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L'été de mes quatorze ans

De
11 pages

La découverte de l'amour d'une jeune fille de 15 ans.





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couverture
Sophie Cadalen

L’été de mes quatorze ans

Précédemment paru dans Extases de femmes

Editions Blanche

J’avais quatorze ans. Quatorze ans et demi, pour être exacte. Et c’est important l’exactitude, à cet âge ! Il me tardait tant d’atteindre et de franchir le seuil prestigieux des quinze ans, encore liés à l’enfance, aux treize et aux douze ans si proches et si loin pourtant…

Et lorsque la fin de l’année entérinerait ces quinze ans tant attendus, je serais en troisième, pour une dernière ligne droite – si tout se passait bien – dans ce collège que bientôt je quitterais. Dans un an, à la même époque, je préparerai ma rentrée dans le monde des presque adultes, celui du lycée. Un monde où tous mes repères disparaîtraient : repères de lieux, de visages, de rythmes. J’intégrerais un des établissements vers lequel afflueraient, comme moi, les ados des collèges environnants. Nous nous retrouverions au cœur de la ville, au cœur de la vie. J’abandonnerais mon vélo, sur lequel j’avais encore à pédaler une année pour être à l’heure en cours, et prendrais le bus qui tous les matins m’emmènerait vers l’animation de la cité, vers ses troquets, ses magasins, vers ces garçons et ces filles que je ne connaissais pas encore, et dont je rêvais les amitiés prochaines. Ainsi que les amours… J’avais encore un an à patienter – si je passais en seconde – avant d’inaugurer ma nouvelle existence. Une légère impatience déjà me chatouillait le ventre, je commençais à rêver la vie libre et affranchie qui serait la mienne, les rencontres fabuleuses que je ferais, les amours exceptionnels que je vivrais, les succès que bien sûr j’aurais… Quand mon existence de lycéenne commencerait.

Ces succès, qui un jour seraient les miens, n’avaient pas pour l’instant bouleversé mon quotidien. La quatrième avait été plutôt rude. Mes résultats avaient baissé, et comme disait ma mère : « Heureusement qu’il n’y a pas de quatrième trimestre, sinon tu redoublais ! » Et puis les relations entre garçons et filles avaient changé. Même si nous ne nous mélangions pas beaucoup jusque-là, nous nous entendions bien. Cette année, nos rapports s’étaient tendus. Ils étaient devenus crispés, et quelquefois agressifs. On n’arrivait pas à se parler, les garçons charriaient nos formes qui bombaient les tee-shirts, leurs mains baladeuses nous insultaient et leurs rires niais nous faisaient rager. Dans le même temps, nous nous cherchions sans cesse. Et vers le mois de mai, des boums s’étaient improvisées chez les uns et les autres, nous avions même osé quelques slows maladroits. Nous étions ennemis et plus intimes que jamais, entre nous commençaient à naître de profonds mépris mêlés d’attirances embarrassantes.

Nous étions, garçons et filles, nerveux et patauds dans nos nouvelles apparences et personne pourtant n’épargnait l’autre et ses complexes.

Des apparences qui, en ce qui me concernait, étaient désespérément inchangées. Pendant que mes copines cachaient en rougissant leur poitrine saillante, tout en arborant leur soutien-gorge dans les vestiaires du gymnase, je dissimulais l’immuable platitude de mon torse, le potelé de mon ventre poupin qui ne fondait pas. Mais je ne pouvais rien faire contre ma taille, qui elle ne trichait pas sur mon retard. J’étais définitivement la plus petite de la classe, gamine égarée parmi ces presque jeunes filles. Quant aux règles, dont elles parlaient à mi-voix et dont j’entrapercevais les « accessoires » dans les sacs à dos, elles étaient un événement fascinant et inquiétant qui m’était étranger, et dont j’avais peine à imaginer qu’un jour il transformerait, aussi, ma vie. Devenir une femme… « Tu as bien le temps ! » disait encore ma mère. Eh bien non ! Je n’avais pas du tout le temps ! Et si, déjà, je pouvais ne plus avoir l’air d’une fillette, il me semblait que ma vie en aurait été tellement plus facile ! J’étais déchirée par ce décalage entre mon corps et les pensées qui m’absorbaient, un décalage qui me réduisait à l’impuissance et qui m’empêchait de vivre toutes les vies que j’inventais. J’étais minus et je rêvais de me pâmer dans les bras d’un beau et grand jeune homme. J’étais lamentablement « normale », et j’imaginais l’irrésistible attraction que j’exercerais, quand ce corps et ce visage seraient enfin au diapason de la jeune femme exceptionnelle qui logeait dans ma tête. Je rêvais d’un jour où ma différence éclaterait aux yeux de tous, et j’associais ce jour aux temps prochains du lycée, à l’entrée duquel j’aurais l’occasion d’abandonner la vieille « moi » aux cheveux raides, aux joues rebondies et aux allures de fillette. Mais il fallait encore patienter un an. Un an pendant lequel je guetterais au fond de ma culotte une traînée rouge qui me déclarerait jeune fille. Un an d’observation dans la glace pour repérer le sein qui s’arrondirait, la silhouette qui s’affinerait. Un an à se consoler à coups de bananes écrasées sur du pain beurre et saupoudrées de sucre ou de chocolat…

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