Le monde de Lucas (érotique gay)

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Le monde de Lucas

Chronique des Forests, volume n°3

Jacques Delaville
Pulp de 271 000 caractères.
Écrit sur le billet qui avait circulé dans les rangs, trois mots : « Emmanuel aime Lucas », Quand le papier était arrivé à Manu, Jules, qui venait de lui refiler s'était mangé une torgnole et avait chuté de sa chaise.
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Publié le : lundi 7 janvier 2013
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EAN13 : 9782363075185
Nombre de pages : non-communiqué
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Chronique des Forests, volume 3

 

 

Le Monde de Lucas

 

Jacques Delaville et Michel H.

 

 

 

 

 

 

Partie 1

 

 

Lucas avait 14 ans quand il fut confié aux époux Bertrand. Ceux-ci s'enrichissaient, comme l’avaient fait depuis plusieurs dizaines d’années, les grands parents Bertrand, dans le commerce de la quincaillerie.

La Quincaillerie Bertrand, aux Forests, damait le pion à toutes les chaînes de commerce de bricolage, qui s'installaient à distance pourtant raisonnable de ces champions et il n'y avait pas un bricoleur du département qui ne soit passé aux magasins, ne serait-ce que pour voir, un jour, les trésors qui s'amoncelaient dans les rayons.

Quand un artisan recherchait un « col de cygne » début de siècle ou des conduites dont on n'assurait plus la fabrication depuis belle lurette, il pouvait être certain que le père Bertrand sortirait d'un entrepôt poussiéreux, dans le fond d’une cour, la vénérable pièce indispensable aux réparations en cours dans un château, un manoir ou une de ces anciennes demeures bourgeoises équipées d'un antique chauffage central de l'époque où le commun des mortels brûlait quelques mauvais boulets ou, parfois, le bois mort que les vieux s'en allaient glaner tout l'été.

Négriers véritables, la famille Bertrand accueillait régulièrement un ou plusieurs enfants que lui confiait, au fil des ans, l'Assistance publique autrefois, puis, maintenant, la Dass du département. C'était pour eux le moyen de posséder une main-d'œuvre gratuite et, en plus, l'État versait des indemnités.

Dès son arrivée, en plus de ses devoirs et leçons du collège, Lucas dut occuper son temps libre à réassortir les étalages et préparer les commandes de la journée.

La famille se composait des parents, Denise et Victor que tout le monde appelait Totor, de leur fils, Kévin, et de deux jeunes filles, Aurore et Clémence, des sœurs, de respectivement 15 et 16 ans, placées elles aussi par la Dass.

* * *

Lucas – J'en avais gros sur la patate quand je suis arrivé chez les Bertrand ! La gentille mamy qui me gardait depuis que ma mère était morte avait cassé sa pipe et je regrettais souvent de ne pas avoir été plus gentil avec elle qui me gâtait tant !

Les Bertrand, ils étaient plutôt gentils.

Le père était très bourru ! Il ne fallait pas discuter avec lui, seule sa femme lui tenait tête !

Kévin, il était beau et très gentil avec moi et j'étais content de partager sa chambre. Il avait mon âge et me prêtait ses affaires.

Kévin, il avait eu la chance d'avoir une maman, pas comme moi. Mme Bertrand était assez belle et très gentille avec Kévin.

Quand on rentrait de l'école avec Kévin, on goûtait, du pain et du chocolat noir. Mme Bertrand surveillait nos devoirs. Ceux-ci terminés, Kévin montait dans sa chambre et Mme Bertrand m'envoyait retrouver son mari au magasin. Il me faisait ranger tout ce que les clients et les vendeurs avaient déplacé. C'était très lourd souvent et M. Bertrand m'engueulait quand je n'allais pas assez vite.

* * *

Monsieur Bertrand se flattait de savoir utiliser ses employés, ainsi que les enfants qu'on lui avait confiés, selon leurs qualités propres, ainsi Aurore, pâle gamine maigrichonne et d'aspect farouche se confinait entre ses classeurs d'école et la charge de la cuisine de la maisonnée. Son œil noir aurait selon le patron, fait fuir la clientèle.

Clémence, elle, magnifique rayon de soleil printanier, « était à la caisse », travail de confiance. Monsieur Bertrand confiait à sa femme :

— La Clémence, avec ses tétines qui pointent, elle pourrait taper n'importe quel prix, les clients verraient pas la différence.

Madame Bertrand rigolait un moment en sournoise, mais elle l'avait bien à l'œil la Clémence, ses tétines pointaient un peu trop sous le nez de son héritier, Kévin, qui à 14 ans, donnait l'impression d'un peu trop s'extasier sur les promontoires de la gamine en rigolant très bêtement. Mais l'enfant, sur ses recommandations, lui avait promis de ne jamais chercher sa bonne fortune entre les bras de ce genre de demoiselle qui ne posséderait pas une thune en héritage.

En attendant, la patronne chérissait son fils, rien n'était trop beau pour lui, ordinateur dernier cri, console de jeux, télé, vidéo, DVD, tout cet attirail trônait dans la chambre du gamin. Le seul désespoir de ce dernier était un appareil dentaire qui lui barrait la mâchoire supérieure.

Pour accueillir le jeune Lucas, Kévin avait été obligé de tasser toutes ses affaires dans un coin de la chambre. Elle était vaste pourtant, mais maintenant avec un second lit près de la fenêtre, cela faisait un peu surchargé. Mais il était content de cette arrivée, il ne vivait, hormis son père, qu'avec des femmes ou des jeunes filles, alors, sans savoir précisément pourquoi, il avait bondi de joie à l'arrivée de Lucas et s'en était fait, tout de suite, un excellent ami.

Denise voyait d'un assez mauvais œil cette amitié, mais pour une raison extrêmement simple, elle adorait son Kévin… Son bébé… et le partager avec un copain semblait au-dessus de ses forces.

* * *

Lucas – Kévin était gâté, son père lui donnait toutes les semaines, le samedi matin, son argent de poche.

Moi, bien sûr, je n'avais rien. Heureusement, Kévin était généreux et me faisait profiter un peu des largesses de son père.

Mais j'avais vraiment besoin de fric ! Et un copain du lycée m'a donné quelques tuyaux !

C'est ainsi que j'ai réussi à sortir quelques menus objets de la quincaillerie et à les revendre dans la cité populaire quand je ne rentrais pas du lycée avec Kévin.

Mais cela ne me suffisait pas et un certain Farid, un mec de 18 ans que j'avais justement rencontré dans la cité, m'a branché sur un boulot plus lucratif. J'étais agile et je courrais très vite.. Je passais par le centre commercial et les soirs où il y avait plein de monde, j'en profitais pour subtiliser des téléphones portables sur des clients des magasins. Farid m'avait appris quelques trucs imparables ! Je piquais aussi des DVD en neutralisant les systèmes d'alarme !

J'ai vite amassé un petit magot. Mais j'ai craint d'attirer l'attention de Kévin notamment sur mon argent de poche soudain.

Aussi, j'ai demandé à M. Bertrand, s'il pouvait moyennant rémunération, me faire effectuer quelques livraisons à vélo le samedi après-midi.

M. Bertrand a paru surpris de ma demande, il a réfléchi et m'a dit :

— Pourquoi pas ! au moins, tu ne passeras pas tes samedis après-midi devant la télé ou l'ordinateur de Kévin !

Alors que ce jour-là, c't'enfoiré me gardait presque toujours au magasin à bosser.

* * *

Totor avait apprécié à sa juste valeur la demande de Lucas. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir qu'une demande de travail supplémentaire de la part d'un employé. Bon, il était vrai que Lucas n'était pas un véritable commis, et les mensualités de la Dass lui rappelaient cruellement la triste vérité. Les diverses assistantes sociales qui visitaient ce petit monde lui avaient fait, elles aussi, la remarque à plusieurs reprises : les enfants placés n'avaient pas leurs places dans le magasin. Mais maintenant il était prévenu, les jours de visites, tout le monde à la maison à repasser ses leçons.

Une chose quand même l'avait attristé, c'était la demande de l'enfant de se faire payer contre les livraisons qu'il effectuerait. Cela ne cadrait pas avec le comportement irrationnel de ses rapports avec l'argent, payer un enfant, qu'il élevait somme toute, car ce n'était pas les maigres subsides de l'Etat qui aurait pu suffire aux besoins d'un adolescent. C'est qu'ça mangeait à c't'âge là… sans parler des vêtements… Vous savez le prix d'un jean's d'enfant vous… ? Et il se promit de convaincre l'adolescent de se satisfaire des pourboires que voudraient bien lui octroyer les clients. Quant aux temps perdu le samedi après-midi, eh bien il le rattrapera le dimanche matin.

* * *

Lucas – J'ai commencé mes livraisons ! C'était chouette, car je pouvais en profiter pour alimenter mon petit trafic avec Farid.

Un soir avec Kévin, on a été sur Internet, on a été sur un site de cul ! On avait attendu que les Bertrand soient couchés et Kévin avait même fermé la porte à clef. On a vu des photos de meufs à poil ! Des seins ! Des chattes et des queues ! On a même visionné des petites vidéos avec des pipes et des filles qui se faisaient prendre ! Moi je bandais dans mon slip et Kévin, lui, il était en pyjama et sa queue était sortie de son pantalon !

Avec Kévin, de temps en temps le soir avant de se coucher on se branlait dans un mouchoir. Pendant qu'on s'astiquait chacun de son côté, Kévin me disait qu'il avait baisé Clémence, mais moi, je ne le croyais pas !

À force de cliquer, Kévin a lancé une vidéo où il n'y avait que des mecs qui se suçaient la queue et même qui s'enculaient.

— Tu vas me sucer !

M'a dit Kévin. Il s'est foutu à poil et m'a encore dit :

— Fous-toi à poil ! Je veux voir ton cul, il est plus beau que celui de Clémence !

— Ça va pas la tête ! – j'ai répondu.

— Je te fais la même chose après !

J'étais trop excité, j'ai dit oui. Je me suis complètement déshabillé et j'ai été m'installer à côté de Kévin devant l'ordinateur qui diffusait des images cochonnes.

Je me suis penché, j'ai pris sa queue dans ma main et j'ai ouvert la bouche.

C'était la première fois que je touchais un mec ! C'était bon, surtout que Kévin me caressait les fesses !

J'ai bien aimé faire ça ! Kévin a crié « Je vais juter ! » Il a retiré sa queue de ma bouche et m'a craché son sperme blanc sur la figure.

Je me suis allongé sur la moquette et Kévin s'est précipité sur ma bite. J'ai senti ses lèvres et sa langue sur mon bout ! Ouah ! C'était super !

Kévin en me pompant me caressait encore les fesses et m'a même mis un doigt dans le cul. Ça m'a fait jouir et je n'ai même pas eu le temps de l'annoncer à Kévin. J'ai tout largué dans sa bouche ! Quel pied !

Kévin s'est relevé et a été craché dans le lavabo de la chambre. Moi qui était peuplé de sentiments bizarres par ce qu'on venait de faire, sa décontraction m'a époustouflé.

Kévin a éteint l'ordinateur et on a vite été se coucher.

* * *

Les deux années qui suivirent l'arrivée de Lucas se déroulèrent identiquement, le jeune orphelin atteignait maintenant ses 16 ans. Les Bertrand ne devinrent ni plus ni moins affectueux envers leur dernier protégé. Ils avaient deux passions dans leur vie, la première c'était l'argent, la seconde Kévin qu'ils adoraient, mais qui, à leurs yeux, ne procurait pas autant de satisfaction que l'accumulation de richesses qui s'entassent sur des comptes bancaires. Denise et Victor ne s'aimaient pas d'amour, mais s'appréciaient, possédant un vice essentiel, l'avarice, qu'ils avaient en commun et qui s'était développé au contact de l'un et de l'autre, chacun trouvant dans le conjoint un terreau propice à son épanouissement.

Pour le couple, toute trace d'activité sexuelle avait disparu à la naissance de Kévin. Les soins du chétif nourrisson exigeant la présence continue de la mère, le père avait déserté la couche parentale et s'était réfugié, à l'époque, dans une pièce attenante à la boutique. C'est là qu'il avait pris l'habitude de recevoir les clientes en retard de paiement, en général des épouses d'artisans ayant des difficultés à se faire elles-mêmes payer par leurs clients fauchés, ou bien de grasses mères de famille qui venaient négocier une réduction pour la liste de mariage de leur rejeton avec l'avaricieux père Bertrand. Si elles ne se montraient pas trop farouches, le crédit se prolongeait ou la ristourne se voyait devenir considérable, enfin aux yeux du patron.

Dans la famille, jusque ces années-là donc rien ne semblait propice à d'éventuelles déréglementations des mœurs. Puis, l'âge venant, Clémence avait acquis une silhouette inoubliable pour tout homme amateur de jolis contours féminins. Victor s'était aperçu de la métamorphose et blaguait la môme en présence de clients dont les yeux restaient scotchés à ses tétons ou à son cul rebondi. C'était une fille superbe l'air peu farouche envers les hommes d'âge certain et une tendance autoritaire envers les ado de son âge et des hommes plus jeunots, déjà mariés et père de famille. Elle se faisait respecter des uns et des autres, mais n'était pas contre une certaine familiarité et tolérait facilement les mains qui s'attardaient un peu sur ses rondeurs.

Jusqu'au jeune Kévin qui lui avait demandé, un soir, de lui montrer sa poitrine.

— Allez, fais-moi voir tes nichons, j'dirai rien aux parents promis.

— Et pis ça sera tout ? Après tu voudras toucher, tu sais je connais comme t'es vicieux.

— Non j'te promets.

Bonne fille, Clémence avait cédé. Puis le gamin avait rajouté :

— Et ta chatte… j'veux voir ta chatte.

— Tu r'gardes mais pas touche au minou.

Clémence avait offert le spectacle de son sexe au jeune Kévin qui sortant sa queue, s'était branlé sous le regard amusé de l'adolescente.

Le gamin était un de ces jeunes en pleine fin de transformation. Il était devenu mature rapidement et ses seules pensées, désormais, s'orientaient vers son sexe et le plaisir qu'il parvenait à en tirer. Devinant que la Clémence ne serait jamais celle qui lui donnerait le plein de ce qu'il pouvait espérer d'un corps humain, dans sa ligne de mire figurait maintenant Lucas, jeune, beau, disponible, car dormant dans la même chambre, et qui, il le devinait aimait bien cela, n'oserait rien lui refuser.

* * *

Lucas – Depuis que Kévin et moi sommes entrés au lycée, en ville, nous avons été bien plus libres. Mme Bertrand ne voulait pas nous accompagner au bahut en voiture, elle disait vous êtes maintenant des adultes, et nous prenions le car tous les matins vers 8 heures, avec les filles, pour revenir vers 18 heures. Le soir, on traînait avant de reprendre le car, Kévin au café à jouer au flipper et moi à mes petites affaires.

Je prenais d'ailleurs des risques ! Je me suis fait plusieurs fois courser par des gardiens de magasin et plus récemment par un mec à qui j'avais piqué son portable.

La Clémence me faisait des avances. Elle me mimait des gestes obscènes quand nous étions tous les deux. Mais désolé, elle ne faisait pas triquer ! Pour ça, j'avais Kévin.

Un soir alors que nous avions encore été faire un tour sur internet, j'ai été m'étendre tout nu sur mon lit alors que nous nous étions déjà sucés, caressés et bien léchés au plus intimes de nous-mêmes. Mais j'étais encore tout excité et Kévin l'était encore plus que moi.

Kévin s'est couché sur mon dos et j'ai senti qu'il voulait me mettre sa queue entre les fesses. Depuis qu'on faisait des trucs ensemble presque tous les soirs, Kévin me mettait toujours un doigt dans le cul quand il me suçait. Depuis plusieurs soirs, il me mettait plusieurs doigts et me léchait le cul et dès qu'il me pompait je jutais presque tout de suite ! Il m'a dit :

— Je vais t'enculer et tu vas devenir ma femme !

— Non ! déconne pas, tu vas me faire mal !

Mais au lieu de me débattre, j'ai écarté les jambes quand j'ai senti le bout de la queue de Kévin sur mon anus.

Mon petit trou était déjà bien dilaté et la queue de Kévin, toute dure, m'a empalé. J'ai bien senti tous les centimètres de bite entrer dans mon cul. J'ai cru que ma rondelle allait éclater ! Ça m'a fait un peu mal, mais Kévin a été doux, il n'a pas bougé tout de suite.

— Calme-toi ! Ça va te faire du bien ! Je vais te remplir le cul de foutre !

C'est vrai qu'il m'a fait du bien ! Quand il a commencé à me baiser, j'ai vite pris mon pied avec mon cul.

Ses coups de reins faisaient frotter ma queue bandée sur le lit !

Il a gémi plus fort et j'ai bien senti le foutre qui giclait dans mon cul ! C'était chaud et humide et j'aimais ça ! J'ai juté tout le contenu de mes couilles sur le lit !

— T'as un cul plus excitant que celui de Clémence – m'a-t-il déclaré – et toi, au moins tu ne fais pas de manière ! Je t'ai fait jouir ma salope !

J'aimais pas quand il me traitait de salope et qu'il disait que j'étais sa femme ; même s'il me niquait je me sentais toujours entièrement masculin, mais tous les soirs, on baisait ! Des fois à plusieurs reprises ! Un vrai chien ce Kévin, mais il était toujours sympa !

* * *

Le jeune Lucas avait donc fêté ses 16 ans, l'anniversaire s'était déroulé dans une cordialité apparente. Les parents étaient tout sourire, mais digéraient mal le prix du gâteau de Carrefour et celui du cédé de Barbara qu'ils lui avaient offert. Totor ne décolérait pas intérieurement et il avait confié à sa femme :

— Bon Dieu, 20 euros pour le disque d'une morte avec des chansons tristes à chialer, C'gamin a quèque chose qui tourne pas rond. Y doit être pédé, c'est pas possible d'aimer c'te bonne femme.

Clémence et Aurore s'étaient cotisées pour lui offrir un jean's à l'ancienne, moulant. Clémence lui avait glissé en lui donnant son cadeau :

— Comme ça y aura pas que Kévin qui profitera de ton beau p'tit cul.

Ce sale gamin avait profité d'une séance de branlette avec la grande pour lui rapporter que désormais Lucas était devenu son esclave et qu'il devait l'enculer tous les soirs afin de satisfaire un insatiable appétit de sexe, ce qui était loin de la vérité. Profitant de la surprise de la fille, il avait alors tenté de glisser sa main dans sa culotte et s'était pris une baffe aller-retour qui lui avait ravivé les couleurs.

À la fin du repas, le père Bertrand annonça à Lucas que désormais, à l'âge qu'il avait atteint, il pouvait utiliser le scooter de Kévin pour aller livrer. Ce scooter le faisait baver depuis que Kévin l'avait eu pour ses 14 ans, il y avait maintenant deux ans et demi, mais il n'avait pas l'autorisation de l'utiliser, bien qu'il ait le même âge que Kévin, qui, véritable peste autoritaire en ce qui concernait cet engin tenta :

— Mais papa j'ai besoin de mon scoot tout le temps.

Le père Bertrand le fit taire en lui rétorquant :

— Toi tu t'en sers pour l'amusement, Lucas, lui, l'utilisera pour le magasin… Pour les clients… Tu peux quand même comprendre ça… Fils… ?

Ses gros yeux tentaient de faire comprendre à ce ballot de gamin que l'argent était en jeu dans cette affaire-là… Kévin céda sans plus se défendre ; d'ailleurs avec son père il n'y avait jamais rien à discuter… C'était le maître.

Victor avait une sordide idée derrière le crâne. Une saloperie totale qui avait jailli un jour où un de ses plus gros clients lui avait dit :

— Dis-moi Totor, ton p'tit commis il est mignon comme une fille.

Avait fallu du temps au cerveau de primate pour comprendre le sens profond de la phrase que lui avait lancé Raoul Mauvoisin, il s'était réveillé en pleine nuit pour y songer : « Mais bon Dieu de bon Dieu c'est-y que l'Raoul y s'rait à voile et à vapeur ».

L'esprit de maquignon avait immédiatement songé aux bienfaits que pourrait apporter à son commerce le charme de Lucas : « Bon, il y a belle lurette que la Clémence s'occupe de certains bons clients pour qu'ils paient leurs arriérés de facture rubis sur l'ongle, manquait plus qu'un pédé pour les amateurs… C'est t'y pas comme ça qu'on fait tourner le commerce. »

Et il s'endormit du sommeil du juste, un sourire accroché aux lèvres lui donna alors un air angélique qui resta incrusté sur son visage bien après que le sommeil ne l'eut gagné.

* * *

Lucas – Ils ont tous été sympas pour l'anniversaire de mes 16 ans. Surtout Kévin, car hormis plusieurs « gros câlins » le jour dit, il m'avait fait un très beau cadeau. En me le donnant, il m'avait fait jurer que je ne le montrerai à personne. J'ai juré ! Le cadeau était très beau ! Kévin m'avait offert une petite reproduction de Tintin en plomb, un exemplaire numéroté !

C'est quelques jours après que les choses se sont gâtées. Totor m'a demandé le samedi après-midi suivant de faire quelques livraisons avec le scoot. Sur le moment j'étais bien content surtout que cet après-midi là, Kévin était à l'entraînement de foot.

Je devais passer en dernier chez le père Mauvoisin, « un très bon client » m'a dit le père Bertrand « ne le contrarie pas ! »

Sur le moment, je n'ai pas compris ; dans la quincaillerie, je l'avais déjà, rencontré le père Mauvoisin. Il était très aimable avec moi et me regardait bizarrement. J'avais l'impression de l'avoir déjà vu autre part que dans le magasin !

J'ai stationné le scoot dans la cour de la grande maison des Mauvoisin qui était loin en dehors de la ville. J'ai sonné à la porte. J'ai entendu un « Entre ! J'arrive ! » Je suis entré avec mon paquet. J'ai attendu quelques instants. Il n'y avait personne dans la maison et j'ai entendu à nouveau la voix du père Mauvoisin venant du fond d'un couloir : « Je suis dans mon bureau, viens là. »

Je suis entré dans la pièce richement meublée. Le client était assis à son bureau et quand je suis entré, il s'est levé et est venu me rejoindre. Il a pris le paquet qu'il a jeté sur le bureau sans s'en soucier.

Il était grand, gros et fort. Il m'a serré contre lui en me disant « Petit mignon que tu es beau ! » J'étais très gêné et encore plus quand il m'a caressé les fesses sur mon short et qu'il a essayé de m'embrasser ! Je me suis débattu, mais le père Mauvoisin n'a pas lâché son étreinte.

— Sois gentil, sinon je dirais tout à ton patron !

— Tout quoi ? D'abord, c'est pas mon patron, c'est mon tuteur – ai-je dit tout d'un coup encore plus inquiet.

— Quand tu fais tes conneries en ville, tu as beau mettre un bonnet et des lunettes de soleil, mais ton petit cul serré dans ton jeans, il est bien reconnaissable !

Malgré la menace, j'ai tenté de me dégager et de fuir. Mais l'homme était très costaud, j'ai pris un coup de poing dans le ventre et il m'a poussé à plat ventre sur un divan au fond de son bureau.

Il s'est assis sur mon dos. Je ne pouvais plus bouger ! Il a saisi une cordelette qu'il a trouvée sous un coussin et m'a attaché les mains aux barreaux du lit.

J'ai crié, il a rigolé et m'a dit :

— Crie toujours, mais il n'y a personne ! Tu perds ton temps et tes forces. Mais ne t'inquiète pas, je vais juste m'occuper de toi ! Je sais que tu aimes bien te faire enculer ! J'ai fait une petite enquête sur toi ! On t'a vu en train de te faire baiser dans le petit bois de Veauce ! Et par un Arabe encore ! Il paraît que c'est lui qui te fait faire des conneries !

Mon short a glissé sur les fesses et mes cuisses. Je ne pouvais plus rien faire !

J'avais peur… très peur et j'avais compris qu'il voulait me violer !

* * *

S'il avait vécu dans une grande ville, Raoul Mauvoisin se serait très certainement retrouvé fiché au grand banditisme. Par chance pour son casier judiciaire, il était né fils de gros paysan beauceron, un de ces céréaliers propriétaires de plus de mille d'hectare de terre à blé dans la région agricole la plus riche de France. Raoul, n'avait jamais vraiment connu le sens du verbe travailler, depuis son plus jeune âge il s'était habitué à donner des ordres et, à la ferme, on filait doux. Quelques dizaines d'employés tiraient de ses terres un blé de qualité qui lui rapportait gros. Cela semblait immuable, comme les saisons, alors Raoul « s'occupait » pour meubler son ennui. Receleur de meubles anciens et d'antiquité, il s'affairait aussi, depuis quelques années, dans la récupération de matériel hifi, vidéo, micro-ordinateur, portables, consoles de jeux.

Dans la petite ville du département, Farid était un de ses principaux rabatteurs. Il avait fait la connaissance de Farid il y avait maintenant deux ans à une époque où le jeune Beur, tout juste majeur, tapinait sur un parking pas loin de chez lui. Raoul passait toujours faire une pause sur ce parking, il y avait ses habitudes et ses habitués. De nombreux pères de famille venaient, à la nuit tombée, gênés, s'exalter avec d'autres hommes dans une sexualité qui semblait les terroriser au grand jour. Il ne se serait jamais reconnu dans ces hommes qui cherchaient à tirer du plaisir en se comportant en femelle, comme des putes, à se faire défoncer le cul. Il restait viril… lui… même avec les hommes.

Pour 30 euros Farid suçait… Pour zéro euro, Raoul l'encula en force malgré les cris et des pleurs du jeune Rebeu qui gueulait :

— Non… Non… pas ça, j'ai jamais fait… J'suis pas pédé moi, c'est juste pour le fric…

Il avait jamais fait… Il avait jamais fait… Pourquoi qu'il était par là ce con, pensa Raoul en rentrant chez lui.

À la suite de cette rencontre, Raoul s'arrangea pour croiser Farid en pleine ville, lui disant bonjour en lui serrant la main devant ses copains rien que pour l'emmerder en lui rappelant ce cruel souvenir, puis plusieurs autres fois, à la cité, à la sortie du lycée, il s'arrangea pour rencontrer l'ado, tant et si bien que celui-ci accepta de le revoir, chez Raoul, et qu'il passa désormais à la casserole comme une pute soumise contente de toucher sa passe. De là date la décision de récupérer le produit des vols de supermarché pour les deux, maintenant, complices.

C'est Farid qui mit le gros dégueulasse sur la piste de Lucas. Il lui avait appris à voler pour lui et, un jour, il proposa de le raccompagner chez lui sur sa mob. En passant dans les bois de Veauce, il lui fit le coup de la panne, naïf Lucas suivit Farid dans un fourré « pour cacher l'engin » puisqu'il était en panne et qu'on allait être obligé de rentrer à pince.

Farid l'emballa comme une gamine, le posséda au sentiment en lui disant qu'il le trouvait trop beau, qu'il ne pensait plus qu'à lui, qu'il était certainement amoureux… Enfin des boniments qui eurent raison du jeune Lucas toujours en manque d'affection. Il tomba proprement dans les bras de son copain. Celui-ci eut tôt fait de le déculotter, de le coller en levrette et de lui bourrer le cul, sans précaution, limant comme un malade sans se préoccuper le moins du monde de la jouissance de son partenaire. Quand il eut terminé de s'octroyer son plaisir, jetant la capote sale en la faisant virevolter comme une fronde, il retourna à sa mob, la démarra et, l'enfourchant il lança :

— Tu m'excuses, mais y's'fait tard, faut que je rentre…

Au début, Lucas avait pris du plaisir à être pénétré, puis constatant que Farid ne songeait qu'à sa personne et le délaissait complètement sitôt qu'il l'avait possédé et qu'en supplément la panne de la mob c'était un piège, il songea « J'ai comme l'impression que je me suis bien fait baiser. » En réfléchissant à cette phrase et à son double sens, il ne put s'empêcher d'esquisser un méchant sourire bien qu'il n'ait vraiment pas envie de rigoler, et il regagna la maison en psalmodiant :

— J'me suis… bien fait… baiser… », « J'me suis… bien fait… baiser… », « J'me suis… bien fait… baiser…

* * *

Lucas – Il m'a pris, il m'a violé. Le Mauvoisin, il a d'abord joué avec un gode, en riant et en se moquant de moi. Je gueulais parce que j'avais mal et surtout honte, une heure ça a duré ! Non ! Non !

Il m'a libéré en se foutant de ma gueule !

— Allez ! Dégage ! – m'a dit Raoul qui, satisfait avait repris sa dignité, comme s'il en avait jamais eu d'ailleurs !.

Je me suis rhabillé, j'ai repris le scoot et la route. Je serrais...

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