Accepte

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Cette histoire est un parcours initiatique pour adulte. Un roman érotique ? Pas vraiment. Un mom porn alors ? Surtout pas. Pourtant avec un tel titre vous fantasmiez déjà sur une héroïne acceptant les pires outrages. Mais qu'y a-t-il de vraiment osé aujourd'hui à part essayer d'être heureux et en paix ? Alors ça parle d'amour, de voyage, de courage, d'abandon, de parentalité, de liberté... Bref de toutes les raisons pour lesquelles quelqu'un irait jusqu'en Inde pour obtenir des solutions, voire un miracle !
Publié le : vendredi 26 février 2016
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EAN13 : 9791026204244
Nombre de pages : non-communiqué
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Amandine Abrard Accepte
© Amandine Abrard, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0424-4
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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À Nicolas, avec qui l’histoire commence.
À Achille avec qui elle continue.
À Claudine ma mère, que l’on reconnaitra même sans la connaitre.
Partie 1 : Ici
C’est étrange ce médecin qui m’annonce cette terrible nouvelle et tout ce que je trouve à faire, c’est de déplacer mon attention sur sa coiffure. Comment un homme censé être suffisamment intelligent pour avoir fait médecine a-t-il pu se dire : « Ouais, j’vais me coiffer comme ça, c’est pas mal ! ». On dirait double face dans Batman! Une mèche de cheveux recouvre intégralement la partie gauche de son visage. Alors quand il vient me voir avec sa tête de cyclope, je dois me mordre très fort l’intérieur des joues pour ne pas rire.
J’ai toujours cru que rien n’est grave tant que personne n’est mort. Sauf si le mort en question est Hitler bien sûr… A l’occasion, faudra que je me demande pourquoi j’ai choisi ce moment là pour penser à lui. Sans doute à cause de la mèche ! Mais qu’est ce qu’il me raconte le Monsieur en blouse blanche là ? Je ne comprends rien. Ce serait un comble qu’il parle allemand ! Bla bla bla, COMA…
Fini de rire ! Ce médecin gaulé comme une frite vient de me défoncer la gueule. Je n’accepte pas ce qu’il vient de me dire, c’est irrecevable ! On ne sombre pas dans le coma à cause d’une pneumonie, même mal soignée quand on a la trentaine ! Et puis ça ne peut pas arriver à mon tout jeune mari. Non ça ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! Le Docteur part et je reste là. Je vais gerber mon cœur qui bat tellement fort qu’il est remonté jusque dans ma gorge. Une infirmière à la voix douce me propose d’aller voir Thomas et emmène mon corps dont l’esprit est resté plaqué au sol, vaincu par KO.
Je redoute de rentrer dans la chambre. D’habitude quand je rejoins mon amoureux dans un lit, il est tout le contraire d’inanimé. Je suis tremblante devant l’ascenseur dans lequel je m’engouffre. J’appuie fébrilement sur le bouton 4. On monte. Enfin je crois, je ne suis même pas sûre. Et puis je m’en fous. J’aimerais que cet appareil s’écrase, me tuant sur le coup pour ne pas avoir à supporter la douleur de perdre Thomas. Je me rends compte que ma réaction est aussi disproportionnée que lâche mais s’il ne survit pas, je ne survivrai pas non plus. Je voudrais être à sa place, que ce soit lui qui s’inquiète pour moi, je ne me sens pas assez solide pour ça. Putain quel con ! Ce n’est pas possible, il ne peut pas me faire ça! Je veux revenir en arrière, quand il mettait encore ses pieds à la place de son oreiller pour que je les trouve à la place de sa bouche en soulevant la couette (j’adore cette blague, d’autant que j’adore ses pieds). J’ai envie de pleurer, vomir, disparaître… Ma cage continue son ascension, nous sommes arrivés bien trop vite au 4eme. L’infirmière me dit quelque chose mais je n’écoute rien. Elle ne sait pas que le monde vient de s’arrêter pour moi. Elle ce soir, elle va rentrer chez elle et regarder tranquillement la télé avec son mari ou son chat, comme si de rien était. Moi je n’arrive plus à réfléchir, ni à savoir ce que je vais devenir en dehors de cet ascenseur. Peut être que je pourrais rester là. Je suis parisienne, j’ai l’habitude des petits logements et je pourrais toujours me doucher avec l’extincteur. Bon allez, je me raconte vraiment des conneries, faut sortir de là maintenant ! L’infirmière m’abandonne. Tout le monde conspire à me laisser seule face à moi même aujourd’hui on dirait.
Je suis devant la porte. Cristallisée devant le numéro 46. 46 quoi ? Je m’écroule. Mon masque se détache et je chiale comme j’ai jamais chialé mais à l’intérieur. Ca ne peut pas sortir, ça me crèverait les yeux. Je me sens pire qu’un môme qui croit avoir perdu sa mère au supermarché. Lui s’il a besoin d’elle, c’est pour ne pas mourir de faim, de soif et de froid. Moi si j’ai besoin de Thomas, c’est pour tout ce qu’il m’apporte au-delà des besoins primaires. Ce mec c’est mes fous rires, mes envies, mes projets, mon courage, mes voyages… Voyage ! On est censé partir en Inde dans quelques jours ! Un an que c’est prévu. Qu’est ce que je vais faire de nos billets ? Enfin peut être qu’il sera réveillé d’ici là ! Cette pensée inappropriée en pareil moment suffit à me redonner un peu d’espoir. Comme une sculptrice devant un bloc informe, je me malaxe le visage pour lui donner une physionomie humaine avec une touche de confiance. Je me relève et je frappe à la porte. Personne ne répond, évidemment, c’était complètement con ce geste ! Mais j’ai besoin de ça, rester conne ça veut dire que rien n’a vraiment changé.
J’entre et il est là, allongé et paisible comme quand il dort devant la télé. Il n’a pas l’air d’aller si mal. Peut- être qu’ils se sont trompés ou peut être que Thomas me fait encore une de
ses blagues. Pour une fois, j’aimerais qu’il soit débile à ce point. Je m’assois sur le lit et j’attrape sa main. Sa grosse patte que j’ai si souvent serrée. J’adore ses gros bouts de doigts presque autant que ses pieds. J’examine sa main, l’embrasse et m’aperçois qu’elle est couverte de mes larmes. Je m’allonge auprès de lui et mets son bras autour de moi, comme il l’aurait fait s’il était conscient. Ca m’apaise de retrouver ce semblant de vie normale. Comme lorsque l’on vient d’emménager et qu’on accroche un premier cadre dans le bordel général. Lui d’ordinaire si vivant, ça me tue de le voir transformé en statue de l’île de Pâques.
La journée se passe sans moi, entre visites du personnel médical, clope, télé, un sandwich triangle du distributeur dont le contenu est aussi plastifié que le contenant, café, clope, coup de fil à la mère de Thomas catastrophée mais qui retenue à Nantes par son travail arrivera ce week-end, coup de fil à la mienne qui arrivera demain de Lille avec toute une équipe de « Olala c’est pas vrai ! », clope, clope, clope…
Mais déjà voilà le soir sournois qui est en train de s’abattre et de plonger la chambre dans une noirceur de plus en plus angoissante. Je reçois une dernière visite du médecin me disant que l’état de Thomas est stationnaire et qu’il risque d’en être ainsi durant les prochains jours, voire semaines. Alors pour le moment, il suggère de rentrer pour me reposer un peu, qu’il y aura peut être du nouveau demain. Je m’accroche comme Tarzan à la liane de cette pensée et malgré ses conseils, je préfère rester là. Qu’est ce que je ferais d’autre ? Il sort, je dors.
3H58. Je me réveille sur un siège qui n’est ni confortable, ni recouvert d’une matière agréable mais plutôt des chutes du lino de l’hosto. C’est Double Face qui a dû choisir la déco en même temps que sa coiffure ! S’est il figuré tous ces gens qui allaient passer entre les bras métalliques de ce fauteuil ? Je pense plutôt qu’il s’est assis sur leur désespoir et leurs longues heures d’attente, minimisant leur douleur avec ses goûts de chiottes. Sinon, il aurait choisi un fauteuil aux coussins rembourrés de compassion, accueillant les corps las avec douceur… En plus la lumière au dessus de moi est restée allumée. Je lève la tête pour l’éteindre mais mes yeux fatigués et aveuglés me la font tourner sur le côté. Quand soudain, tel un faisceau miraculeux m’indiquant le guide de l’Inde resté dans mon sac éventré, mon éblouissement se transforme en idée lumineuse! C’est clair comme de l’eau de perfu : je vais partir en Inde pour sauver Thomas ! On dirait même que c’est lui qui vient de me le souffler. Les situations extrêmes rendent parfois mystiques car cette décision ne me ressemble absolument pas. Oui et bien justement, attends deux secondes Célestine, est ce que une fois dans ta vie tu peux évaluer une de tes premières idées autrement que comme une idée de génie ?! C’est vrai que je fonce souvent bille en tête, non pas parce que je suis convaincu d’être un génie mais plutôt car j’ai confiance en mon jugement. Même semblant pris à la hâte, il est forcément le résultat de ce que je suis et ce dont j’ai envie ou besoin. En toute lucidité, je sais que ce n’est pas le calmant que l’on m’a donné qui trouble mon esprit. J’ai plutôt l’intime conviction que c’est ce qu’aurait voulu Thomas, si je continue de vivre et de le faire rire ça le sauvera. Tentant d’éprouver cet appel, j’attrape alors mon guide tel Arthur avec l’épée magique Excalibur… quand j’entends Thomas geindre…
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