricolage, travail et derniers potins du quartier avec les autres maris, tandis que les femmes discutaient vie de famille, mode et dernière série télévisée sortie. Je ne le fais plus. Je décline à chaque invitation, je laisse les trois grands y aller parce qu’ils ont des copains de lycée. Je reste calfeutré chez moi, à l’abri, entre mon aspirateur, ma machine à laver, mon chiffon à poussière, mes assainisseurs d’air et Thien le robot.

Mes yeux se posent sur le flyer, mon cerveau examine les couleurs, le texte écrit, remarque l’absence de fautes, s’en étonne.

Le voisin.

Depuis son aménagement, je n’y ai guère fait attention, et même pas du tout. Je n’ai pas le temps, et il m’a fallu deux semaines pour voir à quoi il ressemblait. La toute première fois que je l’ai vu, « vu » est péjoratif, « aperçu » serait plus approprié. C’était le lundi 25 avril à 21h58 précise. L’exactitude fait partie de mes manies, pour ne pas dire de mes TOC. Donc le lundi 25 avril, 21h58, dans la chambre de Liù, au travers de sa fenêtre. Comme chaque soir, je venais de frapper à sa porte pour le bonsoir coutumier, et n’obtenant pas de réponse, j’avais pénétré dans la pièce, pensant que ma fille s’était endormie le nez dans ses bouquins, comme régulièrement. Oui, Liù, c’est une intellectuelle, passionnée par les études, et elle envisage une carrière d’avocat. Assez étonnant pour une ado de dix-sept ans. J’en côtoie beaucoup dans mes classes au lycée pour savoir que ce qui les passionne en tout premier lieu à cet âge, sont le dernier iPhone sorti, les discussions SMS, les fringues, les sorties et les petits copains. Je ne dis pas que Liù déroge à la règle, mais ses études d’abord, elle profite du reste après, c’est sa façon d’être. Je ne suis pas sans me rendre compte qu’elle a mûri beaucoup trop vite tous ces derniers mois, qu’elle est presque devenue une adulte et que le terme d’ado ne lui sied plus vraiment.

Et ce soir-là, j’ai été étonné de trouver ma fille dans la pénombre, assise sur le rebord intérieur de sa fenêtre, les yeux fixés à l’extérieur, mon intrusion étant passée totalement inaperçue. Je me suis approché doucement, curieux de découvrir ce qui pouvait susciter chez elle une telle fascination et immobilité. Me positionnant derrière elle, j’ai laissé mon regard dériver vers ce qui la subjuguait, parce qu’elle n’avait pas réagi à ma présence et une exclamation de surprise m’avait échappé en découvrant ce qui la rendait si captivée.

— Oh seigneur !

Ma main s’est posée immédiatement en travers de ses yeux dans un réflexe de pudeur. Main que Liù a retirée vivement en me lançant un :

— Mais papa ! Arrête !

J’ai tellement été étonné de sa réaction que je suis resté figé sur place. Étonné parce que je n’aurais jamais pensé que Liù puisse être intéressée par… par… un homme qui se déshabille. Interloqué, j’ai juste trouvé à dire :

— Mais Liù qu’est-ce que tu fais là ?

— Je mate !

Oh bon sang !

— Oui, oui, je vois bien que tu regardes, mais ça ne se fait pas, on n’entre pas ainsi dans l’intimité des gens et…

— S’il ne voulait pas qu’on le voie, il fermerait ses rideaux non ? Et il n’est pas à poil !

Je suis resté sans voix à sa remarque, et je me suis dit que oui, peut être, je ne sais pas.

— Plutôt pas mal le voisin hein ?

D’un geste vif, j’ai tiré les doubles rideaux de la fenêtre juste devant le nez d’une Liù qui ne s’est pas gênée pour exprimer son mécontentement. J’ai juste eu le temps de voir un grand corps, des cheveux longs et des tatouages, ça c’était la première fois.

La seconde a eu lieu dans la chambre de Xuan, qui s’y trouvait avec son frère Bao. Le mercredi 27 avril à 22h02. Eux aussi je les ai trouvés le nez à la fenêtre et avant de me manifester, je suis resté quelques minutes à écouter leur conversation.

— Oh la vache ! Il est quand même hyper musclé !

— Si ça se trouve c’est de la gonflette, avec les stéroïdes, y’a moyen.

— C’est de la merde les stéros, il doit être catcheur.

— Non, plutôt flic.

— Pas avec sa coupe de cheveux.

— Tueur à gages, alors.

— Tu regardes trop les séries Bao, c’est un biker, il a des Harley.

— C’est pas un métier biker.

— Non, mais ça attire les nanas, t’as vu les canons qui défilent ?

— Celle d’hier était juste… super bonne.

Je ne sais pas si je suis le seul à l’avoir remarqué, mais les conversations d’ados tournent toujours autour de la même chose, j’ai largement le temps de le constater dans mon métier. Les filles, les jeux vidéo, le sport, les voitures, les filles. Et pour le coup, à ce sujet, Xuan et Bao sont plutôt doués.

— Celle-là a un sacré beau cul, wahouu.

C’est à cet instant que j’ai jugé bon d’intervenir. Non pas que je sois coincé, mais de là à laisser mes gamins se divertir en regardant une scène porno en live, pas question. Même si je me doute bien qu’avec leurs copains, ils sont déjà allés visiter ce genre de sites sur Internet.

— Qu’est-ce que vous faites devant la fenêtre ? Vous avez cours demain, et le couvre-feu a sonné depuis 6 minutes si je ne m’abuse.

La semaine, en période scolaire, je suis très à cheval sur les horaires. Beaucoup moins le week-end et lors des vacances. Et je me suis approché pour vérifier les dires de Xuan sur le soi-disant « sacré beau cul ». Non sans avoir retenu un rire à la mine « pris en faute » de mes deux gamins. Je ne suis pas sans savoir ce que c’est, j’ai eu quinze ans à une époque et j’adorais mater les filles dans les vestiaires du lycée aux heures de sport. Pervers ? Non, juste curieux.

Mon regard s’est posé sur la scène qui se jouait plus bas, et je n’ai pas assisté à un porno en live comme je m’y attendais, non. J’ai juste vu deux personnes qui fumaient une cigarette, assis dans le jardin derrière la maison, discutant tranquillement à première vue. Mon cerveau a reconnu le grand corps, les cheveux longs, les tatouages. Le voisin. En charmante compagnie. J’ai tiré le rideau d’un geste vif, avant que l’on ne se fasse voir, en jetant un œil sévère à Xuan et Bao sur les visages desquels flottaient des sourires. Je sais que je ne suis pas crédible lorsque je joue le père autoritaire, et qu’en vérité ils n’ont pas grand-chose à craindre de moi, sauf s’ils commettent des actes totalement irréfléchis, irrespectueux ou violents. Choses que je ne supporte en aucun cas.

— C’est une nana comme ça qu’il te faudrait papa.

— Hein ?

— C’est net, elle est chouette, pas vrai ?

— Hein ?

— Ça ne commence pas à te travailler le célibat ? m’a demandé Xuan, les yeux interrogateurs.

— Elle va se dessécher à force, a renchéri Bao en haussant les épaules et en quittant le rebord de la fenêtre pour sortir de la chambre de son frère, bonne nuit papa.

Je suis demeuré en bug, tel un ordinateur qui aurait reçu trop d’informations en même temps.

Je suis resté un instant déconcerté par les remarques de mes deux fils, jetées avec un naturel désarmant. Bredouillant à nouveau un « hein » étranglé. Et tandis que le premier quittait la pièce et que le deuxième s’installait dans son lit, j’ai soulevé un coin des rideaux pour jeter un œil par la fenêtre. Mon regard a glissé sur la musculature saillante.

« Les gosses ont raison, il est plus que musclé. Et tous ces tatouages ! Cela représente quoi ? Aucune idée, je ne vois pas d’ici. Je m’en fiche de toute façon, il pourrait bien en être recouvert que ça ne me ferait ni chaud, ni froid. Il fait bien ce qu’il veut de son corps. »

 

 

 

Dan

 

 

Je suis figé derrière la porte du frigo toujours ouverte, les yeux fixés sur « l’animal » qui chevauche MA Panhead, mon bébé, ma chérie. Un « animal » à deux jambes, deux bras, deux mains, dix doigts. Des doigts qui se promènent sur la peinture du réservoir. Mon estomac se tord d’appréhension. L’animal en question, est un petit gamin qui doit à peine mesurer plus d’un mètre vingt, mes yeux examinateurs détaillent tout à la vitesse de la lumière. Des baskets en tissu, genre pataugas qu’il porte, au survêtement qui lui tombe sur les chevilles, en passant par le T-shirt à l’effigie de Captain America. Ses cheveux longs, très noirs et raides lui cachent la moitié du visage, il a l’air fasciné par le motif qui représente le club des « Hot Mustang » et qui orne ma moto. Ma moto ! Bon sang ! Je n’ai jamais laissé qui que ce soit toucher à mes « chéries ». J’avale ma salive en voyant les mains se balader sur la peinture. Le gosse a l’air d’apprécier ce qu’il voit. Mais je n’en ai rien à foutre ! Je veux qu’il descende tout de suite, avant qu’il n’arrive un malheur. Je réfléchis à toute vitesse à la façon de l’aborder. Si je lui hurle dessus en lui ordonnant de foutre le camp, je risque de l’effrayer et exposer ma « douce » aux rayures que laisseront sans conteste les œillets dans lesquels passent les lacets de ses chaussures. Il faut que je me calme ! Il faut que je me calme ! Pas gagné lorsqu’il en va de la santé de mes motos. Je ferme un instant les yeux, prends une profonde respiration et me redresse doucement derrière la porte du frigo à laquelle je me cramponne comme un naufragé à sa bouée. Mon mouvement n’échappe pas à mon intrus et je rencontre un regard noir qui se fixe dans le mien. Il ne semble pas surpris de me voir. Et ses yeux ne lâchent pas les miens, il a arrêté de caresser le réservoir, s’est immobilisé. J’essaie de garder mon calme, et de me souvenir des leçons de papy Max. Maîtriser l’adversaire en condition périlleuse doit d’abord se faire avec l’intelligence, par la force uniquement en cas de dernier recours. C’est étrange, ce gosse ressemble bizarrement aux trois qui habitent à côté. Il y en aurait un quatrième ? Eh bien ça ne lésine pas dans la chaumière, pire que des lapins. Bon, plus question de tergiverser, plus les minutes passent et plus ma « chérie » est en danger de se retrouver avec une cicatrice qui la défigurera. Il est temps d’agir, subtilement, intelligemment, calmement. Même si à cet instant précis, j’ai des envies de meurtres et que je zigouillerais bien ce morpion qui a osé troubler la tranquillité de mon amour de Panhead. Il ne serait pas difficile de cacher son corps dans le fond du jardin vu son gabarit fluet. Ni vu ni connu, je t’embrouille. Non, non, non, la peur me fait perdre l’esprit. Je vais lui parler gentiment et tout se passera bien. Le cœur battant anormalement plus vite que la moyenne, je laisse naître un sourire crispé sur mon visage. Ne pas l’effrayer, surtout ne pas l’effrayer, tout en douceur.

— Hé ! Salut p’tio.

Ma voix grave résonne dans l’immensité du garage. Il ne répond...

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