10 romans Passions inédits (nº441 à 445 - janvier 2014)

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10 romans inédits de la collection Passions en un seul e-book (nº441 à 445 - janvier 2014) !

Découvrez au fil des pages les histoires de Cara et de Rowena, héroïnes de la nouvelle série Secrets à la Maison-Blanche ; plongez dans les émotions palpitantes de Ming, Darcy et Natalie ; partez à Monte Carlo et au Costa Rica avec Hillary, héroïne de la nouvelle saga Un serment pour la vie ; vivez le charme d’une rencontre inattendue avec Sarah-Jane ; partagez les dilemmes de Fiona, Nicole et Leyla, en route pour un avenir plein de promesses…

Voici les romans inclus dans ce recueil, pour rêver, voyager, trouver – ou retrouver – l’amour :

Liaison interdite de Barbara Dunlop
Une attirance inavouable de Michelle Celmer – Série Secrets à la Maison-Blanche, tomes 1 et 2/6 : Là où les hommes se disputent argent et pouvoir, c’est l’amour qui dicte les règles du jeu.
Une proposition si troublante de Cat Schield
Tendre tentation de Stacy Connelly
Amants d’un été de Catherine Mann – Saga Un serment pour la vie, tome 1/3 : Trois hommes, un pacte. Ils peuvent tout conquérir… Sauf l’amour ?
Pour une vie avec toi de Victoria Pade
Dans les bras d’un Fortune de Allison Leigh – Série Le destin des Fortune, tome 1/6 : Séduisants, ambitieux… amoureux.
Enivrantes promesses de Stella Bagwell
Pour le sourire de Connor de Maureen Child
Le vertige d’une rencontre de Helen Lacey
Publié le : mercredi 1 janvier 2014
Lecture(s) : 24
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280316859
Nombre de pages : 2160
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Les mesures joyeuses de Hail to the Chief saluaient le nouveau Président qui s’avançait d’un pas triomphant sous les voûtes de la salle de bal du Worthington Hotel, à Washington, acclamé par huit cents supporters venus célébrer son investiture.

Les yeux de Cara se posèrent sur l’homme qui, à l’autre extrémité de la salle, la dévisageait sans vergogne. Le nœud papillon de travers, des mèches brunes indisciplinées lui barrant le front, il l’enveloppait d’un long regard brûlant, reflétant une convoitise non dissimulée.

A cet instant précis, malgré sa résolution de tourner la page sur leur relation, elle semblait hypnotisée par le regard de Max Gray, le célèbre reporter. Et son amant.

Un frisson d’angoisse la traversa. Elle devait choisir entre son Président et lui.

L’estomac noué par le tourbillon d’émotions indésirables qui se bousculaient en elle, elle dut, d’un geste furtif, se presser le ventre. Elle réprima un soupir accablé. Maintenant que Ted Morrow avait prêté serment en tant que Président, Max lui était interdit.

Sur la scène, le maître de cérémonie, sa voix résonnant à travers l’immense pièce à haut plafond, couvrant la musique et le tonnerre d’applaudissements, annonça au micro :

— Mesdames et messieurs, le président des Etats-Unis !

Les clameurs se transformèrent en hurlements. L’orchestre se mit à jouer plus fort. La foule s’écarta, ouvrant un chemin au Président Morrow. Regardant toujours Max, Cara suivit le mouvement. De l’autre côté de l’allée, dans la foule, il recula de quelques pas.

Elle se composa un visage impassible. Il devait comprendre sa détermination. Il n’était pas question de lui laisser deviner l’état de confusion et d’inquiétude dans lequel elle se trouvait depuis sa visite chez son médecin cet après-midi même. « Détermination », se répéta-t-elle, impitoyable. Pas question de montrer le moindre signe d’hésitation. Encore moins d’appréhension.

— Il est en retard, hurla la voix stridente de Sandy Haniford dans son oreille.

Membre junior du service de presse de la Maison-Blanche, Sandy avait été déléguée pour coordonner cette réception auprès de l’American News Service, une chaîne d’information nationale. La fonction de Cara, spécialiste des relations publiques du Président, impliquait qu’en cette soirée d’investiture, elle, en revanche, soit de toutes les réceptions que le Président devait honorer de sa présence.

— Plus que quelques minutes, répondit-elle à sa collègue, sans quitter Max des yeux.

« Détermination », se martela-t-elle.

Si cette grossesse inattendue avait bouleversé son monde, son travail restait le même, ses responsabilités envers le Président étaient inchangées.

— J’espérais que le Président arriverait un peu plus tôt, continua Sandy, toujours aussi fort. Nous avons un intervenant de dernière minute dans les discours.

Stupéfaite, Cara tourna vivement la tête, oubliant l’emprise psychologique de Max sur elle.

— Pardon ?

— Un autre intervenant, répéta sa collègue.

— Tu ne peux pas me faire ça !

— C’est déjà fait, répondit Sandy.

— Eh bien, arrange-toi pour annuler.

Les intervenants avaient été passés au crible des semaines auparavant, une attention toute particulière ayant été apportée aux réceptions données par des organisations comme l’American News Service. La chaîne télévisée ne faisait aucun secret de son hostilité au Président Morrow. Mais la tradition voulant qu’elle célèbre chaque nouvelle investiture par un bal, il n’avait eu d’autre choix que de s’y rendre.

Il ne devait passer que trente minutes au Worthington. Son apparition était chronométrée à la seconde près. Il aurait dû arriver à 22 h 45 — il était déjà 22 h 52 — et partir à 23 h 11. Son programme prévoyait ensuite sa présence au bal donné par l’armée en son honneur, et le Président avait bien spécifié vouloir être à l’heure pour rendre hommage à ses troupes.

— Que veux-tu que je fasse ? Que je saute sur le type quand il prendra le micro ? demanda Sandy, une pointe de sarcasme dans la voix.

— Tu aurais dû anticiper le problème, riposta Cara, en plaquant son portable contre son oreille.

Il était urgent de prévenir Lynn Larson, la directrice du service de presse de la Maison-Blanche, leur responsable.

— Ne crois-tu pas que j’ai essayé ?

— Manifestement, tu n’as pas su te montrer assez ferme. Comment as-tu pu les autoriser à ajouter un nouvel intervenant ?

— Ils ne m’ont pas demandé mon avis, remarqua Sandy d’un air agacé. Graham Boyle en personne a ajouté Mitch Davis à sa liste. Ils m’ont promis que son intervention ne prendrait pas plus de deux minutes.

Cara frémit. Mitch Davis était le journaliste vedette de l’American News Service. Tout millionnaire qu’il soit, Graham Boyle, le propriétaire de la chaîne et sponsor de ce bal, ne donnait pas d’ordres au Président.

Malgré elle, elle regarda Max à la dérobée. En tant que journaliste le plus populaire de la chaîne rivale, National Cable News, il était lui-même un personnage clé. Peut-être aurait-il quelques informations sur ce qui se passait. Elle s’empressa de se rabrouer. Elle ne pouvait pas lui poser cette question. D’ailleurs, elle ne pouvait rien lui demander concernant son travail, ni aujourd’hui ni jamais.

Elle pressa le bouton d’appel la reliant directement à Lynn. Puis rangea son téléphone d’un geste rageur. Au bout de quelques sonneries, le téléphone avait basculé sur la messagerie.

Le Président était maintenant à hauteur de la table d’honneur, face à la scène qui le surplombait. Il acceptait les félicitations des invités aux tenues élégantes. Les hommes portaient des smokings coupés sur mesure par les tailleurs londoniens de Savile Row. La lumière des lustres de cristal faisait miroiter le tissu des robes haute couture des femmes.

Le maître de cérémonie, le populaire présentateur de télévision David Batten, reprit son micro. Après de brèves mais sincères félicitations au Président, il le tendit à Graham Boyle. D’après le programme, Graham avait droit à trois minutes. Ensuite le Président inviterait à danser l’une après l’autre la présidente de l’œuvre caritative pour les hôpitaux, puis Shelley Michael, autre célébrité très populaire de la chaîne. Il regagnerait alors sa table pour consacrer sept minutes aux actionnaires de l’American News Service, avant de prendre congé.

Une vague d’inquiétude la submergea. Il ne lui restait qu’une solution, gagner la scène. Mitch Davis serait obligé d’y accéder par l’un ou l’autre des deux escaliers latéraux. Elle avait donc cinquante pour cent de chances de l’empêcher d’arriver jusqu’au micro. En cet instant, comme elle aurait aimé être un peu plus grande, un peu plus musclée… un peu plus virile aussi peut-être.

Une fois encore, ses pensées dérivèrent vers Max. Il avait esquivé des balles dans des villes déchirées par la guerre, escaladé des montagnes désolées pour atteindre des camps de rebelles, échappé aux crocodiles lors de ses reportages sur les combats des indigènes. Pour Max Gray, empêcher quelqu’un de monter sur scène aurait été une simple formalité. Combien elle regrettait de ne pouvoir lui demander son aide ! Elle allait ne devoir compter que sur sa seule ingéniosité.

Optant pour l’escalier de droite, elle se fraya un passage à travers la foule dense.

Graham Boyle faisait du sentiment sur l’influence de sa chaîne dans l’élection présidentielle. Il ne put s’empêcher de se fendre de quelques blagues sur la mascotte de l’université du Président Morrow, mais c’était de bonne guerre.

Elle déplorait vraiment ne pas être plus grande : avec son mètre soixante-huit, impossible de voir si Mitch allait prendre l’escalier de droite. Au lieu des confortables escarpins à talons de cinq centimètres, elle aurait dû enfiler sa paire de talons aiguilles, cadeau de Noël de sa sœur Gillian. Dix centimètres de plus lui auraient été bien utiles.

Une voix qu’elle aurait reconnue entre mille la fit sursauter.

— Où vas-tu ? chuchota Max à son oreille.

— Ce ne sont pas tes affaires ! rétorqua-t-elle.

Elle hâta le pas. Elle devait le distancer à tout prix.

— Je connais cette détermination dans ton regard.

— Fiche le camp !

Ignorant son ordre, il s’approcha encore.

— Je peux peut-être t’aider.

— Pas maintenant, Max ! plaida-t-elle.

Pourquoi lui faisait-il ça ? Ne voyait-il donc pas qu’elle travaillait ?

— Ta destination ne peut pas être un secret d’Etat.

A bout d’arguments, elle se laissa fléchir.

— Je dois monter sur la scène. Là ! Tu es content ?

— Suis-moi ! lança-t-il en passant devant elle.

Avec son mètre quatre-vingt-dix et sa carrure charpentée, il en imposait. Sa célébrité devait aider. Le mois dernier, il avait été élu parmi les dix hommes les plus sexy des Etats-Unis. L’avantage étant qu’il pouvait fendre une foule plus rapidement qu’elle. Résignée, elle se colla à ses talons.

Pourtant, malgré Max qui lui ouvrait le passage, elle finit par se retrouver coincée derrière une foule de gens.

— Pourquoi veux-tu monter sur la scène ? lui demanda-t-il en se tournant vers elle.

— Si c’est ce que tu cherches à savoir, je ne suis en possession d’aucun secret d’Etat, rétorqua-t-elle. Ce n’est pas mon travail.

— Et vu que je ne suis pas un espion étranger, nous devrions pouvoir continuer une conversation sans compromettre la sécurité du pays, railla-t-il.

— Bonsoir, monsieur le Président, fit une voix masculine, d’un ton posé.

Le cœur soudain serré, elle se figea, pleine d’appréhension. La voix qui venait de s’élever dans le micro lui était plus que familière.

Un murmure de surprise parcourut la salle. Mitch Davis était un opposant connu du Président Morrow. Cara se figea sur place. Elle avait voulu l’arrêter et elle avait échoué.

— Tout d’abord, au nom de l’American News Service, permettez-moi de vous féliciter, monsieur, pour votre élection en tant que président des Etats-Unis.

Des applaudissements un peu timides accueillirent ses paroles.

— Vos amis, reprit Mitch avec un sourire suave d’animateur de jeu télévisé, vos supporters, votre mère et votre père doivent tous être très fiers.

Cara se redressa. Elle voulait apercevoir le visage du Président. Allait-il être en colère ou simplement agacé par le changement de programme ?

— Le Président sourit, mais il a l’air un peu tendu, lui indiqua Max qui, à l’évidence, avait deviné son inquiétude.

— Davis n’était pas au programme, expliqua-t-elle.

— Sans blague ? persifla-t-il, comme si seul un idiot avait pu penser le contraire.

Après l’avoir foudroyé du regard, elle joua des coudes pour s’avancer, évoluant à travers la foule jusqu’à la table présidentielle, sous la scène. Elle n’osait même pas imaginer la fureur de Lynn. Elle n’était pas à proprement parler responsable du bon déroulement de chacune des réceptions, mais elle avait travaillé en étroite collaboration avec les membres du service de presse, coordonnant chacun d’entre eux. Elle était donc en partie à blâmer.

Dieu merci, Max ne la suivit pas.

Elle venait de s’arrêter à un endroit d’où elle pouvait voir la scène quand elle entendit Mitch continuer :

— Mais je suppose que la plus fière de tous, c’est votre fille.

Un silence perplexe s’abattit sur la salle. Le Président n’avait ni femme ni enfants, c’était de notoriété publique. Désorientée, Cara s’arrêta à quelques mètres de Lynn, assise à la table d’honneur. Les yeux fixés sur l’escalier, sa responsable semblait évaluer le temps qu’il lui faudrait pour arriver sur la scène.

Mitch marqua une pause, son micro à la main, une flûte de champagne dans l’autre.

— Votre fille disparue depuis longtemps, Ariella Winthrop, qui est avec nous ce soir pour fêter votre victoire.

Pendant une demi-seconde, la foule resta sans réaction. Tout comme Cara, les gens semblaient se demander s’il s’agissait d’une mauvaise blague.

Hélas, à l’évidence, ce qui se passait était beaucoup plus sinistre qu’une blague. Son regard se posa sur un coin de la scène où elle aperçut Ariella, dont l’agence événementielle avait été chargée par l’ANS d’organiser ce bal. Soudain, elle voyait son amie sous un autre jour : la ressemblance avec le Président sautait aux yeux. Une sourde angoisse lui étreignit le cœur. Elle savait depuis longtemps qu’Ariella était une enfant adoptée et ne connaissait pas ses parents biologiques.

Les murmures dans la foule s’amplifièrent, chacun essayant d’en savoir plus. Elle imaginait aisément la multitude de textos déjà envoyés.

Il ne lui restait qu’à rejoindre son amie. Elle venait de faire un pas dans sa direction quand, un peu rassérénée, elle la vit disparaître dans les coulisses. Avec un peu de chance, Ariella arriverait à s’éclipser par une porte dérobée.

— Au Président ! reprit Mitch, imperturbable, en levant son verre.

Tout le monde l’ignora. La foule s’était mise à hurler des questions, et déjà les journalistes se ruaient vers la table d’honneur.

Cara rejoignit Lynn qui s’était levée de sa chaise.

— Si vous voulez bien me poser vos questions, lança sa responsable à la cantonade, cherchant à détourner l’attention du Président Morrow.

Manifestement abasourdi, ce dernier était muet.

— Il est évident que nous prenons les accusations de cette nature très au sérieux, enchaîna-t-elle.

Elle surprit alors le coup d’œil en coin de Lynn qui lui désignait la scène. Réagissant au quart de tour, Cara contourna la conférence de presse impromptue. Elle devait limiter les dégâts, autrement dit devancer le scoop. Elle devait s’approprier le micro.

Les accusations étaient-elles fondées, ou Mitch Davis avait-il simplement exploité la ressemblance entre Ariella et le Président ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Le mal était fait. Grâce aux textos, tweets et blogs, la nouvelle était très probablement déjà arrivée en Californie et à Seattle, avait même sans doute traversé l’Atlantique.

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