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A l'heure où tombe la nuit

De
400 pages
Un roman de la série « Les enquêtes de Taylor Jackson »

Après plusieurs années de carrière, Taylor Jackson, inspecteur à la brigade des homicides de Nashville, pensait avoir tout vu en matière de meurtre. Jusqu’au jour où, arrivée en pleine nuit sur une scène de crime, elle découvre une scène effroyable : une victime méconnaissable placée par le tueur dans une attitude inspirée d’un célèbre tableau de Picasso. Un étalage de perversité qui se grave à tout jamais dans sa mémoire. Profondément choquée, elle se sent prête à tout pour élucider ce meurtre. Mais malgré l’aide précieuse de son fiancé John Baldwin, célèbre profileur du FBI, et du brillant et charismatique inspecteur James Highsmythe de New Scotland Yard, Taylor se retrouve prise dans un engrenage infernal qu’il semble impossible d’arrêter. Car si le meurtrier n’en est pas à son premier crime, une raison inconnue semble désormais le pousser à céder totalement à sa folie et à ses pulsions sadiques. Une nouvelle victime est retrouvée, et toujours aucun indice. Guidée par son intuition, Taylor commence à entrevoir un scénario. Un scénario tellement insensé qu’elle a du mal à y croire elle-même…

A propos de l'auteur :

Diplômée de l'université de George Washington, Andrea Ellison a fait partie de l'équipe des conseillers de la Maison Blanche avant de poursuivre sa carrière dans le privé puis de se lancer dans l'écriture en s'installant à Nashville. Passionnée par la médecine légale et les enquêtes policières, elle a collaboré avec la police et le FBI pour rédiger son premier roman. Avec sa série centrée sur le lieutenant Taylor Jackson, elle s'impose comme une spécialiste du thriller d'enquête noir.

Les enquêtes de Taylor Jackson :

Sous le regard de l'ange
A l'heure où tombe la nuit
Elles étaient si jolies
L’automne meurtrier
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1.
GavIn Adler fronça les sourcIls lorsque son ordInateur émIt un sIgnal ténu. ïl vérIia l’heure en bas de l’écran : 18 heures, déjà. Pendant les moIs d’hIver, le déclIn progressIf de la lumIère luI servaIt de repère, luI IndIquant qu’Il fallaIt songer à fermer boutIque. MaIs avec le passage à l’heure d’été Il avaIt besoIn d’un pense-bête pour ne pas perdre le il du temps. Sans ce petIt rappel, Il seraIt resté scotché à son ordInateur et n’auraIt plus jamaIs retrouvé le chemIn de sa maIson. ïl se leva de sa chaIse, s’étIra avec soIn, puIs mIt son ordI-nateur hors tensIon et attrapa son sac à bandoulIère. Quelle journée, mon DIeu… Quelle longue et glorIeuse journée ! ïl emporta ses détrItus — les restes de son déjeuner. Aucune raIson de laIsser traîner des peaux de banane dans sa corbeIlle à papIer durant la nuIt. ïl éteIgnIt les lumIères, verrouIlla la porte, jeta le sac en plastIque portant la marque des super-marchés PublIx dans une poubelle et parcourut à pIed les troIs cents mètres jusqu’au parkIng. Sa PrIus blanche faIsaIt partIe des rares véhIcules quI y statIonnaIent encore. GavIn écouta son IPod alors qu’Il quIttaIt le centre- vIlle. La cIrculatIon étaIt lente et exaspérante, comme toujours, et Il prIt son mal en patIence, progressant à une vItesse d’es-cargot sur l’avenue West End avant d’emprunter la ï-4 0 pour avancer au pas dans la dIrectIon de MemphIs. Le bouchon se dIssIpa tout de suIte après W hIte BrIdge et le reste du trajet se déroula magnIiquement. Tout juste vIngt-deux mInu tes, chronomètre en maIn. Pas sI mal ! ïl quItta l’autoroute par la sortIe McCrory Lane et roula jusqu’à son club de sport. Pour ne pas changer, le parkIng du YMCA étaIt comble. ïl montra sa carte de membre à l’entrée, se
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changea dans le vestIaIre, courut troIs quarts d’heure, travaIlla vIngt mInutes sur le Cross TraIner, it cent exercIces pour les abdomInaux et termIna par dIx mInutes de boxe sImulée. En nage, Il s’essuya à l’aIde d’une servIette, reprIt son sac besace, remIt ses baskets dans son casIer et glIssa les pIe ds dans la paIre de Crocs en caoutchouc orange uorescent qu’Il avaIt portée toute la journée. ïl garda sa tenue de sport sur luI, en revanche. Elle IraIt au lavage dIrectement. GavIn traversa la rue pour s’approvIsIonner au PublIx où Il acheta un cordon-bleu de poulet pour une personn e, un paquet de purée Instantanée en ocons, un paquet de bIscuIts aux céréales complètes, des bananes et de la nourrIture pour chats. PuIs Il porta ses achats dans sa voIture et repartIt dans la nuIt. Sans avoIr vu âme quI vIve. Son esprIt étaIt entIèrement accaparé par ce quI l’attendaIt à la maIson. Sombre. SolItaIre. VIde. A 20 h 30 précIses, GavIn atteIgnIt la vIlla basse et longue, de type ranch, quI abrItaIt son exIstence de célIbataIre. Dès qu’Il IntroduIsIt la clé dans la serrure, son chat Art, un superbe abyssIn aux yeux ambre, vInt à sa rencontre en élevant des protestatIons sonores contre sa gamelle vIde. GavIn servIt la pâtée toutes aFaIres cessantes. ïl n’aImaIt pas voIr Art souFrIr de la faIm. La queue haute et dressée, le chat se jeta sur sa nourrIture en ronronnant et en grognant doucement. GavIn actIonna le bouton « Marche » de sa chaîne stéréo et les accords deDvorákse répandIrent dans sa pIèce à vIvre. ïl resta debout un moment et laIssa la symphonIe couler en luI, son bras droIt oscIllant au rythme des basses. La musIque le nourrIssaIt, le comblaIt, luI apportaIt une étonnante plénItude. L’abyssIn repu vInt se placer à côté de luI et enroula la queue autour de sa jambe. GavIn sourIt de cette InterruptIon et se pencha pour gratter le chat derrIère les oreIlles. Art manIfesta son plaIsIr en arrondIssant le dos. Une foIs ce rItuel du soIr accomplI, GavIn alluma le four, versa quelques gouttes d’huIle d’olIve au fond d’un plat de verre et mIt le poulet à cuIre en réglant la mInuterIe sur quarante-cInq mInutes. ïlprItsadouche,consultasese-maIlsprofessIonnelssursonIPhone,puIsdînasanssepresser.Lecordon-bleuétaItpartIculIè-rement goûteux, ce soIr. ïl l’accompagna d’une bIère Corona
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glacée qu’Il sIrota à travers une tranche de cItron vert placée dans le goulot. A 22 heures, la vaIsselle étaIt faIte, et GavIn se donna la permIssIon. ïl s’étaIt très bIen conduIt, après tout. Le cadenas de la porte du sous-sol étaIt luIsant de promesses. Et de lubrIiant. ïl IntroduIsIt la clé en évItant de le faIre clIqueter. Détachant le cadenas, Il le prIt avec précautIon po ur ne pas mettre de graIsse sur ses vêtements. Les taches de gras, c’étaIt la croIx et la bannIère à faIre partIr. Avant de descendre, Il s’assura qu’Art ne le suIvaIt pas ; Il n’aImaIt pas beaucoup que son chat traîne au sous-sol. MaIs Art étaIt assIs sur la tab le de cuIsIne et contemplaIt d’un œIl mélancolIque la place vIde où avaIt reposé le poulet sur son assIette. De l’autre côté de la porte, des marches s’enfonçaIent dans les ténèbres. ïl actIonna un Interrupteur et la lumIère Inonda la cage d’escalIer. GlIssant le cadenas dans le loquet, Il le referma de l’IntérIeur. RIen ne justIiaIt de prendre des rIsques InutIles. Elle dormaIt. ïl prIt soIn de ne faIre aucun bruIt pour ne pas la réveIller. De toute façon, Il étaIt juste venu pour regarder. La cage en PlexIglas avaIt la forme d’un double cercueIl dIvIsé sur toute la longueur par une cloIson transparente. AInsI compar-tImentée, la boîte close étaIt pourvue d’orIices cIrculaIres, dans le fond, destInés à l’écoulement des lIquIdes et des matIères. Et de trous d’aératIon dans le couvercle. Le cercueIl étaIt dressé sur une estrade renforcée qu’Il avaIt construIte lu I-même en prévoyant une rIgole pour l’évacuatIon. Ce quI sImplIiaIt consI-dérablement l’entretIen. ïl luI susaIt de passer un peu d’eau au jet par l’ouverture, et hop, tout étaIt nettoyé. ïl it couler l’eau un moment pour évacuer les déjectIons, puIs Il contempla de nouveau son amour. La peau de ses lèvres se craquelaIt et elle perdaIt ses cheveux. ïl y avaIt maIntenant une semaIne qu’elle n’IngéraIt plus nI eau nI nourrIture, et elle passaIt de plus en plus de temps endormIe. Sa léthargIe étaIt attendue et espérée. ïl avaIt hâte de voIr arrIver l’heure de la délIvrance, lorsque les souFrances de sa belle pren-draIent in. Son désIr n’étaIt pas de la torturer. ïl avaIt juste besoIn que son cœur cesse de battre. EnsuIte seulement, Il pourraIt la prendre. Et l’aImer. ïl s’humecta les lèvres et fut gêné par son érectIon.
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RespIrant son odeur, Il se délecta un Instant de la douceur musquée de sa chaIr mourante. PuIs Il se dIrIgea vers son bureau Installé dans un coIn du sous-sol. AraIgnées, poussIè re et moIsIs-sures brIllaIent par leur absence. La saleté n’avaIt jamaIs été le style de GavIn. Tout IcI étaIt propre. ïmmaculé. L’écran de son ordInateur prIt vIe Instantanément. C’étaIt un Mac AIr, une petIte folIe qu’Il s’étaIt oFerte en guIse de cadeau de Noël tardIf. Quelques eeurements sur le clavIer et le réseau sans il s’actIva : Il étaIt en lIgne. Avant qu’Il aIt eu le temps de faIre déiler ses sItes favorIs, le sIgnal de son IChat tInta. Le nom d’écran de son Interlocuteur apparut : LaMuerte69. LaMuerte et luI étaIent de grands amIs. GavIn accepta lechatet son propre pseudo — « Hanatos Song » — s’acha en rouge, polIce ArIal, dIx poInts. Ma poupée est presque au point. C’est chaud. Comment va la tienne ?
Hé, salut, Muerte ! La mienne bat de l’aile, elle aussi. J’étais justement en train de vériIer où elle en était. Ton voyage s’est bien passé ?
Super. J’ai vécu de très beaux moments. Mais je ne suis pas mécontent d’être de retour chez moi.
De nouvelles poupées ?
Une, oui. Appétissante. Et hyper-facile à cueillir. Comme un rat dans un grenier.
GavIn tIqua. Muerte avaIt parfoIs tendance à manque r de retenue. MaIs que faIre ? ïl avaIt toujours eu du mal à communIquer avec ses semblables et la toIle étaIt sa coquIlle, son exutoIre. Quelques-uns de ses autres amIs en lI gne se montraIent moIns brutaux que Muerte dans leur façon de s’exprImer. TIens à propos, d’aIlleurs… ïl jeta un coup d’œIl sur la lIste de ses contacts et vIt que Nécro90 étaIt connecté. ïl luI envoya un rapIde salut puIs retourna chatter avec Muerte. Quand prévois-tu que tout sera prêt ?
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Muerte revInt presque aussItôt en lIgne : Dans deux jours. Tu l’as fait comme on l’avait dit? J’espère que tu as été plus prudent pour la dépose que pour la prise. GavIn commença par se hérIsser légèrement, maIs son IrrItatIon retomba presque aussItôt. Muerte avaIt de bonnes raIsons de le sermonner. ïl avaIt commIs une faute, après tout. Très vIte, Il avaIt comprIs qu’Il ImportaIt de suIvre toutes les InstructIons de Muerte à la lettre. Et qu’Il étaIt crucIal de ne rIen laIsser au hasard. Oui, ça s’est magniIquement bien passé. Je t’envoie une photo. ïl téléchargea les clIchés et sa respIratIon s’accéléra à leur vue. SplendIde. Tout s’étaIt déroulé dans la grâce… Presque aussItôt, Muerte revInt en lIgne. Mon Dieu. C’est parfait. Sublime. Tu es devenu un véritable artiste.
Merci.
GavIn rougIt jusqu’à la racIne des cheveux. SavoIr accepter un complIment avec grâce n’avaIt jamaIs été son poInt fort. ïl jeta un regard par-dessus son épaule et comprIt qu’Il étaIt temps de clore la dIscussIon. Muerte, il faut que je Ile. Une grosse journée m’attend demain.
Tu m’étonnes ! Sois sage, O.K. ? Et n’oublie pas : dans deux jours, heure pour heure, j’attendrai les photos.
Bye.
Une Image envahIt l’écran, luI coupant un Instant le soue. Muerte luI avaIt envoyé un cadeau. Les oreIlles brû lantes, GavIn étudIa la photo. Muerte avaIt un talent Incroyable pour la photographIe. ïl étaIt IninIment plus doué que luI. La poupée de Muerte ne connaIssaIt nI anImatIon nI mouve-ment et ses yeux à jamaIs clos sIgnaIent l’ultIme a bandon.
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GavIn it pIvoter sa chaIse de manIère à pouvoIr reg arder sa propre maIson de poupée, sa captIve à luI, gIsant dans sa tombe obscure. Seule. ïl faudraIt qu’Il luI trouve rapIdement une nouvelle amIe. SI seulement la ille de Muerte avaIt été noIre ! La chaIr blanche n’avaIt jamaIs éveIllé ses appétIts. Un autre sIgnal. Cette foIs, c’étaIt Nécro quI réagIssaIt à son salut en luI demandant comment Il allaIt et s’I l y avaIt eu du nouveau dans leur communauté. GavIn répondIt par la négatIve — Il n’avaIt rIen entendu de spécIal. ïl fallaIt dIre qu’à la dIFérence de Muerte Il n’avaIt pas l’oreIlle quI traînaIt partout. Muerte étaIt l’archItecte de leur unIvers en lIgne. GavIn avaIt trouvé ses amIs dans les profondeurs cachées d’un forum sexuel somnolent. Et Il étaIt émerveIllé d’être entré dans leur réseau. Leur fraternIté Inespérée rendaIt sa vIe tolérable. Avant de se déconnecter, GavIn chatta quelques Instants avec Nécro et lut une descrIptIon détaIllée d’un sp écImen parfaIt que ce dernIer avaIt repéré sur une plage de sable blanc, quelque part dans une île des Carabes. ïl contempla la photo qu’Il avaIt téléchargée à partIr de l’envoI de Muerte. ïl étaIt trop excIté, à présent, pour pouvoIr se contenIr plus longtemps. Après un dernIer regard sur sa poupée ImmobIle, Il remonta au rez-de-chaussée, ouvrIt la porte puIs referma l’ accès au sous-sol en replaçant le cadenas. ïl étaIt de retou r dans sa vIe normale. L’heure étaIt venue de prendre une seconde douche puIs de se coucher. La journée quI l’attendaIt ne seraIt pas de tout repos. Et les suIvantes seraIent tout aussI occupées, d’aIlleurs. Son plan étaIt en marche. ïlétaItierdeluI.Et,cettenuIt-là,IlnedescendItvérIierque troIs foIs sI la poupée respIraIt encore.
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