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UN NOUVEAU MONDE L'UNIFICATION

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Dans un futur où les hommes ne sont plus les seuls habitants sur Terre, leur nombre réduit à peau de chagrin et regroupés dans un périmètre continental par une forme de vie extraterrestre plus avancée, Amélia, une jeune fille de 16 ans et demi aspire à une vie meilleure et plus de liberté. Comme beaucoup d'autres Natifs, indigènes légitimes de la planète bleue, elle s'est inscrite au Programme d'Unification pour incorporer la communauté des Extras. Elle ne soupçonne alors pas que c'est toute sa vie qui changera en rencontrant l'un d'entre eux, Arone Karmik, un Alien qui ne lui cache pas son aversion pour les êtres humains. Déterminée à tenir bon malgré le comportement méprisant de cet être à la beauté aussi implacable que son esprit hostile, elle ne se doute pas un instant que le but de ce programme est bien plus important qu'il n'y paraît...
3 tomes sont prévus pour Un nouveau Monde. L'Unification en est le premier.
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Tessa Nauvel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau Monde

 

L’unification

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Droits d'auteur enregistrés, CopyrightDepot.com

sous le numéro 00056345-1

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Livre numérique publié via Bookelis

 

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Table des matières

Un nouveau Monde

 

 

 

 

 

 

Prologue Natif : L’an 2141

 

 

Couchée sur le dos, la tête légèrement relevée et les yeux plissés pour me protéger du rayonnement solaire, j’observai le ciel bleu clair et sans nuages qui s’étendait à perte de vue au-dessus de moi. L’immensité de cette vision m’émerveillait tellement que je pouvais rester des heures et des heures à la regarder parfaitement immobile. J’avais l’impression de faire partie intégrante de cet incommensurable espace, mais par contradiction — que je ne m’expliquais d’ailleurs pas, j’étais effrayée par ce vide insondable. Nous n’étions rien en définitive et infiniment petit face à toute cette grandeur…

Tournant la tête vers la gauche, j’aperçus sous le porche d’une petite maison, la silhouette rassurante de ma grand-mère qui se balançait doucement sur sa chaise de bois patiné par une météo capricieuse.

Ses cheveux gris foncé retombant loin dans son dos encadraient un doux visage féminin creusé par les rides et ses grands yeux marron amplis de bonté et de perspicacité me considéraient avec affection. Vêtue de sa sempiternelle salopette bleue délavée rapiécée maintes fois et de sa chemisette de même ton, elle avait chaussé ce jour-là les claquettes de cuir brun qu'elle affectionnait tant, la chaleur environnante le lui permettant.

Depuis quelque temps, des questions tournaient sans relâche dans ma tête. J’avais beau les mettre dans un recoin, elles revenaient toujours comme un boomerang. Je n’avais pas osé en parler à mes parents qui me jugeaient trop gamine pour pouvoir assimiler ce qu’ils auraient à me transmettre oralement.

Mue par une curiosité qui ne demandait qu’à être assouvie et que je n’arrivais plus à endiguer, — surtout en présence de mon aïeul —, je me lançai, les mots se bousculant littéralement hors de ma bouche.

— Dis Mamie… Pourquoi les Extras sont pas comme nous ? Et pourquoi, ils veulent nous éra… érabdiquer ? demandais-je du haut de mes huit ans, rougissante d’avoir buté sur le dernier mot.

— Eradiquer, tu veux dire ?

Je fis oui de la tête avec un petit sourire contrit.

— Qui t’a dit cela ?

— C’est mon ami Raph. Il dit qu’ils sont pas comme nous et qu’ils ont tués beaucoup d’humains pour avoir la Terre. C’est vrai ? insistai-je, essayant de ne pas lui montrer mon inquiétude.

Bien sûr, j’avais vu comme tout le monde des photos et des vidéos sur les Extras et par conséquent, je savais à quoi ils ressemblaient mais je n’en n’avais jamais vu de près, en chair et en os. Je n’avais jamais non plus entamé aucune conversation avec l’un d’entre eux et je ne pouvais donc avoir d’autres versions que celle de ma propre espèce. Et… celle que j’avais eue de mon ami m’avait presque terrifiée.

— C'est parce qu’ils viennent « d’ailleurs » pour ta première question. Ils ne sont pas venus pour nous détruire, tu sais. Les humains ont très bien su le faire sans leur aide. S’ils avaient vraiment voulu nous tuer, aucun Terrien ne serait encore vivant à l’heure où je te parle. Même pas nous, ma petite chérie. Donc pour répondre clairement à ta dernière interrogation : ce n’est pas vrai. Certes, un nombre conséquent d’humains sont morts, mais pour faire une guerre, il faut être deux. Notre peuple a participé activement à la précipitation de notre semi-extinction, me révéla-t-elle en souriant doucement dans l’unique but de ne pas m’affecter par ce récit des plus catastrophiques.

Je poussais involontairement un petit soupir de soulagement, comme si j’extrayais de mon être toute l’anxiété que les dires de mon nouvel ami avaient insufflée insidieusement en moi, ce qui fit sourire de plus belle ma grand-mère, faisant ainsi apparaître un peu plus les rides cheminant son visage.

— Ah, bon ? Ils ne nous veulent pas de mal alors… De où ils viennent, en fait ?

Je la vis soudain s’arrêter d’osciller.

— De très loin, mon enfant.

— Ah ?! Et c’est où ça… très loin ?

Pour mieux la voir, je m’étais un peu redressée, les coudes fichés dans l’herbe fauché peu de temps auparavant par mon père.

— Tes parents ne t’en ont donc pas parlé ? s’étonna-t-elle.

— Non. Ils disent que je suis trop petite. Mais je peux comprendre Mamie, tu sais. Tu veux bien me raconter ?

Je la suppliais presque des yeux. Mon ancêtre était un véritable puit de savoir et j’étais donc assurée de connaitre les tenants et aboutissants émergents de sa mémoire. Oh ! Elle n’était pas le summum de l’intelligence mais ses connaissances sur l’avant-chaos allié à son sens inné de la logique et de réflexion par soi-même en faisaient une personne pleine de perspicacité et de bon sens, ne se contentant pas que des ouï-dire. Par exemple, elle m’avait déjà fait part de bon nombre d’inventions conçues par les Terriens dont l’utilisation à présent s’en trouvait impossible faute de carburant ou ressource énergique adéquate et conséquente. Ainsi, je savais avant même d’être au second degré d’apprentissage historique de notre communauté que des engins volants avaient existé, — pas aussi sophistiqués que ceux des Aliens, mais suffisants pour voler dans les airs et même au-delà. Cependant ma grand-mère avait tenu à me signaler que techniquement, ce n’était pas vraiment « voler » ce que faisaient autrefois nos appareils dans l’espace.

— Seuls les oiseaux savent le faire. Nous, nous ne sommes que des imitateurs et il faut bien avouer que nous excellons dans ce domaine, avait-elle ajouté avec un clin d’œil espiègle.

En outre, nous avions besoin à cette époque révolue d’utiliser des matériaux et combustible dont l’impact polluant était majeur et inévitable pour un résultat en vitesse et capacité moindre que les engins volants des Extras. Nous étions certes avancés, mais pas autant qu’eux.

— Je pense également que tu peux comprendre. Viens ici, je vais te l’expliquer.

Je ne me le fis pas dire deux fois et me levant d’un bond, je courus vers elle, mes longs cheveux bruns se soulevant et flottant derrière moi tandis que le tissu de ma longue robe blanche me chatouillait les mollets.

 

 

 

 

Des orages d’une ampleur phénoménale s'étaient multipliés peu à peu devenant de plus en plus dangereux, de par leur fréquence et de par la charge électrique immense qu’ils dégageaient sans que nous puissions nous en faire un avantage énergétique, comme par exemple en les stockant. Et cela même si les Canadiens avaient inventé des absorbeurs d’énergie solaire bien plus performants que les anciens que notre peuple s’était empressé de disséminer un peu partout sur les territoires alloués, tels d’immenses champs de paratonnerres. Esthétiquement, ce n’était franchement pas une réussite mais cette assimilation plus croissante permettait une redistribution sous forme d'électricité forte appréciable et par extension, non négligeable.

Et du fait de la violence extrême que ces « intempéries » déversaient dans les pays du monde entier — car aucun continent n’était épargné, même ceux dont la météo avait toujours été plus ou moins désertique. Les changements climatiques irréversibles avaient engendré toujours plus de cyclones, d’ouragans, de tsunami et débordements de fleuves et cours d’eau. Les populations partout dans le monde avaient été obligées d’abandonner les côtes pour se protéger à l’intérieur des terres. Et même là, il fallait être prudent concernant les zones inondables connues et les rivières qui envahissaient les rues lors de fortes pluies. L’industrie et les Technologies en plein essor à l’époque avaient été ralenties par tous ces phénomènes hors de contrôle et les scientifiques de chaque pays avaient tenté d’inverser cette tendance catastrophique.

C’est dans ce contexte météorologique particulier, dans ce déchaînement des éléments naturels, de la naissance du déclin probable et inévitable de la Terre, essentiellement dû aux nombreuses activités humaines, qu’ILS étaient apparus silencieusement, haut dans le ciel.

Leur existence avait toujours été soupçonnée, — voire reconnue, mais bien vite étouffée par les agences secrètes des gouvernements. Ces dernières faisaient taire les témoins et leurs affirmations en passant par la confiscation ou destruction systématique de preuves pouvant alléguer la confirmation de formes de vie extraterrestre. Il avait bien existé des reportages et des émissions mais la plupart des gens n’y croyant pas, cela passait complètement inaperçu ou folklorique. Tout au plus un agréable divertissement à regarder en famille. Pourtant dans cet Univers immense et à peine exploré, il était évident que nous n’étions pas SEULS. En penser le contraire était fort stupide et prétentieux pour une espèce dite intelligente comme la nôtre…

Toujours est-il que face à l’ignorance, on se sent souvent démuni, puis quand les prémices d’un danger imminent se profilent pour finir par se déclarer, tel un grand coup de tonnerre, on a l’obligation de réagir, le plus vite possible et avec tous les moyens à portée de main. Et c’était exactement ce qu’avaient fait nos dirigeants. Attaquer l’ennemi avant de l’être et ceci sans aucune communication avec le supposé belligérant.

Des engins de tailles plutôt impressionnantes étaient sortis des entrailles de quatre gigantesques embarcations spaciales dont nous avions déjà apostrophé de « vaisseaux-mère ». Nous avions nommé ceux sortant de ces astronefs géants, « les chargeurs » qui une fois stationnés dans l’espace larguaient une armada de plus petits appareils surnommés plus tard « les chasseurs ».

Ces derniers s’étaient déployés partout dans le monde et restés comme en suspension au-dessus de points stratégiques, tels que les centrales nucléaires et les entrepôts d’armement. Bien entendu, au tout début, les gouvernements des pays constituant le monde terrestre avaient agi chacun de leur côté sans vraiment se concerter. En fait… précisément comme à leur habitude. Réaction totalement vaine. En outre, les bombes atomiques et autres appareils mortels furent inutiles, comme si tous nos systèmes de « protection » avaient été désactivés. Seules les armes intégralement mécaniques n’ayant aucun mécanisme multimédia embarqué ou enfuit fonctionnaient parfaitement.

Une guerre terrible et sans merci fut alors engagée en l’an 2039 au matin même de Noël. Cette action impliquait toutes les nations pauvres ou riches, tous les gens de toutes confessions religieuses, échelons sociaux et couleurs de peaux confondues. Tout individus valides, même ceux n’ayant aucun cursus militaire furent appelés à prendre les armes pour aider non pas leur pays à vaincre — Un Ennemi — redoutable jamais rencontré jusqu’alors, mais pour défendre l’humanité tout entière dont l’existence était menacée. Cette période fut assez brève, rapide et… sanglante.

Nous nous étions douloureusement aperçus qu’il était quasi impossible de battre cet adversaire-ci, car il était technologiquement, bien trop puissant et même si les individus constituant leur armée étaient moins nombreux que tous les humains réunis, leurs soldats étaient dotés d’une force surhumaine.

La reconstruction en revanche fut extrêmement longue et semée de complications. Longue parce qu’il avait fallu des années et des années pour parvenir à un semblant d’entente et compliquée parce que les hommes voulaient retrouver leur « domination » d’antan. Mais c’était sans compter la ténacité des Aliens qui ne désiraient pas céder plus de liberté d’action à une espèce aussi belliqueuse que la nôtre.

Plus de soixante-dix ans pour arriver à un compromis plein de sacrifices pour les Homo sapiens qui furent réduits après tous ces mois d’affrontements meurtriers à l’équivalent du continent américain autrefois nommé U.S.A, les Etats-Unis d’Amérique et à présent rebaptisé simplement Le Territoire des Humains ou des Natifs selon les « Extras », sous-entendu les Aliens, c’est ainsi que nous les avions baptisés nous-même. Fatalement, tout comme certains animaux qui avaient été jadis en voie d’extinction pour finir par s’éteindre, nous étions presque parvenus à ce terme fatidique où le nombre d’humains encore en vie devenait primordial pour la continuité de l’espèce. Forcés de stopper les hostilités pour subsister après ce changement ontologique, nous nous étions recentrés sur une priorité unanimement reconnue : sauvegarder notre existence à tout prix. La vie avait donc repris son cours.

Nous n’avions pas eu le droit à une multitude de choix pour nous installer dans une contrée, mais les critères de sélection avaient été vite ciblés et déterminés. C’est ainsi que les hommes avaient adopté le continent américain — y compris celui de l’Alaska, du Mexique et du Canada. Les ressources les plus basiques mais vitales, telles que les terres agricoles, les points d’eau, le bois et bien d’autre encore étaient en quantité plus abondante qu’ailleurs.

Voilà pourquoi le choix s’était fixé judicieusement sur ces sites. Nous allions ensuite y rester confinés sans pouvoir aller librement comme autrefois de pays en pays. Nous avions pu panser nos blessures extérieures certes, mais beaucoup avaient encore cette rancœur au fond de leur âme et conscience. En effet, les Terriens avaient été les « Maîtres » de la planète et il était très dur pour ceux qui avaient combattu ou non de se résigner à la partager et encore moins à l’abandonner à une race non-humaine.

Le destin en avait décidé autrement… Les vainqueurs venus de l’espace avaient à présent la pleine mainmise sur le reste de la Terre et il fallait bien avouer qu’ils en avaient fait une planète bien plus calme que ce que nous aurions obtenu en continuant sur la pente de notre lente et inexorable destruction. Ils avaient réussi là où nous avions échoué lamentablement. L’équilibre parfait entre technologie et nature. Et les animaux en danger à l’époque de leur arrivée avaient tranquillement repris une ligne positive pour — la plupart, sous leur égide.

Le seul inconvénient qui restait toujours d’actualité était la météo. Les tempêtes qui même si elles étaient beaucoup moins fréquentes, n'en demeuraient pas moins agressives et dangereuses. Il n’était pas rare de voir des maisons effondrées, des éléments de structures servant au captage de ressources se disloquer ou encore des champs de culture dévastés, mais le propre de l’homme étant d'aller toujours de l'avant (l'on ne pouvait pas nous retirer cette qualité), nous nous relevions à chaque fois, inlassablement.

Les systèmes d’acheminement d’électricité, gaz et eau d’autrefois n’existaient plus et nous avions essayé tant bien que mal de recréer un quotidien agréable avec le moins d’inconvénients possible, comme par exemple la pollution qui autrefois était pourtant un phénomène inévitable. Le réseau internet tel que les gens le connaissaient auparavant avait lui aussi disparu pour laisser place aux ondes radio et téléphoniques qui eux fonctionnaient parfaitement. D’autres choses étaient apparues, — bonnes ou mauvaises ? —, cela personne ne le tranchait fermement, mais ces changements étaient la conséquence d’une nouvelle ère.

Une sorte de marché noir était né où les collectionneurs s'arrachaient à prix « d'or » les matériaux de construction, les pièces de réparations pour les appareils multimédia, les téléphones portables — et les plus anciens possible qui étaient les plus prisés —, des batteries diverses, etc. Les téléphones fixes qui eux avaient leur place dans quasiment tous les foyers, car ils étaient simples d'utilisation et n'avaient nullement besoin d'accus. Même si cela n’avait rien de comparable avec autrefois (pas la même commodité et encore moins de profusion), nous avions tout de même de l'électricité qui permettait à bon nombre de personnes de s'éclairer et de profiter des prises sur secteur alimentées par un réseau électrique incluant l’ancien système terrien rafistolé régulièrement et le nouveau « emprunté » aux Extras. Ces derniers nous avaient octroyé l’utilisation limitée en termes de watt de leur propre réseau énergétique provenant des vaisseaux-mère, toujours en station au-dessus de la Terre. Cela ravitaillait la majeure partie de notre alimentation quotidienne pour les Centres Médicaux Humains tout d’abord, permettant ainsi à quelques machines de fonctionner correctement. Ensuite, l’autre infime partie fournie était l’œuvre d’éoliennes bien plus petites que celles de naguère cependant, mais qui s’étaient très vite imposées dans notre capital ressource et que nous avions couplé aux fameux panneaux solaires inventés par les Canadiens. Ces derniers éléments étaient disséminés autant sur les terres que sur de larges plans d’eau naturels.

Nous avions élaboré ensuite un partage équitable des ressources des plus basiques, comme la distribution d’eau dans les foyers ou le feu, la nourriture, les vêtements et bien d’autre, (tout était rationné) contre une contribution des adultes par le biais du travail et d’entraide très précieuse. Nos vies d’enfant et d’adolescent étaient rythmées par l’apprentissage réduit au plus essentiel, tels que les mathématiques, l’histoire, la nôtre principalement, et les différents dialectes terriens, bien que l’Anglais fût devenu par la force des événements et d’un vote quasi-unanime notre langage principal du fait de sa grande utilisation sur tous les continents qui eux étaient à présent caducs.

Les tâches rétribuées le plus souvent en troc consistaient à la participation aux cultures et élevages, car il fallait bien se nourrir, et les soins apportés aux gens malades ou les accouchements. Nous ne pouvions plus par contre soigner les cancers, les leucémies ou les maladies vénériennes, mais bizarrement ces infections étaient devenues extrêmement rares. De plus, ces êtres venus d’ailleurs n’interféreraient pas dans les affaires humaines quelles qu’elles soient. Cela avait été imposé par le T.B.E, « Le Traité de Bonne Entente ». Il était spécifié également noir sur blanc, qu’ils leur étaient interdit d’intervenir sur le corps médical Natif et n’avaient aucun droit de regard ou conseil concernant le traitement de simples maladies, même celles ayant des conséquences plus graves.

Malgré une mortalité un peu plus importante que les siècles derniers du règne Homo sapiens, nous étions en lente progression de repeuplement. Peut-être était-ce dû à un environnement plus sain, un air plus pur… Les centrales nucléaires avaient été stoppées, entièrement vidées de leur substance « vénéneuse » et pour finir, sécurisées par les Aliens. Partout dans le monde, plus aucun produit chimique nocif n’était stocké tant à l’intérieur des bâtiments qu’à l’extérieur où les sites radioactifs avaient été complètement « vidés ». D’ailleurs, sur le Territoire Natif, une rumeur persistante circulait selon laquelle les Extras apparaissaient comme de vils pillards sans foi ni loi et s’appropriant le bénéfice qui résultait de leur apparente confiscation pour leur propre utilisation. Pourquoi et comment, cela personne ne le savait. Bref, d’après les plus contestataires de cette situation : ILS étaient arrivés pour conquérir la planète Terre ainsi que ses innombrables ressources énergétiques et avaient réussi en un temps-record en écrasant sans pitié les Autochtones légitimes.

Les êtres humains avaient donc dû s’unir pour le meilleur, pour le pire et pour le bien de tout un chacun. Les codes de couleur, de rang social et de religion qui régissaient auparavant nos vies avaient pour ainsi dire disparu, surgissant de temps à autre lors de réunions des anciens dans le vaste Edifice Blanc sis-nommé « La Maison Blanche ». Ce lieu était devenu le centre névralgique de rassemblements importants, où tout se décidait et où des évènements étaient organisés en grande pompe, tels que l’accueil des Commandeurs Guerriers et Commandeurs Suprêmes Extras, des assemblées de Responsables des Secteurs Natifs et les Sous Responsables Terriens… Notre peuple était présidé par trois individus qui effectuaient leur part des tâches leur incombant avec beaucoup de sérieux et parcimonie. Personne ne contestait le pouvoir en place dans un souci d’unité et de protection de l’humanité. Et c’est sans heurt ni rébellion d’aucune sorte que plusieurs années s’écoulèrent… avant que la Paix ne soit ébranlée doucement mais sûrement par une révolte interne qui gonflait si imperceptiblement qu’elle en était négligée...

 

 

 

 

Ce fut là l’histoire que ma grand-mère paternelle prénommée Adélaïde m’avait contée en des termes plus faciles d’accès pour ma compréhension eu égard à mon jeune âge. Elle tenait ce récit de sa mère qui le tenait de sa propre mère… Elle me l’avait donc transmis en ajoutant que l’homme lui-même avait toujours été le mal de l’homme.

« Il faudra toujours garder à l’esprit, ma petite Amélia qu’il faut te méfier des êtres humains bien plus que des Aliens. Beaucoup mentent et font des choses décevantes. Ils ne sont pour la plupart que cupidité, assaillant et assoiffé de pouvoir… Ainsi est faite l’humanité en général, mais il y a des exceptions et qui dit exception, dit espoir. Heureusement notre espèce ne compte pas que des gens vide de moralité et d’empathie. Vois-tu, ma petite chérie, le propre des hommes est qu’ils peuvent changer en mieux et donc s’améliorer. A ceux-là seuls, tu pourras leur accorder ta confiance. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Nous étions en l’an 2149 et depuis deux années déjà, une nouvelle période prometteuse s’était certes imperceptiblement profilée à l’horizon, mais indubitablement. Après maintes tentatives de rapprochements peu fructueux, les hommes et les extraterrestres s’étaient enfin entendus sur un accord appelé l’Unification. Le Traité avait été longuement débattu, modifié ci et là, ratifié et pour finir, signé par les deux parties concernées, Humains et Aliens.

Cette alliance prévoyait une intégration de jeunes Terriens, dans plusieurs de leurs nombreuses institutions formatrices toutes favorables à la neutralité et pouvant accueillir des recrues Natives. Le but final était de se côtoyer afin de nous préparer tous à un avenir conjoint sur la planète Terre. Cela n’avait pas été un chemin paisible et compréhensif de leur côté également où une vive contestation s’était élevée arguant judicieusement — il fallait bien le reconnaitre — que notre faiblesse corporelle et notre existence fortement limitée dans le temps, si ce n’était pas un décès prématuré avant le terme dit normal de vie terrienne étaient des défauts récurrents et non négligeables. Mais le Grand Conseil (sorte de colloque ancestrale décisionnaire, judiciaire ou délibérateur selon le cas à traiter régissant l'ensemble du peuple Extras) n’en avait heureusement pas tenu compte, pour mon plus grand soulagement.

Nous vivions chacun de notre côté, sans jamais nous fréquenter de trop près, ni même, nous parler de vive voix — enfin pour le reste de notre population, la partie en somme qui n’avait pas accès aux plus « hautes fonctions » et restait figée dans des postes créés par et pour les humains. Ce qui ne nous empêchait pas d’aspirer à cette union des forces et d’attendre le commencement du Programme d’Unification avec impatience.

La seule fois où j’avais pu observer, — et encore, c’était un bien grand mot ! — ces êtres venus au-delà de la Voie Lactée, c’était au détour de la maison de mes parents. Je faisais jouer notre chien Blacky, pas très imaginatif certes, mais qui avait le mérite d’être une référence claire à son pelage d’ébène, qui les ayant repérés bien avant moi avait longuement aboyé après un Transporteur, pourtant volant très haut dans les cieux à la limite de la frontière déterminée par le T.B.E. Entre fascination et crainte, je n’avais pas pu m’empêcher de contempler l’engin impressionnant tant en taille qu’en structure et cependant aussi silencieux que l’air que je respirais. Je devais avoir treize ou quatorze ans à cette époque-là, et même si je savais pertinemment qu’ils existaient, j’avais été très remuée par cette rencontre. La curiosité l’emportant largement, j’avais tenté de mieux distinguer les personnes à l’intérieur, mais je n’avais discerné que de vagues visages pâles couronnés de cheveux plus ou moins blonds, la plupart tournés dans ma direction. Puis, le vaisseau s’était éloigné sans bruit tandis que je continuais à le suivre du regard, me demandant quand arriverait le moment de les voir pour de vrai. Car au fond de moi, je savais déjà à cet instant-là que je ferais tout pour faire partie d’une nouvelle civilisation, celle qui résulterait de la collaboration entre Natifs et Extras et dont tout le monde discutait. J’aspirais à plus et je ne vivais que dans l’attente de ce tournant décisif.

Pour le moment, ils étaient installés sur les anciens territoires « confisqués » depuis des siècles. Ils y avaient bâti leurs propres infrastructures tout en gardant celles fabriquées par les humains qui étaient encore en bon état. Le changement était finalement arrivé et il se traduisait par le Programme d’Unification. C’était une avancée primordiale et importante pour une future cohabitation entre nos deux peuples.

Selon le discours explicatif de notre professeur, des cours nous seraient prodigués dans notre langue pour plus d’accessibilité, car apprendre le dialecte des Extras serait un trop lent processus pour nous. Les Ariméens (c’est ainsi qu’ils se nommaient en réalité) avaient quant à eux déjà assimilé parfaitement notre langage. A l’issue de la formation et seulement si la réussite était acquise, un avenir dans les rangs des Aliens nous serait alors proposé.

Cette formation éducative qui se déroulerait en trois ans se conclurait par l’obtention d’un diplôme basé sur les trois cycles et relaterait nos compétences accompagnées d’un laissez-passer nous autorisant une circulation plus large et par extension plus de liberté. Il était également prévu qu’un poste serait alloué à chacun des candidats brevetés au sein de leur corporation essentiellement martiale.

Les unités de combattants que nous serions autorisées à rejoindre étaient encore au stade expérimental et ne seraient effectives qu’au terme de six mois à une année de formation autant défensive qu’offensive. Cette durée d’adaptation dépendrait de la capacité des humains à assimiler correctement les informations et l’utilisation de certaine de leur Technologie. Bien évidemment l’apprentissage de cette dernière serait limité au strict nécessaire, mais ce geste de semi-confiance prouvait leur bonne foi et était donc à saluer. On nous avait prévenus que quelques fonctions ne pourraient cependant pas nous être accessibles du fait d’une ou plusieurs aptitudes dont notre espèce était dépourvue, tel que le pilotage de certains engins spatiaux adaptés à leur propre constitution physique.

Pour l’heure, concernant le Programme d’Unification, nous devions réussir les examens imposés, puis nous serions répartis en groupe de plus ou moins vingt individus qui seraient incorporés au sein de plusieurs institutions d’enseignement Ariméen. Et nous serions nombreux, soit un peu plus d’une centaine d’adolescents à participer à cet évènement tant attendu et tous issus de la troisième génération des Homo sapiens.