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P900, tome 3

De
200 pages


La trilogie P900 raconte la vie amoureuse et sensuelle mouvementée de Marine, uen jeune femme dégourdie et effrontée, échouée sur une planète lointaine, isolée et abandonnée de la Terre, une planète pénitentiaire pour femmes. Elle y a déjà affronté des monstres, l’ancien gouverneur et les pirates, non sans quelques traumatismes, mais elle bénéficie de fées bienveillantes des deux sexes qui veillent attentivement sur elle.




Dans ce dernier opus toujours aussi délicieusement épicé, la vie prend une tournure rose sur la planète avec l’arrivée d’immigrants hommes qui augmentent la consommation et la demande en logements fournis par les entreprises de Marine. Cette dernière et Clémence célèbrent leurs mariages sur Aurore ce qui est l’occasion d’une fête au village et dans les camps tandis que la colonelle Jeff se prépare à partir en mission chez les pirates. Elle et son équipage sont accueillis par le roi et ses trois reines et doivent se familiariser avec les étranges coutumes des Damaliens. Mais qui sont vraiment les pirates ? Un autre peuple ou simplement des bandits de grands chemins interplanétaires ? Une chose sûre, cette expédition ne sera pas de tout repos.



Science-fiction parodique, amours saphiques, érotisme décomplexé, intrigue aux rebondissements multiples font de la trilogie P900 un petit bijou de série Z, au kitsch revendiqué, assumé et stylisé, qui se lit d’une traite. Alors bonne lecture et bonne...

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Résumé

La trilogie P900 raconte la vie amoureuse et sensuelle mouvementée de Marine, adolescente dégourdie et effrontée, échouée sur une planète lointaine, isolée et abandonnée de la Terre, une planète pénitentiaire pour femmes. Elle y a déjà affronté des monstres, l’ancien gouverneur et les pirates, non sans quelques traumatismes, mais elle bénéficie de fées bienveillantes des deux sexes qui veillent attentivement sur elle.

Dans ce dernier opus toujours aussi délicieusement épicé, la vie prend une tournure rose sur la planète avec l’arrivée d’immigrants hommes qui augmentent la consommation et la demande en logements fournis par les entreprises de Marine. Cette dernière et Clémence célèbrent leurs mariages sur Aurore ce qui est l’occasion d’une fête au village et dans les camps tandis que la colonelle Jeff se prépare à partir en mission chez les pirates. Elle et son équipage sont accueillis par le roi et ses trois reines et doivent se familiariser avec les étranges coutumes des Damaliens. Mais qui sont vraiment les pirates ? Un autre peuple ou simplement des bandits de grands chemins interplanétaires ? Une chose sûre, cette expédition ne sera pas de tout repos.

Science-fiction parodique, amours saphiques, érotisme décomplexé, intrigue aux rebondissements multiples font de la trilogie P900 un petit bijou de série Z, au kitsch revendiqué, assumé et stylisé, qui se lit d’une traite. Alors bonne lecture et bonne…

À propos de l’auteur : Jean Darmen passe ses premiers mois d’enfance dans la tranchée familiale en attendant qu’une bombe anglaise arrête net sa carrière de braillard. Rescapé de plusieurs bombardements sournois, il suit mollement des études secondaires presque brillantes, puis supérieures où il s’illustre pendant cinq longues années par une totale incompréhension du droit, de la finance, des ressources humaines et du marketing de combat. Malgré tout diplômé, diplôme emporté haut la main à la faveur de mai 1968, il poursuit ses ravages dans quelques multinationales où il ne laissera aucune trace, élevant le pantouflage et la discrétion à la dignité olympique. Toutes ces entreprises ont survécu à son départ ! Changement de décor à la suite d’un choc spatio-temporel : la création d’une petite entreprise (elle ne connut jamais la crise) où il s’exerça au pouvoir absolu et lui permit de pratique intensément la chasse de tête (Head Hunting) pendant un quart de siècle. Il a cédé son terrain de chasse à son Grand Vizir et ressort de ses cartons les histoires vraies qu’il choisira de vous raconter. Ses goûts vont vers les textes d’anticipation, policiers ou déjantés ; généralement il les assaisonne épicé ou très épicé. Même en le torturant il ne vous avouera jamais qui sont ses maitres car il ne reconnaît en fait ni dieu ni maître. Vous retrouverez dans ses romans des allusions lourdes ou perfides, pertinentes ou impertinentes aux décadences politique, économique et morale de notre époque qui comme chaque civilisation même décadente met un sacré bout de temps à s’écrouler sur elle-même. Il ne désespère pas d’assister à certains épisodes croustillants de nos prochaines révolutions qu’il vous décrira au besoin par anticipation ou du point de vue des initiés. Si nécessaire, il attendra 400 ans pour vous en relater les tragicomiques événements.

DU MÊME AUTEUR
P900, tome 2 - Voyage sur Terre, Numeriklivres, 2016.
P900, tome 1 - Planète Aurore, Numeriklivres, 2016

Jean Darmen

P900

TOME 3 - LES PIRATES

editionsNL.com

1

La veille, cinquante émigrants en provenance de la Terre avaient atterri sur P900, la planète Aurore, une des planètes pénitentiaires de rendement les plus éloignées de la Terre, et la plus proche des deux planètes pirates, P600 et P601, au fond de la zone interdite.

Marine et son nouveau mari Kélian étaient de ce voyage.

« On sait où on arrive maintenant », avait dit Marine en voyant l’inscription P900, peinte en gros caractères noirs sur la cabane en adobe qui faisait office de tour de contrôle.

— Bienvenue au paradis, chuchota-t-elle à l’oreille de Kélian.

Marine était heureuse de revenir à la maison, sur « Sa » planète. Elle avait atteint son objectif, celui de trouver et de ramener un mari : elle avait choisi Kélian, l’un des petits-fils du général Arthur, grand patron de l’OPU (l’Organisation des Planètes Unies). Elle était devenue Marine Arthur, comme dans un conte de fées ; elle portait maintenant un nom célèbre, mais elle ne savait pas encore s’il serait facile ou non à assumer.

Elle avait l’intention de vivre intensément sa vie de femme mariée, maintenant qu’elle avait un homme en permanence sous la main, elle allait enfin vivre comme elle l’avait toujours rêvée, confondre sexe, amours et sentiments ; finies les petites amoureuses, les jeunes gardes accueillies sous la douche ou forcées sur la plage, finies les Yasmina tyranniques, finis les Patrick et autres fantasmes d’homme sans lendemain ; finies aussi hélas, ses plus tendres souvenirs, les rêveries avec Mila.

Avec Kélian, elle avait du solide, et elle espérait qu’il lui donne entière satisfaction. Elle avait déjà eu un avant-goût de ses possibilités pendant les longs temps libres du voyage : elle avait été pleinement satisfaite de son mari, et celui-ci devait être rassuré sur les capacités de sa femme.

Marine allait pouvoir se concentrer sur l’agrandissement de sa petite famille et l’éducation de ses quatre enfants.

 

Une fois retirées les combinaisons antiradiations, et être passés au poste de désinfection, Marine et Kélian en tant que VIP furent libérés les premiers des formalités de douane et d’immigration.

Marine retrouva son buggy de jeune fille, et sa liberté de circuler dans la colonie.

Elle s’installa avec Kélian au N° 30 de ses bungalows.

Elle avait imaginé et construit cet hôtel avec des sous-ensembles récupérés des épaves des navettes automatiques détruites partiellement au cours d’atterrissages brutaux ou catastrophiques. Elle était fière de ce bricolage réussi, mais c’était du bricolage quand même.

Marine préférait laisser les plus riches immigrants essuyer les plâtres de son hôtel de luxe récemment ouvert, une magnifique construction traditionnelle en terre dont les baies vitrées donnaient sur de la mer intérieure ; sur cette longue plage qui s’étalait d’ouest en est, du camp de la pêcherie au village de Nouveau Paris, résidence du gouverneur, puis se prolongeait loin à l’est, vers des territoires inexplorés.

Marine attendait beaucoup de cet hôtel tant en terme d’image pour la colonie et la planète, qu’en rentabilité pour elle-même.

À proximité, sur le même site, elle avait acheté quatre grands terrains en bordure de plage, un pour elle sur lequel elle avait commencé la construction de sa maison, un autre qu’elle pensait vendre à sa sœur Clémence, et les deux derniers qu’elle réservait à des amies.

 

En soirée, Marine avait prévu une escapade gastronomique à la cantine du camp de la pêcherie pour fêter son arrivée dans la joie, et se goinfrer de petits homards avec son amie Gil, chef du camp du désert, accompagnée de son inséparable et sublime Amélia.

Le retour dans la nuit avait été chaud. Marine avait exigé de Kélian beaucoup et tout en même temps. Il avait satisfait avec vigueur à ses obligations de mari attentionné.

Levés avec le soleil, ils avaient profité d’un bain de mer et d’un petit déjeuner reconstituant à base d’insectes grillés, de jus de coco et de café d’Aurore.

 

La vie quotidienne reprenait ses droits : Kélian avait rendez-vous à la résidence du gouverneur pour son entrée en fonction d’agronome en chef de la colonie.

De son côté Marine prévoyait de faire le point avec son expert-comptable et avec Clémence pour son magasin, son garage, ses lotissements. Ensuite, elle rendrait visite à la gérante de ses hôtels.

— Je te conduis à la résidence, j’en profiterai pour saluer ma mère, et rencontrer Jeff. Pour déjeuner, le plus simple c’est la cantine, c’est le plus pratique pour se retrouver.

— Ça me va, répondit Kélian.

 

Le 4x4 de Marine cahotait sur la piste inégale.

— Je connais cette route par cœur, je l’ai faite à pied je ne sais combien de fois avant d’acheter mon premier buggy. C’est le chemin le plus court pour se rendre à la résidence.

La piste étroite, souvent obstruée par le sable du désert poussé par les vents, serpentait, entre les buissons d’épineux, sur les quatre kilomètres séparant le bord de mer du village. Le passage des camions de matériaux l’avait endommagée : de gros trous s’étaient formés, peu à peu remplis de sable.

Marine devait s’écarter de ces pièges pour rouler au jugé dans le désert.

Elle s’arrêta au sommet d’une ondulation, et décrivit le paysage :

— D’ici, tu peux voir le plateau du spatioport où tu aperçois les deux vaisseaux en stationnement : celui qui nous a ramenés de Terre et le vaisseau de Max « Espoir » dont c’est la base. À ta gauche, dans la verdure, c’est le camp des jardins dont on peut voir les bâtiments administratifs et les logements, et devant nous cet espèce de château fort, ce sont les murailles en terre de la résidence du gouverneur et les premières maisons du village de Nouveau Paris. C’est notre capitale, seul et unique gros village d’ailleurs de la colonie, et de toute la planète.

— C’est un peu brumeux aujourd’hui.

— C’est un vent de sable ! Le hangar devant toi, à ta droite, c’est mon magasin « Aux Nouvelles Parisiennes ». Il y a tout ce qu’il faut pour faire plaisir à ta femme : un rayon mode et sportswear, un rayon produits diététiques, produits de beauté, sex-toys, un rayon santé, et bientôt un rayon hommes élégants et vêtements de travail ; un grand bazar en somme. C’est fermé à cette heure-ci.

— Il fait déjà chaud, dit Kélian.

— Il fera très chaud aujourd’hui ; ce sera une journée comme je les aime.

 

Marine atteignit la rue principale et ralentit pour lui montrer un autre magasin :

— Voilà le hall d’exposition de mon garage. Il y a de nouveaux modèles en vente.

Elle continua :

— Cet immeuble de deux étages, ce sont mes bureaux et ceux de mon expert-comptable, mon amie Calia. Quelques logements et des magasins de détail se trouvent au rez-de-chaussée. Plus loin, sur la place tu vois un grand eucalyptus : c’est sur cet arbre que le précédent gouverneur pendait les détenues condamnées ; elles restaient longtemps, elles se desséchaient ; ça devenait dégueulasse avec les mouches. Il fallait supplier pour que ce salaud les fasse détacher pour les brûler ou les enterrer décemment.

Marine tourna autour de l’eucalyptus avant d’entrer dans la résidence par le porche creusé dans la muraille. Les gardes la reconnurent et la saluèrent. Elle chercha une place de stationnement : il y avait le 4x4 de la colonelle Jeff, superviseur des planètes de la zone interdite et celui de Jessica, gouverneur d’Aurore. Il y avait un emplacement libre celui du 4x4 de Max, patron des militaires d’Aurore et mari de Jeff ; Marine profita de son absence pour se garer sur son emplacement réservé.

Les formalités de contrôle et de fouille corporelle à l’entrée de la résidence avaient été supprimées par Jeff, et Marine suivie de Kélian, monta directement par l’escalier d’honneur menant au bureau du gouverneur.

Jessica les accueillit en les embrassant.

— Ah, vous voilà mes chéris ! J’avais espéré que nous nous verrions plus longtemps hier. Vous vous êtes éclipsés si rapidement !

— Maman, tu oublies que je suis jeune mariée, Kélian m’occupe beaucoup. N’est-ce pas Kélian ?

— En effet, Madame la Gouverneure, hier soir votre fille m’a fait visiter le camp de la pêcherie et le bord de mer.

— Tu t’es déjà encanaillée avec Gil et son amie !

— Excuse-moi, maman, je trouve les petits homards grillés de la pêcherie très supérieurs au menu de la cantine de la résidence.

— Moi qui prévoyais de vous y inviter ce soir à diner !

— Si tu veux. Mais nous partirons assez tôt.

Jessica sourit et continua :

— Je voudrais te parler seule à seule, pendant que Kélian voit avec mon secrétariat où sont ses dossiers et son bureau. Je lui ai affecté l’ancien bureau de Mila. 

— Allez, ouste Kélian, au travail.

Qu’est-ce qu’elle veut me dire encore ? Je pense deviner.

— Alors ce grand voyage sur Terre ?

— Très bien, très beau, maman, et j’ai trouvé Kélian. C’est parfait.

— Donc côté mari, objectif atteint. Et côté recrutements, objectif atteint aussi, bravo. Et ton amie Mila ? Elle a choisi un militaire ?

— Oui, un ami de son mari, ils sont très bien ensemble.

— Tout est bien, qui finit bien !

— Si on veut, soupira Marine.

— Tu as des regrets ?

— J’aurais préféré que Mila revienne sur Aurore.

— Mais c’est la vie, elle reste avec son mari. Maintenant, tu vas pouvoir mener une vie normale.

— C’est-à-dire maman ?

— Une vie de famille !

— J’y compte bien, et avec quatre enfants, comme tu le sais depuis toujours.

— À la bonne heure ! Et Patrick ?

— Patrick ? Mais c’est fini entre nous ! Il trouvera vite une petite amie parmi les filles qui viendront de Terre.

— Quant à Yasmina, elle m’a encore parlé de toi récemment.

— J’espère qu’elle va me laisser tranquille !

— Si elle devenait agressive, j’y mettrais le holà.

— Merci, maman, je l’éviterai de toute façon. Et Clémence ?

— Elle habite toujours la résidence avec David, ils sont à l’étroit, et ils t’attendaient pour que tu les conseilles pour leur maison.

— Ils attendront un peu. La mienne est à peine commencée, je peux prévoir une solution provisoire pour eux. Il faudrait que je leur en parle.

— Pas ce matin, ils ne sont pas encore levés. Va donc plutôt voir Jeff. Elle a des choses à te dire.

— Alors à ce soir, Maman, vers sept heures. Ça ira ?

*

La colonelle Jeff n’avait pas donné de rendez-vous formel à Marine, mais elle savait qu’elle allait passer à son bureau.

Elle se leva pour l’embrasser.

— Félicitations, ma chérie pour le beau Kélian, le plus gentil de mes cousins ! Assieds-toi, j’ai des informations à te communiquer.

— Merci Jeff, pour tout ce que tu as fait pour moi !

— Je n’ai tiré aucune ficelle, c’est le général qu’il faut remercier. À propos, il a été enchanté de te rencontrer, et est encore plus satisfait que tu portes son nom.

— Ça me fait drôle d’être devenue Marine Arthur, de la grande famille Arthur.

Marine marqua un silence, Jeff reprit :

— Ce détail lui a donné des idées !

— Allons bon !

— Que tu portes son nom, et que tu sois de notre famille te donne une autorité que tu n’aurais pas eue autrement, tu représentes le pouvoir de l’OPU que tu le veuilles ou non.

Marine sourit à Jeff en répliquant :

— Mais Jeff, celle qui représente l’OPU, c’est toi, c’est toi le superviseur, pas moi, je ne suis qu’une jeune mariée, et je ne suis que la femme de Kélian Arthur, un de ses petits-fils. Je me contente de ça.

Jeff observait fixement Marine qu’elle retrouvait comme elle l’aimait. Jeff resta calmement derrière son bureau, elle avait promis à Max de garder ses distances vis-à-vis d’elle, et de lui rester fidèle.

— Pourquoi me regardes-tu comme ça ?

— Je te trouve belle !

— Tu m’as toujours trouvée belle !

— Maintenant, tu l’es encore plus ! Tu n’es plus la gamine que j’ai aimée.

En réponse, Marine lui sourit. Jeff lui demanda :

— Alors ce voyage sur Terre, ma grande ?

— Super ! Missions accomplies : l’organisation du recrutement des immigrants est rodée. Mila a pris la direction du service. Mila a un mari attentionné, moi aussi. Tout va bien.

— Je dirai même que tu as été plus loin, puisque tu as convaincu le général d’accélérer le mouvement migratoire.

— J’ai l’impression que tu as donné ton coup de pouce !

— Maintenant, nous devons absorber tous ces immigrants-là. Déjà par paquets de cinquante nous avons du mal à les loger, mais avec cinq cents tous les mois, la logistique prendra une autre dimension.

— Max, ton mari, est là pour ça, il me semble.

— Actuellement, il agrandit le spatioport, et a entrepris des travaux de voirie.

— Il faudra qu’il pense à améliorer la piste entre la résidence et mes hôtels vers la mer. Il y a de gros trous et elle s’ensable.

— Ta piste ?

— Elle dessert aussi les logements provisoires des nouveaux arrivés, c’est important pour l’image de la colonie.

— Je verrai avec Max.

Jeff se leva de son bureau, et sortit un dossier d’une armoire fermée à clé.

Marine attendait en silence. Elle allait enfin savoir pourquoi Jeff voulait lui parler.

— Le général a été très satisfait de ton travail sur Terre, de tes conférences et de tes recrutements, enfin très satisfait de vous deux. Toi et Mila avez été parfaites.

— Merci.

— Est-ce que le général t’a parlé d’une mission qu’il prévoyait de te confier ?

— Une mission chez les pirates ?

Jeff prit un ton sévère :

— Arrête de les appeler « les pirates ». Ce sera mal venu maintenant. C’est une visite de paix ; elle aura lieu dans trois ou quatre mois et nous devons la préparer. Le général a sélectionné les agents que je dois emmener. Tu seras du nombre, et puis se joindront à nous des anciens militaires et des agents spéciaux qui viendront de Terre. Tu connais déjà l’une d’entre elles, c’est Flora ton ancienne garde du corps. Elle s’est portée volontaire.

— Qu’est-ce que je dois faire ?

— Tu participeras à toutes les réunions que je tiendrai sur ce projet, tu seras à nouveau mon aide de camp, et je t’instruirai.

— M’instruire ?

— C’est un entraînement d’agent de renseignements, à la fois militaire et sportif que je vais te faire suivre avec l’équipe de Max. Il faut que tu sois au niveau physique de ses troupes. Moi aussi je le ferai, comme les militaires pressentis et, comme toujours, nous prendrons les meilleurs.

— Est-ce qu’il y a déjà un programme prévu ?

— Oui, nous pourrons en parler en fin de semaine. Je te laisse retrouver tes marques. J’ai besoin d’une infirmière, celle que vous avez recrutée pour le Dr Abé me paraît très bien. Je l’ai réquisitionnée.

— Ce sera dur pour Dalila, elle n’a pas d’implants.

— Je l’ai vue hier, elle est d’accord. C’est une fille volontaire et sportive, elle sera moins forte que toi sans doute, mais vous pourrez faire équipe en binôme. Si elle accepte, je lui installerai un ou deux implants.

— Tu vas vite, Jeff !

— Nous avons peu de temps et nous ne sommes pas sûres que l’accueil soit si amical que ça.

— Charmant ! Est-ce que Kélian vient avec nous ?

— Le général s’y oppose, nous sommes deux de sa famille dans ce voyage, cela lui paraît beaucoup et suffisant. Moi j’y suis en qualité de superviseur des planètes de l’OPU, toi, tu y seras en tant qu’émissaire personnelle du général.

— Encore un rôle d’ambassadrice pour moi ?

— Ne t’inquiètes pas nous avons déjà écrit tes discours : il te suffira de les apprendre par cœur pendant le voyage. Nous en reparlerons en fin de semaine avec Max. En attendant, je t’ai préparé ton contrat. Tu le lis, tu me le retournes signé.

 

Ces informations ne surprenaient pas Marine, mais la rendaient perplexe. Jeff avait recruté Dalila comme infirmière, avait prévu son rôle et les dates de départ de la mission. Elle se sentait prise au piège, dans une sorte de machination, et d’un autre côté fière que le général puisse faire appel à elle. Au fond les pirates elle les connaissait, elle en avait déjà supprimé quelques-uns dans un passé lointain qu’elle aurait voulu oublier.

 

— Marine, je te donne ce rapport. Il concerne votre découverte de l’aéroport dans le désert dont Max a exploré les installations souterraines.

— C’est tout ce que tu m’en dis ?

— Ce serait un peu long, je préfère que tu lises le dossier à tête reposée. Nous en reparlerons plus tard.

2

À la cantine, Clémence et David en étaient au petit déjeuner ; Marine qui ne ratait jamais l’occasion de prendre plusieurs fois son petit déjeuner se joignit à eux.

Clémence gardait sur son visage les traces d’une nuit agitée ; David, au repos depuis la veille, rentrait d’une tournée dans l’intérieur :

— Commences-tu à voir à quoi ressemble notre planète ? lui demanda Marine.

— J’ai poussé par la plage sur deux cents kilomètres, c’est toujours le même paysage, je suis allé dans la montagne, mais pas très loin. Les drones ne suffisent plus, il faut maintenant faire tourner l’hélicoptère que vous avez transporté de Terre.

— Autrement, quoi de nouveau ?

— Les militaires ont construit trois pistes dans trois directions, une dans le désert après l’emplacement de la nouvelle mine et les silos, une sur la côte vers l’est, et une vers le sud dans les terres vers les montagnes. Kélian cherchera une vallée fertile pour installer un village sur une de ces trois routes, ou sur les trois.

— J’ai hâte d’aller visiter tout ça, soupira Marine.

— Je te ferai voir mes premières cartes

— Merci, David. Tu vas pouvoir travailler avec Kélian.

— Je suis vraiment heureux que tu aies choisi mon cousin, je m’entends parfaitement avec lui.

Clémence qui n’avait pas participé à la conversation ajouta à l’intention de Marine :

— David m’a affirmé que c’est grâce à toi qu’il m’a trouvée. Tu m’as fait une bonne publicité. Pendant un moment, il a même cru que tu le draguais, et que tu t’intéressais à lui.

— Je l’ai vu comme un excellent candidat, répondit Marine ironiquement.

*

La banque était toujours installée dans l’immeuble sinistre du fond de la cour de la résidence, mitoyenne du trou à rats qui servait d’hôpital et de prison : rien n’avait changé. Pat O’Malley, la directrice, n’avait pas les moyens de construire du neuf, disait-elle. Mais du fond de cette cour elle pouvait accéder à la résidence par un souterrain, elle se sentait en sécurité et les lingots de Marine l’étaient aussi.

— Alors ma chérie, ce grand voyage sur Terre ?

— Une vraie partie de plaisir et du tourisme instructif !

— Et tes objectifs ?

— Atteints en totalité !

— Félicitations pour ton riche mari ! Que vas-tu faire des cinq millions d’UC qu’il t’apporte ? C’est une dot ?

— En quelque sorte, mais c’est à lui de te dire ce qu’il veut en faire. Personnellement, je construirai un immeuble de logements à la sortie du village de Nouveau Paris et quelques villas de luxe sur la côte à l’est, sur mes terrains.

Pat avait son idée :

— Tu devrais regarder un peu plus loin dans les terres : sur les collines, il y a de beaux emplacements pour construire le deuxième village de la colonie.

— J’avais pensé également à un endroit près de la nouvelle mine.

— Dans le désert ?

— Sur la côte, entre la mine et le camp du désert, ces terrains-là sont libres. Il faudra que j’en parle à Kélian. J’ai l’intention d’implanter un autre magasin dans ce coin-là.

— Autrement, de mon point de vue de banquière, tout s’est bien passé en ton absence. Rien que du normal. Comme tu as dû t’en rendre compte, tes affaires ont bien marché.

— Grâce au savoir-faire de Clémence.

Pat confirma :

— Clémence a très bien travaillé.

— Et tes amours Pat ?

— J’ai domestiqué Yasmina !

— Je l’espère bien, parce que maman, ne voudrait pas qu’elle continue à roder autour de moi et à m’agresser.

— C’est aussi à toi de ne pas l’allumer, ma belle.

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