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Mon journal intime, érotique et pornographique

De
54 pages

Âmes sentimentales s’abstenir. Ce roman s’inscrit dans la tradition de l’écriture pornographique. Mais on ne peut pas être insensible au cadre, celui de la Camargue sauvage, au cœur des Saintes-Maries-de-la-Mer, au monde des gardians, des cérémonies traditionnelles. On ne peut pas ne pas apprécier les héroïnes du livre, à la recherche permanente de sensations fortes et de rencontres, de plaisirs qui nous entraînent loin, expérimentent le sexe, saphique, de groupe, de club, entre domination et soumission.

Billie Jean et Drouna, deux femmes, résolument modernes, résolument libres. Un prêtre qui s’appelle Louis. Un journal intime, sexuel, sans tabou. Des personnages qui flirtent en permanence avec la perversion. Louis cédera-t-il à la tentation ? Jusqu’où Drouna et Billie Jean sont-elles prêtes à aller pour que Louis trahisse son engagement ? Un roman magnifique, sulfureux, intime, érotique et pornographique, réhaussé par des superbes images inédites de la photographe Sandra Celentano.

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Résumé

Âmes sentimentales s’abstenir. Ce roman s’inscrit dans la tradition de l’écriture pornographique.
Mais on ne peut pas être insensible au cadre, celui de la Camargue sauvage, au cœur des Saintes-Maries-de-la-Mer, au monde des gardians, des cérémonies traditionnelles. On ne peut pas ne pas apprécier les héroïnes du livre, à la recherche permanente de sensations fortes et de rencontres, de plaisirs qui nous entraînent loin, expérimentent le sexe, saphique, de groupe, de club, entre domination et soumission.
Billie Jean et Drouna, deux femmes, résolument modernes, résolument libres. Un prêtre qui s’appelle Louis.
Un journal intime, sexuel, sans tabou. Des personnages qui flirtent en permanence avec la perversion.
Louis cédera-t-il à la tentation ? Jusqu’où Drouna et Billie Jean sont-elles prêtes à aller pour que Louis trahisse son engagement ?
Un roman magnifique, sulfureux, intime, érotique et pornographique.

DU MÊME AUTEUR
Hôtel de la plage, chambre 312, romance, Éditions Numeriklivres 2013
Louis dans mes rêves, romance, Éditions Numeriklivres 2013
Un homme, sur la photo, romance, Éditions Numeriklivres 2013

Aline Tosca

Mon journal
intime, érotique
et pornographique

ISBN 978-2-89717-606-8

EXTRAIT

numeriklire.net

Je me suis réveillée après ce rêve.
Je n’écrivais pas un roman, mais un journal.
C’était juste une question de forme ou de formalité.

 

 

 

 

Mon cher journal,

 

J’ai remarqué à quel point trop souvent les récits de premières fois sont mièvres. On dirait qu’avouer sa première fois avec les mots du sexe est une honte. Si ça rend voyeur celui qui écoute, sait-on jamais. Si ça rend fou celui qui le dit, ça pourrait. Il y a des gens qui sont des garde-fous. Ces gens qui tendent l’oreille, les conseillers, les psys en tout genre. Les gens chez qui on ne va plus, les curés par exemple. Pourtant, eux, c’est gratuit et à défaut de décontractant, on repart avec une hostie dans la bouche. Ça m’a donc pris, une nuit, j’avais l’impression d’un rêve qui me secoue et me fait prendre conscience que non, je n’allais pas écrire le roman dont le synopsis, le plan, la découpe, étaient prêts, j’allais écrire une confession. J’allais raconter ma première fois et les fois suivantes, j’allais tout dire, avec effronterie, sans le souci de déranger l’autre qui m’écoute, qui me lit, en me fichant bien des effets que ça pourrait produire. Mais pour ça, il faut de l’intimité. Un journal, ça met seul avec soi-même, pour l’intimité c’est idéal. Mais le journal s’il recueille, ne me regarde pas, ne m’interroge pas, ne m’excite pas, il me pose et atténue mon impertinence. Écrire un journal relève de l’aveu. C’est une mise à nu. Se mettre nu, regarder sans indulgence, regarder le vrai, c’est la photo sans retouche, cellulite et imperfections apparentes. Le journal c’est le miroir. La mèche de cheveux de travers, le journal la raconte, la montre, il ne la replace pas dans la coiffure. Ce n’est pas moi que mon journal excitera, mais celui qui, d’un geste curieux, d’un geste voyeur, cherchera à le lire. Peut-être ce récit me conduira-t-il sur la route honteuse, perverse de l’exhibition. C’est alors que je dirai comme on prête serment :

 

Oui, je le veux.

1 – Les fêtes, en mai

C’était pendant les fêtes, en mai. On entendait crier les manadiers, ça remuait sur les terres plates et presque monochromes qui sentent l’iode et ce je-ne-sais-quoi dans l’air qui est unique et propre à la Camargue. Dans les rues des Saintes Maries, la soirée du 19 mai se préparait. Il y avait des voyageurs, de ceux qui ne sont jamais fatigués. Mais pour quelques jours ils étaient posés là. J’avais vu le matin, j’aime le café tôt en bord de mer, ce café serré, pas sucré, si fort, j’avais vu des hommes sauvages et beaux, des femmes fières et habillées comme on ne s’habille plus, des marchands de n’importe quoi. J’avais vu les possibles et les miracles aléatoires. Les couleurs et les prières. Ce serveur qui est mon ami.

— Drouna, tu rêves ?

Il m’appelle Drouna, mais ce n’est pas mon nom. C’est le nom qu’on m’a donné ici. Parce qu’ils disent que je ressemble à la fille d’une bande dessinée. La Druuna de Serpieri. Elle a un gros cul, la taille pas grasse et des seins généreux qui ballottent dans le vent. Elle vit des aventures de science-fiction et se fait démonter la mounette à tout va. Au début, ça m’a un peu choquée cette comparaison. Le cul, les seins OK, mais le mode de vie… Du moins c’est un mode de vie que je n’avais pas adopté quand le surnom m’a été donné.

Il a beau servir des cafés et des rafraîchissements, sur son plateau on s’imagine pas ce qu’il y a aussi. Il connaît la terre, la sienne, la sauvage, la dure, La Camargue. Il connaît les livres, certains classiques, mais ça l’ennuie vite. Il connaît la littérature licencieuse. C’est lui qui m’a raconté Histoire d’O. Moi, je n’aurais jamais pensé qu’il existât une femme assez soumise pour accepter des sévices, des châtiments, des douleurs incrustées sur la peau qui deviennent des jouissances. Il m’est arrivé de me coucher entre mes draps frais en pensant à cette histoire. Je me souviens avoir glissé ma main dans le pyjama à carreaux. Je me suis masturbée. J’ai astiqué vigoureusement mon clitoris et j’ai glissé trois doigts dans ma chatte. J’ai joui. Un homme se serait servi trois doigts de whisky. Pas moi. L’alcool, c’est ce qui a coulé d’entre mes cuisses.

Il m’a raconté Lolita, il m’a raconté les textes de Pierre Louys. J’ai trouvé ça abject, sur le moment. Et puis je les ai lus ces livres. Et j’ai été troublée.

Ce jour-là donc, je prenais un café et il m’a demandé si je rêvais. Il me demande toujours si je rêve. La tête ailleurs, c’est ce qui me caractérise. Pas forcément dans le cul, mais souvent, je l’avoue. Dans les nuages, quelquefois. Ou une autre réalité, la projection des plaisirs à venir. Si c’est une qualité ? Disons que ça me caractérise. Je suis quelqu’un qui anticipe. Ça me qualifie.

J’ai souri à ce complice de bons moments, me suis bien gardée de répondre. Il n’a pas voulu que je règle le café (souvent il fait ça, avant ça me gênait, maintenant je comprends que c’est le geste d’ami). J’ai prétexté avoir encore beaucoup à faire. J’ai dit, tu comprends, les chevaux, la sellerie à ranger. Et j’ai quitté la terrasse.

J’ai acheté du pain et quelques fruits chez Maria, à la supérette. Elle est gitane Maria, un peu andalouse elle dit, par ses origines. Elle a toujours de beaux fruits frais, de saison, elle évite les primeurs, elle respecte le rythme de la vie. Elle a de longs cheveux qui font comme une crinière noire, elle a le corps lourd des gourmandes. Je la sais lascive, ce sont certes des on-dit, on prétend qu’elle a des amants, qu’elle reçoit dans son appartement au-dessus du négoce. Je crois bien que c’est vrai. Elle est belle. Elle aime. J’ai discuté de tout et de rien avec elle et je suis rentrée chez moi.

C’était pendant les fêtes, il faisait beau déjà. Les chevaux jaunes dans les herbes sèches côtoyaient les miens, nettement moins nombreux, plus altiers, croisés. J’entendais l’effervescence de la manade voisine. Les taurillons donnaient du fil à retordre. Sans doute le marquage des bêtes. Parfois des hennissements, les chevaux au travail. Je sais la différence, quand ils travaillent, ce n’est pas de l’agitation, ils se concentrent, ils savent. Les jeunes taureaux, un peu joueurs, assez rebelles ne rendent jamais la tâche facile. Mais ça ne dure pas trop. Les bêtes ont tôt fait de retrouver leur place, qui dans les maigres pâtures, qui au box pour les montures dorlotées ou prestigieuses. Crins Blancs ne vit pas au bord de la clôture, il n’est pas jaune et ses crins sont épais, ondulés, sa tête n’est pas si grossière. On ne croise pas Crins Blancs en bordure des routes de promenades. Le harnachement de ce dernier est un travail d’orfèvre. Quand il n’est pas au travail, il sort pour les représentations. C’est le roi de la manade. Ce qui a été dit de lui par ailleurs, ce n’est que de la littérature. Rien d’autre. Une romance pour Parisiens amoureux des chevaux. Les crins blancs existent. Les manadiers veillent sur eux assez jalousement. Comme ils veillent sur la Camargue, ses paysages désolés, ses eaux parfois troubles, épaisses, rares. Parce que c’est unique, introuvable au-delà.

Il y a en Camargue des couleurs qui n’existent pas en dehors : le rose des oiseaux, le noir des bovins, ce gris sans attrait des chevaux que j’aime par-dessus tout. Il y a des formes sensuelles, les dunes de sel comme des seins, ça sent le sel partout, où qu’on aille, quoi qu’on fasse. Ce sont des couleurs et des formes brutes. On pourrait même croire que ça n’existe pas, que ça vient d’une bande dessinée. La Camargue, ce sont des paysages de bande dessinée. La nature l’a faite et si on ne l’a pas vue, on a du mal à y croire.

 

***

 

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www.numeriklire.net

ISBN 978-2-89717-606-8

numeriklire.net

Crédits photos couverture et pages intérieures : Sandra Celentano

Tous droits réservés
Aline Tosca
et Numeriklivres, 2013

Éditeur : Jean-François Gayrard
Éditrice déléguée : Anita Berchenko

eBook design : Studio iBookthèque
Nous joindre : numeriklivres@gmail.com

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