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Ricochets

De
64 pages


« Et c’est bien de cela qu’il s’agit (...) : ‘’déflorer le présent’’, dans une lutte amoureuse dont l’harmonie sereine, sous ‘’les doux doigts de l’aimeur’’, n’oublie jamais d’autres corps-à-corps dans lesquels l’érotique cède le pas au névrotique (...), et on entend les aboiements de la meute consteller les silences, comme les éclaboussures des ricochets... »

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Julien Soulier

 

 

 

 

Ricochets

 

 

 

 

llustration : Néro

 

 

 

 

Publié dans la collection Indécente,

Dirigée par Eva Adams

 

 

 

 

Logo évidence éditions final

 

 

 

 

© Evidence Editions 2017

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

Préface

Émovarius

Errance et sable

Les mains d’Icare

Présent

Gratitude

Vents & marées

(N) é (v) rotique

Syndrome Monte-Cristo

Namasté

Ricochets

Rosées

Libérés

Meute/Delta

Névrose d’amour

Agapes

Idaime

Arbre sœur

Mosaïque

À bord de toi

J’ai décidé d’éteindre la télé et de rallumer ma clope

Cafard moléculaire

Envols de voir

Rock’n’troll

Dans ton arbre

Amourland

Fragments de météores

Syndrome de sympathie

Synovie

Amicale de l’amour

Renaissances

Épilogue

L’Auteur

De l'Auteur


 

Séparateurs 2

 

 

 

Préface

 

 

 

Déflorer le présent : de ricochet en contrepied.

Quelque chose force à l’arrêt, au silence, à l’écoute, quand on a la chance d’être « happé », pour reprendre un terme qu’il affectionne, par l’écriture de Julien Soulier. Car dans ces pages, chaque mot est double : s’il existe en tant que tel, avec sa densité, sa force de rayonnement poétique, il est toujours, dans le même temps, élan vers un autre mot, une autre réalité, une autre vérité, parfois contradictoire : à la manière des cailloux qu’on lance sur l’onde et qui ricochent, les textes de Julien Soulier, par leur force de transformation du réel, tracent peu à peu un dripping à la Pollock ou un « planétarium » à la Sarraute, une constellation cosmique où la goélette peut devenir goéland, où l’oxymore prend ses aises, où l’humain, le végétal et l’animal communiquent dans une polysémie heureuse, où les langues (dans les deux sens du terme) « font du crawl » et s’en donnent à cœur joie, et où tout s’ouvre, en liberté, afin de nous faire accéder (la poésie a-t-elle jamais été faite pour autre chose ?) à une dimension supérieure : le point s’étire à l’infini, la ligne se fait plan, la surface devient volume, l’espace devient matière et temps.

Écriture du « ricochet », donc, dans laquelle les mots jouent à qui perd gagne et vice-versa : on reprend « de plus laide », on fait « des chèques en noir (…) à l’encre antipathique », c’est « plus faible que nous » … Mais le jeu, s’il est tendre, n’en est pas moins cruel. Ainsi en est-il, sans doute, de toute défloration. La caresse peut tuer, la langue devenir pointe.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit pour le poète « au torse d’homme-fleur » : « déflorer le présent », dans une lutte amoureuse dont l’harmonie sereine, sous « les doux doigts de l’aimeur », n’oublie jamais d’autres corps-à-corps dans lesquels l’érotique cède le pas au névrotique : ainsi les figures tutélaires de Diane et d’Actéon transitent-elles dans ce recueil, et on entend les aboiements de la meute consteller les silences, comme les éclaboussures des ricochets…

Ainsi sent-on vibrer, au cœur même de la liturgie de l’extase (« le quatuor magique de nos mains amarrées ») à laquelle nous convient nombre de textes de ce recueil, une harmonique discrètement mais résolument en dissonance. C’est sans doute ce contrepied mélancolique qui résonne en nous, longtemps après qu’on a refermé Ricochets.

Laurent Contamin

 

 

Séparateurs 2

 

 

 

 

Émovarius

 

 

 

Un arbre majuscule à l’aura métallique

créa l’exosquelette sur tes peurs dénudées

en acier végétal dans ta prison ludique

et ton sexe d’écailles aux carnavals d’été

Sur la trace des vivre qui me servaient de quais

trop d’années à passer à espérer le vent

Je comptais mes organes comme on joue aux osselets

pour voir des goélettes revenir goélands

Dans le sang de vos robes le cosmos règle noir

c’est la chasse aux contours seul dans mon subgothique

pas même un souvenir au gré des fantasmoirs

N chimères sur Richter dans la foule toxique

Les séismes intérieurs sont des supers délires

disparus pour toujours et puis refabriqués

Sous spasmes renaissances au piano des navires

sur l’octave où balance un paradis medley

Quelques-uns des écrins où se nacre ton feel

femelle équilibriste en gare erotica

Vénus respirateurs quand je retourne au gril

de mes leurres gore-à-gore entre deux guérillas

Et s’il y a de ces mots que je n’ose plus dire

sous l’armure de violence qui tisse mon épiderme

Je tatoue mes tourments aux écorces de guérir

sous les paroles mortes on voit parfois des gemmes

 

 

Séparateurs 2

 

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