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Les Mains chéries

De
303 pages

Cette collection des années 1930 est exclusivement consacrée à la flagellation, à l'éducation anglaise, à la clystérophilie et à la domination féminine. Ces ouvrages érotiques ont été écrits par des auteurs prestigieux sous de délicieux pseudonymes et sont illustrés par les meilleurs dessinateurs de l'époque.

Extrait de texte : « Pour bien fesser, il faut une main plutôt grande. La sienne était longue et couvrait bien, coiffait bien la fesse qu'elle claquait. Plus j'allais, plus je l'aimais, sa main. Aucune main de femme ne m'a produit, depuis, un effet pareil. Elle avait vite fait de m'amener au paroxysme, sa main. Cela tenait du prodige... »

Un classique de la fessée féminine. Edition ornée de 16 héliogravures d'après les dessins de Louis Malteste.



Roman illustré numérique, 303 pages, orné d’un frontispice et de 15 illustrations en noir et blanc de Louis Malteste.

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d’après les
dessins de Louis Malteste

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COLLECTION DES ORTIES BLANCHES

ÉDITIONS DOMINIQUE LEROYeBook

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All rights reserved. No part of this book may be reproduced in any form, by any means, without the
prior written consent of the publisher.

© 1975 by Éditions'RPLQLTXH /HUR\ 3DULV )UDQFH SRXU OªpGLWLRQ SDSLHU
© 2008 by Éditions'RPLQLTXH /HUR\ )UDQFH SRXU OªpGLWLRQ QXPpULTXH
ISBN 978-2-86688-315-7
Date de parution : septembre 2008

PRÉFACE

Le succès qu'a rencont r éaupr èsde notr epublic
not r eder nierliv r e:Br asséede Faits, nous engage à
publier ,cet t efois encore, un recueil de contes vr ais,
de préfér enceà un récit unique affectant la form ed'un
r om an.

C'est d'ailleurs à la demande expr im éepar un tr ès
gr andnom br ede lecteur sque nous avions donné ce
r ecueilde plusieurs contes etBr asséede Faits r ent r ait
ainsi dans le genre deQui aime bien châtie bien, qui
fut le prem ieren date de nos ouvr ages.
Nous présent onsdonc aujour d'huià notr efidèle et
bienv eillantpublic ce nouveau livr e:Les Mains
chér iesunt outcom m eaît r a- t - ilen apparit r e. Le t
pr ogr am m e?. . .et ,ce progr am m esem bler a- t - il
consciencieusem entr em pli?. . .On en juger a.
Av ecdes aperçus nouveaux sur quelques points
ex t r êm em entdélicat sde psychologie sensuelle, on y
t r ouv er aen tout cas, la mêm esincér it é,le mêm e
souci de vér it équi inspirent tous nos récit s.
Ces récit s,en effet, sont tous vr ais.
Nous avons puisé nos renseignem ent saux
m eilleur essour ces. . .et noslect eur sav isés— ainsi
que nos lectr ices,par définition, subtiles — deviner ont
aisém entde qui nous tenons quelques-uns d'entr e
eux . . .

LESMAI NSCHÉRI ES

Ces histor iet t es,nous les soumet t onsav ec
confiance, tout es,sans except ion,à vot r e
appr éciat ion,cher sLect eur s,chèr esLect r ices,cer t ain
d'av anceque, cett efois encore, vous reconnaît r ezque
nous somm esen droit de répét erce que nous disions
en ter m inantla préface de notr epr écédentliv r e:
« La Vérit é,dont nousécr iv onsle nomav ecun
gr andV, n'est- ellepas notr eseul guide et, disons-le
haut em ent ,not r eseul amour ,not r eseul idéal ? »


JACQUES D'I cy .

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© 1975- 2008 by Éditions Dominique Leroy ,Fr ance.

I

L'HERMAPHRODI TE

Nous aimons beaucoup recev oirla visit ede
Madem oiselleLucienne. Nos lecteur sla connaissant
bien. Et nos lectr iceségalem ent ,sans doute.
C'est elle l'instit ut r icedont il est parlé dansChât ie
biené, dans, à la page 129. C'est elle aussi qui a inspir
Br asséede Faitsit uléV, inte I, le contRét r ospect ion.

Quand elle vient nousv oir ,com m ecela, à
l'im pr ov ist e,elle furèt edans nos cart ons,feuillèt enos
dessins, nos estam pes.Elle compulse nos fiches que
souv entelle enrichit .
C'est ainsi que l'autr ej our ,elle tom baen arr êt
dev antun choix de plusieurs épreuv es
phot ogr aphiquesr epr oduisantl'Er m afr odit adu Musée
Nat ionalde Rome et l'Herm aphr odit edu Louvr e; ce
der nierpar eillem entcouché et endorm i.
— Tiens, fit- elle,c'est le délicieux Herm aphr odit edu
Louv r equi est au Musée des Antiques, dans la salle
des Cariat ides.C'est l'Herm aphr odit eBor ghèse.
Si je le connais ?.. .j ecr oisbien. Je lui garde une
det t ede reconnaissance. . .Oui, une sérieuse dett e! . . .
C'est à lui que je dois une bien jolie avent ur e.Je ne
v ousl'ai pas contée par le menu, pourt antj ev ousai
souv entet longuement parlé des deux amies que j'ai
eues etque j'ai encore, Gabrielle et Aimée ?.. .Eh

LESMAI NSCHÉRI ES

bien, oui, c'est grâce à l'Herm aphr odit eBor ghèseq ue
j eles ai connues.. .

Voy ons. . .j 'av aisv ingt - septans. . .oui, vingt - septet
m e
dem ie.J'ét aisinst it ut r iceà demeur echez MA. ,une
v euv e,aust èr edév ot e,habit antun petit hôtel à
Aut euilav ecses deux filles qui, cett eannée- là,av aient
t r eizeans, la cadett e,et quator zeet demi, l'autr e.
Je les avais depuis deux ans comm eélèv es.Mal
com m encéespar celles qui me précédèr ent ,au
nom br ede tr oisj usqu'ici,j 'av aisdu fil à ret or dr eav ec
elles. Si je les fessais ?.. .Plut ôt! . . .
Leur mèr ed'abor dm el'enj oignaitex pr essém ent ,
m 'ay antm êm echoisie pour ses gamines parce que,
chez une dame amie où elle m'av aitv ue,j efouet t ais
les deux filles etun petit garçon. Mais la famille
r et our nanten Algérie, son pays d'origine, je préfér ai
r est erici.
m e
Elle, MA. ,n'ét aitpas flagellante. Ou plutôt si,
m aisd'une espèce tr èspar t iculièr e.Ét ait - ce
inconscience ou hypocr isie?. . .Un peu des deux, je
cr ois.Elle n'opérait pas, mais elle ne se refusait pasà
v oiropér er .Pr esquet ouj our s,c'est devant elle que je
donnais le fouet à ses filles. Son amie était comm e
cela d'ailleurs etassist aitle plus souvent à mes
cor r ect ions.Sauf à de cert aines,pour t ant . . .Oh ! oui,
pour la plus grande de ses fillett es. . .Ces corr ect
ionslà, je ne pouvais faire autr em entque les réser v erpour
les absences mat er nelles. . .Mais ceci serait une aut r e
hist oir e,com m edit Kipling.. .
m e
Je rev iensdonc aux deux filles de MA.

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© 1975- 2008 by Éditions Dominique Leroy ,Fr ance.

LESMAI NSCHÉRI ES

Or ,un jour ,j 'allaiau Louvr eav ecm esélèv es.
C'ét aiten juin. Je voulais leur mont r erles bustes de la
salle d'Auguste, au Musée des Antiques. Elles en
ét aient ,en histoir er om aine,à Tibère et, me
confor m antaux progr am m esm oder nes,j 'appr ouv ais
la mét hodede l'enseignement par lesy eux .
Nous étions arr iv éesde bonne heure. Il n'y avait
per sonne,aut antdir e.
Nous avions vu suffisamm entles Emper eur set les
gr andsper sonnages,leur scont em por ains,Agr ippa,
Ant inoüs,et je profit aisde la circonst ancepour les
m enerà la peintur e,quand, avant d'y mont er ,j 'eus
l'idée de refair eav ecelles un tour dans les salles que
nous n'avions faitque tr av er serpour arr iv eraux
César s.Nous rev îm esdonc l’Her m aphr odit ecouché et
endor m iousm aphr odit e, l'Hercelui dont vBor ghèse,
av ezces belles photos. Je passai vit ecet t efois, on n'y
j et aqu'un coup d'œil, mais elles le reconnaissaien t ,
l'ay antv udéj àen venant .Elles l'avaient vu comm eon
peut le voir ,c'est - à- dir et our néde dos et mont r an tses
belles fesses d'une form esi féminine. Sans l'exam iner
t r oplongt em ps,sans donner de plus amples
ex plicat ions,j eleur avais laissé admir er ,pendant que
j el'adm ir aism oi- m êm e,la beauté de ce dos, de ces
r ondeur squ'elles pouvaient croir ecelles d'une jeu ne
fille.
Cer t es,elles avaient dû lire l'inscript ionà loisir ;
m aisj 'ét aisen droit de penser que ce nom :
Her m aphr odit e,inconnu d'elles, ne leur disait rien de
par t iculier .
Plus loin, nous arr iv âm es,dans une salle précédant
celle de la Vénus de Milo. Je m'at t ar de,dev antune
st at ueassez banale, à lire une longue notice sur son
piédest al,indiquant ,les rest aur at ionst ouj our ssi

© 1975- 2008by Éditions Dominique Leroy ,Fr ance.

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LESMAI NSCHÉRI ES

fâcheuses, si ineptes dont, de tout tem ps,les
conser v at eur sne se priv entguèr e.Puis, ayant ter m iné
la lectur ede ce comique énumér é,j echer chedes
y euxm esdeux élèves, elles ont disparu. . .Je regar de
t outaut our ,j ene les vois pas.. .Vêt uesde blanc de la
t êt eaux pieds, il est inadmissible pourt antqu'elles se
confondent avec tous ces mar br esinfinim entm oins
blancs qu'elles, patinés comm eils le sontpar tant de
siècles, plus encore que par le soleil de Grèce et
d'I t alie.
M'ont - ellesdev ancéev er sla sort ie?
Non, elles ne sont pas dans le corr idorde Pan, ni
dans la salle grecque des mét opes. . .
Soudain, que vois- j e?. . .Ah ! les petit espest es! . . .
elles sontr ev enuesdans la grande salle, celle des
Car iat ides. . .Elles y ont ret r ouv él'Her m aphr odit edont
elles avaient bien rem ar qué,les deux fois
pr écédent es,qu'on pouvait faire le tour en se glissant
ent r eles barr eauxfor técar t ésde la balustr ade,
laquelle, mais combien illusoire, a été installée
pr écisém entafin d'empêcher les visit eur ségr illar dsde
se livr erà des invest igat ionsinconv enant esdu côté le
plus scabreux d'un antique par fort uneint ér essant .Et
c'est de cet autr ecôt é- làque je les surpr ends,m es
élèv es,absor béesdans une contem plat iondont je
n'aur aisj am aiscr ûcapable leur candeur, mêm ecelle
de l'aînée.. .
En effet, si du côté pile l'Herm aphr odit es'or ne
d'ador ablesfesses féminines nett em entpr ov ocant es,il
ex hibe,du côté face, plus séduisant encore, un exq uis
pénis long de quator zecent im èt r es,ce qui est beau
pour quelqu'un comm elui, un peu moins grand que
nat ur e.

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LESMAI NSCHÉRI ES

Et un pénisen érect ion,s'il vous plaît. Un joli, joli
pénis en érect ionpour v ude tous ses accessoires
par eillem entbien conform éset auxquels rien ne
m anque.Quant au pénislui- m êm e,for cea été de le
r accom m oder ,m aiscela a été tr èsbien fait. Il a été
r ecolléav ecun soin pieux. Et fier, maint enantde ses
t r oist r onçonsr accor désir r épr ochablem ent ,il se
dr esse,il se darde, dans sa perfect ioncy lindr ique
t er m inéeen pointe légèrem entar r ondie,ainsi que se
doiv entclassiquem entt er m inerles pénis selon la
nor m eest hét ique.
Et cesgam ines,t out esles deux, ont les yeux
br aquéssur lui !. . .Sur ce pénis, qui, depuis deux mille
ans, a été tellem entm anié,t ellem entcar essépar des
génér at ionssuccessiv esde dévot sadm ir at eur s,que
son mar br ea acquis un poli tout part iculier ,m ieux
encor eque les seins et les fesses de la tr oublant e
cr éat ur e. . .Leur sy euxbr aquéssur lui le dévor ent ,ce
m er v eilleuxpénis tant rigide, animé si visiblem ent
d'int ent ionsgaillar deset que sa finesse ter m inale
adapt eà tout esles pénétr at ions,m êm eles plus
délicat eset lesplus ardues. . .Ne forcer ait - ilpas tout es
les entr ées,m êm ela plus étr oit e,m êm ela moins
facilem enthospit alièr e?
Elles ne me voient pasar r iv erdr oitsur elles, tan t
les passionne leur exam enet je devine, à leur
ex pr ession,que rien au monde n'a encore aussi
pr odigieusem entint ér esséces effront éespucelles.
Par - dessusle corps de mar br ede l'éphèbe ambigu,
qui, de sa croupe et de sa ver ges'offr epr êtégalem ent
aux amour euxcom bat s,j eles inter pelle,indignée :
— Polissonnes !effr ont ées! . . .que faites- v ouslà ?.. .
Que regar dez- v ouslà ?.. .v ousv er r ezen rent r antce
que vous aurez comm efessée !. . .

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LESMAI NSCHÉRI ES

J'ét aisseule avec elle dans la vast esalle. Du moins,
j ele croy ais.Je me tr om pais,car je m'aper çoisqu e,
t out esdeux ,m esélèv esdir igentnon sur moi, mais à
m agauche, à la hauteur de mon visage, des regar ds
où se lit un émoi honteux que d'ordinair eelles ne me
t ém oignentplus depuis longtem psquand je les
m enaced'une fessée, seule ou mêm een présence de
leur mèr e.Elles y sontt r ophabit uéespour en
r essent irencor el'affr ont . . .
Je me ret our neet j'aper çoisder r ièr em oi,t outpr ès,
deux dames arr iv éesdans cett epar t iede la salle en
m êm et em ps,m aisv enuespar la droit eet dont les
pas n'avaient fait aucun bruit sur le dallage, grâce à
leur st alonscaout chout és.Nul doute que mes élèves
les apercev aienten mêm et em psque moi surv enant
et c'est ce qui lesr endaitsi confuses, si humiliées
d'av oirét é,à leur âge, menacées publiquement d'une
fessée.
Quand elles se relèv ent ,apr èsav oirr epassésous la
balust r ade,un nouveau flot de sang leur mont eà la
face, en me précédant devant lesdeux dames qui, en
les regar dant ,r ientencor eplus de les voir à ce point
v ex éeset honteuses.
La joie moqueuse des inconnues me fait plaisir,
quoique je n'entende rien de ce que l'une d'elles
chuchot eà sa compagne qui rit follement .L'aînée a
m onâge, ma taille, mais en plus fort .L'aut r e,un peu
m oinsgr ande,a vingt - deuxans. Jolies, tout esdeux ,
bien faites ethabillées avec goût. D'un coup d'œil, je
v oiscela. Mon regar dcr oisele leur qui se fixe sur moi
et je discerne dans leurs yeux une joie cert ainem en t
v iv eet peut- êt r epolissonne. Mais, sur le mom ent ,j e
n'y att acheque peu d'intér êt ,pas assez pour
r econnaît r edeux adeptes du Fouet. Loin de les

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LESMAI NSCHÉRI ES

soupçonner d'êtr et elles,leur contenance me semble
sim plem entcelle de deux dames du monde amusées
d'ent endr eénoncer en public par une instit ut r iceu n
pr océdéd'éducat ionr éser v éà l'intim it é.
Je pars avec mes élèves, me dirigeant ver sla sort ie.
Je me ret our ne,m ar chantder r ièr eelles et, sur le point
d'en franchir la port esous le grand haut relief de
br onzede Benvenut oCellini, j'aper çoisles deux
dam es,r est éesplant éesau mêm eendr oit .Elles me
r egar dentet l'aînée tient la plusj eunepar la taille.
Elles rient ,elles rient . . .

Nous mont ons.Nous voici dans la salle de Lacaze,
puis dans la salle Henri II ,dans celle des Sept
Chem inées,dans celle des Bijoux ,dans la galerie
d'Apollon, dans le Salon Carr é.Puis, prenant la grande
galer ie,nous ne nous att ar donspas. Mes élèves ontv u
cela récem m ent .Je compt eauj our d'huiles conduire
dev antles Prim it ifsit aliens.En histoir ede France,
nous abordons la Renaissance.
Nous rest onsune demi- heur edans cett esalle.
Quand nous en sort ons,apr èsav oirr idu nez
gr ot esquedu vieillar dde Ghirlandaj oet que nous
t our nonsà droit e. . .nous nous tr ouv onsen face des
deux dames de tout à l'heure !. . .Elles ontpeut - êt r e
suiv ile mêm eit inér air e,à moins que, par un chemin
inv er se,elles ne soient mont éespar le grand escalier,
où est la Victoir ede Samot hr ace.
Elles nous reconnaissent ,r ientà nouveau et
dév isagentm esélèv es,puis moi, d'un regar daigu,
t ourà tour moqueur ,am uséet finalement complice et
en quelque sort echaudem entappr obat eurlor sque
c'est moi que leurs beaux yeux scrut entà la fin.
Jeanne et Paule rougissent de plusbelle. Elles aussi

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ont reconnu les deux dames etelles compr ennent
clair em entque celles-ci s'égayent à l'idée que la
cor r ect ionqui leur a été prom iseser apour l'une et
l'aut r ede ces grandes filles une fessée. Je le leur dis à
m esélèv esque, sûrem ent ,c'est cela et rien que cela,
qui fait tant rir eles deux amies, et cela les vex e,les
v ex e! à un point que vous ne pouvez vous imaginer .
Per sonnellem ent ,j ene suis pas fâchée de
l'av ent ur e.Au contr air e,m êm e,j 'ensuis bien aise.
Ces deux enfants, sont foncièrem entv anit euses,
poseuses. Cela ne leur fera pas de mal qu'elles se
sachent considérées par deux dames de leur monde
com m edes gamines que l'on fesse encore.
Quelquefois, d'ailleurs, pour les mor t ifieret leur
donner une leçon, je faisais expr ès,passant dansla
r ueou au Bois, à côté d'autr esfillet t es— que celles-ci
fussent plusj eunesou bien de leur âge et mêm eplu s
gr andes— je faisais expr èsde dire à voix haute :
— Vous recev r ezle fouet, vous pouvez y compt er . . .
Ou tout eaut r ephr asedu mêm egenr e:
— C'estencor eune fessée qu'il vous faudra en
r ent r ant! Cela vous en fera deux aujour d'hui,à
chacune.
J'ador eleur infliger le supplice de cett ev ex at ionsi
cuisant eà leur vanit é.Ce n'est pas que je suis
m échant e.Non, mais c'estque j'ai horr eurde la pose
et de la prét ent ionde ces deux jeunes bourgeoises qui
sav entdéj àqu'elles sontr icheset qui mépr isentles
fillet t espauv r es,ou moins bien habillées. Plus jeunes,
elles faisaientfi déjà de ces dernièr eset refusaient
gr ossièr em entde jouer avec elles. Aussi, fais-j echoix ,
de préfér ence,de la rencont r einopinée de jeunes filles
de condition modest epour prononcer les mot s:
« fouet» et « fessée » que j'espèr ebien, par ces

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der nièr es,êt r esaisis au passage. Mais jam aisencor e
j en'av aisdit rien de pareil devant desdam esadult es
non accompagnées d'enfants. Tiens, tiens, me dis-j e,
v oilàune leçon qui ne sera pas perdue pour moi non
plus. C'est une chose que je ferai encore à l'avenir ,
dev antde jolies passantes à port éede l'entendr e,de
leur prom et t r ele fouet, maint enantsur t outqu'elles
gr andissentet que l'aînée est devenue si belle fille. Le
m otfessée, qui, à tant d'entr enous faitt antde plaisir
à entendr e,doit êtr epar t iculièr em entsuggest if
adr essépar moi à cett ePaule affriolant edont les
m ollet sfont présum erde ce qu'elle possède encore de
j olim entr ebondi.
Sor t antdes Prim it ifs,nous repassons dans le salon
Car r é,puis dans la salle Duchâtel où sont les fresques
de Luini et la Source d'Ingr es.Nous voici devant la
Vict oir em ut ilée,nous entr onsdans l'École française,
où règnent Prud'hon, Greuze, Watt eauet Boucher.
J'ador ecet t eépoque charm ant eet nousy err ons
longuem ent .Mes yeux rav iscar essentles Nym phesde
Diane que le pinceau galant de Boucher a faites si
r oses.Négligeant l'autr esalle où pontifie le froid
Poussin, je fais encore la tour néedes cimaises. . .
Tiens !. . .v oiciencor eles deux dames qui, entr ées
depuis peu, sontar r êt éespr èsde l'entr éedev antle
« Baindes femm es» de Joseph Vernet !. . .Vous le
connaissez :ce sont des villageoises enchem isequi
ne se doutent pasque deux homm escachés les
épient .L'une d'elles qui l'ôte, sa chemise, leur fait voir
en plein sa riche paire de fesses.
Les deux amies rient de plusbelle en nous
aper cev ant .Y- a- t - ilchez elles une association
d'idées ?La villageoise de Vernet mont r antsa crou pe
leur fait- ellepenser à mes élèves qui m'en mont r er ont

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LESMAI NSCHÉRI ES

aut ant? Cett esupposit ionm 'estper m ise,car ce sont
des sourir esà mon adresse de plus en plus accentués
de leur part et auxquels je réponds ;ce sont des
r egar dsensuit eallant de mes élèves au personnage
cent r alde la scène peinte et qui n'est autr eque la
baigneuse impudem m entr et r oussée.
Jeanne et Paule sont au comble de la confusion,
for céesen quelque sort ede contem plerle tableau bien
v uà notr eent r éeet devant lequel je les avais
ar r êt ées,une repr ésent at ionde fesses nues ne
pouv antqu'év oquerpour elles les fessées reçues de
m oiet c'est pour cela que je tenais en sort antà la leur
fair er ev oir .Le hasard voulait que lesdeux dames se
t r ouv assentlà encore, à point nomm é.C'ét aitt ant
m ieuxet tout ,décidém ent ,s'ar r angeaità mer v eille.

Enfin, nous quitt onsle Louvr eet ,passant sousla
v oût ede l'Horloge, nous nous dirigeons par les petit s
j ar dinsv er sle Palais-Roy al,où nous devons prendr ele
m ét r o.Mais, qui apercev ons- noussor t antpar la port e
donnant sur le Carr ousel?. . .Qui ?.. .Les deux dames
encor e! . . .Échanges encore de sourir essignificat ifs,
r ougeur sde mes deux gamines. On eût dit que c'était
fait expr ès!
Mais, plus fort encore. . .Quand à la stat iondu
Palais- Roy al,sur le quai, nous att endonsla ram eq ui
nous ram èner av er sMaillot ,qui voy ons- nousar r iv er
sur le quai en face, att r ibuéà la direct ionopposée ?
Les deux dames touj our s! . . .Décidém ent ,c'est une
gageur e! Cett efois, elles éclatent de rir e,m oiaussi,
t andisque Jeanne et Paule, rouges de honte, les
m audissentdu fond du cœur.
Mais notr et r ains'appr oche,j 'adr esseun signe
am icalaux deux amies qui me répondent

© 1975- 2008by Éditions Dominique Leroy ,Fr ance.

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LESMAI NSCHÉRI ES

gr acieusem entde mêm e,m aisl'une, l'aînée, ajout eun
pet itgest eque je compr ends,que les deux gosses
com pr ennentet qui est celui-ci. . .Av ecles doigts
ét endus,elle claque de sa main droit egant éede blanc
le dos de sa main gauche, mais du gantde laquelle
elle a rabat t ule crispin !
Je ris aux éclats en m'engouffr antdans le wagon
av ecles fillett escr am oisiesqui n'ont rien perdu du
gest epr éciset de son sensplut ôtindécent . . .

En rent r antau domicile de leur mèr e,j 'yt r ouv e
celle- ciar r iv éedepuis peu. Je lui fais part de
l'inconv enancedes deux gamines. Nous nous creusons
la cerv elleen vain pour nous expliquer comm entelles
ont pu concevoir une telle curiosit éet la manifest er
aussi cyniquem ent . . .Com m entpeuv ent - ellessav oir
m êm equ'il exist eune différence entr eles deux
sex es?. . .
I nsondablem y st èr eque, pour ma part ,j er enonceà
pénét r er .Tout ce que je sais de positif, c'est qu'un
quar td'heur eapr ès,j epasse les deux sœurs à la
fessée, sous les yeux de leur mèr e.
Je comm encepar la plus jeune, puis je prends
l'aînée, la plus coupable. Aussi faut- ildoubler sa peine
en la faisant assister d'abord à celle que subit sa
com plice.Cela, c'est une idée de la mam anqui croit
sincèr em entque les gigotem ent sint ensesque je
dét er m inechez la cadett esont pour son aînée un
spect acleém inem m entfait pour la ram eneraux idées
chast eset ver t ueuses! Je me garde bien de discuter
cela et je fesse à grand bruit la tr épidant eJeanne aux
fesses ferm esqui déjà prend la fessée comm esa
gr andesœur .Mais je ne me borne pas à la claquer, je
pr endsla ver gede tem psen tem ps.Depuis quelques

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LESMAI NSCHÉRI ES

m oisil en est ainsi chaque fois. La fessée est tou j our s
m ix t e,en part iem anuelle,en part ieadm inist r éeav ec
des ver gesde bouleau. C'est moi qui les fabrique, ces
v er ges,et je déploie un cert aint alentà leur
confect ion.Vous dirai- j equ'il y en a touj our sune qui
t r em pedans le cabinetde toilet t e,au sein d'un broc
d'ém ailspécialem entaffect éà cet usage ? Il impor t e
qu'une ver gesoit souple, si l'on veut s'en serv ir
efficacem entet qu'elle ne se rom pepas en une
m ult it udede petit sbr inssur des chairs qui,
aim ablem entdur esde leur natur e,dev iennentun pur
m ar br een signe de prot est at ion.
Je prends ensuite l'aînée et tandis que je la claque
et reclaque, je pense aux deux amies qui, je le
par ier ais,v oudr aientbien êtr eà ma place, ou tout au
m oinsse tr ouv erlà. Elles se rincer aientl'œil, j' ensuis
sûr e.La fessée leur est bien connue, c'est cert ain . . .
Que je regr et t ede ne pas leur avoir parlé ! Elles en
m our aientd'env ie,de leur côté.

J'y pense encore plus, aux deux amies, lorsque la
cor r ect ionde Paule ter m inéeà son tour ,j em 'isoleun
quar td'heur edans ma chambr e. . .
Pour changer de costum e. . .et j'ai grand besoin d'un
peu de solitude. . .
Elles sontbien jolies, ces deux dames. . .L'aînée
sur t out ,la grande, me plaisait, me plaisait. . .

Vous savez, je ne crois qu'au dieu Hasard. C'est lui
seul qui nous mène, sachez-le bien.
Env ir onquinze jour splus tar d,j ev aisv er sles cinq
heur esaux Galeries pour quelques emplet t es
per sonnelleset pour d'autr esachat sdont m'a charg ée

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LESMAI NSCHÉRI ES

m e
M A.. .Je sors du ray onde la mar oquiner ie. . .ô
bonheur ! je me heurt edans les deux amies. . .
C'est ensemble que nous nous disons :
— Oh !que j'ai pensé à vous, depuis l'autr ej our!

En rent r ant ,j 'em br assem esélèv es.C'est à elles
que je dois d'avoir fait la connaissance des deux
am ies,c'est à ellesque je dois cett edouble
conquêt e. . .

Car ,c'en est une, double conquête, celle-là !
Mais, c'est cela aussi qui serait une autr ehist oir e!
et bien plusbelle ! J'aime cett efor m ulede Rudyar d
Kipling et je vous la citais déjà en comm ençanten
faisant allusion à deux élèves que j'av aiseues avant
m e
d'êt r el'inst it ut r icedes filles de MA. Cett efois, avec
les deux inséparables, Gabrielle et Aimée, qu'elle
ser aitencor ede circonst ance,cet t efor m ulechèr eau
r oides conteur sanglais ! Vous qui feriez quelque
chose de ce que vous en savez déjà, que serait - cesi
j edisais le rest e?

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I I

MARI E- JEANNE

Dans des lett r esécr it esd'endr oit sfor tdiv er set de
Par ism êm e,et à desdat esdiffér ent es,plusieur sd es
fidèles lectr icesde nos livr esse sont plaintes de n'y
pas voir assez de messieur sex pr im antleur amour du
Fouet —du fouet qu'ils veulent recev oirde blanches
m ainsfém inines.
Pour t ant ,disent - elles,on prét endqu'il n'en manqu e
pas !
Si donc nous faisons succéder au conte précédent
les deux que l'on va lire maint enant ,à la suite l'un de
l'aut r e,c'est pour obéir à cescor r espondant es
aim ablesaut antque curieuses. . .et compat issant es
sans doute. Plus loin elles en tr ouv er ontencor esi elles
ont l'indulgence de lire ce livr ej usqu'aubout .
Espér ons,quant à nous, que, suivant l'exem pledes
Muses à qui plaisentles chants alter nés,elles
accueiller ontfav or ablem entd'abor dces deux récit s
qui furent tr anscr it spour elles. Et espérons aussi, pour
le sym pat hiquej eunehom m eà qui en prem iernous
donnons la parole et que nous appellerons « Monsieur
Gast on» ,espér onsqu'elles ne vont past ar derà
pr endr ela plume pour lui répondr e.

LESMAI NSCHÉRI ES

— Moi, c'estune bonne qu'on avait cheznous qui
m er év élale Fouet.
Elle s'appelait Marie- Jeanne.Une grande brune, à
l'air décidé, à l'air dur mêm e,av ecun regar dqui se
faisait parfois pesant. Élancée et bien découplée, de
t r ent eans, on l'aurait dite du Midi :elle était de la
May enne.Mam anla tr ouv aitj olie.
J'av aist r eizeans et demi alors, j'ét aisélèv ede
Quat r ièm e,à Louis-le- Gr and.Mam an,qui s'occupait
de soins de beauté, était la plupart du tem psabsen t e.
Quand j'ar r iv aisdu Lycée à la fin de l'après- m idi,ce
n'ét aitpas touj our sà la mêm eheur e.Cela dépendait
des cours. Mais, quand mam anse tr ouv aitchez nous,
elle me faisait touj our schanger de vêt em ent s,de
pant alonsur t out ,par ceque j'av aisl'habit udede
m 'asseoirpar ter r epour lire, pour étudier ,m êm epour
écr ir e,faisant usage en guise de bureau d'une petit e
t abledont lespieds avaient été écourt és,aut r efois
suppor t antune machine électr iqueet que, par manie
d'enfant ,j 'affect ionnais.
Mam anpr ét endaitnon sans raison que malgr ém on
pet itt apis,j 'abîm aism onbeau pantalon du lycée et
elle tenait à ce que j'en misse un autr e,en général
usagé.
I ly avait envir onquinze jour sque la nouvelle bonne
ét aità notr eser v ice,j efaisais bon ménage avec elle
lor squenous rest ionsseuls ensemble. Elle ne
s'occupait pasde moi, vaquait à son tr av ailpendan t
que j'ét udiais,que je lisais, que je faisais mes
v er sions.
Un soir de la tr oisièm esem ainede Marie- Jeanne,
m am anar r iv epour dîner ver ssept heures etdem ie,
ainsi que d'habitude quand elle avait été à son
I nst it ut .Un de ses prem ier sm ot sfut pour dire :

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LESMAI NSCHÉRI ES

— Tu n'as pas encore changé de pantalon
auj our d'hui?. . .Oh ! dites, Marie- Jeanne,v eillezà cela
quand je n'y suis pas. N'oubliez pas, demain. Grand
ser in,v oiscom m et ut et r aînesav ecun pantalon tout
neuf ! Tiens, tu mér it er aisle fouet !

C'ét aitlà un propos en l'air etj ene le pris pas
aut r em ent .Une simple manièr ede parler ,une
bout ade.Mam anne me fouett aitpas. M'avait - elle
m êm ej am aisfouet t é? Je n'en gardais nul souvenir .
J'av aist r eizeans et demi, j'ét aisassez grand, fort
pour mon âge et bien bâti. De sa part ,il n'était plus
quest ionpour moi de châtim entde ce genre, depuis
des années etdes années.

Le lendemain, je rev iensà cinq heures. La bonne
v ientm 'ouv r ir .Mam ann'ét aitpas là. Je vais droit à
m acham br e,com m ed'or dinair e,et ,cinq minut es
apr ès,j esuis déjà installé, assis sur mon petit carr é
de moquet t e.
Au bout d'un instant ,j 'ent endsm ar cherdans le
cor r idor .C'est Marie- Jeannequi entr eet dit :
— Eh ben ? Vous n'avez pas faitce qu'elle vous a
dit ,v ot 'm èr e?
En tout efr anchiseét onnée,j er éponds:
— Quoi donc ?
Elle s'avance d'un pas dans ma chambr e:
— Eh ben, de changer de culott edonc. . .Vous savez
bien. . .
Je fais d'un ton dégagé :
— Ah !ce n'est que cela !. . .C'est bon, je vais en
changer .

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Ma culott ede tous les jour sest là qui m'at t end,
bien brossée, tout epr épar ée,sur mon lit.
La bonne s'éclipse. Je me replonge dans Ovide,
com m esi de rien n'était .
Quelques minut esse passent à nouveau et voilà
encor eMar ie- Jeanne,plant éeder r ièr em oi,les poings
sur les hanches. Sa voix m'a fait ret our ner
br usquem ent .Cet t efois, je ne l'avais pas entendue
v enir ,t ellem entj 'ét aisabsor bé.
— C'estdu joli. . .Si vot r em èr ev ousv oy aitv ous
t r aîner ,qu'est - cequ'elle vous ferait ?.. .
Je lui réponds, tout en me levant pour changer de
culot t eenfin et pour qu'elle me fiche la paix :
— Qu'est- cedonc qu'elle me ferait ,m am an?
Elle me fixe, de ses yeux noirs qui, alors, flamben t
dans sa figure brusquem entdur cie:
— Elle vous donnerait le fouet, pardi ! Et qu'elle
fer aitj olim entbien !
Je me met sà rir eet ,en haussant les épaules, je
fais simplem ent:
— Pensez-v ous?
Une telle supposition, en effet, me semble
gr ot esque,à moi, élève de quatr ièm eà Louis-le- Gr and
et qui tr aduisOv ide.Sans plus, je comm enceà défaire
m esbout onnièr es,placidem ent .
Je ne me gêne pas plus devant la bonne, en ce
m om ent ,que les mat insoù je tour neet ret our ne,à
dem i- v êt u,soit en chemise et les jam besnues, soit en
caleçon et le tor senu, pendant qu'elle va et vient ,
faisant le ménage.

J'ai donc défait mes bret elles.J'ouv r em onpant alon
en avant ,j ele descends et j'en sors. D'une jam be
d'abor d,puis de l'autr eet je le dépose, ce beau

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pant alonsi précieux ,sur le pied de mon lit.
MarieJeanne rest éeà la mêm eplace me suit des yeux .
Me voici maint enantj am besnues, car je ne port ais
pas de caleçon. On était en juin, il faisait chaud. Je
n'av aisdonc sur le haut du corps que le vest onde
m oncost um ed'ét épar - dessusm achem ise.Cour t e,
cet t echem isem ecouv r eseule les cuisses et, encore
bien peu. Avec cela je n'ai plus que mes chaussett es
k ak iet dessoulier sj aunes.
Je me prépar eà prendr em onv ieuxpant alongr iset
à l'enfiler, quand, s'avançant soudainement ,Mar
ieJeanne me dit, de sa voix où encore plus de décision
se décèle :
— Etsi je vous le donnais, moi, le fouet, pour vous
appr endr e?. . .

Je n'ai eu que le tem psde la regar derav ec
st upéfact ion.La voilà qui déjà s'est empar éede moi. . .
Elle s'est assise sur mon lit et elle m'a couché sur elle,
en tr av er sde sa cuisse gauche dont le pied est
audessus du parquet ,t andisque le pied de sa jam be
dr oit es'y appuie solidement .
Et je ne suis pas rev enude ma surpr ise,j ene sais
pas encore où j'en suis que je me sens maît r iséde
plus belle. J'ai le visage sur la couver t ur edu lit, ver sla
r uelle.Av ecm onbr asdr oitr eplié,j 'essay ev ainem ent
de me redr esser . . .l'aut r ebr as,elle le tient ,com m e
r et our né,elle en serr ev igour eusem entle poignet dans
sa main gauche. Et pendant que je fais ce que je peux,
que je gigote, que je lance mes jam besfollem
entdeci, de-là, elle se met ,sans tar derd'une seconde, à me
claquer à tout ev olée,m esem ble- t - il,av ecune
ar deur ,une énergie dont la preuv em 'estdonnée par
la vir ulencedes cinglement sque j'épr ouv e. . .Pour moi

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qui n'ai jam aisr eçude fessée encore, quelle stupeur ,
quelle émot ion,quelle colère m'env ahit?. . .Je me
débat s,j epr ot est e,j ecr ie! . . .Je crie :
— Assez !c'est stupide !. . .Ah ! finissez, voy ons! . . .
j ele dirai à Maman. . .

Mais, plus je crie, plus elle claque ! Plus je gigote,
plus elle claque vit e,plus elle claque fort ! La fenêt r e
sur la cour est ferm ée,j el'av aist r ouv éefer m éeen
ar r iv antet je l'avais laissée telle, dans mon
em pr essem entà me met t r eau tr av ail.Mais cela ne
fait rien, il me semble que tout ela maison va les
ent endr eces claques sur ma chair nue, ces claques
qui font un bruit de tous les diables, un bruit que
j 'ignor aist outà l'heure et dont l'éclat ext r aor dinair e
m econfond et augment em ont r oubleet le désarr oid e
t out esm esfacult ésen un tel mom ent .
Et je l'entends, s'arr êt antdeux secondes de claquer,
le tem psseulem entde me dire ceci :
— Ah !ben mon petit ,v ouspouv ezlui dire, à vot r e
m èr e,et tant que vous voudr ez! . . .c'est elle, d'abord,
qui l’a comm andéque je vous fouett e,si vous voulez
le savoir !. . .
Et elle se repr endà claquer, plus sec, plus serr é
encor e.Cela m'av aitfait un mal affreux tout au début,
un mal que je ne soupçonnais pas ;et maint enant
qu'elle claque bien plus fort ,que ses coups sont plus
appuy és,plus pesants etplus prest es,j et r ouv equ and
m êm eque la sensation s'en att énue,que la douleur
pr oduit eest moins cuisante. Une fois les prem ièr es
cuissons atr ocesr essent ies,les autr esdev iennent
m oinscr uelles,la surpr isedu début passée.
Du moins il en estainsi, à condition que la main ne
s'ar r êt epas de claquer. Car, tout de suite après cet

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ar r êt ,pour t antsi bref, les prem ièr esdes nouvelles
claques, à la repr ise,m 'av aientv iv em entcinglé,
aut antpr esqueque les prem ièr esde tout es,au
com m encem ent .
Mais, cett efois, elle ne paraît pasdisposée à
s'ar r êt erde sitôt .Elle claque, elle claque, sans
discont inuer .Coup sur coup, avec une rapidit é
inconcev able,sur une fesse puis sur l'autr e,t ourà
t our ,s'abat sa main furieuse qui ne se relâche ni ne se
fat igue.Com biende tem pscela dure- t - il? je n'en ai
aucune idée. Combien de claques reçois- j e? je ne
pour r aisle dire. C'est un crépit em entinint er r om pude
gifles str ident esdont aucune n'att end…Et
br usquem entelle s'arr êt e,net . . .
Va- t - ellem elaisser relev er? Non,elle garde mon
poignet danssa main gauche. Et, au contr air e,j ela
sens qui s'aide de son bras droit pour me replacer
m ieuxà sa convenance. Elle me rem ont esur elle et
alor s,m edit ,sans se gêner etsur un ton autor it air e:
— Età part irde demain, mon petit garçon, vous ne
m ele ferez plus vous le répét ert r ent e- sixfois !Si
v ousne l'enlevez pas tout de suite, vot r eculot t e,en
r ev enantde l'école, c'est moi qui vous la ret ir er ai! Et
j ev ousdonner aile fouet !. . .Et tous les jour s! . . .Les
pet it sgar çons,ça leur fait du bien, qu'on les fouet t e. . .
Aussi, c'est pas fini pour ce soir : je vais encore vous
fouet t er . . .Vous allez voir ça, s'il vous en cuira !

J'enr age,j 'essay ede me ret our ner . . .Ce qu'elle me
dit là, c'est pendant que je me débats désespérém en t .
Mais elle estsolide. Quelle gaillarde ! Et puis, elle m'a
si bien pris, dans la brusquer iede son att aque
inat t endue,que je suis absolument en son pouvoir .

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Rien à faire. Son bras gauche m'appuie tellem entsu r
le dos que je suis comm ecloué, tout à sa mer ci.
Elle repr endsa fessée. Cett efois encore, elle
r edoubled'éner gie. . .Elle doit se griser de ce qu'elle
fait ,de ce qu'elle voit .Elle doit se surex cit erdes
cont or sionsqu'elle contem ple,des cris que la colère,
la honte m'ar r achent ,plus encore que la souffrance.
Quand enfin mon supplice cesse, c'est tout d'un
coup. Et je sens alors la femm esat isfait eenfin qui
ser r eencor eson étr eint e,celle de son bras gauche et
celle, à ce mom ent ,de sa jam bedr oit equi vient
em pr isonnerles miennes pour me tenir imm obile
cont r eelle et je sens tout son corps vibr er ,palpit ant
d'une vie frénét ique. . .
Et sa main droit equ'en fait- elledonc ?.. .Veut - elle
m 'enclaquer encore ?.. .Non, cett em ain. . .qui a
dispar uun long instant . . .elle rev ient ,se pose à
pr ésent ,s'appuie sur mes chairs qu'elle a frappées et
m eur t r ies. . .et cett em ainm ebr ûleencor e. . .

Puis, quand Marie- Jeannem 'aideà me lever et
lor sque,debout tous deux — elle, me dépassant de la
t êt e,pr esque— nous nous tr ouv onsdev antl'un
l'aut r e,j ev oisses yeux où tant de duret és'ex pr im ait
t outà l'heure ses grands yeux noirs qui dans les miens
plongent ,et j'y lis je ne sais qu'elle ivr essepr ofonde
où rest ede la cruaut é. . .m aisj 'ylis aussi du
bonheur . . .

Et le lendemain — vous l'avez deviné sans doute —
quand elle me fouett aità nouveau, c'est elle qui me
déculot t ait!

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