Affolante obsession

De
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Hell's Eight Tome 7
 
Les Hell’s Eight. Huit hommes revenus de l’enfer, débordants d’une énergie sauvage, et prêts à tout pour défendre leurs valeurs... 
 
Son démon tentateur. Voilà ce que représente Petunia Wayfield pour Ace Parker. C’est bien simple : depuis que cette femme a mis un pied à Simple, Texas, il est incapable de se la sortir de la tête. Pourtant, avec ses robes boutonnées jusqu’au menton, son petit air moralisateur et son tempérament frondeur, elle n’est pas une femme pour lui. Sa vie à lui, c’est la violence, les saloons et les filles faciles. Que ferait-il de cette petite institutrice bien proprette ? Mais quand il plonge son regard dans le sien, il y lit un défi, une provocation contre lesquels il est incapable de lutter. Cette lueur au fond de ses yeux, cette façon de redresser subtilement le menton lorsqu’il s’approche d’elle… Tout en elle lui crie qu’elle est celle qui acceptera la noirceur de son âme, qui lui offrira son corps pour y exorciser ses démons, celle dont il ne pourra jamais se lasser, et qu’il pourrait peut-être même aimer. 

A propos de l'auteur :
Aventurière dans l’âme, Sarah McCarty s’est découvert un goût pour l’écriture lors de ses nombreux voyages : sur une île du bout du monde, dans un palais romain ou au cœur d’une forêt tropicale, les merveilles qui l’entouraient ont éveillé son imagination et lui ont donné envie d’inventer ses propres histoires. Ce qu’elle fait avec talent, d’une écriture sensuelle et romanesque récompensée par le Prix du meilleur auteur 2009 de la RT Book Reviews. 
 
Publié le : mardi 1 mars 2016
Lecture(s) : 12
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280359986
Nombre de pages : 400
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À propos de l’auteur

Aventurière dans l’âme, Sarah McCarty s’est découvert un goût pour l’écriture lors de ses nombreux voyages : sur une île du bout du monde, dans un palais romain ou au cœur d’une forêt tropicale, les merveilles qui l’entouraient ont éveillé son imagination et lui ont donné envie d’inventer ses propres histoires. Ce qu’elle fait avec talent, d’une écriture sensuelle et romanesque récompensée par le Prix du meilleur auteur 2009 de la RT Book Reviews.

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Pour Mark, l’homme qui sait guider mes pas dans l’obscurité et me porter dans la lumière. Puissiez-vous trouver vous aussi celui qui saura vous inspirer une confiance aveugle.

Chapitre 1

Stirple, Texas
Novembre 1860

Elle allait finir en enfer, à coup sûr ! Petunia Wayfield descendit du trottoir pour traverser la rue, enjambant une montagne de crottin. Un nuage de poussière tourbillonna autour de ses jupes. Cela faisait une éternité qu’il n’avait pas plu. Encore un mois de sécheresse, et Noël serait couleur ocre. Elle devrait avoir honte ! Elle venait à peine d’écouter le sermon à l’église sur les sept péchés capitaux et voilà qu’elle s’apprêtait à en commettre deux parmi les pires : le péché de gourmandise et… Elle releva le bas de ses jupes pour monter sur le trottoir opposé. Et celui de luxure. La faute aux délicieux petits pains à la cannelle de Maddie Miller.

Si, quelques mois plus tôt, alléchée par l’odeur exquise qui s’échappait de la boulangerie, elle n’avait pas poussé la porte à l’instant précis où Ace Parker en sortait, elle ne l’aurait pas télescopé… Et elle n’aurait pas associé irrémédiablement l’odeur des petits délices à la cannelle de Maddie à la sienne ! C’était l’explication à laquelle elle voulait croire, la seule acceptable pour une femme rationnelle et sensée comme elle. Même si elle savait, au fond d’elle, qu’elle se racontait un beau petit mensonge.

Elle poursuivit son chemin, poussant un soupir. A presque trente ans, elle avait passé l’âge des folies. Elle n’avait aucun besoin de succomber à la tentation de l’un de ces petits pains tendres et briochés délicatement parfumés à la cannelle et recouverts d’une fine pellicule de sucre glace. Pas besoin, non… mais envie. Pas plus qu’elle n’avait besoin dans sa vie d’un joueur de saloon d’un mètre quatre-vingt-dix, large d’épaules, étroit de hanches, trop beau pour être honnête et charmeur en diable, songea-t-elle en poussant la porte de la boulangerie faisant tinter la petite clochette. Pas besoin, non… mais envie.

Elle avait toujours su que son refus de se plier aux conventions finirait par lui jouer des tours. Son père mettait son tempérament rebelle sur le compte de l’éducation imparfaite qu’elle avait reçue après la mort prématurée de sa mère. Pour sa part, elle préférait se voir comme un esprit progressiste. Vaste débat autour duquel ils n’avaient jamais réussi à se mettre d’accord et qui l’avait décidée à partir vers l’Ouest, sans chaperon et par ses propres moyens. Son père était convaincu qu’elle courait au désastre, mais elle était certaine du contraire et comptait bien le lui prouver… dès que la chance lui sourirait de nouveau.

Parce que, depuis son départ, le sort n’avait cessé de s’acharner sur elle. D’abord, un essieu de la diligence s’était brisé à leur arrivée à Stirple. Rien de bien grave, a priori, juste un peu d’attente sur place, le temps de réparer. Hélas ! elle s’était fait voler son argent pendant l’unique nuit qu’elle était censée passer dans ce lieu miteux qui osait porter le nom d’hôtel, à la sortie de la ville ! On lui avait tout pris, excepté les quelques pièces cousues dans son jupon… Un désastre ! Seul un petit miracle, le poste d’institutrice — miraculeusement laissé vacant par la maîtresse d’école qui venait de se marier — l’avait sauvée du naufrage absolu, ou pis encore, lui avait évité de devoir appeler son père à la rescousse. Plutôt mourir ! Elle n’était pas femme à rentrer à la maison tête basse !

Une odeur de brioche toute chaude lui mit l’eau à la bouche à l’instant où elle referma la porte de la boulangerie derrière elle. Elle ferma les yeux, inspira longuement. Voilà exactement ce dont elle avait besoin : une petite douceur. Pas un défi permanent comme Ace Parker.

Menteuse ! lui chuchota sa conscience.

Pour la première fois de sa vie, elle désirait vraiment un homme. Elle aurait pu tomber sur quelqu’un de respectable et d’honnête, mais non. Fidèle à cet esprit de contradiction qui faisait le désespoir de son père, elle avait jeté son dévolu sur le pire spécimen qui soit. Un flambeur dont le mode de vie heurtait toutes ses convictions. Un séducteur pour qui elle ne serait qu’un jouet, si par malheur elle venait à lui céder. Mais elle était une femme moderne, indépendante, une femme déterminée à obtenir un jour le droit de vote. Jamais elle ne serait le jouet d’un homme, jamais !

— Mon âme de boulangère se réjouit de te voir humer l’air comme si tu avais trouvé le paradis.

Petunia rouvrit les yeux et sourit en voyant Maddie sortir de sa cuisine, sa robe verte protégée par un grand tablier blanc, un voile de farine poudrant ses taches de rousseur. Des boucles rousses s’échappaient de son chignon, et elle tenait dans ses mains sa plaque à pâtisserie tout juste sortie du four.

— C’est exactement ça.

Une latte du plancher grinça quand elle traversa la boutique.

— Tes petits pains à la cannelle sont ma seule faiblesse, je l’avoue.

Menteuse ! lui souffla de nouveau la petite voix.

— Je ne sais pas pourquoi les gens s’imaginent qu’une faiblesse est forcément une mauvaise chose, commenta Maddie, comme si elle avait entendu.

Parce que seuls les plus forts survivent.

Petunia se mordit la langue pour retenir la réponse qui lui brûlait les lèvres.

— Comment peut-on être heureux, si on ne ressent jamais d’envies ? continua Maddie, faisant glisser sa fournée d’un geste habile sur le comptoir.

— Tu as raison.

Maddie posa le torchon dont elle s’était servi pour sortir la plaque du four, puis, les mains sur les hanches, elle sourit d’un air malicieux.

— Sans compter qu’il y a des petites faiblesses très agréables !

— Si tu le dis.

— Oh ! tu peux me croire sur parole !

Maddie était la preuve vivante qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences. A son arrivée, Petunia l’avait jugée un peu… simple. Mais très vite, elle avait découvert que sous ses dehors réservés se cachait une âme courageuse et pugnace. Une femme hardie qui avait réussi à monter toute seule un commerce… et à conquérir le cœur de l’intimidant Caden Miller. Deux hauts faits d’armes qui méritaient le respect.

— Tu as vu Ace, cet après-midi ? demanda Maddie avec une désinvolture que Petunia lui envia.

— Non. J’aurais dû ?

— J’ai entendu dire qu’il avait eu une altercation avec Brian Winter au saloon, la nuit dernière.

Petunia lui tendit le bol de glaçage.

— Et en quoi est-ce que ça me concerne ?

Maddie le lui prit des mains.

— Je sais que tu n’apprécies pas la façon dont Winter traite son fils.

Petunia lécha une goutte de glaçage qui avait coulé sur son doigt. Brian Winter était une brute qui s’en prenait aux plus faibles. Mais Ace Parker n’entrait pas dans cette catégorie. Winter avait dû s’en rendre compte à ses dépens.

— Je suppose qu’il est allé au saloon pour jouer et qu’ils se sont battus pour une histoire d’argent.

— Peut-être.

Elle ignora le scepticisme dans la voix de Maddie.

— Parker n’est pas un exemple de civisme, insista-t-elle.

— C’est ce que tu as envie de croire.

— J’ai envie de le croire parce que c’est vrai.

— Il ne peut pas être aussi mauvais que tu le dis, il est vérificateur. Il enregistre les concessions d’or.

Maddie lui lança un regard en coin tout en remuant son glaçage, et ajouta :

— C’est un travail respectable.

— Qu’il a probablement décroché au poker !

— De quoi le prête a-t-il parlé, ce matin ? demanda Maddie, tout en badigeonnant ses petits pains. Il avait l’air très remonté. Sa voix portait jusqu’ici.

Petunia nota qu’elle avait habilement changé de conversation. Elle esquissa un sourire en songeant au thème du sermon.

— Il a fustigé l’égoïsme d’une société tournée uniquement sur elle-même.

— Ah oui ?

Elle était certaine qu’il avait pensé à ses efforts pour venir en aide aux enfants les plus défavorisés de Stirple et à l’absence de soutien des habitants de la ville.

— Il trouve que les gens sont devenus indifférents aux autres et mesquins.

Maddie reposa en souriant son bol de glaçage.

— Une théorie chère à ton cœur.

Petunia hocha la tête.

— Tu aurais dû l’entendre ! Il était vraiment très bien.

Le visage de Maddie se ferma. Elle se montrait curieuse des sermons, mais ne mettait jamais les pieds à l’église.

— Tu devrais venir l’écouter, un dimanche.

Maddie s’appliqua à disposer ses petits pains sur le présentoir.

— Et qui préparera le pain et les gâteaux pour la sortie de la messe ?

La seule idée d’aller à l’église la rendait nerveuse, et Petunia aurait bien aimé savoir pourquoi.

— Je suis sûre que le prêtre préférerait se passer de pain et te voir parmi les paroissiens.

Maddie secoua la tête.

— Pas si sûr. Il raffole des pâtisseries. Il serait capable de perdre le fil de son sermon en découvrant que je ne suis pas à mes fourneaux.

Le rideau derrière le comptoir s’ouvrit, et Caden Miller apparut. Il passa un bras autour de la taille de sa femme. Il y avait tout l’amour du monde dans ce geste, mais les reflets d’acier dans le regard qu’il posa sur Petunia lui rappelèrent qu’il appartenait au groupe des Hell’s Eight. Des hommes renommés pour leur courage, leur loyauté… et leur dangerosité. La petite boutique lui parut minuscule tout à coup.

— Le prêtre peut garder ses sermons. Il n’y a pas sur terre d’ange plus adorable que ma Maddie !

Il fixa Petunia dans les yeux, la mettant au défi de protester.

Elle n’était pas si folle.

— Bonjour, Caden, dit-elle de sa voix la plus douce.

Il lui répondit d’un signe de tête à peine poli.

— Ceux qui en doutent n’ont qu’à goûter ses pâtisseries, dit-il, en prenant un petit pain des mains de Maddie. Seul un ange peut créer de tels délices.

Il le posa sur une serviette en papier et le poussa vers le comptoir.

Une mèche de cheveux blonds lui tomba sur le front. Maddie la repoussa tendrement, laissant ses doigts s’attarder sur sa joue. Le visage dur de Caden s’adoucit, et il tourna la tête pour lui embrasser la paume. Un petit geste qui fit naître dans le cœur de Petunia un pincement de jalousie.

— Je sais, acquiesça-t-elle. Ils illuminent mes dimanches.

Maddie se tourna vers elle et lui décocha ce sourire adorable dont elle avait le secret.

— Entre Caden et toi, je vais finir par prendre la grosse tête et je ne pourrai plus passer la porte de ma boutique !

— Pas de problème…

Caden vola un deuxième petit pain pour lui.

— … je sais où tu ranges tes épingles à chapeau. Si ta tête se met à enfler, je saurai la faire dégonfler.

Maddie se mit à rire.

— Merci !

— De rien… Il est de mon devoir d’époux de veiller à ce que tu gardes…

Il caressa du regard sa silhouette épanouie.

— Des proportions parfaites.

— Caden !

La protestation de Maddie le fit rire. Il lui présenta son petit pain pour qu’elle y goûte. Elle rit à son tour et mordit dans la pâtisserie. Ils étaient magnifiques, tous les deux. Tellement complémentaires. Si on interrogeait à son sujet les habitants de la ville, la moitié au moins affirmeraient que Caden Miller était un être dur et sans cœur. Et pourtant il en avait un, énorme, et il l’avait donné tout entier à une jeune boulangère aux cheveux roux et aux yeux verts.

L’odeur du petit pain à la cannelle sur le comptoir était irrésistible. Il n’y avait encore pas si longtemps, Petunia aurait soutenu mordicus qu’entre un homme et cette pâtisserie, elle n’hésiterait pas une seconde, mais en voyant Maddie se blottir dans les bras de Caden comme s’ils ne faisaient qu’un, elle commençait à se demander si elle n’avait pas commis une petite erreur d’appréciation.

Elle posa son argent sur le comptoir et prit le petit pain en essayant chasser un sentiment de regret aussi inopportun qu’inutile.

— Merci.

Elle avait une réunion importante avec le maire deux jours plus tard, ce n’était pas le moment de se laisser distraire. Il se passait des choses inacceptables dans cette ville, que trop de gens refusaient de voir par commodité ou par indifférence. Des enfants étaient livrés à eux-mêmes, mal nourris, maltraités. Certains, même, ne recevaient pas d’instruction parce que leur mère était forcée de se prostituer au premier étage du saloon ! Une telle situation était scandaleuse, et elle était décidée à faire évoluer les mentalités, quitte à se rendre impopulaire y compris auprès de Caden Miller. Il avait tort de s’inquiéter, cependant. Le soutien discret que Maddie apportait à sa cause ne la mettait pas en danger.

— Je me sauve avant que le prêtre ne me voie et ne me réprimande pour avoir quitté l’église avant la fin de l’office !

Caden sourit avec ironie.

— Vous craignez la damnation éternelle ?

Elle pivota vers la porte, impatiente de déguster son petit pain.

— Pas cette semaine.

Maddie s’esclaffa.

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