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Table Of Contents JUANA LAPAZ L'Inquisiteur Moderne Illustrations de Carlo Librairie artistique et parisienne Une confession
I L'impitoyable marâtre
II Le maître et ses esclaves
III Corset serré, bottes montantes
IV Boucliers et tambour à pointes
V Les divertissements cruels
VI Le tribunal
VII Ma pudeur à l'épreuve
VIII Le caleçon de cuir
IX La chambre des tortures
X La Servante coupable
XI Les tonneaux de Don Ramon
XII Le corset de fer
XIII Les serpents d'eau
XIV La cuirasse d'épines
XV Folies impériales Les banderilles de Don Ramon
XVI La fuite
Illustrations
Si vous désirez être tenu au courant de nos publications adressez-nous un courriel à l'adresse suivante : To the update on our activities and publications you have only to send us e-mail to : domleroy@enfer.com Website :www.enfer.com/ © 1979 by Editions Dominique Leroy, Paris, France pour l’édition papier. © 1997-2009 by Editions Dominique Leroy, France, pour l’édition numérique. Format ePub : ISBN 978-2-86688-344-7 Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit sans le consentement de l’éditeur est illicite (Articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.) All rights reserved. No part of this book may be reproduced in any form, by any means, without the prior written consent of the publisher.
Juana Lapaz L'INQUISITEUR MODERNE Illustrations de Carlo
Librairie Artistique et Parisienne Éditions Dominique Leroy
Une confession
Voici en vérité la plus étrange confession qu'il nous ait été donné de connaître. Si nous la rapportons ici - avec le consentement et l'aide de l'héroïne - c'est parce qu'il nous a paru curieux de révéler l'existence secrète de personnages, dotés d'une mentalité que l'on croyait disparue depuis les jours les plus sombres du moyen-âge et de l'Inquisition espagnole. Ce récit apportera, d'autre part, croyons-nous, sa contribution à l'étude des passions insolites et de cette joie d'humilier, propre à certains êtres,: particulièrement à ceux qu'une trop lourde hérédité entache de dégénérescence et porte à rechercher les satisfactions de la sensualité en ces raffinements, dictés par une exacerbation purement cérébrale, que l'on ne supposait être jusqu'ici que l'apanage des moines cruels de jadis ou de ces durs bergers de l'Argentine, grisés d'air et d'alcool. Lorsqu'il faisait fouetter les rétives pucelles du fameux Parc aux biches , Louis, le bien-aimé, n'était qu'un innocent, comparé au contemporain Don Ramon Rosario, dont le récit que l'on va lire confesse les exploits. Note de L'éditeur.
I L'impitoyable marâtre
Je perdis ma mère alors que j'étais âgée de dix ans. Mon chagrin fut de courte durée, du fait qu'elle était malade depuis ma naissance et que l'on me tenait éloignée d'elle. Quant à mon père, le comte de B..., il passait ses journées entre le cercle, la chasse et des distractions qui le faisaient rentrer aux heures où je dormais. Il paraissait ignorer presque mon existence. J'étais élevée par une vieille bonne qui m'avait vue naître et qui m'aimait comme si j étais sa propre fille. Comblée par elle de caresses et de prévenances, ma seule contrariété venait de la maîtresse d'études que l'on m'avait donnée et qui se montrait exigeante à l'excès dans son désir de me voir savante. Brusquement tout changea. Mon père m'appela un soir au salon et me présenta à une femme, jeune et très belle, qui m'embrassa et m'apprit qu'elle allait être ma maman. J'avais alors treize ans. J'accueillis la nouvelle avec indifférence. Peu m'importait que mon père, que je ne voyais jamais, se remariât ou non, du moment qu'on me laissait ma vieille Louisa. On ne me la laissa pas. A peine installée à la maison, le premier soin de ma belle-mère fut de congédier cette vieille bonne et de me donner une gouvernante des plus sévères... Celle-ci s'étant plainte de moi, je dus comparaître devant ma belle-mère qui m'ordonna aussitôt de me mettre à genoux et de relever mes jupes. Je ne compris pas.
- Allons, mon enfant, plus vite que ça. Vous ne comprenez donc pas que vous avez mérité la fessée? Je n'avais jamais été battue. Ce mot de fessée me fit monter le rouge au front. - Ce n'est pas possible! m'écriais-je. - A mon âge - A votre âge? Et après? Je veux vous former, moi! - Pas comme cela, madame! - Appelez-moi belle-maman et soumettez-vous ou sinon... Elle me tirait les cheveux. Elle m'obligea à tenir mes jupes relevées, abaissa ma petite culotte et, pour la première fessée que je recevais, je fus servie au delà de tout espoir... Sa main était dure et sèche, mais ce n'était pas tant la douleur éprouvée qui m'arrachait des larmes, que l'humiliation, l'humiliation atroce d'être là, à treize ans et demie, moi qui paraissais beaucoup plus que mon âge, livrée à cette femme qui m'était en somme inconnue et montrant la partie la plus charnue de ma personne à cette institutrice qui se gaussait de moi, encourageant ma belle-mère à ne pas m'épargner. Hélas! Depuis ce jour ma vie devint un martyre d'humiliation. Pour le plus léger motif, j'étais fessée. Aujourd'hui seulement je comprends que ma belle-mère devait éprouver à me corriger ainsi, un plaisir particulier. Elle avait fait l'acquisition d'un martinet et me faisait ainsi fouetter en sa présence par l'institutrice. On ne s'étonnera point que je l'aie prise en haine. Elle ne pouvait m'aimer non plus, se vengeait sur la fillette innocente que j'étais de ma ressemblance avec ma mère ce qui faisait l'admiration de ceux ayant connu cette dernière. J'eus lieu plus tard de me féliciter de la sévérité de cette marâtre. Ses corrections me préparèrent en somme à ce que je devais endurer par la suite. Je ne lui pardonnais pas, alors, ces fessées qu'elle me donnait à tout bout de champ, en présence des domestiques et même d'amis, venus la voir... Excédée un jour, j'avais timidement essayé de me plaindre à mon père et de le prier d'intercéder en ma faveur. Il prit fort mal la chose. - N'insiste pas ou c'est moi qui vais t'en flanquer une; et, avec ma cravache! Il dut pourtant parler à sa femme. Elle me laissa quelque temps en paix. Je pus même croire qu'elle renonçait à me traiter en gamine car j'allais sur mes quinze ans et tout dans ma conduite n'avait rien que de très respectueux pour cette femme à laquelle mon père avait donné son nom. Les hommages que me rendit un jeune homme duquel elle voulait se faire admirer envenimèrent à nouveau sa haine. En sa présence, elle me prit les poignets, me contraignit à plier les genoux et se mit à me fouetter, toutes jupes retroussées, avec une telle force que son galant intervint, menaçant de se retirer si elle ne s'arrêtait pas. Je me relevais, folle de honte, criant: - Jamais! Jamais, vous m'entendez, je ne vous pardonnerai cela! Elle se mit à rire. - Ah! Ah! c'est ce que nous verrons! Comment se fit-elle pardonner sa méchanceté à mon égard par ce jeune homme? Elle l'entraîna dans un boudoir voisin et j'entendis bientôt des rires fuser et comme des cris de femme chatouillée. Ce jeune homme m'avait plu. Romanesque, comme on l'est à quinze ans, j'avais ingénument imaginé que c était là le fiancé que l'on me destinait. La façon dont il était intervenu pour mettre fin à mon supplice m'avait paru chevaleresque. La trop facile victoire sur lui de ma belle-mère réduisait à néant toutes mes pauvres illusions. Je devinais, quoique sans trop comprendre. Je faillis hurler de rage. Je me mordis le poignet au sang pour retenir mes cris de colère. De ce jour ce fut la guerre entre ma belle-mère et moi. Voyant en moi une rivale, elle ne se soucia plus de s'amuser en me fouettant, mais de m'humilier chaque jour davantage. Lorsqu'un matin, mon institutrice entra dans ma chambre avec un paquet de verges, entre ses cahiers, disant: J'ai reçu l'ordre de vous corriger sans pitié à la moindre incartade , je me précipitais sur elle et, lui arrachant les verges, je me mis à lui en cingler le visage. A ses cris, ma belle-mère arriva, pour ressortir aussitôt et revenir avec une cravache dont elle me laboura tout le corps, mettant mes vêtements en lambeaux. Je faillis ouvrir la fenêtre pour me précipiter dans le vide. - Ne vous avisez plus de me toucher, ni de me faire châtier, dis-je, sinon je ne réponds plus de moi! - Des menaces à présent! Il ne manquait plus que cela! Une mauvaise fille précocement vicieuse, voilà ce que vous êtes! Mais je vous materai. Vous avez compris? Je vous materai. Et elle sortit de la chambre, haussant les épaules. L'institutrice, moins crâne, promit qu'elle ne se chargerait plus jamais de me corriger. Mon père, mis au courant, décida que, dès lors, je prendrai tous mes repas dans ma chambre.
Pourquoi ma belle-mère dont je n'avais plus ainsi l'occasion de contrarier les vues ou les caprices, non plus que d'observer ce qu'il pouvait avoir dans sa conduite de dangereux pour l'honneur de mon père, voulait-elle mettre fin à ma semi-réclusion, hâtant le drame qui devait être l'aboutissement de mon infortune et les prémisses de la plus extraordinaire aventure que puisse vivre une jeune fille de notre époque? Sous prétexte que de me faire porter mes repas dans ma chambre compliquait le service, celle que l'on appelait - à ma grande irritation - la belle comtesse de B... exigea que je reparaisse à table aux heures du dîner. Ces dîners étaient pour moi un véritable supplice. Je sentais sur moi les regards hostiles de cette belle-mère que mon père, en sot aveugle qu'il était, couvait tendrement des yeux, alors que je ne semblais pas exister pour lui. Un soir, je ne me souviens plus à propos de quel détail domestique, j'osai élever la voix: - Taisez-vous me dit ma belle-mère. Ce n'est point vous qui commandez ici. Je n'entends point que les petites filles se mêlent de ce qui ne les regarde pas. - Bien dit, approuva mon père. - Je ne croyais pas être une petite fille à seize ans. - Vous ne les avez pas encore. - Il me manque deux mois. Vous n'aviez qu'à me laisser en pénitence dans ma chambre... pendant toute une année; j'en ai pris l'habitude. - Je vous dispense de vos réflexions, s'écria ma belle-mère, soudain très rouge. Et puis, ne faites pas cette tête-là, sinon je vous corrige, je vous corrige, comme une gamine que vous êtes encore. - Cependant... - Vous avez l'audace de répliquer? Une gifle, une gifle formidable s'abattit sur ma joue, le chaton d'une bague déchira mon nez... Je manquai choir de ma chaise. Alors, folle de douleur, de révolte surtout, je ne sus plus ce que je faisais; je pris le couteau qui se trouvait près de mon assiette et, me jetant sur la méchante femme, par trois fois je lui enfonçais la pointe dans l'épaule. Elle poussa un véritable rugissement, s'écroula... - Misérable! s'écria mon père qui me donna un coup de poing en plein visage pour se précipiter au secours de sa femme. Je m'étais enfuie dans ma chambre, prête à tous les événements, bien résolue à m'élancer par la fenêtre si l'on venait m'arrêter ou me faire encore du mal... Les cris que j'entendais me donnaient à penser que ma victime n'était que blessée. J'entendis mon père téléphoner au médecin qu'il vienne aussitôt. Tout bourdonnait dans ma tête; je perçus le bruit de la sonnette, des portes qui s'ouvraient et se fermaient, d'allées et venues, puis tout me fit l'effet de se calmer. Je finis par tomber, toute habillée sur mon lit et m'endormis comme une masse. Lorsque je me réveillais, mon père était devant moi. - Vous avez voulu assassiner votre belle-mère. Désormais, Isabelle, il n'y a plus rien de commun entre nous. Par égard pour le nom que je porte, par pitié pour moi, ma femme a décidé qu'elle ne porterait pas plainte comme elle serait en droit de le faire... Demain vous entrerez dans une maison de correction, où vous resterez jusqu'à votre majorité. - Merci, dis-je. J'ajoutai: Tout plutôt que de rester ici! J'eus toutefois un élan de détresse; je tendis mes deux bras vers lui: - Mon père! - Je ne suis plus votre père. Il sortit de la chambre sans se retourner. Je donnai alors libre cours à mes larmes, demeurant tout le jour sur mon lit, hébétée, n'arrivant pas à saisir toute la portée de mon geste fatal.
II Le maître et ses esclaves
J'avais attendu tout le lendemain et le surlendemain dans ma chambre l'arrivée des hommes chargés de m'emmener en captivité. J'attendis toute la semaine. La bonne, qui m'apportait ma nourriture, restait muette à mes questions, ayant reçu également l'ordre de ne rien me dire. Enfin un matin, c'était, il m'en souvient, un dimanche, la porte de ma chambre s'ouvrit et je vis entrer ma belle-mère, pâle, changée, s'appuyant au bras d'une personne, toute vêtue de noir, très brune et dont les yeux bistrés, dans. une face jaune, avait une expression d'oiseau de proie. Comme épouvantée, je reculais jusqu'à mon lit: - Calmez vos appréhensions, Isabelle, prononça ma belle-mère. Vous m'avez fait bien du mal, mon enfant, et j'ai failli mourir. Pourtant je vous pardonne. Nous avons décidé, votre père et moi, au lieu de vous
envoyer dans une maison où la promiscuité risquerait de vous corrompre à jamais, de vous confier aux soins de Mme Martinez, qui est espagnole et va vous emmener avec elle dans son pays pour changer votre humeur. J'espère que vous ne vous plaindrez pas de ma générosité à votre égard. Vous allez faire un beau voyage. Vous devrez toutefois obéir rigoureusement à la señora Martinez, sinon elle vous ramènerait à nous et nous devrons alors envisager pour vous un traitement moins favorable. Voilà. Vous partirez dès ce soir. Bonne chance, ma petite Isabelle, et bon voyage. Je vous laisse avec Mme Martinez. Je n'étais pas encore revenue de ma stupéfaction qu'elle était sortie de ma chambre. Je ne décelais pas, à cette minute, l'hypocrisie détestable et la monstrueuse duplicité de cette femme. Je retournais mes regards vers celle à qui l'on me confiait et dont le regard scrutateur me glaça d'effroi. Ce nom de Martinez aussi, évoquait l'image du châtiment qui m'avait été par trop infligé et avait été la cause première du déplorable geste auquel je devrais, je m'en rendais compte, d'avoir toute mon existence gâchée à jamais. - Dépêchez-vous, ma chère enfant, me dit Mme Martinez, nous devons prendre dans deux heures l'express de Madrid. - Le temps de rassembler mes robes... - A quoi bon... une seule suffit. Je vous habillerai là-bas selon la mode des femmes de la région... Nous nous arrêterons d'ailleurs à Madrid pour faire quelques achats. Je vais vous aider à vous habiller. - C'est inutile, madame. - Si, si, j'y tiens. Ses mains sèches s'emparèrent de moi... Mais elle eut un cri d'admiration: - Vous êtes admirablement faite!... Votre taille est mince, le reste, abondant à souhait, vos cuisses sont grasses et fuselées à la fois... C'est parfait. - Quel intérêt cela peut-il avoir? demandai-je, agacée et choquée. - Quel intérêt? Mais aucun... J'aime les jolies filles... Nous nous entendrons très bien, j'en suis sûre. Je ne répondis pas. Je n'avais plus le choix de ma destinée. J'étais pressée de quitter la maison d'un père qui me reniait après m'avoir toujours délaissée et avait sa responsabilité dans le geste qui avait failli faire de moi une meurtrière... Je suivis Mme Martinez sans demander à le revoir, certaine qu'il s'y refuserait, ni à revoir ma belle-mère; je ne pris congé que de la femme de chambre qui porta ma valise jusqu'au taxi et son adieu inquiet me frappa. J'étais résignée à tout. Nous passâmes à l'hôtel prendre les bagages de la señora Martinez qui à présent se déridait et plaisantait avec moi et le train nous emporta bientôt loin de ce Paris où j'avais tant rêvé d'être heureuse... Le voyage s'accomplit sans incidents notables. L'Espagne ne me donna point les joies visuelles que j'espérais. Il y avait aussi, depuis que nous y étions, quelque chose de mystérieux dans l'attitude de Mme Martinez; elle se faisait de plus en plus autoritaire... Elle me conduisit, à Madrid, dans une maison de corsets et m'y fit prendre mesure malgré mes protestations et mon assurance qu'il me suffisait d'une ceinture pour faire tenir mes bas. La marchande, qui échangeait avec elle de bizarres coups d'œil et des propos que je ne comprenais pas, m'avait fait retirer ma jupe et m'essayait des corsets très étroits, en serrant affreusement les lacets. - Je ne pourrais jamais supporter cela, disais-je à Mme Martinez. - Mais si, très bien. Il faudra les supporter. Vous devez m'obéir. Dans un grand magasin de bonneterie elle m'acheta des bas. Je voulais en choisir les nuances à la mode. - Chez moi vous ne porterez que des bas noirs ou blancs. Ils seront d'ailleurs tout en soie... Je m'étonnais de lui en voir acheter cinq douzaines... Elle m'acheta aussi plusieurs jolies chemises et combinaisons et des petits pantalons, ornés de dentelles et ajourés. - Je n'oserai pas les mettre. - Je veux que vous soyez élégante. Mme Martinez ne se gênait plus pour me contrarier et ne prenait pas mes avis... Nous quittâmes Madrid, nous dirigeant vers le sud. Le pittoresque de Cordoue, où nous nous arrêtâmes, m'enchanta. Tout était ensoleillé et nouveau pour moi. Mais, le soir, après m'avoir fait dîner dans une assez méchante auberge, ma compagne me conduisit dans un cabaret chantant. Le public était des plus vulgaires. Des hommes, à faces bestiales, buvaient, crachaient, acclamaient de pauvres chanteuses dont le répertoire devait être ordurier, d'après les gestes dont elles accompagnaient leurs couplets. Mme Martinez demeurait silencieuse, consultait à tout moment la porte en regardant l'heure à son bracelet-montre. Enfin une jeune femme, très élégante, arriva, vint droit à nous, me toisant et me souriant aussitôt avec une expression de satisfaction manifeste. - Vous êtes Française? Je parle français aussi, vous voyez. Je vous attendais. Mme Martinez s'était levée, très respectueuse: - Ah! Señorita Manuela... Et, se tournant vers moi: La señorita Manuela Rez. C'est à elle désormais que vous devrez obéir.
- A moi et à quelqu'un d'autre, corrigea aussitôt la jeune Espagnole. La salle se vidait peu à peu. Le patron du lieu, qui essuyait les tables avec son torchon, ne faisait rien pour retenir les clients... Nous étions presque seules quand arrivèrent sur l'estrade quatre jeunes danseuses, drapées dans des mantilles jaunes. Dès leur danse je vis qu'elles étaient nues par-dessous, sauf leurs jambes gainées de longs bas de soie noirs, aux jarretières écarlates. Leur danse était précipitée, scandait les accords des guitares dont deux hommes jouaient dans un coin, mais l'expression de leur visage trahissait comme une affreuse angoisse. Brusquement un rideau se souleva et un homme, habillé en toréador surgit plutôt qu'il n'apparut. Il avait à la main un fouet de chasse... Il prononça avec une sinistre grimace un mot qui voulait sans doute dire plus vite car les quatre danseuses se mirent à tourner comme prises de folie... Ce n'était pas assez vite à son gré, car il se mit à faire claquer son fouet puis à fustiger férocement les croupes des malheureuses. Manuela Rez éclata de rire. - Vous allez voir tout à l'heure leurs fesses! me dit-elle. - C'est affreux, murmurai-je. Pourquoi est-il si méchant? - Parce que c'est Don Ramon...
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