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L'homme emprunté

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Elizabeth Herrgott raconte sa passion pour un avocat.





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couverture
Elizabeth Herrgott

L’homme emprunté

Précédemment paru dansExtases de femmes

Editions Blanche

J’ai toujours trouvé les hommes de loi ennuyeux et redoutables, mais le mien fait mon affaire. Il n’a aucun de ces vilains défauts, de ces vilains défauts comme la vanité ou la suffisance qui caractérisent les autres. W. a les mains très soignées, manucurées plus que les miennes, c’est normal car ces gens-là parlent beaucoup avec leurs mains, leurs mains ont presque autant d’importance que les traits de leur visage, elles permettent les effets. Ils ne cessent de nous épater, mais nous les craignons parce que nous ne connaissons pas le verdict et que nous l’attendons. Mais en ce moment il est mon homme, juge, magistrat, avocat, huissier ou notaire, imaginez ce que vous voulez. C’est un homme de justice qui essaie par sa grande honnêteté intellectuelle d’être juste.

L’Homme emprunté, mais pour combien de temps ? Je l’ignore. Le plus longtemps possible serait mon souhait le plus cher. Lui et personne d’autre. Moi qui, jusqu’ici, avais toujours eu plusieurs amants en même temps, dans des lieux différents, il est maintenant le seul. J’ai éliminé les autres. Serais-je tombée en paradis ou en enfer ? Je pense que les deux seront intimement liés. Même Abel, l’homme tant aimé et vénéré, ne m’a jamais donné autant d’inspiration immédiate et je jouis aussi de cela, sûre de lui écrire un petit bijou puisqu’il parlera d’amour, d’amour fou, d’amour lubrique, de grand Amour.

L’homme emprunté, je l’ai emprunté à l’autre femme sans vergogne. Après tout, c’est son affaire à lui, moi je n’ai pas d’homme à la maison. Je n’ai aucun compte à rendre.

Il est 6 heures du soir, à Paimpol en Bretagne le temps est aussi changeant que les individus. Plus froid.

Cependant il n’y a plus désormais de méchanceté dans le monde, il n’y a plus de guerre, il n’y a plus que lui et moi. Je n’y peux rien si mon égoïsme transparaît. Je ne fais aucune excuse. De quoi suis-je atteinte ? De joie et d’amour. Je suis envoûtée. Qui oserait me condamner pour cela sinon les jaloux, les solitaires ou les insensés.

Pour l’instant nous ne faisons pas de vraies balades. Qu’importe puisque nous vivons le froid ensemble et que nous nous aimons même si nous ne parcourons pas les kilomètres prévus pour notre santé corporelle. Une avalanche de scènes tendres et tellement érotiques. Le reste me passe au-dessus de la tête, à moi qui fais tous les jours des emplois du temps de peur de m’ennuyer dans la vie, qui prévois et organise. Ici, je ne me pose même pas la question. Hic et nunc, ici et maintenant, une devise qui me revient et me convient.

Le ciel se dégage, nous sommes dans nos lectures, nos écrits, bientôt nous sortirons du Cargo pour marcher en longeant le port et les rues médiévales où il est dur d’avancer allègrement sur les pavés anciens ; on se croirait à Prague. On s’y tord les pieds, mais c’est si beau. Les heures s’écoulent comme les coquillages sur la grève quand ils glissent sur le sable lorsque la marée s’est retirée. Le regard de W. me rend à moi-même, je n’ai pas besoin de m’agiter dans tous les sens. Le déferlement des vagues dans le port sous les bateaux qui voguent immobiles ou se déplacent à peine me donne le tournis autant que mes sentiments pour lui qui me fait face. Jean-Baptiste, le fils du patron de notre bar préféré, Les Chaluts, vient me dire qu’il a lu cet après-midi une dizaine de pages de Mes Sorcières.

– Vous êtes une avant-gardiste promue à la grande célébrité.

– Il faudra attendre encore un peu de temps ! lui répondis-je.

Je me sens en ce moment comme la caisse de résonance de toutes mes joies terrestres. Musicales, du Mozart, du Verdi plein la tête, du Wagner qui résonne avec mes origines prussiennes. Mes prénoms sont wagnériens, Élizabeth et Éléonore. C’est Wagner qui a inspiré mes parents dans leur choix et là je n’ai rien à leur reprocher. Mention bien.

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