10 romans Azur inédits (nº3515 à 3524 - octobre 2014)

De
Publié par

10 romans inédits de la collection AZUR en un seul e-book (nº3515 à 3524 – octobre 2014) !

Découvrez le destin intense et merveilleux des héroïnes de cet e-book exceptionnel. Leur rencontre avec un indomptable séducteur ou un ténébreux milliardaire va bouleverser leur vie. Mais ces hommes aussi troublants qu’implacables se laisseront-ils prendre au charme envoûtant de la passion ?
Le temps d’un roman, le temps d’un rêve, laissez-vous emporter…


A l'épreuve du secret, de Maya Blake
Un délicieux chantage, de Annie West
L'héritier des Castellano, de Chantelle Shaw
Pour une nuit entre ses bras, de Sarah Morgan
Un refuge andalou, de Lucy King
Un irrésistible homme d'affaires, de Carole Mortimer
Vengeance et séduction, de Carol Marinelli
Rendez-vous avec le cheikh, de Maggie Cox
Un si troublant adversaire, de Melanie Milburne
L'orgueil d'Alessandro Corretti, de Caitlin Crews
Publié le : mercredi 1 octobre 2014
Lecture(s) : 17
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280332934
Nombre de pages : 1600
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couverture
pagetitre

1.

Signora ?

Tirée du profond sommeil dans lequel elle avait sombré, Ava ouvrit péniblement les yeux. Les images du cauchemar qu’elle venait de faire refusaient de disparaître complètement, et son cœur battait à tout rompre.

— Je suis désolée de vous déranger mais le Signore Di Goia demande à vous parler.

L’hôtesse de l’air qui venait de la réveiller était vêtue d’un tailleur émeraude sur lequel se détachait le symbole de la compagnie de Cesare Di Goia.

C’était la troisième fois que Cesare cherchait à la joindre depuis que le jet avait quitté Bali, huit heures auparavant. Elle avait obstinément refusé de prendre la communication, au grand désarroi de l’hôtesse, qui craignait visiblement d’attirer sur elle la colère de son employeur.

— Dites-lui une fois de plus que je lui parlerai quand nous serons arrivés à destination, répondit Ava.

— Il insiste, objecta l’hôtesse, visiblement très embarrassée.

Sans doute n’avait-elle pas l’habitude que quelqu’un tienne tête au grand Cesare Di Goia. Encore moins à bord du jet privé de celui-ci.

Signora ?

Ava eut pitié de la jeune femme.

— Passez-le-moi, soupira-t-elle en se préparant mentalement à l’inévitable confrontation.

L’hôtesse lui tendit le téléphone.

— Cesare ? C’est Ava, fit-elle en adoptant un ton volontairement las et agacé.

— Je suis content que tu daignes enfin décrocher, répliqua Cesare.

— Pourquoi devrais-je répondre à tes appels alors que cela fait quinze jours que tu évites les miens ? Tu étais pourtant censé nous rejoindre à Bali la semaine dernière.

— J’ai été retardé à Abu Dhabi, argua-t-il. Je n’avais vraiment pas le choix.

Combien de fois lui avait-il tenu ce genre de discours au cours de l’année qui venait de s’écouler ? Il avait toujours d’excellentes raisons de faire passer leur couple au second plan. Mais elle avait fini par se lasser de cette situation.

Et, malgré l’attirance que lui inspirait toujours Cesare et qu’il ne cesserait peut-être jamais d’exercer sur elle, elle avait décidé de prendre ses distances.

C’était une façon de se préserver : si elle ne le faisait pas, elle finirait par se résigner à n’être plus qu’un accessoire inutile, une parure qui avait cessé de plaire.

Elle se dessécherait lentement de l’intérieur et finirait par perdre toute confiance en elle et toute ambition personnelle. Elle connaissait plusieurs épouses qui étaient tombées dans ce piège. La plupart d’entre elles s’étaient résignées à cet état de fait parce qu’elles ne supportaient pas l’idée de perdre la vie oisive et confortable à laquelle leurs maris fortunés les avaient habituées.

— Pourquoi as-tu pris l’avion ? demanda Cesare. Ce n’était pas ce que nous avions prévu.

— Je n’avais pas prévu non plus de rester seule à Bali, lui rappela-t-elle. Et j’en avais assez de t’attendre là-bas.

— Tu aurais tout de même pu me prévenir avant !

— Je l’aurais fait si tu m’avais appelée.

— Je l’ai fait, protesta-t-il. A deux reprises.

— Mais nous n’avons pas vraiment eu le temps de discuter de quoi que ce soit ! Tu m’as seulement annoncé que tu devais repousser ton départ. Et, lorsque j’ai essayé de prolonger la conversation, tu as écourté en affirmant que tu étais trop occupé.

— Je l’étais, assura Cesare.

Ava s’efforça de réprimer un pincement au cœur. Lorsqu’ils avaient décidé de partir pour Bali, elle avait espéré que ce séjour leur permettrait de renouer le fil de leur relation, de combler la distance qui s’était insidieusement creusée entre eux. Mais ses illusions avaient rapidement volé en éclats.

Durant la première semaine de leur séjour, Cesare était resté enfermé dans le bureau de la villa qu’ils avaient louée. Chaque jour, il avait travaillé tard et dormi sur le canapé.

Ava avait passé la quasi-totalité de son temps seule en compagnie de leur fille Annabelle, ce qui ne constituait pas vraiment un changement par rapport à leur vie en Italie.

Et puis il y avait eu ce tremblement de terre qui avait fait des milliers de victimes et au cours duquel Annabelle avait été blessée.

Durant les deux semaines qui avaient suivi, tandis que leur fille se rétablissait, Cesare les avait tout bonnement abandonnées pour retourner en Italie et se remettre au travail.

— Dans ce cas, tu devrais être content, déclara-t-elle en s’efforçant de dominer le mélange d’amertume et de tristesse qui l’habitait. En rentrant, je t’évite de perdre ton temps à venir nous chercher ou bien d’avoir à inventer je ne sais quelle nouvelle excuse. Au revoir, Cesare.

Sur ce, elle raccrocha. Avant même qu’elle ait eu le temps de rendre le combiné à l’hôtesse, le téléphone se remit à sonner. Elle coupa la sonnerie.

— S’il rappelle, dites-lui que je dors, demanda-t-elle à l’hôtesse. Et ne vous en faites pas, il aboie plus qu’il ne mord.

La jeune femme la considéra avec fascination et angoisse à la fois, puis hocha la tête et s’éloigna en direction de l’avant de l’appareil.

Ava comprenait parfaitement sa réaction. Rares étaient ceux qui osaient contredire Cesare. Il disposait d’une fortune et d’une influence qui lui permettaient le plus souvent d’agir à sa guise sans tenir compte de l’avis de qui que ce soit. Et la plupart de ses choix s’étaient trouvés validés par les multiples succès qu’il avait remportés en affaires.

Contrairement à la plupart des gens, Ava avait su conserver à son égard un certain sens critique. Et elle n’avait pas hésité à lui tenir tête avant même qu’ils ne commencent à sortir ensemble. A en croire Cesare, c’était l’une des choses qui l’avaient séduit chez elle.

Mais, ces derniers temps, Cesare avait commencé à passer de plus en plus de temps à Rome tandis qu’elle demeurait dans la magnifique propriété qu’ils avaient achetée près du lac de Côme.

Insensiblement, ils s’étaient éloignés jusqu’à ce qu’Ava finisse par comprendre que, si elle ne réagissait pas rapidement, tous deux finiraient par devenir totalement étrangers l’un à l’autre. Elle avait alors organisé ce séjour à Bali…

L’échec de cette tentative la plaçait devant un dilemme cornélien : soit elle se résignait à supporter indéfiniment la parodie qu’était devenue son mariage, soit elle officialisait ce qui ressemblait de plus en plus à une rupture.

Si elle avait été seule en cause, elle aurait probablement pris sa décision depuis longtemps. Le luxe et le confort dont elle jouissait grâce à Cesare ne pouvaient en aucun cas justifier qu’elle continue à partager la vie d’un homme qui ne l’aimait plus.

Mais elle devait tenir compte d’Annabelle. Et, malgré le peu de zèle que Cesare mettait à assumer son rôle de père, il aurait été cruel de priver complètement leur fille de sa présence. Après tout, elle n’était pas responsable de la distance qui s’était creusée entre ses parents. Ava s’était donc plus ou moins résignée à cohabiter quelques années encore avec Cesare.

Jusqu’à ce tremblement de terre à Bali…

Il avait failli coûter la vie à Annabelle, et Ava en avait été profondément bouleversée.

Elle avait désormais une conscience aiguë de ce qui était réellement important. Elle n’allait plus s’embarrasser de faux-semblants et de compromissions, mais profiter de chaque jour qui s’écoulerait du mieux qu’elle le pouvait.

Et sa première résolution en ce sens serait de reprendre le travail de photographe auquel elle avait renoncé depuis qu’elle s’était mariée.

En arrivant au lac de Côme, Ava espérait être au calme. Cesare se trouverait certainement à Rome et elle disposerait de quelques jours de tranquillité avant de se retrouver face à lui. Aussi un certain désarroi la gagna quand il ouvrit la porte d’entrée de leur villa. Il était grand et athlétique, avec des cheveux noirs légèrement ondulés et rétifs à toute tentative de domestication.

Ses traits étaient bien dessinés, avec quelque chose de patricien qui tenait peut-être à son nez légèrement aquilin, à la courbe bien dessinée de ses mâchoires ou à son menton volontaire qu’ombrait une barbe naissante.

Sa peau légèrement mate et ses magnifiques yeux noirs qui pouvaient se faire aussi doux que perçants ajoutaient encore à son magnétisme naturel.

Il l’avait déçue, trahie, flouée, mais son charme était implacable.

* * *

— J’espère que tu vas enfin m’expliquer ce qui se passe, lui lança-t-il pour toute bienvenue.

— Ne crie pas comme cela, tu vas réveiller Annabelle.

Elle la tenait dans ses bras, et Cesare parut s’adoucir.

— Quant aux raisons de mon retour, reprit-elle, il me semble te les avoir déjà exposées.

— Tu t’es contentée de m’envoyer un texto indiquant que tu rentrais en Italie.

— Effectivement. Il n’y avait pas grand-chose de plus à annoncer.

Cesare la considéra avec un mélange de méfiance et de contrariété qui n’augurait rien de bon.

— Est-ce que tu comptes vraiment avoir cette discussion sur le pas de la porte ? ajouta-t-elle.

— Tu étais censée demeurer à Bali le temps que les médecins autorisent Annabelle à rentrer.

— Ils l’ont fait, répliqua-t-elle durement. Il y a trois jours.

— Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?

Ava haussa les épaules.

— Où est Rita ? demanda-t-il.

— Elle est rentrée à Londres. Après le tremblement de terre, elle n’arrêtait pas de faire des cauchemars. Elle se sentait terriblement coupable de n’avoir pas su réagir efficacement lors du tremblement de terre. J’ai tenté de la convaincre qu’en de telles circonstances elle n’avait rien à se reprocher. Mais je n’ai pas réussi et, en dernier ressort, j’ai préféré la laisser rentrer chez elle.

— Je comprends, répondit Cesare. Je lui ferai parvenir un dédommagement et une lettre de recommandation. Mais cela n’explique pas pourquoi tu es rentrée aussi vite.

— Je n’avais plus la moindre raison de rester à Bali.

— J’étais censé vous retrouver là-bas, Ava.

— Mais au lieu de cela tu t’es rendu à Singapour puis à New York.

— J’avais des choses à faire.

— Je n’en doute pas. Mais je n’allais tout de même pas t’attendre indéfiniment. Et puis je ne vois vraiment pas pourquoi tu te plains : je t’ai évité de perdre ton temps en venant nous chercher…

— Tu aurais tout de même dû m’appeler.

— A t’entendre, on pourrait croire que notre retour inopiné pose problème. Aurais-tu quelque chose à cacher, Cesare ?

Il se contenta de hausser les épaules, et Ava en fut déstabilisée. Y avait-il vraiment une autre femme dans la vie de son mari ? Jusqu’alors, elle n’avait jamais sérieusement envisagé cette hypothèse. Mais est-ce qu’elle n’avait pas fait preuve de naïveté ? L’existence d’une maîtresse pouvait très bien expliquer la froideur et l’indifférence de Cesare.

Une vague de tristesse et d’amertume la submergea. Comment avaient-ils pu en arriver là ?

Les premiers temps de leurs relations avaient été marqués par une extraordinaire complicité, aussi bien physique qu’émotionnelle. Lorsqu’elle avait fait la connaissance de Cesare, il lui avait semblé rencontrer son âme sœur.

A présent, c’était comme si elle ne le connaissait plus. Alors à quoi bon être revenue ?

— Je vais coucher Annabelle, reprit-elle froidement. Ensuite, nous parlerons.

Il parut sur le point de protester mais s’écarta sans dire un mot. Ava pénétra dans la maison et se dirigea vers le grand escalier. A son grand regret, Cesare lui emboîta le pas et tous deux gagnèrent la chambre de leur fille.

Lorsqu’il lui ouvrit la porte, elle ne put réprimer une exclamation de stupeur. Pendant leur absence, la pièce avait été entièrement redécorée. Les murs étaient peints en vert et rose, les couleurs favorites de leur fille.

Le lit à barreaux avait été remplacé par un joli lit à baldaquin, digne d’une princesse. De nombreux jouets étaient disposés çà et là, parmi lesquels bon nombre de poneys, les animaux préférés d’Annabelle.

— J’ai fait quelques aménagements, expliqua Cesare. Je pensais vous faire la surprise à notre retour…

Ava allongea précautionneusement Annabelle sur le lit, lui retira ses chaussures, puis rabattit la couverture sur elle. Elle écarta alors une mèche de cheveux qui retombaient sur le visage d’Annabelle et déposa un léger baiser sur sa joue.

Lorsqu’elle s’écarta, Cesare se pencha à son tour sur sa fille et l’embrassa doucement sur le front.

— Buona notte, bambina, murmura-t-il.

La gorge d’Ava se serra sous le coup de l’émotion. Il était rare que Cesare fasse preuve d’une telle tendresse. D’ordinaire, il se montrait assez gauche vis-à-vis de leur fille.

En silence, ils quittèrent la chambre et descendirent au grand salon. Les larges baies vitrées y donnaient sur le parc, et plus loin le lac de Côme. La vue était magnifique, se dit Ava. Ce serait probablement l’une des choses qui lui manqueraient le plus lorsqu’elle aurait quitté la maison.

— Pourquoi ne m’as-tu pas attendu à Bali ? lui demanda Cesare sans même lui laisser le temps de s’asseoir.

— Tu sais que je n’ai jamais été douée pour obéir aux ordres, répondit-elle posément. Et, comme tu ne semblais pas très pressé de venir nous chercher, j’ai décidé de prendre les devants.

— Tu aurais tout de même pu m’avertir avant de prendre l’avion.

— Je l’ai fait, objecta-t-elle. Je t’ai envoyé un texto juste avant d’embarquer.

Il la fusilla du regard.

— Qu’est-ce qui te dérange tant, Cesare ? Que je sois rentrée ou que je n’aie pas tenu compte de tes instructions ?

— Ni l’un ni l’autre, protesta-t-il d’un ton agacé. Mais beaucoup de choses ont changé, au cours de ces derniers jours…

— Effectivement, dit Ava. Notre fille a failli mourir. Et c’est justement l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de mettre fin à notre séjour à Bali. Annabelle avait besoin de retrouver un environnement familier et rassurant. Et puis j’ai décidé d’accepter la proposition des Marinello.

Cesare la considéra avec stupéfaction.

— Tu n’es pas sérieuse ?

— Si.

— Tu es une photographe documentaire renommée, Ava. Tu as suivi plusieurs grands conflits et remporté des tas de prix. Pourquoi accepterais-tu de couvrir un événement mondain ?

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.