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Vacances de rêves pour maman stressée

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8 pages

Une femme s'éclate dans un hôpital psychiatrique





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couverture
Servane Vergy

Vacances de rêve pour maman stressée

12-21

Quand je leur ai raconté mon trip, mes amis m’ont demandé l’adresse de mon dealer, le hic c’est que tout mon délire avait jailli de ma petite tête sans aucune prise de substances licites ou illicites.

À cette période, le stress me rongeait de l’intérieur. Je menais de front plusieurs jobs d’écriture qui n’avaient rien à voir entre eux, d’un côté le guide de la chaudasse, de l’autre une newsletter pour un marchand de régimes, et plusieurs articles divers et variés sur le blues de l’huître en décembre ou le cri de la salade dans le frigo. Les fêtes de fin d’année, où j’avais dû jouer les parfaites maîtresses (de maison, hélas) m’avaient épuisée, mes adulescents geeks, incrustés sous mon toit, pompaient mon énergie, j’étais épuisée.

Et puis un jour, sans aucun signe avant-coureur, tout a brusquement dérapé. J’ai commencé à écrire, pendant mon demi-sommeil, des mails dans des langues que je n’avais jamais apprises, les mains sur un clavier imaginaire, puis à prendre mes rêves pour la réalité : ainsi, j’étais persuadée d’avoir été reçue à l’Élysée pour remettre mon dernier livre à la première dame de France, j’ai prié sans répit en latin et en yiddish pour sauver l’humanité de la fin du monde imminente. Ce genre de trip, ça s’appelle une bouffée délirante. Sauf que dans ma cervelle de blonde, j’étais persuadée d’avoir juste un peu de fièvre, rien de grave, une petite grippe A qui passerait toute seule. J’ai déraillé pendant huit jours dans mon lit sans manger ni m’inquiéter outre mesure. Jusqu’à ce que mes proches, alarmés par mes discours de disjonctée, me fassent passer par la case « entonnoir » via le SAMU.

Et c’est là que les vacances ont commencé.

Pour moi, l’HP c’était encore mieux que le club Med’. Pas un centime à débourser, pas de bracelet en plastique fluo au poignet, et on y croise des gens bien plus intéressants. J’avais le temps, toute seule dans ma chambre, loin des responsabilités de mère de famille éreintée, de faire de la gym, de me remettre au dessin, de m’asperger de parfum Dior juste pour voir, choses que je n’avais bien évidemment jamais le temps de faire à la maison. Peu importe que les repas soient médiocres, ce n’était pas moi qui les préparais ni les servais, à heures fixes : il me suffisait de glisser les pieds sous la table, où je bavardais avec mes copains d’infortune. Pour la petite histoire, j’avais retrouvé en ces lieux de villégiature l’amant d’une nuit, un one shot que j’avais levé en sortie de boîte d’un raffiné : « Tu viens baiser ? » Je ne me souvenais plus qu’il avait vingt ans de moins que moi, juste qu’il était infatigable, un petit jeune, il n’y a pas à dire, c’est quand même plus tonifiant que le botox, et puis comme l’HP, c’est gratuit.

L’objectif de ce séjour ? Calme et repos. Et pourtant, le fait d’être déchargée de toute responsabilité me rendait, a contrario, euphorique. J’étais pleine d’énergie. Je voletais dans tous les sens, racontant des blagues à qui voulait les entendre, improvisant des chorégraphies de pouffe R&B sur les tables du réfectoire, au grand plaisir des autres patients qui, battant des mains et tapant du pied, encourageaient mes déhanchements lascifs. Plusieurs fois, les infirmières m’avaient renvoyée dans ma chambre en me faisant les gros yeux. Je redevenais raisonnable, mais après quelques heures, c’était plus fort que moi, je recommençais à virevolter de droite et de gauche, passant des genoux d’un bipolaire aux bras d’un mégalo, caressant au passage l’entrejambe d’un autiste, flirtant avec un schizophrène, allumant d’une caresse un parano médusé : on ne pouvait plus m’arrêter.

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