Les chemins de terre (érotique gay)

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Les chemin de Terre

de Jacmès

Gay pulp historique de 214 000 caractères en 3 parties.
1 : Jacmes

C'est par surprise que Géraud découvre l'amour entre hommes avec Jacmes le garçon meunier et s'aperçoit alors que sous son toit un autre couple s'est déjà formé.

2 : Guillem

Issu d'une bourgeoisie marchande, François mari fictivement son giton, Guillem, à la demoiselle de compagnie de sa sœur, puis ils part avec lui pour la saison de la chasse au repaire de Grandguiral.

3 : Martin

Deux jeunes mendiants, Martin et Domingue, ne supporte plus l'existence que leur fait mener leur parents et lors d'une de leurs absences, ils partent rejoindre le parrain de l'un d'eux. Sur le chemin ils apprennent la confiance, découvrent le désir pour arriver à aimer.
Autre titre de Jacmès : Moi aussi Hermann et La Saga des Princes


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Publié le : lundi 7 mai 2012
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EAN13 : 9782363072795
Nombre de pages : 156
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Les chemins de terre

(214 000 caractères)

 

 

 

 

Jacmès

 

 

 

 

 

 

 

Jacmes

 

Le lourd chariot grinçait sur le chemin inégal qui bordait la Cère tiré par deux bœufs impavides. Une haute haie d'épineux le bordait et dissimulait la rivière qui ne révélait sa présence que par l'insistance de l'eau à heurter les grosses pierres qui encombraient son lit.

Géraud laissait aller l'attelage. Il se contenterait de sauter à terre à l'approche du moulin et de les arrêter. Ses pensées allaient de sa femme, enceinte pour la troisième fois, à sa petite fille morte avant d'avoir un an, puis à Benoît, son garçon, qui allait vers ses quatre ans. Son esprit s'attardait sur ses vignes qu'il allait devoir vendanger bientôt, ainsi que sur les sacs de farine qu'il venait chercher. Le blé et le seigle avaient bien donné en cette année 1762.

Orphelin à vingt-deux ans, il lui avait fallu se marier plus vite qu'il ne l'aurait souhaité. Il lui fallait une femme pour tenir sa maison. Il avait eût le choix, un garçon de son âge, avec du bien, cela ne se refuse pas et personne pour lui forcer la main. Toinette était jolie et souple de caractère. Son choix surpris, son père n'était qu'un brassier qui se louait de ferme en ferme, selon les besoins.

Lorsqu'il le fit asseoir dans la grande cuisine, d'une main il saisit une bouteille de son vin et de l'autre deux verres qu'il emplit à demi. Il hésitait. Le vieux, qui ne comprenait pas pourquoi de ce traitement particulier à son égard suivait ses mouvements avec attention. Géraud se trouvait maladroit pour faire sa demande. Il se lâcha d'un coup

— Jeantou, je veux marier la Toinette !

Surpris, l'homme rentra un peu les épaules pour mieux le dévisager par en dessous.

— La Toinette ! Ma Toinette !

Géraud sourit. Devant la mine surprise de Jeantou, il reprit l'avantage du maître.

— C'est à toi que je fais ma demande !

Jeantou fit danser le vin dans le verre et sa main qui tremblait faillit en renverser une partie.

— Alors, tu me la donnes !

Il coula un regard vers Géraud. Il savait qu'il allait accepter, un refus serait impensable. Il ne put tout de même s'empêcher de faire comme s'il voulait négocier.

— Et toi, tu me donnes quoi si je dis oui ?

— Une maison et du travail toute l'année, pour toi et les trois galopins qui te servent de fils.

— Guillaume, mon second est un peu faible dans les bras.

— Mon frère a besoin d'un aide-tisserand.

— Tu as réponse à tout, Géraud. Allez, tope là !

Trois verres de vin plus tard, tout était arrangé. Ce n'était plus qu'une affaire de curé et de notaire.

Géraud se félicitait de son choix. Toinette prit en charge la marche de la maison. Rien ne lui échappait. Elle devint son troisième œil. Elle sut se faire accepter par Jeanne-Marie, la vieille servante qui l'avait élevé, lui et ses frères. La maison retrouva une nouvelle jeunesse lorsqu’autour de la table, frères et beaux frères se rassemblaient pour les repas et aux veillées. Jeantou ne retourna plus au cabaret qu'il fréquentait depuis le décès de sa femme. Il n'avait plus à courber l'échine devant tous pour garantir son croûton de pain quotidien. Il vénérait son gendre.

Guillaume, qui venait d'atteindre ses quatorze ans apprit le métier de tisserand auprès de Pierre. Le frère de Géraud se prit d'affection pour lui et entreprit de lui apprendre également à lire et à écrire. Il lui apprit ce qu'il savait.

Géraud aimait bien sa femme sans déborder d'affection pour elle. Toinette éprouvait pour lui les mêmes sentiments avec en plus de la reconnaissance pour elle, mais aussi pour son père qui se sentait valorisé par cette union et pour ses frères, surtout le plus jeune qui atteignait tout juste ses dix ans et à qui elle avait servi de mère. Le mariage lui procurait un compagnon de son âge, Blaise, le plus jeune frère de Géraud. L'on ne vit plus l'un sans l'autre. La double engeance disait Jeanne-Marie. Géraud n'exigeait pas plus de l'un que de l'autre leur laissant pour l'instant une certaine liberté. Les voir manigancer leurs stratagèmes et les laisser croire qu'il donnait dedans l'amusait. Garder les vaches à deux devenait un plaisir et poser des collets une habitude que Géraud réprouvait mollement. Ils les posaient sur ses terres et le gibier abondait. Les petits oiseaux faisaient aussi de très bonnes cibles pour leurs frondes. Toinette les plumait, les vidait, mettait un morceau de lard dans leurs ventres béants et les faisait rôtir. Ce plat leur était réservé et ils les dévoraient les yeux pleins de malice, gloussant de plaisir. Les petits os craquaient sous la dent et le jus gras leur poissait des doigts qu'ils suçaient avec gourmandise.

Quatre ans déjà que tous vivaient en harmonie. Géraud soupira. Il goûtait le calme de son bonheur. Dans le village, il se savait respecté et cela lui suffisait.

Géraud approchait du moulin. Le bruit de la roue frappant l'eau à espaces réguliers se faisait insensiblement plus présent. Bientôt les craquements de l'énorme meule s'ajouteraient au vacarme ambiant. Il était temps pour lui de sauter du chariot, ce qu'il fit lestement. Il reprit l'aiguillon en main, en posa le bout sur le joug qui reliait les deux bœufs. Il redevenait le maître. Arrivé à la porte du moulin, il se plaça devant les bœufs et saisissant une corne à chacun, il les arrêta en donnant de la voix.

— Hoooo !

Les bœufs lui obéirent avec indifférence. Géraud entra dans le moulin, appela et ne recevant pas de réponse il partit à la recherche du meunier. Il appela à nouveau, mais n'eût pas plus de réponse. Le moulin paraissait désert. Avisant une toile pendue par des crochets, il la souleva et découvrit le garçon meunier endormi. Un solide garçon de dix-huit ans arrivé là par hasard. Il se disait orphelin, originaire du Causse, au-delà de Saint-Céré.

Géraud se baissa et lui posa la main sur l'épaule et par deux fois le secoua avant qu'il n'ouvre les yeux. Un sourire lui orna le visage. Géraud remarqua pour la première fois la finesse de ses traits. Il lui rendit son sourire.

— Je viens chercher mes sacs.

— Tout est prêt. Je vous attendais Maître Géraud !

Il tendit sa main à Géraud afin qu'il l'aide à se lever et à l'instant où celui-ci la saisissait il tira un coup sec et le fit basculer.

Géraud surpris se retrouva allongé sur le garçon qui dans le mouvement lui entoura la taille de son bras. Le visage de Géraud était maintenant au-dessus du sien. De son autre main, il lui bloqua la nuque et appuya jusqu'à ce que leurs bouches se trouvent unies.

— Qu'est-ce que tu fais ?

C'est ce que Géraud aurait voulu dire, mais la pression conjuguée de la main et de la bouche transforma les mots en un gargouillis inaudible. Trouvant les lèvres entrouvertes, le garçon en profita pour introduire sa langue. Géraud oublia de se défendre tant sa surprise fut grande. Au contraire, il sentit monter en lui une lente chaleur qui irradia son corps et produisit un effet incontrôlé dans sa culotte.

Le garçon profitant de l'avantage acquis renversa Géraud sur la couche précaire pour se placer au-dessus de lui et accentuer son baiser. Sa main vint constater à son entrejambes les effets produits par son attaque. Il quitta quelques secondes sa bouche pour énoncer sur un ton de triomphe.

— Je ne dormais pas. Je vous attendais maître Géraud !

Sa bouche s'écrasa à nouveau sur la sienne. Lui arrachant la chemise de son pantalon, il lui caressa les flancs et ayant trouvé l'ouverture insinua sa main jusqu'à son sexe qu'il trouva gonflé et prometteur. Il commença à le branler. Géraud abandonna toute résistance ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. Il soupira lascivement. Le garçon prit cela pour un encouragement et délaissant sa bouche commença une fellation. Sous la caresse buccale, la première qu'il recevait, Géraud gémit et ses mains se posèrent derrière la tête du garçon qui redoubla d'ardeur. Il ne fut pas long à ressentir monter en lui les prémisses de la jouissance. Il en avertit le garçon qui passant outre continua son action et reçut dans sa bouche la tendre liqueur.

Vaincu par la puissance de sa jouissance Géraud s'amollit dans les bras passionnés du garçon qui passa sa langue sous les testicules, puis enfouit son visage dans sa toison brune et frisée. Il remonta peu à peu vers son torse en déposant à la chaîne de petits baisers pour enfin plaquer sa joue sur sa poitrine cuivrée par les travaux des champs.

Géraud se redressa sur un coude et passa sa main sous le menton juvénile. Le garçon souriait, mais une pointe d'inquiétude teintait son regard.

— Tu t'appelles comment ?

— Jacmes, maître Géraud

— Tu es fou Jacmes ! Si ton maître nous avait surpris, nous aurions eût l'air de quoi ?

— Aucune chance ! Il passe ses après-midi au cabaret et ne rentre qu'à la nuit, cuit comme une rave.

— Pourquoi as-tu fais ça ?

— J'avais trop envie… de toi !

— Tu peux me tutoyer, mais seulement lorsque nous serons seuls

— Tu veux bien ! Tu veux bien qu'il y ait d'autres fois !

— Je ne sais pas.

— Tu as aimé ! J'ai bien vu !

— J'en suis encore surpris. Laisse-moi un peu de temps, Jacmes. Je suis troublé par cette aventure.

— Je t'attendrais !

— Il faudra nous cacher. Tu sais que j'ai une femme, un fils et bientôt un autre enfant

— Je voudrais t'offrir plus qu'aujourd'hui ! Te recevoir en moi !

— Jacmes soit raisonnable et patient. Pour l'instant nous allons charger les sacs de farines. J'ai besoin de réfléchir.

— Géraud, je peux attendre, un peu, mais ne me laisse pas espérer en vain !

Jacmes vint se coller contre lui et l'enlaça. Leurs bouches s'unirent et cette fois c'est Géraud qui lui donna sa langue et le caressa. Ses mains glissèrent sur les fesses de Jacmes qui se cambra.

— Tu es prêt à tout m'offrir ?

Le « oui » qu'il murmura se perdit dans la tendresse de leur baiser.

Les sacs chargés et après une étreinte discrète, car ils se tenaient près du chariot à l'extérieur du moulin, Géraud, menant les bœufs à l'aiguillon, s'éloigna par le chemin crevassé d'ornières. Après avoir parcouru une cinquantaine de mètres, il se retourna. Jacmes, resté devant la porte du moulin, le regardait. Il souriait. De la main, il fit un geste que Géraud interpréta comme une invite à revenir. Il lui rendit son sourire puis se renfrogna aussitôt, étreint par l'inquiétude. Il se sentait perdu dans ses sentiments.

Les bœufs peinaient sous la charge. Géraud marchait devant eux. Il ne pouvait penser qu'à ce qu'il venait de vivre. Il n'avait jamais pensé à un garçon de cette façon-là et ce qui le surprenait c'est qu'il n'en éprouvait aucun regret. Le souvenir du contact avec sa peau et la chaleur qui s'en dégageait lui était agréable. Son prénom chanta dans sa tête. Jacmes, une forme occitane ancienne de Jacques.

Arrivés à la ferme, Jeantou et Mathieu, l'aîné de ses beaux frères, l'aidèrent à décharger la charrette. Le petit Benoît courut vers lui et s'accrocha à son pantalon. Il le prit dans ses bras et l'enfant posa sa tête sur son épaule. Son esprit était en pleine confusion. Au plus profond de lui il savait sans se l'avouer qu'il cherchait la façon la plus naturelle d'introduire Jacmes dans le cercle familial. Il se sentait faiblir.

Toinette vint chercher l'enfant. Son ventre pointait. Elle ne tarderait pas à accoucher. En lui passant l'enfant il énonça sur le ton banal de la conversation, mais avec fermeté.

— Si c'est un garçon, il s'appellera Jacmes !

Son épouse surprise, le regarda et après un instant de réflexion.

— Pourquoi pas ! Mais il va te falloir trouver un parrain de ce nom.

Elle ajouta en prenant une voix boudeuse de petite fille.

— Mais si c'est une fille, je voudrais bien l'appeler Françoise, comme ma sœur. Elle s'est très bien relevée de son accouchement.

— D'accord, on tope ! Pour le parrain, je connais quelqu'un de ce nom. Je ne lui en ai pas encore parlé, mais je sais qu'il ne dira pas non.

— Je le connais ?

— Pas encore. C'est le nouveau garçon meunier. Il doit avoir l'âge de ton frère Guillaume.

— Tu n'auras qu'à l'inviter un prochain jour !

Toinette s'éloigna, tenant par la main Benoît dont les pas butaient sur les cailloux de la cour.

Géraud sourit. Sa réaction en voyant le ventre de sa femme avait été instantanée. L'idée de faire Jacmes parrain de l'enfant à naître lui était venue au moment où il l'énonçait. Il venait en même temps de prendre conscience de sa décision de revoir Jacmes. Il acceptait donc la liaison qu'il lui proposait.

Ses réflexions furent interrompues par les cris et les rires des deux garnements menant les vaches à l'étable en se chamaillant à leur habitude. Un léger sourire protecteur lui vint aux lèvres.

Ils s'aperçurent que Géraud les regardait et leurs criailleries se transformèrent en ordres bruyants et absolument inutiles envers les vaches qui gagnaient placidement l'étable, pressées de se faire traire.

Géraud avait pris la décision de les confier quelques heures par semaine au jeune vicaire qui venait d'être nommé pour qu'il leur apprenne à lire, écrire et compter. Pierre s'occupait de l'instruction de Guillaume, il ne pouvait pas prendre en main celle des deux garçons. Son travail de tisserand ne le lui permettait pas. Quant à Mathieu, il avait bénéficié en son temps de l'aide de Toinette et de sa sœur. Géraud ferait l'annonce de sa décision ce soir après le repas.

En cette fin d'été, les veillées se faisaient dans la cour, instants goûtés par tous, elles permettaient à chacun de relater leur journée, de colporter les nouvelles du village et à Jeantou, de conter des histoires dont il avait le secret. Histoires de fantômes, de bandits guettant les voyageurs égarés. Il racontait souvent les mêmes, mais comme il les agrémentait de détails différents et pittoresques, il captivait toujours son auditoire. Géraud aimait bien écouter la voix douce de Jeantou alors que l'on ne distinguait plus que des ombres noyées dans la nuit. Blaise lui réclamait souvent l'histoire de l'enfant échangé. Jeantou racontait les châteaux forts où les seigneurs régnaient en maître. Il décrivait les scènes de banquets, racontait les montreurs d'ours, les jongleurs et les cracheurs de feu comme s'il y avait lui-même assisté.

Le repas terminé, chacun s'installa à sa convenance, soit sur le banc rustique qui s'adossait à la façade de la maison soit sur les quelques souches d'arbres que l'on avait gardées à cet effet. Blaise et Étienne vinrent s'asseoir à terre aux pieds de Jeantou. Ils commentaient encore la nouvelle que Géraud venait d'annoncer. Jeantou leur caressa la tête, ému lui aussi par le fait que Géraud se soucia de l'éducation de son fils. Il se sentait faiblir dans son corps et que Géraud traite ses fils à lui et ses frères de la même façon lui apportait un réconfort. Blaise lui demanda une histoire qu'il avait déjà entendue plus de vingt fois, mais Jeantou ne se fit pas prier.

Comment le meunier d'Astresses devint châtelain. L'abbé de Beaulieu ayant soudoyé les paysans de Biars pour qu'ils pêchent des truites dans la Cère fut convoqué par le seigneur de Castelnau. Celui-ci, pour le prix de son pardon l'ayant condamné à résoudre cinq énigmes demanda au meunier d'Astresses de les résoudre à sa place. Le seigneur de Castelnau découvrit la supercherie et condamna l'abbé à élever le meunier au rang de châtelain en le dotant de terres prélevées sur les domaines de l'abbaye.

Géraud se noya dans la pénombre, assis sur une des souches, adossé au puits. Il se laissait bercer par la voix douce de Jeantou. De la cuisine venaient des bruits de vaisselle. Toinette et Jeanne Marie finissaient de nettoyer et de ranger. Le hasard d'un rayon de lune attira son attention sur Pierre et sur Guillaume, assis côte à côte à l'écart. Il ne distinguait que le contour des silhouettes, mais cela était suffisant pour qu'il voie et comprenne chaque geste.

D'abord, Pierre vint chercher la main de Guillaume qui dans le mouvement posa sa tête sur son épaule. Pierre le fit s'approcher de lui et sa main lui enserra la taille. Son autre main se posa sur sa poitrine. Guillaume se colla à lui et leva la tête. Sa bouche ne se trouva plus qu'à quelques centimètres de celle de Pierre.

Géraud guetta. Allaient-ils oser s'embrasser à deux mètres à peine du reste de la famille. Son regard fixait les deux visages et il ne s'aperçut qu'avec retard que la main de Pierre avait glissé de la poitrine à l'entrecuisse de Guillaume qui écartait ses jambes pour lui faciliter la tâche. Il crut entendre un soupir.

Sans doute son aventure de l'après-midi avec Jacmes lui facilitait la lecture de la scène. Comment se faisait-il qu'il ne se soit aperçu de rien avant ce soir.

Géraud continuait son observation. Allaient-ils oser s'embrasser. Il comprenait pourquoi Pierre avait autant insisté pour s'installer avec Guillaume dans le bâtiment de tissage. Il y avait installé deux chambres. Géraud sourit en pensant.

— Mais ils n'usent qu'une seule paillasse.

Pierre et Guillaume se levèrent discrètement et quittèrent la veillée.

Géraud ne céda pas tout de suite à son désir de retrouver Jacmes, mais chaque jour, résister à son envie devenait plus difficile. Il tint bon, quatre jours.

Lorsqu'il fut à une centaine de mètres du moulin, il s'arrêta. En franchissant cette porte, il savait qu'il s'engageait dans quelque chose de définitif qu'il avait encore du mal à définir. Il pouvait encore rebrousser chemin, mais il passa la manche de sa chemise sur ses lèvres après les avoir humidifiés avec sa langue et reprit sa marche.

Lorsqu'il franchit le seuil du moulin, ses tempes bourdonnaient et de la sueur perlait à son front. Son cœur se mit à battre. Jacmes l'attirait comme un aimant. Il alla directement à sa couche et en écarta le rideau. Elle était vide. Une sorte d'angoisse le saisit. Il restait immobile, sa main tenant l'étoffe rugueuse. Incapable de faire un geste, il semblait vidé de toute volonté.

Lorsqu'une main se posa sur sa poitrine, il sursauta et ne revint à la réalité que lorsque le rire clair, encore enfantin de Jacmes lui éclaboussa les oreilles. Avant qu'il ne puisse se retourner, le garçon se pressa contre son dos et l'enlaça. Avec une voix qui trahissait son émotion et l'angoisse de l'attente.

— Je savais que tu reviendrais !

Géraud se retourna, lui prit le visage dans les mains et posa sur ses lèvres un baiser qui les effleura à peine. Jacmes voulut accentuer le baiser, mais Géraud se déroba.

— Qu'est-ce qui te permet de penser que c'est toi que je viens voir.

— Parce que tu sais très bien qu'à cet instant de la journée je suis seul au moulin.

Jacmes se rua à l'assaut de sa bouche et cette fois réussit à la lui prendre. Sa langue lui investit le palais. Géraud lui rendit son baiser avec fougue. Le désir monta en lui avec la puissance d'un torrent. Ses mains se frayèrent un chemin mettant à nu son torse. Il tourna le garçon dos à sa couche et le fit reculer jusqu'à ce que tous deux basculent et s'écroule dessus. Son genou lui écarta les jambes, il le serra vigoureusement contre lui tout en explorant son corps et en le dénudant. Jacmes gémissait de plaisir, abandonné à cette étreinte sous les mains calleuses de Géraud.

Lorsque Jacmes fut complètement nu, le corps enflammé par les caresses et les baisers, Géraud commença à se dénuder. Jacmes soupirait et gémissait de plus en plus fort. Ses mains rendaient les caresses qu'il recevait. Son corps se tendait. Leurs bouches semblaient soudées l'une à l'autre.

De sa main droite, Géraud écarta les cuisses de Jacmes et son index s'introduisit dans la rosette. Jacmes ne se déroba pas et sous la pression poussa un cri sourd. Ses ongles se plantèrent dans le dos de Géraud. Il souleva son bassin pour faciliter l'opération.

Géraud se redressa et souleva les jambes de Jacmes, le pliant carrément en deux. Sa bouche plongea jusqu'à la corolle qu'il lécha avidement. Géraud émettait de petits grognements gourmands tandis que Jacmes geignait de plaisir.

Géraud accentua encore la pression sur les cuisses du garçon. Il positionna son sexe à l'entrée de la couronne diaphane et appuya. Jacmes murmura.

— Va doucement !

Géraud ne répondit pas, mais plongea son regard dans le sien comme s'il mesurait l'espace qui lui restait à parcourir pour le posséder totalement. À chaque étape de la pénétration, Jacmes émettait de petits cris, de plus en plus stridents.

Dans un dernier effort, Géraud termina le voyage. Jacmes laissa éclater un long cri de douleur, puis agrippé au cou de Géraud, il lui dévora la bouche.

Déjà Géraud, par de petits mouvements commençait son action. Jacmes lâcha prise et partit en arrière. Géraud le retint par les hanches et le souleva. Chaque mouvement se ponctuait par des cris, des gémissements ou des soupirs. La pièce s'emplit d'une cacophonie lascive qui exaspérait leurs sens. L'on entendit plus, en alternance, que deux plaintes qui s'amplifiaient.

Géraud déchaîné se mit à pilonner Jacmes sans retenue comprenant le plaisir qu'il donnait à un...

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