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Tentations

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Sabline a tout pour être heureuse : la beauté et des privilèges que toutes les pensionnaires de la Rose des Vents lui jalousent. Cette vie, elle l’a choisie et il est hors de question de quitter le luxe de cette maison pour travailler comme une ouvrière et vivre dans la misère !

Quand lors d’une consultation médicale, son regard se pose sur le corps viril du nouveau médecin, elle se jure que cet homme finira comme tous les autres sur son tableau de chasse.

Mais la bataille s’annonce plus rude que prévue, et la confrontation des plus excitantes...


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couverture

Molly Reed

La Maison Close

Épisode 2 : Tentations

 

1

— Je t’aime, ma fleur.

Cela n’avait été qu’un murmure soufflé au creux de son cou, mais Sabline se redressa dans le lit en éclatant de rire. Les hommes étaient tous les mêmes ! Dès qu’elle leur donnait ce qu’elle voulait – et même plus ! – ils la submergeaient de déclaration d’amour. Princes, ministres ou simples fonctionnaires, c’était presque trop facile de les contenter.

Avec un sourire coquin, elle roula des hanches jusqu’au paravent qui la dissimulerait durant sa toilette intime.

— Allons, Charles, votre épouse ne serait pas très contente de vous entendre dire une telle chose.

Sur les draps défaits, son client – un diplomate belge d’une soixantaine d’années – eut un hoquet moqueur.

— Elle n’a qu’à écarter les cuisses plus souvent ! Depuis nos cinq enfants, cette friponne refuse que je la touche. L’amour se nourrit de sexe !

Sabline trempa le chiffon dans l’eau savonneuse et entreprit de se nettoyer. Son sourire ne l’avait pas quitté. Les femmes de ses clients pouvaient la remercier : grâce à elle, ces derniers se contentaient désormais de leur simple compagnie. Elle leur procurait toutes les caresses qu’ils réclamaient et, en retour, elle recevait de quoi remplir son coffre et s’offrir de beaux cadeaux. Tout le monde y trouvait son compte.

— Dis-moi que tu m’aimes, ma douce, et je te jure que je t’emmène avec moi dans la seconde.

Ben voyons !

— Bien sûr que je vous aime, vieux bougre !

— Évidemment, tu aimes tous les hommes qui viennent ici !

— Que voulez-vous ? J’ai un cœur assez grand pour y mettre des milliers d’hommes. Pourquoi me contenterais-je alors d’un seul ? Et puis, je suis jeune. Magnifique. Et j’ai tous les mâles que je veux à mes pieds.

Elle se contempla dans le miroir sur pied, qui lui renvoyait sa silhouette longiligne, sa peau laiteuse et sa longue chevelure rousse. Sans fausse modestie, elle était la plus belle pensionnaire de la Rose des Vents. D’ici peu, elle aurait trente ans, toutefois ses admirateurs ne diminuaient pas. Elle refoula immédiatement ses inquiétudes quant à son avenir dans la maison close. Tant qu’elle amassait l’argent, la Comtesse ferait en sorte de la garder.

Les années passent, mais la plus belle rose est toujours aussi éblouissante.

— Épouse-moi.

Surprise, elle leva les yeux vers son client qui avait osé franchir la barrière de son paravent. Il la dévorait des yeux, et son sexe avait repris toute sa vigueur. Celui-ci pointait dans sa direction, dans l’espoir qu’elle l’empoigne une nouvelle fois. Ici, pas de durée de prestation, juste la satisfaction du client. Alors elle le laissa faire quand il posa une main sur un sein.

— Certainement pas.

Elle ne se dégagea pas pour autant de cette étreinte. Charles était un client régulier, qui venait la voir presque quatre fois par semaine. Il avait suffi qu’elle déploie tout son savoir-faire pour qu’il en oublie bien vite sa femme et ses cinq enfants restés au pays.

— Pourquoi ?

Elle se retint de rire. S’il n’y avait qu’une seule raison !

— Parce que vous êtes déjà marié.

— Je divorcerai. Je pourrais t’offrir le luxe et une vie de femme honnête.

— Mais je gagne honnêtement ma vie, Charles !

— Tu baises avec des centaines d’hommes !

— Et alors ? C’est un travail comme un autre. Au moins, je ne suis pas à la rue, j’ai de la nourriture dans mon assiette, du vin à foison et les plus belles toilettes ! Beaucoup de femmes n’ont pas cette chance.

— Tu ne peux quand même pas faire ça toute ta vie. Tu vis dans un bordel, Sabline. Je pourrais t’offrir tellement plus !

Elle voyait ça d’ici !

— Oh, je n’en doute pas : une maison pour prison dorée où je devrais me taire, sourire et repriser vos chaussettes, entre deux discussions avec des pimbêches coincées qui n’ont jamais sucé de queue de leur vie. Quelle merveilleuse perspective d’avenir !

Elle réprima un frisson glacial. Il était hors de question qu’elle devienne une petite bourgeoise qui devait se plier aux quatre volontés d’un mari exigeant, et d’une société qui considérait la femme au même niveau qu’un animal domestique. Ici, elle était libre. Libre de baiser comme elle le souhaitait, sans que la morale ne vienne lui taper sur les doigts. D’accord, certaines journées étaient plus compliquées que d’autres – en fonction du client – toutefois, elle s’amusait.

Et surtout, elle faisait ce qu’elle voulait. Les hommes payaient ses services, la désiraient, la convoitaient et ils n’hésitaient pas à lui offrir des pourboires qui dépassaient largement ceux de ses camarades. Pour preuve, la Comtesse lui avait procuré une chambre privative – tandis que les autres filles devaient se contenter du dortoir du dernier étage ou de pièces à partager à deux ou à cinq. Non, aucune autre prostituée ne pouvait se vanter d’avoir un lieu à elle où rivalisaient le luxe et le confort. Et pour garder ses privilèges, rien ne valait les cadeaux qu’elle offrait généreusement en guise de participation au maintien de la réputation et de la survie de la maison close. Ce stratagème avait également un autre but : s’assurer la mainmise sur les clients les plus fortunés, tels que les ministres. Ou les diplomates.

Alors, pourquoi changerait-elle de vie ?

— Tu serais libre si tu m’épousais. Libre d’envoyer balader toutes ces pimbêches, qui manquent de s’évanouir en voyant la queue de leur mari. Ou tu pourrais leur donner des cours particuliers !

Elle glissa une main dans les cheveux gris tandis qu’il lui titillait un mamelon de la langue.

— Si la Comtesse l’apprenait, elle me découperait en mille morceaux et me balancerait dans la Seine. Quant à vous, vous auriez beaucoup de chance si vous parveniez à éviter la prison. Et puis, que dirait votre mère si elle apprenait que son fils chéri va épouser une putain ?

Charles poussa un soupir, vaincu et à la fois amusé.

— Voilà bien longtemps que cette brave femme ne me dicte plus mes actes. Mais je suppose qu’elle en aurait une crise cardiaque.

Elle taquina son érection du bout des doigts.

— Charles, si vous voulez me baiser à nouveau, il vous faudra débourser trente francs.

Il grogna, feignant de se fâcher, avant de prendre son visage entre ses mains.

— Tu me rends fou, tu le sais, ça ?

— C’est le but, non ?

Elle lui mordit la lèvre inférieure, et il se frotta contre elle, de plus en plus pressé de retrouver ses attentions.

Les désirs de ses clients étaient des ordres. Elle le fit asseoir sur la chaise près du miroir et se pencha au-dessus de lui pour l’embrasser. Sa langue dessina chaque muscle, ses dents mordillèrent ses mamelons puis elle descendit langoureusement jusqu’à son sexe.

La respiration de Charles s’était accélérée.

— Vas-y ! Oui, continue ! murmura-t-il, de plus en plus excité.

Elle eut un sourire amusé et entrouvrit les lèvres pour avaler lentement la verge, la chatouillant de sa langue. Charles poussa un gémissement heureux. Elle le suça avec une lenteur calculée jusqu’à ce qu’il lui demande d’accélérer. Mais elle fit la sourde oreille, pour le plus grand bonheur du diplomate. Sa bouche montait et descendait sur la verge dans des rythmes différents, qui n’avaient qu’un seul but : celui de le rendre complètement fou. Cela fonctionnait à merveille ! Quand enfin elle le sentit sur le point d’exploser, elle s’empala sur lui en remuant son bassin dans des mouvements circulaires.

Charles grognait son plaisir, en lui malaxant les fesses. Sabline se retenait de rire : ce n’était certainement pas sa femme qui le prendrait ainsi. La malheureuse se contenterait de la position du missionnaire, trois coups de boutoir et elle feindrait une migraine pour ne pas avoir à subir un autre calvaire. Tout ceci la confortait dans son idée : elle refusait de devoir baiser un homme selon les bonnes mœurs de leur vieille société. Elle voulait du sexe. Du sexe torride, dépravé. Des cris, de la sueur, des halètements. Et ne surtout pas se contenter de faire l’étoile de mer pendant que Monsieur son mari lâcherait sa semence. Que Dieu la préserve d’une vie aussi ennuyeuse !

— Dis-moi que tu aimes ça, marmonna-t-il.

Charles était mignon dans son genre. Un gentil garçon. Il n’avait pas la fougue des plus jeunes, mais il était facile à contenter.

— Vous êtes mon dieu, vous le savez.

Le teint de Charles virait au rouge écrevisse : il était à point. Elle se plaça à quatre pattes devant lui et roula son derrière en une invitation des plus explicites. Aussitôt, il se redressa d’un bond, lui souleva le bassin et s’enfonça en elle.

L’instant d’après, il la labourait en la ramenant de plus en plus vite contre lui. D’ici peu, il se viderait une nouvelle fois et elle ramasserait l’argent… Charles était un client simple, sans besoin extraordinaire. Le client presque parfait.

— Oh, purée, Sabline, ma belle, ma douce !

Elle sentit les ongles du diplomate s’enfoncer dans ses chairs. C’était le moment. Elle se retira aussitôt pour le laisser se déverser à nouveau sur elle, et cette fois-ci sur ses fesses, dans des grognements satisfaits. Une chose de plus que sa chère épouse n’accepterait pas.

Le liquide chaud dégoulina sur ses reins et elle ne broncha pas quand il l’étala sur ses fesses.

— Si seulement, tu pouvais être à moi tout le temps, s’exclama-t-il en lui assénant une petite claque pour l’inviter à se relever. Je te baiserais nuit et jour. Si seulement, tu acceptais de m’épouser, je…

Elle alla se refaire une beauté en prêtant une oreille discrète à son client. D’accord, elle prenait de l’âge, mais elle n’était pas encore bonne à ranger dans un tiroir ! Elle avait encore – quoi ? – trois ans, peut-être quatre ou cinq devant elle avant de songer sérieusement à trouver un plan B pour subvenir à ses besoins. Les hommes aimaient les jeunes femmes, pas les vieilles, c’était un fait, cependant elle prenait soin d’elle et elle était experte dans son domaine.

Cette entrevue était une réussite : deux passes en une. La Comtesse serait ravie. Dissimulant son sourire satisfait, elle raccompagna un Charles plus que ravi de cet interlude dans sa journée difficile jusqu’à la porte de la chambre. Elle répondit avec patience aux questions qui suivaient leurs étreintes : avait-il été bien ? Était-il mieux que les autres ? Avait-elle pris autant de plaisir que lui ?

Du plaisir ? Mais quelle question stupide ! Si elle aimait le sexe, elle était là avant tout pour offrir à ses clients l’assouvissement de leur fantasme. Aussi, elle chassa l’expression moqueuse qui voulait pointer sur ses lèvres.

— Il n’y a pas plus belle queue que la vôtre, Charles.

Elle se garda bien d’éclater de rire en le voyant se redresser comme s’il était le roi du monde. Les hommes sont vraiment tous les mêmes. Faites-leur croire qu’ils savent, mieux que les autres, vous faire grimper au rideau, et ils vous mangent dans la main.

Elle se lava avec soin et s’habilla d’une nouvelle toilette offerte par un ambassadeur de Pologne.

Je suis toujours aussi belle. Peu importe mon âge.

Ses grands yeux verts avaient fait fondre plus d’un grand de ce monde. Elle n’avait peut-être pas reçu l’éducation d’une jeune fille de bonne famille, mais ce travail lui permettait de côtoyer des hommes issus d’un monde différent du sien. Elle écoutait leurs confidences, comme une épouse qu’elle ne serait jamais. Mais quelle importance ! Elle n’était menottée à aucun nom de famille, prisonnière d’aucune règle morale.

— Une vie de rêve… avec ses quelques petits soucis quotidiens.

Elle vérifia qu’elle était toujours à tomber et, arborant un sourire des plus conquérants, elle quitta enfin sa chambre pour se rendre directement dans le bureau de la Comtesse. Elle croisa en chemin une nouvelle venue, qui suivait sa marraine et une sous-maîtresse. Elle vérifia l’étendue du danger de cette nouvelle rivale et se rassura en constatant que celle-ci avait tout l’air d’être bouleversée par tout ce qui se passait. Une prude inexpérimentée couverte de dettes, probablement. Ses cheveux avaient été coupés au carré très maladroitement, comme si quelqu’un avait tenu à l’humilier avant de lui faire franchir la porte de cette demeure.

— Sabline, ma belle ! s’exclama la Comtesse en lui ordonnant d’un geste de s’asseoir sur l’un des deux fauteuils en face d’elle.

L’interpellée jeta un bref regard à César et Martin qui finissaient de se rhabiller. Comme deux fantômes, ils s’empressèrent de se faire oublier en disparaissant.

— On accueille une nouvelle ?

— Tu n’as pas d’inquiétude à te faire. Cette petite a du boulot avant de rattraper ton savoir-faire. Qu’est-ce que tu m’amènes aujourd’hui ? Notre cher diplomate ne tarit pas d’éloges à ton égard. Il t’a baisé deux fois, m’a-t-il dit. Très bon boulot. Je vais finir par croire qu’il est tombé amoureux de toi.

— Je laisse l’amour aux autres filles, cela ne m’intéresse pas.

La Comtesse approuva ses dires d’un hochement de tête.

Sabline sortit de son corsage un bracelet que son client avait déposé sur sa commode avant de la quitter. Elle s’empressa de le tendre sous le nez retroussé et les yeux avides. De l’or fin n’était jamais refusé. Sa patronne enferma le présent dans l’un de ses coffres, avant de revenir avec un paquet imposant. Sabline se jeta sur lui, pressée de découvrir la nouvelle robe qu’elle avait achetée avec ses deux derniers mois de salaire. C’était une vraie petite merveille ! Même la Comtesse ne résista pas à l’envie de toucher la matière soyeuse. La toilette au décolleté très échancré était en satin d’un blanc pur. Elle s’était offert le luxe de commander cette nouveauté dans une boutique très cotée.

— Les hommes auront du mal à garder leur queue dans leur pantalon en te voyant affublée ainsi.

— C’est bien le but.

— Tu as un corps de déesse, fais en sorte de le garder. La vieillesse nous fane bien trop vite, ma jolie. Et tu me rapportes trop d’argent pour que j’aie envie de te laisser filer.

Sabline eut un hoquet moqueur devant cette vérité.

— Je ne compte aller nulle part, patronne. Cet endroit est ma maison. Et puis, je suis bien mieux traitée ici que dans les rues boueuses de Paris.

— Je suis ravie de l’entendre. Va te reposer, maintenant, la visite médicale aura lieu demain matin.

Sabline eut une grimace. Elle détestait les médecins. De leur pronostic dépendait sa carrière. Aussi, elle s’assurait de toujours les avoir de son côté, quitte à user de ses charmes. La Comtesse était beaucoup plus vigilante avec elle qu’avec les autres pensionnaires. Même si elle en comprenait aisément les raisons, cela l’ennuyait.

Elle avait su mettre le docteur Marchand dans sa poche assez vite. C’était un homme d’une soixantaine d’années à l’embonpoint proéminent. À chaque entretien, il louchait sur ses formes, et avait tendance à laisser traîner ses mains un peu trop sur ses seins… Il se croyait malin, or il ne faisait que jouer le jeu dont elle avait établi les règles. Elle eut un soupir désabusé en songeant au subterfuge qu’il avait trouvé, il y a deux semaines de cela.

Allongée sur le canapé dans un petit salon, elle avait écarté les cuisses bien grandes pour lui offrir le spectacle qu’il attendait. Il avait fait mine, comme à chaque fois, de lui palper les seins – ou plutôt de les lui malaxer bien trop longtemps – mais cette fois, il avait poussé le vice jusqu’à la doigter pour vérifier qu’elle mouillait de manière raisonnable. Pourquoi aujourd’hui plutôt qu’un autre jour ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Tout ce qu’elle savait, c’est que cet idiot avait réussi à s’exciter comme un taureau. Constatant qu’elle se laissait faire, il l’avait tripotée fiévreusement. Il lui avait suffi de se lever et de tendre la main en annonçant le prix pour qu’il la retourne en exhibant un sexe petit mais tendu. Il s’était enfoncé en elle en lui soufflant qu’elle n’était qu’une putain qui ne méritait que ça. Sans douceur et comme un rustre qui se moque de sa partenaire, il l’avait pilonnée à toute allure jusqu’à pousser un râle heureux. Elle n’avait pas moufeté. Parmi les hommes – même les plus grands –, il y avait des gentlemen mais aussi des salauds de première catégorie. Accepter les insultes faisait partie du métier.

Cet imbécile va sûrement en redemander, songea-t-elle le lendemain matin, en se présentant la première au petit salon, organisé pour l’heure en cabinet médical.

Un homme se tenait debout près d’une table. Il relisait des notes.

Ce n’était pas le docteur Marchand.

2

Celui qui se tenait de profil faisait trente kilos de moins et avait vingt bons centimètres de plus que son prédécesseur. D’un regard intéressé, elle embrassa les cheveux de jais, les pommettes saillantes, et cette expression concentrée et sévère qui le rendait particulièrement irrésistible. Non seulement il devait avoir un peu plus de trente-cinq ans, mais possédait en plus une beauté que toute la descendance du docteur Marchand pourrait lui jalouser. Quel dommage que les rôles ne soient pas inversés ! Elle aurait pris un immense plaisir à vérifier que son sexe était en bon état de marche…

— Votre nom ? aboya-t-il, sans même la regarder.

Elle releva le menton, fâchée. De quel droit se permettait-il d’utiliser ce ton avec elle ? Il ne l’avait pas encore vue, voilà l’explication. Dès qu’il poserait les yeux sur elle, il changerait d’attitude.

— Je m’appelle Sabline.

Elle avait prononcé le dernier mot d’une voix chaude, qui ne troubla en rien le médecin. Constatant que ce beau mâle ne lui accordait pas l’attention qu’elle méritait, elle ne bougea pas d’un pouce. Elle avait revêtu pour l’occasion la petite merveille qu’elle s’était offerte et le compliment qu’elle espérait tardait de plus en plus.

— Installez-vous sur le canapé et écartez les jambes.

— Je n’attends que ça, docteur.

Il se tourna vers elle et, l’espace d’un instant, elle en oublia le reste du monde. Elle l’avait deviné beau mais, à le voir ainsi de face, il était à couper le souffle. À la différence des autres hommes qui franchissaient le seuil de la Rose des Vents, il ne semblait guère apprécier cet endroit : ses lèvres fines ne souriaient pas. De plus, une expression sévère était peinte sur son visage carré, déjà marqué par les épreuves qui s’étaient cumulées dans sa vie. Même si cet homme ne respirait pas la joie de vivre, il se dégageait de lui une virilité des plus troublantes. Et si elle ne se reprenait pas très vite, elle allait passer pour une petite idiote à le fixer bêtement ainsi.

Un frisson agréable lui remonta le long de colonne vertébrale lorsqu’il s’attarda un peu trop longuement sur sa robe dépourvue de corset. Une tenue des plus indécentes qu’elle ne regrettait décidément pas d’avoir fait confectionner !

— Faut-il que je me répète ? s’agaça-t-il, en fronçant des sourcils.

Eh ben ! Un vrai boute-en-train !

— Inutile de hausser le ton. Je suis là pour obéir et répondre à tous vos désirs.

Elle lui fit un clin d’œil coquin, avant de se déshabiller et d’écarter la robe d’un mouvement du pied. Elle guetta le trouble sur le visage de son observateur, qui lui indiquerait qu’il n’était pas aussi insensible que ça à sa beauté. L’échec fut cuisant : non seulement il...

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