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La vieille maquerelle de Lawuina

De
12 pages


La vieille maquerelle de Lawuina

La découverte de l'érotisme marocain par une occidentale en mal d'amour.





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couverture
Valérie BOISGEL

La vieille maquerelle de Lawuina

images

Me voilà à nouveau partie sur les routes marocaines. Cette fois, ma destination est un petit village situé dans la région montagneuse d’Ifrane, d’où mes voisins et amis sont natifs. En hiver, la neige y est abondante. Mais en ce mois de septembre, il doit y faire bon. Le car, confortable, me conduit jusqu’à la gare routière de Fez. Il est bondé. De là, je me dirige vers celui qui doit me monter dans les montagnes. Quand je le vois, tout dégingandé, rouillé, je me demande si je suis raisonnable. L’autobus est déjà rempli de personnes, surtout des hommes, habillés de djellaba, encombrés de sacs en plastique noir, renfermant leurs diverses emplettes qu’ils serrent contre eux comme un trésor. Les quelques femmes sont enveloppées de voiles qui cachent les visages. J’arrive à trouver une place, pose mon sac de voyage sur mes genoux. Le siège n’est pas du tout confortable, mais je suis assise près de la vitre et pourrai ainsi regarder le paysage.

Après de longues heures sur des routes défoncées, le car commence sa périlleuse ascension sur les premiers contreforts des montagnes. Les vignes plantées en espalier, les grenadiers d’où s’accrochent les fruits rouges. Les figuiers aux troncs torturés. Le car doit rouler à trente à l’heure, péniblement, en changeant souvent les vitesses dans un bruit effrayant. Va-t-il pouvoir grimper jusqu’en haut ? Il entame l’étroite route en lacets où deux voitures ne peuvent se croiser qu’en laissant le passage à l’autre. Les ravins commencent à longer la route. Quand le car doit s’arrêter sur la côte, je me demande si les freins sont assez solides pour ne pas reculer et tomber dans le ravin quand il doit redémarrer. Mais, dans un bruit de ferraille qui fait trembler les vitres et les sièges, il reprend péniblement la route. J’ai hâte d’arriver pour chasser mon angoisse. Autour de moi, des hommes dorment comme des bienheureux, d’autres mangent. Ça sent la merguez, l’orange et la menthe.

Le car arrive enfin dans un village accroché tout en haut, au flanc de la montagne. Il est couleur de terre ocre, aux volets et portes peints en bleu ciel. C’est la fin du voyage. Tous les voyageurs applaudissent le conducteur, comme lorsque l’on atterrit d’un avion en Afrique ! Je suis arrivée à Lawuina. La nuit ne va pas tarder à s’installer.

Je me rends chez l’épicier et demande s’il peut me trouver une chambre à louer. Avec un jeune garçon d’une dizaine d’années qui parle un peu le français, il me fait comprendre qu’il y en a une et que l’enfant va m’y conduire. Je le remercie et, guidée par le gamin, nous montons dans les ruelles étroites qui serpentent entre les murs, construits en terre cuite et paille mélangées. Je croise un âne portant deux gros paniers chargés sur ses flancs. Sur les dernières maisons, les escaliers en pierre ont remplacé la terre. Quelques fleurs poussent sur les treilles, comme ces ipomées bleu roi et ces bougainvilliers blancs et mauves. Le village a un charme fou. L’enfant s’arrête devant une étroite porte arrondie et basse. Je me courbe et entre dans un patio. La chaux rouge, brûlée par le soleil, recouvre les murs. Un figuier trône en son milieu. Des pots de basilic et de menthe embaument. Le sol en terre battue est balayé. Sept portes arrondies donnent accès à des pièces. De l’une d’elles sort une très vieille femme, petite et toute menue, habillée de plusieurs couches de vêtements de toutes les couleurs, des mèches orange du henné qu’elle met sur ses cheveux blancs débordent du voile censé les cacher. Elle s’approche de moi, parle avec le garçon. J’arrive à comprendre qu’elle accepte de me recevoir, moyennant 30 dirhams par jour, les repas compris. L’enfant s’en retourne en sifflant, heureux d’avoir gagné 10 dirhams pour m’avoir servi de guide.

 

La vieille relève la tête et commence à me dévisager. J’en profite moi aussi pour la regarder. Je n’ai jamais vu autant de rides, fines, qui s’entrelacent sur son visage parcheminé. La bouche édentée où je soupçonne un reste de rouge à lèvres carmin, qui déborde de ses lèvres émaciées. Par contre, son regard est extraordinaire : dans ce visage en ruines, les yeux, d’un magnifique bleu, cernés de khôl, ont gardé leur vivacité et leur malice. Elle aborde un sourire et me fait signe de la suivre dans une pièce qui sera ma chambre.

Je m’arrête sur le seuil, stupéfaite par le décor : des voilages rouges tapissent les murs en s’entrelaçant de voiles or. Le plafond est fait de tronçons de bois parfaitement alignés. Des guirlandes de fleurs en plastique pendent en demi-cercle sur le pourtour de la pièce. Trois petites fenêtres arrondies s’ouvrent sur le ciel qui se pare d’un dégradé de couleurs mauve, orange et jaune laissées par le coucher du soleil. Sur le sol, des tapis fanés, des poufs en cuir, une table ronde et basse, une cruche d’eau et sa bassine en cuivre, un matelas fait en laine de mouton, recouvert d’un satin grenat. Des bougeoirs en fer forgé sculpté sont accrochés aux murs. La chambre est chaude. Je ne peux m’empêcher de penser que cela pourrait être un magnifique décor pour une chambre de bordel.

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