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1917 ou l'Abdication

De
154 pages
Et si, dans la balance de l'Histoire, l'abdication du tsar Nicolas II en mars 1917 avait davantage pesé que la révolution d'octobre ? C'est la certitude acquise par Alain Didier qui, au travers d'une passionnante tragédie, démonte l'engrenage dans lequel, à la faveur de la guerre de 1914-1918, le dernier empereur orthodoxe de Russie se trouva pris, et avec lui tout son peuple, à la veille d'une épouvantable guerre civile.
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Alain DIDIER
1917 ou l’Abdication Tragédie en 5 actes
Théâtre
Les impliqués É d i t e u r
1917 ou l’Abdication
Les impliqués Éditeur Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire.
Déjà parus
Missoffe (Alexandre),Le coup de pioche du prospecteur,récit, 2017. Cima (Marie),Avril est le mois le plus cruel,roman, 2017. Collombat (Georges),symbolique religieuse du fait mathématique La , essai, 2017. Étoughé-Éfé (Jean-Émery),Pasteur Félix Efé, essai, 2017. Eon (Jean-Christophe),Sarakosti d’Alexandroupoli Dame , poésie, 2017. Serizel (Jacques) et Roudaire (Armelle),Parcours de VAE en milieu carcéral,Histoires de vies collectives et croisements expérienciels, récit, 2017. Bertrand (Céliante) et Lotito (Gaston),L’amour menteur,récit, 2017.
Gatt (Joffrey),Améliorer votre relationnel professionnel, essai, 2017. Lokola Elemba (Gaston-Michel), Mon père et sa progéniture, témoignage, 2017. Doui (Pierre Stéphane),Hémorragies, nouvelles, 2017.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
Alain DIDIER1917OU L’ABDICATIONTragédie en 5 actes Théâtre Les impliqués Éditeur
© Les impliqués Éditeur, 2017 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-12201-4 EAN : 9782343122014
PRÉFACE
Tout Français a une dette envers le tsar Nicolas II. Ne fit-il pas entrer la Russie dans la guerre de 1914 pour honorer les traités qu’elle avait signés – l’alliance franco-russe étant à ses yeux primordiale – plus encore que parce qu’il estimait ne plus pouvoir reculer davantage dans les Balkans ? Surtout, son ini-tiative rapide en Prusse orientale contraignit l’Alle-magne à prélever de son front occidental des divisions qui auraient pu lui assurer la victoire en France dès 1914 – situation qui se répètera, avec moins d’acuité, lors des succès russes en Galicie. Arrivé en Russie dans les fourgons de l’étranger, Lénine se dégagera brutalement de toutes ces alliances : la guerre civile avait pour lui plus d’attrait que la guerre étrangère, et tant pis si, après Brest-Litovsk, la France s’effondrait face à l’Allemagne. Notre dette envers Nicolas II doit nous conduire, dès lors qu’il s’agit de le mettre en scène, à scruter sa pensée et ses actes avec bienveillance. Cela suppose de procéder avec circonspection au regard d’une « version officielle » péjorative, très comparable, et pour les mêmes raisons, à celle qui dévalue notre
Louis XVI. Observons à ce propos quel hommage indirect ces forgeries rendent à l’Ancien Régime, qui n’aurait ainsi pu être abattu qu’à la faveur de la mé-diocrité de ses derniers monarques ! Si un souverain acquit, très tôt, la conviction que son destin serait tragique, ce fut bien Nicolas II. Et de fait, il le fut, et comme il s’y était préparé de longue date, l’acceptation d’une lourde suite d’épreuves, jusqu’au martyre final, constitua le trait le plus frap-pant de son comportement. Comme il était uni à Alix de Hesse par un amour profond et partagé, cette acceptation d’un destin tra-gique fut aussi la marque de ce couple, depuis l’épreuve quotidienne de l’hémophilie du tsarévitch Alexis jusqu’au massacre d’Ekaterinbourg. Combien plus tragique encore, au fil d’une héca-tombe d’au moins cinquante millions de victimes (terreur communiste et nouvelle guerre contre l’Allemagne confondues) (1), devint le destin du peuple russe dès qu’il fut privé de ses souverains protecteurs par une révolution en deux étapes (Ké-rensky, puis Lénine) ! Comme Louis XVI, Nicolas II se présente à l’Histoire comme une figure expiatoire de fautes ou de crimes dont il n’est pas l’unique responsable. Et à leur tour, le peuple russe et le peuple français ont lourdement expié leurs révoltes. Cependant, l’exemple russe va plus loin : ne suffit-il pas que Bo-ris Eltsine ramenât les restes des Romanov à Saint-Pétersbourg et demandât pardon au peuple russe
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d’une longue suite d’abominations pour que la Russie semblât reprendre le cours de son histoire tradition-nelle, comme auréolée de la canonisation de son dernier tsar (2) ? La France attend toujours, parmi tant d’autres repentances, celle des crimes de sa Révolu-tion, de l’exécution de ses souverains au génocide vendéen, dont la célébration de l’auteur principal (3) sur notre Arc de Triomphe perpétue l’impavide ap-probation… La tragédie d’un chef, d’un couple et d’un empire aussi étroitement solidaires ne pouvait que s’imposer à un dramaturge. Le propre même de la tragédie n’est-il pas, en représentant les tribulations des titulaires du pouvoir, de manifester que leur malheur, par un en-chaînement fatal, retentit sur le destin de ceux qui leur sont subordonnés ? L’évocation du sort tragique de Nicolas II ne saurait donc être polluée par des cons-tructions idéologiques de type « mythe du progrès » ou « sens de l’histoire ». Le fatalisme historique au nom duquel l’autocratie orthodoxe devait nécessaire-ment céder le pas à un régime libéral, puis collectiviste, dans une perspective d’amélioration continue de la nature humaine, ne servira donc pas de grille de lecture à des évènements qui procèdent, pour une large part, des actes ou de la passivité des diri-geants. Le fait que Nicolas II se soit considéré comme né sous une étoile funeste, et s’y soit résigné, ne signifie pas qu’il ait systématiquement pris, comme en vue d’accomplir son destin, les mauvaises décisions. Con-
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