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LIZ, tome 2 : Sink

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Liz est progressivement rattrapée par un passé qu’elle pensait loin derrière elle. La disparition de Maud liée au spectre inquiétant de Vince la contraint à prendre des risques et à dévoiler sa véritable personnalité. Sa relation avec Alex est soumise à rude épreuve, il se révèle dur et inflexible. Résister à son attirance pour Max est alors de plus en plus difficile. En pleine tourmente, où trouvera-t-elle la force d’affronter ses démons pour panser ses blessures ?


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LIZ, tome 2 : Sink

[GH David]



Elle est sa lumière, 

il est son côté obscur…




© 2017, GH David. © 2017, Something Else Éditions.

Tous droits réservés.  


Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Crédit photo : © Pixabay

Illustration : © Belle de jour / Isabelle White

ISBN papier : 979-10-96785-25-4

Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny

E-mail : something.else.editions@gmail.com 

Site Internet : www.something-else-editions.com

Ce qui importe à l' Homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.

Roman avec Cocaïne – M.Aguéev



Playlist



Bach – Passion selon saint Matthieu – Erbarme dich

Beyoncé – Back to black (Solo version)

Deadmau5 – Strobe

Emicka – Wicked game

INXS – I need you tonight

Keaton Henson – You

Trespassers William – Matching Weight

Of Verona – Dark in my imagination

Florence and the machine – Over the love

Princess Chelsea – The cigarette duet

The rolling stones : Sympathy for the devil

Pink floyd : Wish you were here

Pink Floyd – High hopes

Portishead – Glory box

Marylin Manson  – Deep six

Yael Naïm – Toxic

Amber run – I found








Prologue



D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais trouvé ma place. Petite je n’avais qu’un objectif et pas des moindres : survivre. En grandissant, il m’a fallu ajouter à ce challenge la capacité à affronter le jugement des autres. 

Regarder autour de moi fut difficile : il n’y avait aucune comparaison possible. Tout ce que l’on pouvait posséder me faisait défaut, même la plus élémentaire nécessité. Du matériel au sentimental, mon quotidien était bâti de lacunes.

Avec le temps mes relations ont sensiblement changé. Pas en mieux, c’eut été trop demander. Différent me semblait l’adjectif le plus adéquat. Toute tentative pour bâtir quoi que ce soit se transformait en fiasco. Aimer, n’était pas fait pour moi et le destin ne savait que me blesser davantage, arrachant à mon cœur ses dernières désillusions. Là aussi il me fallut composer avec la mort : soit qu’elle me convoite, soit qu’elle me reprenne ce que mon existence lui avait arraché.

Mais parfois, dans la grande escalade du quotidien, la paroi vous offre une prise. Sans trop y croire on s’y accroche, désespérément. Seulement, il se peut que la roche de votre destin, par manque d’homogénéité se désagrège. La fragile aspérité, sous le poids d’un passé trop lourd et d’une âme obscure, finit par céder, entraînant celui qui trop bien s’y cramponne dans un abîme impitoyable.

Les plus chanceux saisissent une branche, une corde, une main tendue sur leur passage. Les autres n’ont pas d’alternative avant l’impact. 


Je m’appelle Elisabeth Ribes. 


Mon histoire est celle d’une âme qui cherche sa place et espère que cesse la chute avant le crash.


Chapitre 1 - Et la lumière fut



La salle est bondée. Des gens qui hurlent, de l’alcool, du deal partout. On nous bouscule, les garçons se mettent autour de moi pour me préserver des coups et Alex, qui me tient toujours la main, me serre les doigts. L’ambiance est très enfumée et les gens se pressent les uns contre les autres dans une excitation fébrile. L’obscurité des recoins et du fond de la salle, contraste avec le flot de lumières vives et multicolores qui émane de la scène. Le public est vraiment très hétérogène : de jeunes étudiants, des types un peu trash sapés en treillis, des gothiques aussi… Nous nous installons près d’un grand bar improvisé et Max nous fait signe de patienter.

— On va se tenir là et commander à boire pour observer un peu la foule.

Au moment où il part, je le retiens par la manche.

— Attention aux buvards et autres joyeusetés.

Je fais un signe du menton à Alex.

— Partez à deux et ne laissez pas le temps aux verres de toucher le comptoir.

Je reste seule avec Lucas qui allume distraitement une cigarette.

— C’est gavé de peuple, on retrouvera jamais personne là-dedans !

Il a raison. Je ne sais même pas par quel bout commencer. J’observe le lieu, les gens, j’écoute la musique. Où serais-je allée, défoncée, pour me foutre la tête au taquet ? Je réfléchis, soit au-dessus de tout, soit en plein épicentre : on devrait commencer par ça.

J’essaie de repérer le bar et les garçons. Ils se font servir une bière à la tireuse et comme je le leur avais conseillé, se débrouillent pour saisir directement le gobelet. Je lève les yeux, il y a une espèce de coursive et je me demande comment y accéder. Je vérifie que mon portable est toujours sur vibreur sans quoi, il est évident que personne ne pourra me contacter. Alex me tend mon verre sans me regarder ; il y a quelque chose de sinistre dans son attitude que je retrouve un peu chez moi, je me dis que nos deux compagnons doivent se sentir très mal à l’aise.

— Tu as une idée derrière la tête, Élie ? me demande Max, un peu inquiet.

Je fais bonne figure devant lui, mais à vrai dire je ne suis pas sûre de savoir où je veux en venir. Ici pas d’interdiction, c’est la liberté totale et en dehors de quelques lascars qui assurent l’essentiel de la sécurité, on boit et on fume ce qu’on veut. L’odeur du cannabis flotte un peu partout, se répandant comme de l’encens, mélangé à d’autres parfums que je ne connais pas.

— Peut-être. Écoute, ici c’est pas vraiment un concert. Ils sont pas venus uniquement pour la musique, ils vont profiter de tous les aspects de la fête. Si tu voulais te mettre la tête en vrac, tu irais où ?

Alex boit une grande gorgée puis se penche vers nous :

— La fosse, près des enceintes, il faut essayer par là en premier. Et bien sûr, observer le bar. Tout le monde ou presque y fait un tour à un moment ou à un autre.

— Ou pas.

J’ai pensé à haute voix.

— Ils auront peut-être amené leurs consos.

Lucas coupe court à ma théorie.

— On est fouillés, tu as remarqué ?

Je trépigne nerveusement. J’ai une idée en tête, mais elle n’arrive pas à prendre forme.

— Non, non il y a… quelque chose qui ne colle pas depuis le début.

Max se penche vers moi.

— Tu penses à quoi ?

— S’ils voulaient simplement doubler Mike, ce n’était pas nécessaire de le faire disparaître. Ni Maud. Il y a plus gros qu’une simple histoire de trafic. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Plus ça va et plus je me dis qu’il faut s’attendre à quelque chose dont l’ampleur va nous dépasser. C’est là que mon esprit commence – enfin – à emprunter des chemins de traverse. Qui peut bien être le cerveau de cette histoire ?

Je regarde autour de moi, comme si la réponse à ma question se trouvait quelque part dans la foule. Alex et Lucas s’échangent des cigarettes et du feu. Pendant que je les observe, des fragments de mémoire refont surface, ce soir où j’ai rejoint Maud au skate park… Je repasse en revue les personnes qui étaient présentes ce jeudi-là et dans le lot, il y a un détail qui m’intrigue. Mes paupières s’écarquillent, un visage se forme dans ma mémoire.

— Mais oui !

Je me retourne vers Alex.

— Mike en avait après Johanna cette fois-là et je me rappelle qu’il critiquait les liens qu’elles entretenaient avec Sonia, putain j’en étais sûre ! Si Sonia a disparu, c’est pas parce qu’on lui a fait un mauvais coup, c’est parce qu’elle est impliquée ! Les trois filles se sont rencontrées et Johanna leur a présenté les garçons.

Il fronce les sourcils et son attitude devient plus tendue.

— Quel est le plan ? 

— Je pense que Sonia et Johanna avaient des projets. Elles ont piqué la marchandise et elles ont mis Mike hors-jeu avec l’aide des autres. Malheureusement pour elles, Maud connaissait Sonia et elle a rencontré Mike. Sa présence était gênante, ils ont dû la dégager aussi. C’est un dommage collatéral.

Alex pose ses index joints sur l’arête de son nez, en essayant de se remettre les idées en place.

— Pour retrouver Maud et Mike, dit-il, il faut mettre la main sur les deux filles.

Max le regarde avec un sourire sardonique.

— Comment tu comptes t’y prendre ? s’enquiert-il, inquiet.

— En étant aussi cons qu’eux, déclare calmement mon petit ami.

Lucas s’interpose fermement :

— Attends, Alex, il n’est pas question de faire quoi que ce soit d’illégal, ce qu’ils ont potentiellement fait à Maud, c’est certainement glauque et je me refuse à en faire autant.

Alex se retourne en hurlant :

— On n’a plus le choix, Luke, tu comprends ? Tire-toi si tu veux, mais si on veut retrouver Maud vivante, il va falloir qu’on se montre plus efficaces !

Je prends Lucas par l’épaule pour lui faire part de mes craintes :

— Dans ce milieu-là, on a gros à perdre et comme on n’est déjà pas dans un cadre légal, on n’hésite pas à faire pire pour sauver sa gueule si nécessaire, tu comprends ? Je ne veux pas tenter le pire, mais je suis plutôt prévoyante. Je trouverai les moyens de nous couvrir si nécessaire.

— Ah oui et comment ? Tu connais un superflic ?

Je réfléchis un instant, puis je décide de mentir à Lucas par omission :

— Fais-moi confiance, c’est tout ce que je te demande !

Je lève les mains en l’air pour demander une pause :

— Si le matos venait de Vince et que cette soirée est si importante, il est forcément ici. Je dois lui mettre la main dessus, il sait certainement où je pourrai trouver ses dealers.

Je porte une main sur ma bouche et je tends l’autre vers Alex. 

— Putain, mais oui ! C’est ça ! Cette soirée, c’est pas pour se défoncer ! Merde, les mecs ! Ils sont ici pour dealer ! C’est un gros coup et Maud se trouvait au beau milieu d’une opération commerciale dans laquelle elle était un témoin gênant. D’autant que Mike y prévoyait peut-être de financer sa consommation personnelle, mais les autres devaient avoir des objectifs beaucoup plus lucratifs ! Ils ont décidé de l’éliminer pour se tailler des parts plus grosses et se débarrasser de Maud dans la foulée.

Max serre les poings et mord sa lèvre en inférieure en jetant un regard au loin, comme s’il s’attendait à ce que quelqu’un d’autre nous rejoigne. Puis il conclut ma démonstration :

— Alors ils sont ici, quelque part, reste plus qu’à les cueillir.

J’ai l’impression d’étouffer : l’ambiance est lourde, moite et bruyante. J’ai les oreilles qui sifflent. Lucas ne quitte pas le bar des yeux, c’est sa théorie : tout le monde y passe plus ou moins et nous avons toutes nos chances de pincer un de ces petits fumiers en restant attentifs. Max, qui n’est pas un grand amateur de ce genre de soirées, porte son poids d’un pied à l’autre avec un air blasé tout en observant la foule. Alex croise mon regard et ne le quitte pas. Je m’approche de lui pour demander s’il accepte de partir en reconnaissance avec moi. Il se contente de hocher sobrement la tête. L’endroit est immense, la salle principale devait autrefois accueillir les mariages et les congrès. Nous empruntons un escalier qui semble mener à l’étage et Alex me serre dans un coin pour m’embrasser.

Dos au mur, il s’appuie contre moi en passant une main sur mes reins, tandis que de l’autre, il prend ma nuque. Ses doigts redescendent jusqu’à mon sein qu’il caresse fermement, avant de me lâcher brusquement en haletant. Il pose son front contre le mien et nous restons face à face, sans bouger. 

Au bout d’un moment, il saisit ma main et nous reprenons nos investigations. Sur la coursive, nous croisons un gars qui marche, l’air hagard. Je l’ai déjà observé d’en bas, je crois qu’il fait ça de façon répétitive. Nous jetons un œil dans les alcôves où les gens s’isolent pour parler, fumer, boire ou baiser tout simplement. Je regarde Alex, insensible à ce grand bordel.

— Des back-room ? commente-t-il, intrigué.

— Des endroits isolés, il doit y en avoir des dizaines ! Tu as vu le bâtiment ?

Je lâche un instant la main que je tiens. Merde, il ne faut pas qu’on se perde ! Un gars m’interrompt pour me demander où je vais. Je penche la tête sur le côté et j’humecte mes lèvres avant de lui répondre :

— J’irai partout où, toi, tu n’iras pas.

Je me dégage de son emprise et il rattrape ma main.

— Tu te crois belle quand tu fais ta pute ?

J’enfonce mon ongle sous la peau de son pouce et il gueule, puis du plat de la main je lui donne un coup sec sous le nez. Il part en arrière, puis trébuche. J’ai plus fait des trucs comme ça depuis des lustres. J’avance pour le menacer :

— Quand je te demande de ne pas t’approcher, tu te casses ou je te ferais bouffer tes couilles !

Alex fait irruption derrière moi pour lui mettre un grand coup de latte qui le laisse comme une merde, plié en deux sur le sol.

— Allez ma puce, faut pas traîner par ici.

Au moment de repartir, il s’arrête et sort son téléphone. Il se bouche une oreille pour mieux entendre la discussion, puis raccroche.

— Max a chopé un des mecs que vous avez croisé au skate park. Il est stone, il chiale comme un bébé en lui faisant genre des déclarations d’amour. 

— D’accord, allons voir de qui il s’agit.

Nous rebroussons chemin. C’est à ce moment-là que je tombe justement sur ma vieille connaissance favorite, nous nous arrêtons net. Vince Puech s’est planté devant moi, pâle comme un linge. Je suis ravie, je n’ai pas eu besoin d’aller à la montagne, elle est venue à moi. Il tend une main hésitante vers mon épaule.

— Mona Lisa…

Alex l’observe avec perplexité, puis s’avance en le menaçant :

— Je crois qu’on a deux ou trois choses à se dire toi et moi.

Vince l’ignore et fait un signe de tête vers l’arrière, sans me quitter du regard.

— Le gars qui pisse le sang du nez, c’est ta signature ?

J’esquisse un sourire en biais.

— On ne se refait pas.

Il nous indique une pièce en retrait avec une attitude cérémonieuse. Il se pose dans un coin en frottant compulsivement son nez et tente pitoyablement de détendre l’ambiance.

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