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La Parisienne et le Highlander

De
521 pages

Suite au décès de son grand-père, Anaïs de Malincourt, jeune libraire parisienne, va se retrouver malgré elle, entraînée dans une aventure à laquelle elle ne s’attendait pas.


Iain Mac Kelloch’, l’aîné d’une dynastie écossaise va se voir charger d’une enquête à laquelle son grand-père lui demande, au-delà de la mort, de se consacrer.


Les concours de circonstances (mais en sont-ils vraiment ?) feront se rencontrer les deux jeunes gens qui n’auront pas d’autres choix que d’obéir à leurs aïeux et se lancer à la poursuite d’une mystérieuse pierre d’étoile que les Mac Kelloch’ appellent le Stur Rionnag.


Avec un zeste de légende, une part d’aventure, un soupçon de mystère, une pincée d’érotisme, Anaïs et Iain vont vivre avant tout l’histoire de leur destinée.


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La Parisienne et le Highlander


Tome 1

La Salamandre et le Félin


Jeanne Malysa



Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite. « Le code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faites sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » Droits d’auteurs © 2016 Editions Dreamcatcher

dédicace ebook Malysa 

1 - France- Paris – Troisième jeudi d’avril – 16h00 


Il est 16h. Le soleil est haut et presque chaud pour un mois d’avril. Pourtant, Anaïs n’a pas le cœur à savourer la douceur que les rayons solaires distillent. Elle revient du cimetière du Père-Lachaise où repose maintenant la dernière personne de sa famille qui lui restait. Son grand-père est parti ailleurs, avec le sourire aux lèvres. Il a rejoint celle qui l’a quitté quelques années plus tôt. Bien trop tôt.

Anaïs sort de la voiture de Marcel, son ami, gérant et propriétaire de la superbe brasserie le Marcel and Co, Marco, pour faire court, située juste à côté de la librairie de son grand-père, baptisée a tenebris ad lumen, de l’ombre à la lumière en latin, ATAL, pour faire plus simple.

C’est à elle, désormais. Son coin de paradis.

Marcel lui sourit tendrement en disant que tout le monde l’attend au Marco pour fêter le souvenir d’André de Malincourt, le dernier chevalier de ce monde. Anaïs lui répond avec la même tendresse.

— Merci Marcel. Vraiment. Merci d’être venus si nombreux. Cela m’a fait un bien fou de vous avoir tous auprès de moi. Mon grand-père vous aimait énormément. Être aussi entourée m’a beaucoup aidée à supporter tout cela, dit-elle, la gorge nouée. J’arrive dans quelques instants. Laisse-moi juste un petit moment, s’il te plaît. Je vous rejoins d’ici peu.

— D’accord, ma belle. J’ai privatisé mon bar pour toi aujourd’hui. Toute la tribu est là. Benjamin est déjà en train de préparer son cocktail spécial RCM : un tiers de rhum pour la « Rue », un tiers de citron pour le « Cherche » et un tiers de Mezcal pour le « Midi »… Il a trouvé ça tout seul et n’en est pas peu fier ! Ne tarde pas trop quand même sinon il ne restera plus rien pour toi.

Anaïs hoche la tête puis sort du véhicule sans rien dire.

Marcel la regarde rentrer dans la boutique, soupirant devant la tristesse de son amie.

Dieu qu’elle est belle, cette fille. Si je n’aimais pas Benjamin, je crois que j’aurais pu tomber amoureux d’elle.

Il gare la voiture dans le parking réservé aux habitants de l’immeuble et rejoint tous les membres de la tribu du 54 Ter qui se sont donné rendez-vous dans le café pour entourer Anaïs.

La tribu du 54 Ter. C’est ainsi qu’ils aiment s’appeler, ces habitants de l’immeuble situé dans la rue du Cherche-midi, une rue de Paris dont le nom évoque le soleil et le mystère. La Tribu porte bien son nom, car ils sont tous solidaires des uns des autres. Au moindre coup de vent, ils rappliquent et se protègent des bourrasques de la vie.

Anaïs repousse la porte de la librairie, fermée pour l’occasion, et s’appuie sur le comptoir en chêne foncé. Sans en prendre conscience, elle caresse la salamandre1 qu’elle a autour du cou. C’est un pendentif qu’elle porte depuis sa naissance, seule la chaîne a changé depuis. C’est un bijou magnifique tout en or, très stylisé, d’une forme très épurée avec ses pattes recourbées qui se rejoignent, la queue touchant la gueule et des flammes courant sur son dos. Son grand-père le lui avait offert à sa naissance et avait attaché une grande importance à ce qu’elle le porte en permanence, lui ayant toujours recommandé de ne jamais s’en séparer.

La jeune femme ferme les yeux et respire l’odeur des livres. Une odeur de papier, d’encre, de poussière aussi, un peu. Elle revoit son grand-père, perché sur un petit escabeau, s’échiner à ranger les volumes dans les rayons. Elle a passé toute sa vie ici. Anaïs sanglote doucement, sans faire de bruit. La dernière fois qu’elle a pleuré, c’était pour la mort de sa grand-mère, Sylvette.

Cela fait maintenant 6 ans, Anaïs en avait alors 18. Sa grand-mère est morte d’une crise cardiaque. Alerté par le bruit de la bouilloire qui sifflait sans discontinuer depuis un bon moment alors qu’il lisait une revue de meubles Empire dans le salon, André la trouva effondrée dans la cuisine. Il ne put rien faire pour réanimer sa femme et fut profondément choqué par la disparition brutale de celle qu’il avait passionnément aimée pendant plus de 50 ans. Le désarroi de son grand-père quand il se retrouva seul sans la femme de sa vie avait causé autant de chagrin à Anaïs que la perte de sa grand-mère elle-même. Il ne s’en remit jamais et s’éteignit petit à petit.

Trop difficile de vivre malgré la présence de sa petite-fille. Il avait déjà subi la perte de Jean, son fils unique lors d’un accident de voiture alors que celui-ci visitait l’Italie avec Agnès, sa jeune épouse. Ils avaient laissé Anaïs, âgée de quatre ans, à la garde des grands-parents paternels, les seuls qu’elle avait, car sa mère avait perdu les siens alors qu’elle allait fêter ses 17 ans, là aussi lors d’une tragique et horrible erreur de jugement d’un conducteur.

À la suite de ce drame, André et Sylvette firent de leur mieux pour qu’Anaïs ait une vie heureuse malgré tout.

Elle a vécu une enfance paisible et une scolarité relativement bonne, mais quelconque. Anaïs n’a pas gardé d’amis de cette période, étant une enfant assez solitaire et pudique, ne se livrant pas et ne recherchant pas la compagnie de ceux de son âge. Elle a bien eu quelques copains et copines au fil des classes, mais cela n’alla jamais jusqu’à une amitié profonde et sincère.

Elle est devenue une très belle jeune femme de 24 ans, bien dans sa peau, aimant la vie et appréciant à juste titre tous les instants du moment présent.

Anaïs sait qu’elle est jolie, les regards que lui lancent les hommes le lui prouvent, mais elle n’y attache pas vraiment d’importance… enfin, presque. C’est toujours très agréable de se sentir admiré, tout de même !

De taille moyenne, banalement standard, Anaïs se reconnaît des courbes plutôt voluptueuses allant à l’encontre de la mode actuelle de jeunes filles filiformes, d’où son mal fou à trouver des vêtements lui correspondant. Franchement, ce n’est pas facile de trouver une robe alliant des hanches rondes, une taille plutôt fine, des seins ronds et lourds remplissant un soutien-gorge E.

D’ailleurs, Benjamin, son ami/étudiant/salarié à mi-temps de la librairie lui répète assez souvent :

— Si je n’étais pas amoureux fou de Marcel, tu me ferais vraiment bander comme nana !

Hormis sa silhouette, deux particularités la caractérisent vraiment. Des yeux légèrement étirés, vert émeraude et des cheveux noirs, épais, soyeux et ondulés, qui lui tombent jusqu’au creux des reins.

Malgré ses atouts et son côté très sensuel, elle n’a jamais connu l’amour avec un grand A. À 17 ans, elle a juste fait une erreur de parcours avec un béguin de vacances qui, tendre, mais maladroit, l’a déflorée sans la faire jouir. Elle en garde un mauvais souvenir, son jeune amant de 18 ans lui ayant fait mal, ce soir-là. Pragmatique, elle a vu le bon côté de la chose peu après : au moins, il m’a débarrassé de cette saloperie. Le prochain devra être le bon.

Trop entière pour se laisser approcher une nouvelle fois sans qu’elle ait le coup de cœur, Anaïs n’a eu que quelques flirts, mais pas d’autres amants.

Jeune femme très intelligente, assez portée sur tout ce qui est un peu ésotérique, mais tout en admettant qu’il faille raison garder, elle n’a pas voulu faire de grandes études et après un bac littéraire en poche, s’est dirigée vers un BTS de gestion, qu’elle a eu haut la main, afin d’aider son grand-père dans la direction de la librairie qu’elle aime plus que tout. Ses grands-parents ne se sont jamais opposés à sa décision. Du moment qu’elle était heureuse, cela leur suffisait. Et rien ne la comblait plus que passer ses journées dans cette boutique qui sentait bon le savoir, l’aventure, l’humour, l’histoire, l’amour.

La librairie.

À présent, c’est à elle de reprendre la suite et Anaïs ressent intensément à cet instant même, la solitude qui pèse sur son coeur. Elle est la dernière des Malincourt, une famille qui remonte à François 1er et qui a connu toute l’Histoire de France, en passant par la Révolution, Napoléon 1er, la Seconde Guerre mondiale, mai 68, et François Mitterrand.

La jeune femme sombre peu à peu dans une profonde nostalgie et c’est Benjamin qui vient l’en tirerdélivrer. Il pousse la porte de la boutique et s’avance vers elle.

— Ma chérie, on t’attend tous à côté. Marcel s’est surpassé en demandant au chef de te préparer tout ce que tu aimes. Alors, fait-il en comptant sur ses doigts : il y a tout plein de cochonneries, une énoooorme côte de bœuf, enfin plutôt plusieurs, vu le monde à nourrir, des frites et des frites, de la salade rouge, verte, jaune, plein de fromages et surtout des desserts comme tu aimes : des religieuses au chocolat, des crèmes brûlées, des financiers, des flans, des crèmes aux œufs… bref, de quoi te régaler. Allez, Anaïs, je sais bien que c’est dur pour toi, mais tu as tes amis et ils t’attendent pour faire la fête. C’est André qui l’a voulu. Alors, fais-lui honneur et souris, ma belle.

Anaïs, charmée par le ton un rien désinvolte de Benjamin, mais ô combien efficace, le regarde avec affection et accepte la main qu’il lui tend.

— Tu as raison, Ben. Mon grand-père n’aurait pas voulu que je broie du noir. Il me disait toujours « ma petite Souricette, prends tout ce que la vie te donne et ne te pose pas trop de questions. Respire et savoure les bonnes odeurs, comme celle du pain fraîchement cuit ! Ris pour un rien ! Vis pour tout et aime par-dessus tout ».

— Voilà, c’est exactement cela ! Viens respirer la bonne odeur du café d’à côté.

— D’accord. Laisse-moi juste le temps de fermer la boutique.

La brasserie est pleine à craquer de tous les habitués et surtout de tous ceux du 54 Ter.

C’est un établissement magnifique et magique. Il est d’ailleurs classé aux monuments historiques de Paris. Les mosaïques Art Déco, le bar en zinc, les tables en pied de fonte, les chaises de bistrot en bois ont contribué à ce classement. Seules les banquettes ont dû être refaites.

Le café a été entièrement restauré et représente la plus grande fierté de Marcel. C’est lui qui a redonné un élan à ce commerce et a instauré un rite bien particulier : chaque jour a sa spécialité.

Culinaire ET intellectuelle.

Il a même créé une association, du même nom que sa brasserie « les amis du Marco ». Toutes les bonnes volontés peuvent y adhérer avec un seul mot d’ordre : éviter de se prendre au sérieux. Les membres sont conviés à appliquer cette maxime selon le rythme qu’a inventé Marcel.

Par exemple, le lundi, c’est tête de veau et inscription à un des défis lancés par les membres de l’association. Le mardi, tartare de bœuf et forum de langues vivantes typiques, plus particulièrement l’argot et le louchébèm2. Le mercredi, pot-au-feu (l’hiver) ou salade façon Marcel (l’été) et explications de texte sur les films de la semaine, genre « Le masque et la plume », la fameuse émission de France Inter, mais en plus loufoque. Le jeudi, foie de veau et concours de mauvaise foi et enfin, le vendredi, cocotte en cocotte et relevé des défis du lundi.

Le week-end est consacré au repos bien mérité afin de repartir de plus belle pour la semaine qui suit.

Il y a aussi un peu de mystère entourant son chef de cuisine. Il est américain, âgé d’une quarantaine d’années, très énigmatique, secret, même Marcel ne sait pas tout sur lui. Il dit s’appeler John Smith, mais évidemment, personne ne l’a cru. La seule chose que Marcel lui a demandée, c’était s’il avait fait des trucs répréhensibles et si la police du monde entier lui courait après. Le « non » de John a suffit à Marcel pour l’engager. Ah… et aussi, le fait qu’il connaît très bien la cuisine française et qu’il est même très bon dans ce domaine.

Bref, le Marco a une réputation telle que Marcel est souvent obligé de fermer sa porte aux clients retardataires dès le début des soirées, la salle se remplissant en moins d’un quart d’heure. Certains font la queue dès 18 h 30 pour s’inscrire à l’association et pouvoir ainsi participer aux jeux inédits.

Marcel est du genre « anar », c’est-à-dire réfractaire à n’importe quel ordre et c’est avec délectation qu’il organise un joyeux désordre. Heureusement, Benjamin qui a, lui, la tête sur les épaules, s’occupe de tout régenter correctement. Ils sont vraiment faits l’un pour l’autre et leur amour ferait fondre même les plus anti homos.

Ils sont très proches d’Anaïs : Marcel, parce qu’il la connaît depuis qu’elle est adolescente et Benjamin parce qu’elle lui a sauvé la vie.

À 20 ans, Benjamin Ledoux, étudiant en langues médiévales à la Sorbonne, désespérait de trouver un logement correspondant à sa bourse, hélas, très légère. Il errait dans la rue du Cherche-midi, se demandant comment il allait finir le mois, n’ayant plus un sou en poche ni en banque. Attiré par la devanture de la librairie exposant de magnifiques livres d’art sur les enluminures, il entra dans la boutique et demanda à Anaïs si, par hasard, elle ne connaîtrait pas quelqu’un qui puisse lui louer une petite chambre de bonne à un prix défiant toute concurrence. À le voir, maigre, inquiet et fatigué, Anaïs fut touchée et lui proposa spontanément le petit studio situé au dernier étage de l’immeuble. Malgré des revers de fortune de la famille de Malincourt, ils possédaient encore quelques biens dont la librairie, l’appartement au-dessus et un studio. Ne croyant pas à sa chance, Benjamin risqua quand même de demander le prix du loyer et crut rêver quand Anaïs le lui indiqua.

Rien.

Elle ne réclamait qu’un service, s’il le pouvait bien sûr, celui de l’aider à la librairie. Mais seulement quand il le pourrait, n’est-ce pas ? Elle ne voulait surtout pas le perturber dans ses études. Son grand-père, déjà malade à cette époque, ne pouvait plus assurer la gestion de la librairie et Anaïs avait du mal à s’en sortir seule. Ce fut le début d’une magnifique amitié qui ne s’est jamais démentie depuis. Surtout quand elle lui a présenté Marcel, le café, l’association. Il tomba immédiatement amoureux de l’homme, de l’idée, et du style de vie qu’il menait.

Marcel Jicat, de son côté, ferait n’importe quoi pour Anaïs. Il a 35 ans et se considère comme son grand frère, vouant une admiration sans bornes à ses grands-parents. André et Sylvette de Malincourt l’ont toujours aidé, soutenu, encouragé, surtout quand il connut des difficultés quant à son orientation sexuelle qu’il ne leur avait jamais cachée. Ce sont eux qui se sont porté caution solidaire auprès des banques que Marcel avait sollicitées pour acheter et rénover la brasserie. Le nom de Malincourt a ouvert des portes pour ce célibataire, qui plus est, homosexuel.

Les banques sont bourrées de préjugés dont celui-ci, même si elles ne l’admettront jamais par ailleurs. Lors d’un épisode fâcheux, exaspéré par l’attitude d’un directeur d’agence, étriqué et mal dans sa peau, le côté anar de Marcel faillit prendre le dessus et ce fut Anaïs qui l’empêcha de commettre une énorme bêtise : il avait prévu d’aller casser la gueule au directeur en question qui ne cessait de faire des sous-entendus. Depuis, pour la remercier de lui avoir évité la case prison, Anaïs a sa table réservée avec l’interdiction de régler quoi que ce soit.

Hormis Marcel et Benjamin qui sont ses plus proches amis, Anaïs a une véritable affection pour tous les autres membres de la Tribu.

Il y a Jean Bartimet, le plus fidèle client d’Anaïs, passionné de lecture, mais aussi féru d’ordinateur. Retraité, veuf et sans enfant, il nourrit une véritable affection paternelle pour la jeune femme. Fatima et Yves Mallat sont là aussi, concierges de l’immeuble de la Tribu. Sans enfant, ils se sont attachés à elle et à son grand-père qu’ils admiraient. Puis Daniel et Sylvia Lalande, locataires au troisième étage. Jeune couple trentenaire, lui est fonctionnaire au ministère de la Culture, elle, institutrice dans l’école publique du quartier. Des laïcs pur jus, comme ils aiment à se définir… et que Marcel adore. Ils ont une petite fille de trois ans, Alice, pleine de malice et d’intelligence qui est la coqueluche de tous. Et enfin, la petite dernière, comme aime l’appeler Jean, Nathalie Woznieck. Jeune femme de 30 ans, blonde, mince, de taille moyenne, avec de superbes yeux bleus, fille d’immigrés polonais, elle est assistante de direction dans un cabinet d’avocats situé à Montparnasse et vit seule, dans le studio libéré par Benjamin où elle vient tout juste d’emménager. Jeune femme volontaire et indépendante, elle a intégré immédiatement la Tribu et en est ravie. Nathalie sort d’une histoire assez douloureuse avec un homme qui la prenait plutôt pour un puching bull ainsi que pour un compte en banque. Depuis, la jeune femme se méfie de la gent masculine… sauf de celle de la Tribu, bien sûr.

Ils sont tous présents. À la prendre chaleureusement dans les bras, à lui présenter des petits fours, à lui verser du champagne dans une coupe jamais vide. Marcel et Benjamin ont vraiment bien fait les choses. Ils ont rassemblé toutes les tables en une seule afin que tous soient réunis autour d’elle. Ils passent ainsi une bonne partie de l’après-midi à ripailler, à boire, à se souvenir d’André et de Sylvette.

Anaïs parle beaucoup. De ses parents qu’elle n’a connus que par ce que lui en disaient ses grands-parents.

Jean de Malincourt qui enseignait l’histoire de l’art à la Sorbonne, son père. Agnès de Malincourt, sa mère. Son nom de jeune fille l’a toujours fait sourire, car celui-ci lui faisait penser à l’automne. Elle s’appelait Chastaigne. C’était une des étudiantes de son père. Ils sont tombés amoureux alors qu’ils travaillaient ensemble sur une recherche concernant le mobilier fabriqué par un des plus grands artisans de l’Empire et se sont mariés en 1985. Lui avait 27 ans, elle, 21 ans. Grâce à André et Sylvette, Anaïs a toujours eu l’impression de les voir, de les connaître, de les entendre.

La nostalgie a disparu. Place à l’amitié. Anaïs boit à tous les toasts. Puis, petit à petit, les uns partent, les autres s’en vont et il ne reste plus que Marcel, Benjamin et Anaïs. L’aîné des trois a sorti des liqueurs de sa réserve personnelle qui sont fabuleuses. Ils parlent, mangent encore, boivent, parlent jusqu’à tard dans la soirée. Et Anaïs commence à voir les murs de la brasserie gondoler et se met à rire pour un rien. Elle est ivre et ce n’est pas son habitude. Benjamin se propose de la raccompagner jusqu’à sa chambre, afin de s’assurer qu’elle passe bien la nuit dans son lit.

— Bon allez, ma belle. Il est tard, tu as trop bu et demain risque d’être dur pour ton joli petit crâne. Je te ramène chez toi…

— Non… non…, je veux vous zaider à geanr… à ranger… Houla, mais pourquoi tu me r’gardes comme ça toi ? se demande Anaïs, en scrutant son visage dans le miroir de la brasserie. Tu as une sale tête, toi ! Tu n’es pas belle !

— Benjamin, je crois qu’elle a son compte. Fais en sorte qu’elle arrive jusque dans son lit indemne et ramène tes fesses presto ensuite s’il te plaît, dit Marcel en rattrapant Anaïs qui tournoie autour des tables en dansant.

— OK, mi amore, je fais au plus vite. Si tu savais ce qu’elles veulent mes fesses…

— Je crois que j’ai une petite idée.

Marcel couve d’un regard embué l’amour de sa vie. Tout ivre qu’elle est, Anaïs n’en perd pas une miette et soupire.

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