Orgie saphique

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Orgie saphique


Sophie vient de perdre son emploi. Par affinité autant que par nécessité, elle se reconvertit en vendeuse de sex toys très haut de gamme. Son discours est rôdé, mais pour convaincre, rien ne vaut une bonne démonstration...



Publié le : jeudi 30 janvier 2014
Lecture(s) : 273
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782823816112
Nombre de pages : 24
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Eva LUST

Orgie saphique

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Sept heures. Je me réveille bien trop tôt… C’était à prévoir ! La faute au stress. Normal, à force de me répéter que je joue mon va-tout ce soir…

Il est vrai que je n’ai pas le droit à l’échec. Si je rate ce coup, j’aurai l’air de quoi ? Déjà que ma nouvelle activité professionnelle n’est pas des plus aisées à assumer…

C’est bien simple, parmi mes copines, certaines n’osent plus me parler. Les plus cucu la praline en viennent carrément à me taxer de nymphomanie. Moi qui suis d’un romantisme effréné, presque maladif ! Le comble…

Est-ce ma faute si plus je fais l’amour, plus je suis heureuse ? Y a-t-il en la matière un quota, une posologie, une certaine dose à ne pas dépasser ? Limite au-delà de laquelle toute femme se verrait automatiquement classée dans la catégorie des « sexuellement désaxées » ?

J’ai toujours, pour ma part, estimé que luxure et sentiments allaient de pair. Qu’ils se mariaient forcément pour le meilleur. Et qu’à ce titre, l’exploration des voies nouvelles que la modernité nous a ouvertes dans l’univers infini du plaisir méritait tant soit peu d’« investissement ».

Et fort heureusement, Victor, mon fiancé, est tout à fait de mon avis !

J’ai toujours eu des fiancés qui avaient les idées larges, remarquez. Pas queutards, ni obsédés du gland, mais compréhensifs. Toujours prêts à sortir des sentiers battus de l’érotisme plan-plan.

Et c’est Victor lui-même qui m’a encouragée à tenter ma chance, après six mois de chômage et de déprime. Quand, sur Internet, j’ai trouvé l’annonce « Lancez-vous dans la vente à domicile de produits féminins haut de gamme », tout de suite il a été enthousiaste. C’est un truc, il faut dire, qui le faisait fantasmer à mort. À tel point qu’il se créait même ses propres films, au début…

En me voyant revenir bredouille mes produits sur les bras, les écailles lui sont vite tombées des yeux ! Il lui fallait ça pour se rendre compte que ce job ne représente, en réalité, ni une partie de plaisir ni une sinécure. Que c’est un vrai métier. Basé à fond, comme tout ce qui a trait au commerce, sur le « relationnel ».

Se constituer un réseau, c’est le plus dur avec ce que je vends. Quand on veut faire dans le luxe, il n’y a pas à y couper !

Voilà pourquoi le rendez-vous de ce soir revêt tant d’importance… En cas de succès, je conjurerai le sort. Je mettrai la tête hors de l’eau, j’aurai le pied à l’étrier. Par contre, en cas d’échec… La société mère qui me bombarde depuis Berlin de mails de plus en plus menaçants ne me fera pas de cadeau. Pas de résultat, plus de contrat. Raus ! Retour à Pôle Emploi. L’horreur !

Dans mon lit, l’angoisse m’étreint chaque seconde davantage. La réunion n’est fixée qu’à vingt heures trente. Mais, à cause de cette nuit écourtée, j’ai peur d’arriver sur les rotules. De n’être plus bonne à rien. De tout gâcher. Faudrait que je me rendorme…

Avec cette foutue pression, c’est peu probable ! J’ai les nerfs en pelote. Et pas envie de me lever pour autant. Faut dire que depuis que je suis à mon compte, j’ai contracté une mauvaise habitude. Rester coucher le plus tard possible. Je suis devenue une vraie couleuvre ! De toutes les façons, ce matin, j’ai le temps. Et puis je suis si bien au chaud…

J’ai repoussé la couverture. J’ai retiré ma nuisette en satin. Et j’observe à présent la courbure de mes seins qui, massifs et généreux, se dessinent dans les premiers rayons filtrant à travers la résille du Vélux.

Mes mains effleurent mon ventre, remontent à l’assaut de ma poitrine. Grossissant, grandissant, se virilisant. Prenant dans mon imagination la forme des mains de Victor ! Empoignant mes globes, elles pressent, malaxent les sphères charnues. Les pétrissent comme il sait si bien le faire. Les doigts facétieux entreprennent de jouer avec les aréoles, m’attrapent la pointe des tétons, étirent, pincent…

À la réflexion, je reconnais que si j’étais mon chéri, moi aussi je vouerais un culte à ma poitrine ! J’entends d’ailleurs sa voix, sa belle voix grave qui me répète pour la centième fois : « Tu ne trouves pas ça fascinant, toi, une paire de nibards comme les tiens ? » (il me pelote toujours en prononçant ces mots, afin de rendre, dit-il, son propos plus palpable).

Oh, je sais très bien, dans ces moments-là, où il veut en venir ! Savoir si je m’intéresse aux doudounes en général, si ça m’émoustille… Sa théorie étant que toutes les nanas, en leur for intérieur, dissimulent des tendances lesbiennes. Et que je ne devrais pas faire exception à la règle !

En quoi l’adorable vicelard se colle bien profond le doigt dans l’œil (ou ailleurs). Que ce soit le rêve de beaucoup de filles (et de tous les garçons), je n’en doute pas. Mais ce n’est pas le mien. Le mien se situe même exactement aux antipodes !

D’habitude, je rétorque toujours la même chose : « Je me convertirai aux voluptés saphiques le jour où tu accepteras qu’un mec te fourre sa grosse saucisse dans la pastille ! »

Victor ne répond jamais. Il prend ça pour de la provoc. Alors que je suis on ne peut plus sérieuse ! Le voir prendre, et se faire prendre surtout par un autre, rien ne m’exciterait davantage. Et combien plus encore si c’est par plusieurs !

Rien qu’à l’évoquer, tenez, cette séance de sodomie entre mâles me jette dans un émoi terrifiant. Hier, Victor est parti en déplacement. Je suis seule. Et, même si avec mon N° 8 je me suis assouvie la veille, ce matin, bel et bien, je me trouve en manque. Au reste, quand on est énervée tous les moyens de se détendre ne sont-ils pas bons à prendre ?

Écartant les cuisses, je glisse un doigt au cœur de ma fente. Comme ça. Je sépare mes lèvres très lentement et mon souffle s’emballe… L’intérieur de ma corolle est tellement trempé, et ma chair est si tendre, si brûlante !

M’exciter à ce point m’excite encore plus, c’est un cercle vicieux ! Le jus gluant s’épanche le long de mes nymphes, m’inonde la paume, m’empoisse les doigts. Mes seins se mettent à gonfler démesurément. Ma tête s’embrase. Et dès que j’effleure mon clitoris, c’est la bérézina !

Je ne me suis pas touchée ainsi depuis combien de temps ? Je ne sais plus. Comment savoir ? On prend vite de nouvelles habitudes, surtout dans mon métier…

Le fait est qu’à n’utiliser que ma petite main, spontanément, en solo, rien que pour m’amuser, resurgissent toutes sortes de sensations oubliées, désapprises… Un rien suffit parfois pour faire remonter une époque oubliée à la surface !

Me voici tout à coup revenue au temps où, éveillée exprès avant l’heure, dans mon lit, je me caressais avant de me lever pour aller au lycée. Flashback merveilleux ! Je n’ai plus vingt-six ans mais seize ans. Cette branlette impromptue, c’est ma madeleine de Proust !

Je me souviens, oui… Déjà je m’excitais sur les histoires entre mecs. Avec le même scénario, qui m’est resté…

La scène se déroule sur une grande plage strictement réservée aux adultes. Allongée en topless, seule célibataire, je bronze tranquillement au milieu de couples jeunes et beaux. Le genre Californiens, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a l’odeur grisante des embruns, l’exaltante chaleur du soleil… Il y a les bras surtout, les cuisses, les torses, musclés, nerveux, puissants, de ces garçons dorés à souhait qui sans cesse passent dans mon champ de vision, irritent mes sens et éveillent en moi des pensées troublantes !

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