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Nos maris, ces bêtes à plaisir

De
122 pages

Les Bêtes à plaisir, paru en 1970, est le premier roman de Marika Moreski qu’on appelait alors « le nouveau Sade en jupons ».

Fervente prêtresse de la domination féminine, cette svelte et brune jeune femme régnait sur une cour d'esclaves « triés sur le volet » selon ses propres termes. Très discrète sur la personnalité de ceux-ci, elle ne cache cependant pas qu'elle a épousé un homme qu'elle a totalement asservi...

Ce roman nous entraîne dans le sillage de deux amies qui partent en vacances avec leurs maris, les couples se retrouvent dans un chalet isolé, à la montagne, dans les Pyrénées. Les deux hommes, leurs bêtes à plaisir vont devoir obéir et se plier à tous les caprices de ces jeunes femmes exigeantes.


Roman numérique (eBook à télécharger), 114 pages, couverture illustrée par Bill Ward en couleurs.

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Editions Dominique Leroy 3, rue Docteur André Ragot, 89100 Sens, France Tél. : 33 (0)3 86 64 15 24 email :domleroy@enfer.com site internet :enfer.com © 2009 by Editions Dominique Leroy, France pour l’édition numérique. Format ePub : ISBN 978-2-86688-365-2 Dépôt légal : septembre 2009 Marika Moreski
NOS MARIS, CES BÊTES Á PLAISIR suivi de Sous Les Jupons d’Annick &Cuisante Rencontre
DOMINIQUE LEROY ebooks
Chapitre I C'est à bout de souffle que la voiture stoppe devant le chalet, après la difficile pente qu'elle vient d'escalader. Je serre le frein à main et je descends en claquant la portière. A mes pieds s'étale le flanc abrupt des montagnes pyrénéennes entre lesquelles stagnent des filets de brume. L'air frais des hauts sommets me fait du bien. En élevant mes bras et en écartant mes jambes nues, je m'étire à m'en faire craquer les os. Les plaques de sueur qui collent à mes aisselles et à mes cuisses deviennent, au contact du vent qui soulève ma robe légère, des lieux de bienfaisante fraîcheur. - Ohé, Marika ! C'est mon amie. Elle descend les marches du chalet et s'élance vers moi en courant. Le bruit inhabituel de la voiture a dû la tirer d'un sommeil léger et elle a bondi jusqu'à moi. - Paulette, comment vas-tu ? dis-je en l'étreignant. - Ma foi, comme tu le vois, pas trop mal, répond-elle en souriant. Et toi, chérie, as-tu fait bon voyage ? - Excellent, mais il fait une de ces chaleurs dans la vallée, c'est intenable. Je meurs de soif. - Eh bien, ne perdons pas de temps, ma chère, je t'ai mis de côté quelque chose de rafraîchissant. Je la suis sur le petit sentier qui mène au chalet. Paulette a toujours été plus grande que moi, plus brune aussi, mais sa dernière cure amaigrissante la fait paraître plus grande encore dans sa mini-robe à fleurs, légère et décolletée à l'excès. Depuis près d'un mois qu'elle est arrivée au chalet, elle a eu tout le loisir d'exhiber son corps nu aux ardents rayons du soleil et sa peau possède déjà cette couleur cuivrée qui manque à la mienne. Paulette atteint les trente-cinq ans et je me trouve être sa cadette de dix bonnes années. Je passe pour être plus jolie, ayant les traits plus fins, le teint plus rose et la poitrine plus gonflée. La salle principale du chalet, qui tient lieu de salon et de salle à manger, nous offre la douce fraîcheur à laquelle j'aspire. Décorée en style rustique, elle étale le contraste d'un intérieur artistiquement encombré dans cette nature sauvage et pittoresque. Je m'effondre plus que je ne m'assieds dans un fauteuil moelleux recouvert de velours ocre. Paulette court au réfrigérateur. J'avale d'un trait le petit cocktail de boisson fraîche qu'elle a préparé à mon intention. Durant une bonne demi-heure, nous parlons de choses et d'autres, de nos dernières sorties, de nos amis communs et autres fadaises. Enfin, Paulette se lève. - Peut-être veux-tu faire le tour du propriétaire ? - Ma foi, je ne dis pas non. A dire vrai, le tour du chalet est rapidement effectué. Hors le living-room dont j'ai déjà parlé, il n'y a en tout et pour tout, que deux petites chambres coquettement meublées et la salle de bain. Après m'être extasiée sur quelques décorations que mon amie a réalisées, nous revenons dans la salle de réception. - Ne bouge pas, me dit Paulette, je vais chercher Dick, il doit mourir d'impatience de te dire bonjour depuis qu'il a entendu la voiture arriver. Elle sort et contourne le chalet. J'entends un bruit de chaînes derrière le mur et, bientôt, le pas de Paulette qui revient, tenant Dick au bout d'une laisse. Dès qu'il m'aperçoit, il se précipite à mes pieds, les embrasse et les lèche longuement. - Tu vois, fait Paulette en riant, il te fait la fête. Puis, jugeant que les effusions de Dick ont assez duré, elle le pousse de la pointe de sa sandale. - Allez, ça va, maintenant. Couché! Et, docilement, son mari va s'accroupir dans un coin du living-room. - Bon, dis-je, il va falloir que j'aille chercher mes valises. - Tu en as beaucoup ? Veux-tu de l'aide ? - Non, deux ou trois. Connie s'en chargera. Et, prestement, je descends les marches du chalet et le sentier qui mène à ma voiture. D'un tour de clé, j'ouvre le coffre arrière du véhicule et, d'un geste de la main, je fais signe à Connie de descendre. Il se déplie du coffre où il était couché en chien de fusil et saute à terre. J'ai fait le trajet de Paris aux Pyrénées en deux jours avec une nuit passée à Bordeaux et, depuis deux jours, par la force des choses, Connie se trouve enfermé dans le coffre. Je lui ai passé un sandwich à Bordeaux sans m'être occupée de lui plus amplement. Contrairement à Dick qui n'a pour tout vêtement qu'un short et un maillot de corps, Connie porte un costume de drap avec cravate et souliers vernis. Le tout doit lui tenir extrêmement chaud si j'en juge par les grosses gouttes de sueur qui coulent le long de ses joues. Je lui fais prendre les valises et nous remontons vers le chalet. Paulette nous attend au haut des marches avec un sourire amusé et ravi. Dès qu'il est à sa hauteur, Connie pose les valises et, sans que je le lui dise, il se prosterne et pose ses lèvres sur les
pieds de Paulette qu'il lèche avec autant d'empressement que Dick en avait mis précédemment sur les miens. Paulette l'écarte du pied. - Il va falloir le mettre dans une tenue plus légère, dit-elle, mon pauvre Dick fait piètre mine auprès de ce gentleman. - Oui, et je te demanderai de lui donner un peu d'eau car il doit avoir bien soif. Paulette prend une écuelle, la remplit d'eau et la pose à terre, près du fauteuil dans lequel je me suis assise. Après que Connie ait posé les valises dans la chambre qui sera la mienne, je le fais venir vers moi et l'autorise à boire. Prosterné, il lape le liquide à grands coups de langue et vide l'écuelle d'un trait. Pendant ce temps, Paulette a apporté un short et un maillot dont je fais se vêtir Connie après l'avoir fait dénudé complètement sous les yeux de Paulette qui semble n'y prêter qu'une attention toute mesurée. Enfin, je lui passe un collier à chien autour du cou auquel j'accroche une laisse dont je tends l'extrémité à mon amie. - Je vais les mettre dehors tous les deux, dit-elle, nous serons plus tranquilles pour causer. D'une tape de la main au creux de sa robe, entre les cuisses, elle fait signe à Dick de venir à elle. Aussitôt, il se lève et s'approche. Paulette saisit sa laisse et je la vois s'éloigner, tenant dans une seule main les liens qui relient mon mari et le sien. Quand elle revient, j'ai déjà ouvert mes valises et jeté leur contenu sur le lit. Paulette s'assoit sur le bord du matelas. Je lui montre ma dernière acquisition: une robe magnifique, rose-orange, à grand col, évasée et légère. Paulette la porte d'abord contre sa poitrine et ne peut résister, dans un élan bien féminin, à l'envie de l'essayer. En retour, elle me montre une robe en jersey grenat à col roulé qui la moule à merveille et dont elle m'assure qu'elle l'a acquise pour une bouchée de pain. Ma splendide combinaison soutien-gorge rose et grise la fait siffler d'admiration, mais elle convient que cette couleur, si elle me va à ravir, ne s'allierait guère à sa peau mate. - Tu as vu, me dit-elle en me montrant ses bas porte-jarretelles. As-tu essayé ces bas ? - Oui, c'est très bien, surtout avec les robes d'été, mais je leur reproche d'être trop onéreux pour peu de solidité. Des bas, nous passons tout naturellement aux chaussures et nous en venons, toutes deux, à déplorer l'épluchage régulier et trop fréquent du cuir qui enveloppe nos talons aiguilles. Nous parlons encore coiffures, modes, parfums, et le soleil, déjà, s'estompe derrière les hautes montagnes boisées. Nous décidons de nous apprêter pour sortir. J'enfile ma robe de laine blanche à col montant, qui me serre intensément pour devenir parfaitement suggestive. A la lueur de la lumière, il est aisé de deviner, sous cet apparat, le slip menu et le soutien-gorge. Je chausse des petits souliers fins à filets et à petits talons, arrange ma chevelure, tandis que Paulette me maquille les yeux. Rapidement prête, elle a passé sa robe de soie bleue, très généreusement ouverte sur la gorge et dans le dos, a réajusté son chignon et s'est chaussée de souliers crèmes à talons très menus. Je jette le dernier trait à son maquillage et nous sortons. - Je me suis rasé les jambes hier, me dit Paulette, et je me suis coupé légèrement au-dessous du genou, j'espère que ça ne se voit pas trop ? Je l'assure que non et nous parvenons à la portière de la voiture lorsque Paulette s'arrête soudain. - Ah, zut ! laisse-t-elle tomber. Il faudrait peut-être leur laisser un petit quelque chose à croûter, car nous ne savons pas à quelle heure nous allons revenir. Je lui fais remarquer que Connie a l'habitude des jeûnes prolongés et que, de toute façon, il ne formulera aucun reproche, mais elle tient à alimenter nos maris avant notre départ. Elle retourne au chalet et je la vois ressortir presque aussitôt, tenant en main deux boîtes de corned-beef qu'elle a ouvertes et qu'elle n'a même pas pris la peine de verser dans des écuelles. Elle les jette en pâture à nos mâles et revient en courant vers la voiture au volant de laquelle je me suis déjà installée. Argelès-Gazost s'offre à nous au terme d'une descente folle et effrénée de plusieurs kilomètres. Paulette connaît un petit restaurant fréquenté par les touristes les plus en vue, et nous décidons, pour cette première soirée, de nous offrir ce luxe. Je ne citerai ni l'enseigne ni la position de ce restaurant, désireuse que je suis d'éviter toute publicité à cet établissement. Notre entrée ne provoque pas le remous qui monte dans le sillage des grandes vedettes, mais je dois avouer que nous avons tout lieu d'être réjouies des regards flatteurs et des hochements de tête significatifs qui saluent notre passage. Le maître d'hôtel nous mène à une table retirée au fond de la salle d'où il nous est possible d'avoir une vue d'ensemble tout en restant le point de mire de nombreux estivants solitaires. Nous commandons deux scotchs pour commencer, et je croise intentionnellement les jambes de telle façon que mes cuisses se découvrent et que les mieux placés puissent avoir une aguichante perspective de mon intimité secrète. Paulette m'imite et le résultat ne se fait pas attendre. Tandis que nous logeons une « blonde » dans un long fume-cigarette, un homme d'une cinquantaine d'années, bedonnant et un tantinet décati, se précipite, la
flamme à la main. Certes, côté physique, nous avions espéré mieux, mais côté pécuniaire, je crois que tous nos désirs peuvent être comblés. Avec un sourire ravi, j'accepte la flamme du quinquagénaire qui nous demande l'autorisation de s'asseoir près de nous. Autorisation qui lui est accordée, d'un air dédaigneux par Paulette sans que j'aie pu ouvrir la bouche. Avant de prendre place, l'inconnu se présente et nous croyons bon, pour notre part, de ne décliner que des prénoms d'emprunt. Pour l'occasion, je deviens Rosalie, et Paulette s'appelle Lucienne. L'homme s'en contente et nous offre de dîner avec lui; ce que nous ne savons lui refuser. Au caviar succède le foie gras et les cuisses de grenouilles, vient la dinde farcie aux pruneaux, un petit cochon dinde aux marrons truffés, quelques-uns des meilleurs fromages, un immense gâteau en forme de montagne recouvert de neige et illuminé dans ses cavités. Le tout copieusement arrosé du plus pur et du plus réputé champagne qui soit. Bien avant que nous ayons goûté aux liqueurs. monsieur Ardemans (c'est le nom de notre hôte) a pris quelques libéralités avec nos charmes. Avances que nous ne refusons pas car c'est bien peu de choses par rapport aux délices culinaires qu'il nous a offert. Le long de mes bras, je dois donc admettre le passage de sa main qui me caresse les genoux et file vers la douce tiédeur de mes cuisses. Je le laisse s'aventurer vers ma peau mais je resserre les cuisses sitôt que ses doigts inquisiteurs tentent de pousser plus loin leurs investigations. Sous prétexte de garnir le corsage de Paulette avec les fleurs qu'il a acquis à cet effet, le vieux coquin glisse son autre main sous le soutien-gorge de mon amie et lui caresse amoureusement les seins, lui titillant les bouts avec son pouce et son index. Au fromage l'inspiration lui vient soudain de se pencher vers moi et, enfouissant son visage dans mes cheveux, il m'embrasse le cou, remonte vers la nuque, et sa langue chaude et râpeuse plonge dans mon oreille la pourléchant avec amour. Je ne peux retenir un petit cri de satisfaction, ce qui me vaut un coup de pied de Paulette. Monsieur Ardemans, sous prétexte de ne pas faire de jalouse, m'abandonne pour se vautrer sur mon amie et coller ses lèvres épaisses aux siennes. La résistance de Paulette est très brève et elle se laisse aller dans ce baiser qui me semble durer une éternité. Les regards surpris, goguenards ou offusqués ne manquent pas de se diriger vers notre table. Ardemans semble ne pas s'en soucier et, pour notre part, n'étant pas du pays, il nous importe peu de nous y faire remarquer. L'ultime bouchon de champagne ayant sauté joyeusement, sous les applaudissements de notre nouvel ami, Paulette émet le désir de quitter ce lieu trop fréquenté pour d'autres qui le seront moins. Ardemans ne peut qu'approuver. Je comprends que Paulette, terriblement excitée par l'alcool, par le plantureux repas qui s'achève, par les baisers et par les caresses d'Ardemans, n'a qu'une hâte : retourner au chalet au plus vite pour retrouver Dick et Connie qui, sagement, doivent attendre au bout de leurs laisses, devant une boîte de « bœuf » vide. La même excitation, le même désir, les mêmes sentiments me traversent l'esprit. Au préalable, il faut se débarrasser d'Ardemans et je ne vois pas bien le moyen de le faire. Il ne peut être question de se dire au revoir à la sortie du restaurant et de se quitter en bons amis. Ardemans a payé fort cher un repas de luxe, nous lui avons donné trop de nous-mêmes pour qu'il consente à nous quitter sans avoir tout eu. Reste donc la force. Mais comment en parler et comment agir ? Il me semble pourtant que Paulette a son idée derrière la tête car c'est avec une tranquille assurance qu'elle fait monter Ardemans avec elle, sur la banquette arrière de l'automobile dont je prends le volant. Paulette me guide et m'oriente dans une longue série de chemins détournés dont je doute fort qu'ils mènent au chalet. Ardemans est trop occupé à fouiller dans les jupons de mon amie pour prêter attention au chemin que l'on prend. Soufflant, grognant, le malheureux applique ses grosses lèvres sur la poitrine de Paulette, sur ses bras, sur ses cuisses, y laissant des petits suçons que la diablesse ne manquera pas d'exhiber joyeusement à notre retour devant moi, et surtout devant Dick. Mais, pour cela, il faut se débarrasser d'Ardemans, ce qui devient de plus en plus ardu. - Allez, mon gros, finie la comédie ! Lève les pattes ! Stoppe ici, Rosalie, nous descendons monsieur ! Éberluée, je vois Paulette brandir un revolver sous le nez d'Ardemans qui, suffoqué, roule des yeux ronds et lève les bras en tremblant comme une feuille. J'arrête la voiture. Nous sommes sur un chemin rocailleux, en pleine montagne, et la nuit rend ce lieu plus sinistre encore. - Descends ! ordonne mon amie au malheureux. Il s'exécute avec des mouvements désordonnés. Paulette pourrait s'en tenir là puisque le but recherché est atteint. C'est mal connaître mon amie. La porte de la voiture ouverte, elle s'assoit sur la banquette, les jambes au-dehors, et, toujours braquant son revolver sur Ardemans, elle commande : - Il y a une lampe de poche dans la boîte à gants, Rosalie. Éclaire-moi cet idiot qui va se faire un plaisir de nous offrir un strip-tease maison. J'avoue que je ne peux me retenir d'éclater de rire lorsque le rayon lumineux balaye le pauvre bougre, pâle comme un frigidaire et convulsé de peur. - Allez, papa, fait Paulette, à poil ! - Je... je vous en supplie, mademoiselle, balbutie-t-il
- A poil ! crions-nous en chœur. Et devant la gueule béante du revolver, Ardemans est contraint de s'exécuter. Veste, chemise, pantalon, souliers, maillot de corps, slip, tout s'envole dans les bras de Paulette qui les dépose dans la voiture. Après nous être rincé l'œil et avoir ri de bon cœur, nous claquons les portières, j'éteins les phares de façon d'Ardemans ne puisse voir les numéros minéralogiques et la voiture démarre en trombe. Quelques kilomètres plus loin, nous lançons les affaires d'Ardemans dans un fourré et Paulette me fait obliquer à droite afin de revenir vers le chalet. Dans la voiture, ce ne sont que rires, excès de joie, chansons. Nous sommes transportées d'aise. Les joues nous brûlent, la sueur nous colle sous les aisselles et entre les cuisses, nos yeux pétillent....
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