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Je me suis lavé les mains avant de remonter mon pantalon

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Prénom : Cassandra alias la Princesse Geekette
Âge : 22 ans
Professions : Animatrice en centre de loisirs/Développeuse Web
Signes Particuliers : Caractère de merde, impulsive, jure comme un charretier, reine de la gaffe
Profil Amoureux : Ai mis en place un système de 4 lignes défensives suite à des expériences douloureuses
Rêve : De connaître l'amour, mais trouve toujours un tas de raisons de le fuir à toutes jambes (Non, j'ai pas peur...)
Le Hic Bonus : Ai rencontré mon idéal masculin dans des circonstances pour le moins catastrophiques
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Elsa Gallahan
Je me suis lavé les mains avant de remonter mon pantalon
Du même auteur : À L’Ombre De Ton Âme (Jan 2016) La Nymphe Et Le Dragon : Tome 1, L’Indomptée Et L’Indomptable(Déc 2016) ISBN : 979-10-227-4977-0 Cet ebook a été publié surwww.bookelis.com © Elsa Gallahan, 2017 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de tra duction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et respon sable du contenu de cet ebook. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consenteme nt de l’auteur et de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sa nctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
À la mémoire de mon père, À ma féline mini puce d’amour
GÉNÉRIQUE
Cassandra Ce jour-là, comme d’habitude, je me suis lavé les m ains avant de remonter mon pantalon. Oui, vous savez, au petit coin. Eh bien, c’est peut-être ce qui a changé toute ma vie. Enfin, j’y crois dur comme fer. Et rien ne me fera changer d’avis à ce propos. Sans ce tragique événement, je ne me trouverais pas là aujourd’hui, à profiter de la vue magnifique entre mer et terre. Je passe une main pour dégager tant bien que mal mo n visage de mes cheveux qui virevoltent sauvagement au gré du vent. La décapota ble roule nonchalamment le long de l’Estérel et de ses fameuses formations rocheuses rouges. Nous revenons de Saint Tropez tranquillement par la côte où nous avons passé la journée à déambuler entre le port, ses yachts de lu xe, ses peintres aux tableaux de milles couleurs et ses petites rues typiques d’un v illage du sud. En tout cas, c’est comme ça que je me les imaginais. J’ai même pris la pose pour la photographie sur la plage où Dieu créa la Femme Bardot. Je ne peux pas le dire autrement, la vie est belle. Ma vie est belle, merveilleuse, parfaite ! J’espère que je n’en fais pas trop, me d emandé-je dans une petite moue boudeuse et enfantine. Seulement voilà, comment il y a un an j’aurais pu imaginer tout ça ? Tout ça quoi, me direz-vous ? Je vous propose de faire comme dans les films. On v a rembobiner depuis le début. Projectionniste ! C’est parti ! *bruit de film qui repart en arrière*
SCÈNE 01
Cassandra 1 Once upon the time… dans un royaume far, far away… Enfin, dans une contrée très éloignée de la civilisation selon des critères tout à fait personnels. Je ne sais pas ce qui a pris mes parents de venir nous enterrer au fin fond du sud de la Haute-Marne. Si, je le sais, mais cela ne me console pas. J’ai passé mes quinze premières années à Rouen. Tou s les avantages d’une grande ville à taille humaine avec certes, certains de ses inconvénients aussi, il faut bien l’admettre. Et Paris, ma déesse Capitale, capitale à ma survie, et seulement à une minuscule petite heure de route. De quoi assurer la survie d’une Princesse Geekette. Non, les deux ne sont pas incompatibles. J’en suis la preuve vivante. Mais quand mes géniteurs — je les avais réduits à c ette seule fonction physiologique quand ils m’avaient annoncé la « grande nouvelle » — s’étaient réjouis de la mutation de mon paternel — ce qui allait nous rapprocher d’une branche de la famille bourguignonne , je l’avais vécu comme une véritable apocalypse. Il ne me restait plus qu’à me suicider en sautant du trottoir. Plus haut, j’ai le vertige. Je m’étais réconfortée en me disant que Dijon, ce n’était pas encore la France du vide. Seulement, c’était sans compter sur la perfidie de ce qui me servait de père et de mère. Ils avaient tenté de contourner mes défenses, même de les désactiver pour entrer dans mon esprit adolescent récalcitrant et rebelle à peu près tout ce qui dans l’Univers qui pourrait se montrer en accord avec leur bon vou loir. Oui, une vraie adolescente en pleine crise existentielle. Ils avaient sans doute imaginé en toute bonne foi p arvenir à neutraliser toutes représailles possibles. Pour cela, ils avaient tent é d’infiltrer en toute discrétion la partie « Je me contrarie vraiment très profondément pour u n rien. » pour la déconnecter. Ce qu’ils considéraient comme leur génie intersidér al leur avait donc soufflé de ne pas révéler toute l’histoire en une seule fois. Non, no n, non ! Cela aurait été trop simple et surtout trop risqué pour leur survie. Genre, on va découper la trame narrative en plusieurs épisodes qu’elle ait le temps de se remettre du premier avant le deuxième. Deux semaines plus tard, leur mission d’infiltratio n paraissait à leurs yeux avoir porté ses fruits. Ils osaient même commencer à s’auto-fro tter le bidon d’autosatisfaction devant leur franc succès. À peine plus d’une semaine de cris déchirant les Cieux, annonçant une fin du monde imminente, suivi d’un mutisme obstiné et d’œillades assassines. Rien de très impressionnant à leurs yeux d’experts en paren talité. Et c’était vrai quelque part. J’avais commencé à sé rieusement me faire à l’idée, sachant que la plupart de mes amis étaient virtuels — tel est le cercle d’influence d’une geekette digne de ce nom. J’allais perdre mes bouti ques préférées, je ne pourrais plus me rendre aussi facilement aux salons geeks à Paris . Je m’étais persuadée qu’en fouinant judicieusement, je retrouverais sûrement d es enseignes à peu près similaires prêtes à satisfaire mes besoins vitaux à Dijon — ca r pour moi, la Capitale bourguignonne, c’était de l’acquis. Quant à mes deux tondus et trois poilus qui officia ient en tant qu’amis « réels » ? Le 2 combo imparable des pouvoirs « réseaux sociaux », « Skyp e » et « téléphone et 3 ordinateur portables », me permettrait d’obtenir un e victoire totale sur le méga boss « Distance » en mode « Enfer ». Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et la suite des événements se serait déroulée comme un long fleuve tranquille s’il n’avait échappé à la vue de mes quadras de parents équipés de verres progressifs LA salle ; celle de haute sécurité avec le fameux bout on rouge. LE bouton qui en un 4 battement d’ailes de papillon peut mettre fin à l’existence de toute une civilis ation.
Une seule explication à mes yeux pouvait expliquer cela, imperceptiblement excuser leur obscure et fatale erreur. Du temps de leur ado lescence, cette pièce ne devait pas exister. C’est une innovation assez récente. Quand a-t-elle vu le jour ? Personne ne le sait, mais depuis, chaque parent qui en découvre le pouvoir destructeur veut se rendre à Lourdes implorer la venue d’un miracle pour survivr e à son onde mortelle ; même les non-croyants ou de confessions différentes. C’est p our dire à quel point cette pièce et son bouton rouge les terrorisent. Les adolescents de leur génération, je les imaginai s tous gentils, juste un peu en rébellion, mais sous le joug de parents si autorita ires que s’ils se permettaient un jour par inadvertance ou inconscience — barrer la mention in utile — de frapper du poing sur la table, ils arguaient un faux mouvement et se confon daient en excuses avant de reprendre le repas en silence. Je suis peut-être tr op tombée sur le « Pensionnat De Chavannes » quand je regardais la télévision le soi r gamine avec mes parents. Quoi qu’il en soit, avec moi, c’était une tout autr e histoire. Je fais partie de la génération des enfants roi. Il ne faut pas les viol enter ou les contrarier ces petites choses sensibles. Réglons tout par le dialogue, parlemento ns, expliquons, éduquons avec toute notre bienveillance possible. OK. Moi je suis d’acc ord, mais chez moi, c’était vraiment appliqué à l’extrême par mes crèmes de parents. Du coup, quand j’étais en pétard, je ne frappais pas « accidentellement » du bout du poing. Je te la retournais la table. D’un autre côté, cela fonctionnait un peu ces conne ries éducatives parce qu’ils se montraient toujours d’une telle gentillesse et d’un e telle patience d’ange avec leur fille démoniaque qu’ils arrivaient toujours à me faire cu lpabiliser. Nom d’un schtroumpf en 5 salopette de Mario . À la fin, c’était même moi qui ramassais la table , et qui me punissais toute seule dans ma chambre. Bon, où j’av ais quand même mon ordinateur portable relié à la galaxie entière par la fibre. P as complètement folle la guêpe. 6 Mais revenons-en à nos moutons « minecraftiens » que j’adore teindre en rose. C’était une belle soirée d’automne à la base. Le ci el crachait tous ses poumons en raccord plus que parfait avec la myriade de personn es atteintes par les pandémies de rhino-pharyngite, d’angine et autres maladies inhér entes à la saison. Et pour parfaire le décorum, le vent faisait danser les dernières feuil les mordorées qu’il parvenait à arracher aux branches des arbres qui n’avaient pu résister à l’appel ancestral et immuable du sommeil hivernal. La soupe chaude de potiron à la crème et agrémentée de gruyère râpé ravissait mes papilles affamées. Le midi au réfectoire du lycée, on avait eu droit à une paella. Je déteste le poisson, les coquillages et crustacés. J e ne parle pas du porc sauce aigre douce. Je déteste les mélanges sucrés-salés. Oui, o ui. Vous la voyez de mieux en mieux se dessiner l’adolescente qui n’aimait rien ? L’aff reuse petite fille pourrie gâtée déjà blasée par la vie alors qu’elle n’avait rien vécu, mais qui croyait tout savoir sur tout ? Je plaide coupable. Entre deux cuillères goulues, je ne sais pas ce qu’ il m’avait pris, sûrement encore une envie suicidaire. Me voilà partie à parler de Dijon et de notre futur emménagement. — Bon, maintenant que je suis d’accord (Comme si la décision m’appartenait, vous noterez.), j’ai commencé des repérages sur internet . On n’est pas obligé d’habiter à Dijon même. Il semble y avoir de jolies petites bourgades , tout autour. On pourrait se trouver une petite maison sympa. Échange de regards gênés entre mes parents. Oh, oh ! Pourquoi m’étais-je sentie obligée à presque l’insu de mon plein gré de compos er frénétiquement le code secret à treize caractères — Oui, treize, j’aime le risque — d’ouverture de la serrure numérique de LA salle. — Ma chérie… avait commencé ma mère en marchant sur des œufs. Elle avait posé sa cuillère cérémonieusement, avait essuyé délicatement les commissures de sa bouche avant de reposer sa servie tte sur ses genoux. Elle avait plongé son regard noisette au fond de mes prunelles bleues tirant sur le parme comme
7 pour tenter de me jeter un sort d’apaisement. Par F ilius Flitwick , que c’était flagrant. Elle avait même toussoté pour s’éclaircir la voix. Pensa it-elle sincèrement qu’un timbre mélodieux rendrait la réalité plus acceptable ? — Je crois qu’il y a un malentendu, avait-elle repris le plus posément possible. — Pardon ? Mon visage avait commencé à blêmir, s’était figé, m es lèvres restant bloquées sur le « -on » du seul mot que j’avais été capable de pron oncer. Ma mère avait jeté un œil fébrile à son époux. Et ne m’avait pas échappé le c oup de coude à son complice sous la table dans un appel au secours désespéré.Ouh là, là ! Je le sens mal ! — Écoute, Cassandra… Note pour moi-même : ils ne m’appelaient JAMAIS par mon prénom complet sauf quand l’heure était vraiment grave. Je passerai au vol sur le sobriquet humiliant dont ils m’avaient affublée tout bébé. J’ai dû me battre lon guement et avec une détermination farouche pour qu’ils cessent au moins de l’employer devant mes copains et copines. Bon OK. J’ai bien remarqué vos regards insistants. Vers huit mois, j’avais assez de dents pour tenter une nouvelle expérience de la vie . Je ne sais absolument pas pourquoi. J’adorais faire claquer mes dents du bas contre cel les du haut, dixit mes géniteurs. Cela m’avait valu le magnifique surnom de « Cass-tagnett e ». Parce qu’en plus, dès qu’il y avait de la musique, je me mettais à le faire en ry thme, un rythme précaire vu mon âge à l’époque, mais la bonne volonté y était. J’avais pu le constater à chaque anniversaire dont je me souviens puisque j’avais droit à la vidé o de mes exploits tous les ans, jusqu’à ce que j’emménage dans mon premier appartement. — Pourquoi tu m’appelles « Cassandra », papa ? lui avais-je demandé en plein début d’attaque de panique. (Oui, il avait tenté dans un élan téméraire de reprendre le flambeau.) — Castagnette… — Oh non ! Putain, maman ! Je t’en prie, n’aggrave pas la situation. Oups ! Gros mot ! C’était la limite que je m’étais interdit d’outrepasser. Mais j’avais un tel mauvais pressentiment que je n’avais plus aucun contrôle sur les mots qui franchissaient mes lèvres. Mon père m’avait lancé a u même moment un regard désapprobateur. — Cassandra ! Tu sais ce qu’on pense de la vulgarité ? — Oui ! Pardon papa, m’étais-je aussitôt excusée le visage crispé de frustration tout en me donnant des petites claques sur les joues. Ma is put… Purée, crachez le morceau ! J’en peux plus ! Dans un soupir de désespoir, sachant qu’elle ne pou rrait pas éviter le cataclysme à venir, ma mère s’était résignée à me faire la grand e révélation. — Ma chérie, nous allons indéniablement nous rappro cher de la Bourgogne, mais… — Mais quoi ? On va pas à Dijon ? Auxerre m’irait a ussi, hein… Ma mère avait plaqué le bout de ses doigts contre s es paupières closes. Elle avait l’air au bord de la dépression, face à un gouffre au fond duquel elle savait qu’elle allait finir bien malgré elle parce que je l’y aurais précipitée de mes propres mains. Oui, moi sa fille chérie et diabolique. — Patrick, dis-lui toi. Je n’y arriverai jamais. Oh ! Mon père allait-il faire la femme forte à défa ut de l’homme lâche ? J’avais aussi déjà une très bonne image de l’homme pour l’époque, n’est-il pas ? — Cass’. On ne va pas tourner autour du pot 10 000 ans, avait-il pris les choses en mains à ma grande surprise. On n’emménage pas en Bo urgogne, mais en Champagne-Ardenne. Ma bouche s’était entrouverte, restant pantelante l e temps que mon cerveau gère les milliers d’informations qui l’avaient traversé en q uelques secondes, et que j’en arrive toute seule à cette conclusion illusoire, mais si rassurante à cet instant-là à mes yeux. — Ooooooh ! On va à Reims ? Bah, c’est pas si catas trophique que ça. Pourquoi tant
de tergiversations ? Une supputation immédiatement démentie par le « Rah , là, là ! » désespéré et le regard de chien battu que ma mère avait lancé dans le vide tout en se donnant une tape sur la joue du plat de la main. S’en était suivie s a soudaine et inattendue transformation en loup-garou. Elle s’était tournée vers mon père d ’un air sombrement belliqueux. — Putain, Patrick ! On va pas y passer la nuit ! La vache ! Ma mère qui jurait ? J’en avais eu les y eux quasi exorbités. Mais c’était si terrible que ça ? Et je leur faisais si peur que ça ? — Ah non, Véronique ! Tu ne vas pas t’y mettre auss i ! — Il faut bien qu’on lui dise, et on sait déjà ce q u’il va se passer… dans les grandes lignes. On a assez attendu. Le déménagement est dan s moins d’un mois maintenant. Elle a le droit de savoir. — Mais bor… Zut, flûte, caca boudin ! m’étais-je ra ttrapée une fois de plus à temps. On déménage où à la fin ? En Patagonie ? — À Langres… Ma mère avait eu la témérité folle de lâcher la bom be atomique. Le temps que mon cerveau détermine si j’allais être capable de survi vre à l’information, j’en étais restée statufiée, les bras ballants, la mâchoire inférieur e suspendue dans le même vide intersidéral qu’allait devenir ma vie. Bordel de merde ! On allait partir s’enterrer au « fameux » point du Nord-Est de la carte météorologique de France de TF1 où il fait quasi to ujours le plus froid ? Un trou perdu où il y a sûrement plus de vaches que d’humains au mèt re carré ? Cette micro ville où on avait passé quelques jours un été sur route pour la Bourgogne et que mes parents avaient adorée « de par son riche passé historique » ? Non, mais non ! Tout mais pas cette porte vers le n éant au fin fond de la campagne champardennaise ! Tout ce que je m’en souvenais, c’ étaient mes nausées foudroyantes provoquées par les relents du fumier répandu génére usement par tous les agriculteurs alentour sur leurs champs. Le vent les portait sadi quement jusque sur la promenade des Remparts que nous découvrions ce jour-là. Je me voy ais déjà mourir de déshydratation dans une ville puante où je ne cesserais de rendre le peu qui parviendrait à passer le barrage de mon gosier contracté par le dégoût. — Castagnette ? s’était inquiétée ma mère devant ma pétrification prolongée. Ta gueule, maman !avais-je pensé le plus fort possible. Dans un effort surhumain, de ma main droite, j’avai s soutenu mon bras gauche tout en tendant l’index, et j’étais parvenue à appuyer sur LE bouton, le célèbre bouton rouge. Dans un vague souvenir — tellement j’avais cherché par la suite à refouler l’une des expériences les plus traumatisantes de ma vie d’ado lescente quasi à égalité avec la mort de l’acteur Robin Williams que j’adorais —, je me r appelle que des griffes en 8 adamantium avaient commencé à sortir de mes mains. J’aurais a ussi pu jurer que ma peau avait viré au vert et que mes habits avaient c raqué cédant sous la pression de mon corps qui avait triplé de volume. Ma vie était bel et bien foutue. Jamais je n’en tro uverais le sens profond au milieu des vaches et du purin ! Quoi Diderot était né là-bas ? L’Encyclopédie ? Le Siècle des lumières ? Des lampes à huile oui ! Désolée, mais m oi, j’en étais déjà aux éclairages LED, nom d’un chien ! Autant aller me jeter tout de suite dans le Grand Collisionneur 9 d’Hadrons en Suisse ! Et là, j’avais explosé. — Je ne peux pas être la fille d’êtres aussi cruels et pervers que vous ! avais-je éructé. Dites-moi que vous m’avez adoptée, que je ne porte pas en moi le moindre matériel génétique qui puisse venir de vous ! Si c’est le ca s, je m’en fous ! Je vous renie ! Je trouverai un laboratoire qui fait dans la thérapie génique et m’offrirai en tant que cobaye humain pour qu’ils transmutent mon ADN ! Je vous dé teste ! Je vous hais de toutes les particules de mon corps ! Par Hadès, je vous envoie aux enfers, mais ceux de Dante où vous subirez mille supplices pour m’avoir infligé p areille calamité ! Vous vous rendez
compte ? Vous venez de ruiner toute ma vie, et toute perspective d’avenir possible ! Et sur cette malédiction, j’avais quitté la table v iolemment. Les derniers mots de ma mère que j’avais entendus ce soir-là dans mon dos a vaient été : — Cela aurait pu être pire, non ? Pour toute réponse, elle avait obtenu un silence pe rplexe avant que la maison entière ne menace de s’écrouler alors que j’avais claqué ma porte de chambre de toute ma force d’hybride de Wolverine croisé avec Hulk. Et me voilà aujourd’hui, sept ans plus tard et touj ours à Langres. Nous sommes le dernier mercredi de juin 2016. Je me rends d’un pas décidé au centre de loisirs pour lequel je travaille pour arrondir les fins de mois. Ne versons pas tout de suite dans le larmoiement, v ous découvrirez bien assez vite pourquoi moi qui me voyais faire de grandes études scientifiques, me suis retrouvée à vivoter dans mon premier petit appartement rue Boui llière, dans un coin reculé du centre-ville de la cité lingonne. Aujourd’hui, nous allons accueillir deux nouveaux e nfants. Deux fillettes, l’une de quatre ans. Sa nounou est malade et ses parents n’a vaient personne pour les dépanner. La deuxième, une petite Juliette de sept ans. Mon c œur se serre en pensant à elle car, elle a perdu sa maman d’après les renseignements fo urnis par son père. Je ne peux que compatir ayant moi-même perdu mon père quelques moi s après notre arrivée en Haute-Marne. Un accident de chantier… Oui, le voilà déjà qui se révèle le côté triste du pourquoi du comment j’en suis là aujourd’hui. Après le décès de mon père, les revenus du foyer avaient été nettement revus à la baisse. Mes parents s’étaient rencontrés très jeunes. Cela avait été un coup de foudre. Il avait dix-huit ans et elle, seize ans à l’époque. Dès qu’ elle avait atteint la majorité, ils s’étaient mariés et installés. Ma mère était tombée enceinte de mon frère aîné très rapidement. Elle avait décidé d’arrêter ses études et ne les a jamais reprises. Mon père ayant un salaire solide avait toujours assuré à lui seul la charge financière du foyer. Une famille à l’ancienne quoi. Moi, j’avais été la surprise inattendue, cinq ans a près mon frère ; victime involontaire du micro pourcentage de femmes équipées d’un stéril et qui arrivent tout de même à tomber enceintes. Mes parents s’étaient montrés tou jours assez honnêtes avec moi. Je n’étais certes pas prévue au programme à la base, m ais ils auraient tôt ou tard tenté d’avoir un deuxième enfant. C’était donc finalement avec joie qu’ils avaient accueilli la nouvelle. Mais comme ils n’avaient pas eu d’attentes particul ières vis-à-vis de moi — ils n’avaient pas eu le temps de projeter plein d’idées préconçues sur ce que je devrais être , aujourd’hui encore, je me demande si c’est l’une des raisons pour lesquelles je n’avais aucun complexe à laisser ma furie intérieur e se déchaîner à la moindre contrariété. Adolescente, je pensais que cela venait en grande p artie de ça et de leur éducation trop douce. Maintenant, j’en étais arrivée à la con clusion que non, j’avais vraiment aussi un caractère de merde. Le seul garçon — mis à part mon amoureux de maternelle et quelques fantasmes irréalisables —, avec qui je pen sais pouvoir vivre ma première histoire d’amour me l’avait bien fait comprendre. 10 Il faisait partie de la même guilde de joueurs de M MORPG que moi. On s’entendait 11 si bien lui et moi. On passait des heures à délirer ensemble sur notre Mumble très tard le soir. On était toujours les derniers à se déconn ecter, et on n’en finissait pas de se dire au revoir. Il avait demandé mon numéro de téléphone , ma photographie. Au bout d’un moment, mon petit cœur d’artichaut en attente du prince charmant s’était mis à concocter de la vinaigrette en prévision de cuisinier une sal ade composée d’amour. Eh bien non. Lorsqu’un soir j’avais osé lui avouer mon accointan ce à son égard vu que je la pensais partagée, il m’avait déclaré sans complexes :

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