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Altesse malgré elle

De
320 pages
Série Les fiancées du Bosphore, tome 1

Constantinople, XIe siècle
Lorsque la princesse Théodora lui demande de se faire passer pour elle à bord du bateau qui doit la ramener à Constantinople, Katerina sent la panique l’envahir. Sa maîtresse a certainement perdu la raison ! Comment elle, simple suivante, et de surcroît ancienne esclave, pourrait-elle passer pour une princesse ? Imiter la voix impérieuse et les attitudes gracieuses de Théodora ? Il le faudra bien, car Katerina a juré obéissance à celle qui a jadis racheté sa liberté. Tremblante, elle affronte la troublante proximité du commandant Ashfirth, chargé de l’escorter étroitement. Et craint, dès le premier regard, que ses yeux d’azur ne percent tous les secrets qu’elle cache sous ses voiles…

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Chapitre 1
— Et vous dîtes que a prîncesse est îcî ? — Ouî, commandant. Ashirth jeta un regard încrédue au capîtaîne et mît pîed à terre en réprîmant une grîmace de doueur. Maudîte bessure ! Sa jambe n’aaît pas mîeux, magré e repos auque î s’étaît astreînt. La chevauchée depuîs e port, de ’autre côté des maraîs saants, n’avaît pourtant pas été très ardue. Maîs, au moîndre effort, des éancements uî cîsaîaîent a chaîr. D’ordînaîre, es os brîsés n’étaîent‑îs pas censés se rétabîr pus vîte ? Gardant ses rélexîons pour uî, î ôta son heaume et ’accrocha au pommeau de sa see, en s’appuyant dîscrète‑ ment sur sa jambe vaîde pour souager ’autre. I préféraît que ses hommes e croîent compètement rétabî. — Que est cet endroît ? — C’est un couvent, messîre. Un couvent… Ash examîna a bâtîsse, quî ne payaît pas de mîne. Le dôme de a chapee dépassaît à peîne des murs de ’enceînte. Sa surface, craqueée comme une coquîe d’œuf, portaît des traces de réparatîon maadroîte. Du vraî raistoage ! Des herbes foes avaîent même poussé dans es înterstîces. — Je suîs certaîn que e toît fuît, s’excama Ash au bout d’un moment. Vouez‑vous parîer ?
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Le capîtaîne Brand esquîssa un sourîre et secoua a tête. — Oh non ! commandant, je ne parîeraî pas. Je rîsque‑ raîs de perdre ! C’étaît même certaîn, songea Ash en poursuîvant son examen mînutîeux des bâtîments et de a muraîe. Maîs pourquoî dîabe une prîncesse auraît‑ee cherché refuge dans ce modeste couvent, à ’extérîeur de Dyrrachîon ? Son regard de mîîtaîre jaugea ’état du mur d’enceînte, quî auraît eu grand besoîn aussî d’une bonne réfectîon. Toute une partîe n’étaît guère pus qu’un ébouîs de caîoux, recouvert par endroîts de mousse et de îchen jaune. Manîfestement, cet état de déabrement ne dataît pas d’hîer. Soudaîn, î entendît tînter une cochette, et une chèvre banc et brun apparut dans a brèche. Etrange apparîtîon dans a umîère matînae ! L’anîma demeura un înstant îmmobîe sur e tas de pîerres, à es ixer de ses yeux ronds. Puîs î sauta au bas du mur en faîsant tîntînnabuer de nouveau sa cochette, avant de s’enfoncer dans es broussaîes. Ash haussa es sourcîs. Bonté dîvîne, qu’est‑ce que a prîncesse Théodora faîsaît îcî, au mîîeu des chèvres et des ruînes ? La réponse fusa aussîtôt dans son esprît, comme une évîdence : perdu à ’extrémîté nord de ’empîre, ce couvent avaît dû uî sember une cachette îdéae. Cette satanée bonne femme — qu’î étrangeraît voontîers orsqu’î auraît mîs a maîn dessus — avaît sans doute pensé que c’étaît e dernîer endroît où on vîendraît a chercher. — Et c’est bîen vraî, maugréa‑t‑î entre ses dents. I uî vînt soudaîn à ’esprît qu’î ne s’étaît pas trouvé aussî près de son Angeterre natae depuîs bîen des années. Maîs cette pensée ne suscîta en uî aucune nostagîe partîcuîère. I y avaît déjà ongtemps qu’î avaît accepté sa nouvee vîe, et, décîdément, ’Angeterre ne uî manquaît pas. — Sî a prîncesse s’îmagîne que ce rîdîcue rempart va nous tenîr à dîstance, ee se trompe.
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Brand jeta un coup d’œî sur a muraîe basse et sourît de nouveau. — Je suîs bîen de cet avîs, messîre. Un rayon de soeî it étînceer e tranchant bîen affûté de sa hache de combat. Brand étaît un bon capîtaîne et un exceent îmîer. Dès eur arrîvée à Dyrrachîon, î étaît entré en contact avec quequ’un quî uî avaît îndîqué un couvent tout proche, où des dames trouvaîent fréquemment refuge contre es vîcîssîtudes de a vîe. — Cette ruîne porte‑t‑ee un nom ? — Saînte‑Marîe, commandant. Le capîtaîne Brand ouvrît a bouche et a referma, puîs s’écaîrcît a gorge. — I y a autre chose, n’est‑ce pas ? Aons, mon vîeux, parez ! Brand uttaît vîsîbement pour garder un vîsage împas‑ sîbe. Maîs c’étaît un Ango‑Saxon, comme Ash, et ceuî‑cî îsaît en uî comme dans un îvre ouvert. Surtout orsqu’îs s’exprîmaîent en angaîs, comme en cet înstant. — Ouî, messîre. Le couvent Saînte‑Marîe est bîen connu dans es envîrons. Ash it a moue. — Je ne voîs pas ce quî peut vaoîr a moîndre céébrîté à ce îeu, à part ’état déporabe de sa maçonnerîe. — Eh bîen, ’étabîssement abrîte des femmes quî ont quîtté e monde ain de se repentîr de… des erreurs de eur vîe passée. Ash arqua es sourcîs. — La prîncesse se seraît réfugîée dans un couvent pour femmes perdues ? — I semberaît, messîre. — I faut vraîment qu’ee soît désespérée ! — Je vous demande pardon ? — Pourquoî, sans cea, auraît‑ee couru à Dyrrachîon
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pour chercher asîe en un te îeu ? Ce marîage avec e duc Nîkoaos doît a rebuter au pus haut poînt… L’espace d’un înstant, Ash éprouva presque de a compassîon pour a femme qu’îs avaîent traquée jusqu’à cet avant‑poste recué de ’empîre. — Pourquoî ce marîage uî înspîreraît‑î tant de répu‑ sîon, messîre ? — Cea, Dîeu seu e saît ! Ash n’avaît jamaîs rencontré Nîkoaos de Larîssa, qu’î connaîssaît seuement de réputatîon. Le duc passaît pour un bon sodat et un chef de premîer ordre. Un homme d’hon‑ neur. Qu’est‑ce qu’une jeune femme de son rang pouvaît espérer d’autre ? — Les terres du duc de Larîssa sont sîtuées en peîn cœur de ’empîre. I faît partîe de a vîeîe éîte, de ’arîstocratîe mîîtaîre. Ee ne peut guère espérer partî pus brîant et ses rétîcences sont pour e moîns étranges. — La prîncesse Théodora n’a‑t‑ee pas été iancée à un étranger ? — Ouî, ee étaît promîse à ’un des prînces rascîens. On dît qu’ee étaît éprîse de uî, ce quî expîque peut‑être sa répugnance à épouser e duc Nîkoaos. Ash esquîssa une grîmace. — Maîs e prînce rascîen est mort. I faudra bîen qu’ee ’oubîe et qu’ee en épouse un autre. Brand se frotta e menton. — C’est sans doute pus facîe à dîre qu’à faîre, messîre. — Pourtant, ee devra s’y résîgner. Ash n’îgnoraît pas que pour es prîncesses grecques, se marîer hors de ’empîre étaît une vérîtabe pénîtence. I savaît aussî qu’ees étaîent fort recherchées dans toute a chrétîenté, sans doute parce que de tees aîances étaîent rarîssîmes. — Le prînce Peter étaît d’un rang mîneur. Son nouveau iancé, e duc Nîkoaos, occupe une tout autre pace dans e
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monde. C’est ’un des hommes es pus puîssants de ’empîre. L’empereur accorde une împortance capîtae à cette unîon et î ne aîsse pas a prîncesse Théodora s’y soustraîre. I jeta un nouveau regard vers e couvent. La prîncesse étaît peut‑être rétîcente à retourner chez ee, maîs son devoîr à uî étaît caîr. En tant que commandant de a garde varangîenne, î devaît obéîr à ’empereur et à uî seu. Au Grand Paaîs de Constantînope, e souveraîn vîeî‑ îssant ’avaît reçu en audîence prîvée dans un appartement dont es murs étînceaîent de mosaques dorées du so au pafond. L’homme e pus puîssant de a chrétîenté se tenaît voûté sur son trône, létrî par ’âge, et comme accabé par es responsabîîtés du pouvoîr. Un aîge bîcéphae ornaît ’étendard dépoyé au‑dessus de uî, et î portaît a ourde robe împérîae. Maîs ’étendard avaît ’aîr en berne et ’habît de cérémonîe paraîssaît écraser ceuî quî e portaît. La voîx de ’empereur Nîcéphore étaît asse et brîsée. — Commandant, e prînce rascîen quî étaît iancé à ma nîèce, a prîncesse Théodora, est mort. Ee a fuî à ’annonce de cette trîste nouvee. Je vous charge de a ramener îcî. La prîncesse Théodora n’étaît pas a nîèce de ’empereur au sens strîct du terme. En faît, ee étaît cee du précédent souveraîn, Mîchaë Doukas. Maîs î auraît été de mauvaîs goût de se perdre en argutîes dans a mesure où e nouve empereur, magré son âge avancé, avaît épousé a jeune et bee veuve de son prédécesseur. — I y a trop ongtemps que ma nîèce vît chez es Barbares, avaît ajouté Nîcéphore. Au paaîs, ee retrouvera une exîstence pus cîvîîsée. Et ee pourra se préparer à rencontrer son nouveau iancé, e duc Nîkoaos. C’étaît suîte à cet entretîen qu’Ash avaît dû parcourîr ’îmmense dîstance quî séparaît e paaîs du Boukoéon du port de Dyrrachîon. Pour se retrouver à, debout devant e portaî de ce couvent îsoé. Un couvent pour es femmes perdues et repentantes.
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En boîs de chêne déavé par e temps, a porte sembaît tout de même pus soîde que a muraîe. Ee étaît percée à hauteur de regard d’une étroîte ouverture qu’obstruaît un voet soîdement verrouîé, maîs une sonnette pendaît à côté. Ash dénoua es sanges de sa hache de guerre et a suspendît à sa see à côté de son heaume. I surprît e regard du capîtaîne. — Faîtes comme moî, Brand. I ne faut pas effrayer ces dames. A moins que nous n’y soyons contraints, compéta‑t‑î à part uî. La peur pouvaît se révéer un argument décîsîf pour încîter a prîncesse à se aîsser escorter jusqu’à Constantînope. — Bîen, messîre. Tandîs que Brand se dépouîaît à son tour de ses armes, Ash jeta un dernîer regard sur es murs envahîs de îchen et s’approcha de ’entrée. Les remparts ne seraîent pas vraîment un obstace sî a prîncesse refusaît de es suîvre. Et ses hommes apprécîeraîent un peu d’exercîce, après être restés sî ongtemps coninés sur un navîre. Maîs Ash préfé‑ raît tenter d’abord une démarche dîpomatîque. La rebee appartenaît à a famîe împérîae, î ne faaît pas ’oubîer. Brand parut îre dans ses pensées. I désîgna e mur d’un coup d’œî. — Nous pourrîons entrer aîsément par à, messîre. Ash secoua a tête. — Ce n’est pas une mauvaîse îdée. Maîs gardons cette soutîon pour pus tard. I désîgna a porte d’un geste. — Essayez de faîre venîr quequ’un. L’endroît sembe teement désert… Brand ne put réprîmer un sourîre. — Quî saît ? Peut‑être qu’î y a pénurîe de femmes perdues? Ash égrena un rîre bref. — Sî près de a vîe et du port ? C’est peu probabe, îronîsa‑t‑î. La prîncesse et sa suîte sont îcî, j’en suîs sûr à
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présent. Tout ce qu’î nous reste à faîre, c’est de ’obîger à en sortîr. Aînsî, nous pourrons être de retour au paaîs d’îcî Pâques. Hochant a tête, Brand tîra sur a sonnette. Ash e regarda faîre, en prenant appuî sur sa jambe vaîde pour souager ’autre. Dîeu, qu’î souffraît ! I uî tardaît de se faîre masser par son servîteur Hrodrîc. La prîncesse feraît mîeux de se dépêcher, sî ee ne vouaît pas avoîr à subîr son humeur massacrante pendant e trajet du retour ! Le voet du fenestron s’ouvrît avec un cîquetîs, et Ash carra es épaues. Enin ! Après avoîr poursuîvî a fugîtîve d’une extrémîté à ’autre de ’empîre, î avaît tout de même inî par mettre a maîn sur ee. I uî auraît voontîers tordu e cou, après tout ce qu’î avaît enduré à cause d’ee. Maîs mîeux vaaît n’en rîen montrer. La prîncesse étaît a nîèce de ’empereur et ee appartenaît à a puîssante famîe des Doukas. Le sîmpe faît de nourrîr de tees pensées à son encontre reevaît de a trahîson. Aussî arbora‑t‑î son pus charmant sourîre quand une paîre de beaux yeux noîsette apparurent tout à coup de ’autre côté de ’ouverture grîagée. — Je voudraîs parer à a prîncesse Théodora, commença‑ t‑î, passant de ’angaîs au grec sans e moîndre effort. Les grands yeux s’éargîrent.Des yeux de biche, songea‑ t‑î magré uî. Ash crut entendre une voîx de femme, et es yeux en questîon dîsparurent un înstant de son champ de vîsîon. Quequ’un paraît à eur proprîétaîre. Puîs e regard sombre rencontra dîrectement e sîen, et î ne put s’empêcher de tressaîîr. — Votre nom, messîre ? La voîx étaît caîre, courtoîse. — Ashirth Saxon, commandant de a garde varangîenne. L’empereur m’a chargé de ramener a prîncesse Théodora au Grand Pa…
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Les yeux dîsparurent et e voet se referma avec un caquement sec. Ash fronça es sourcîs et échangea un regard avec e capîtaîne. D’un geste sîmutané, es deux hommes se tour‑ nèrent vers a muraîe à demî effondrée. — Je uî donne une demî‑heure, grommea Ash. Ensuîte… I vît e vîsage de Brand s’îumîner à ces mots. Ouî, décîdément, ses hommes avaîent vraîment besoîn d’exercîce !
De ’autre côté de a porte, a prîncesse se tenaît debout près de Katerîna, son ong voîe vîoet agîté d’un trembement. — Le duc est‑î venu en personne, Katerîna ? Est‑ce uî quî est dehors ? Katerîna pressa e nez contre a grîe et rîsqua un coup d’œî à ’extérîeur par une issure du voet. — Je ne saîs pas, mîady. A quoî ressembe e duc ? Ee scruta e pus grand des deux guerrîers quî se tenaîent à a porte. — Tout ce que je saîs, c’est que ’un d’eux s’est présenté sous e nom d’Ashirth Saxon. I veut vous parer. — Ashirth Saxon ? répéta a prîncesse. Son ton étaît dédaîgneux, maîs Katerîna perçut une note de détresse dans sa voîx, et a compassîon uî étreîgnît e cœur. Car sî sa pauvre maïtresse en étaît venue à se réfu‑ gîer en ces îeux, c’étaît parce qu’ee tentaît désespérément d’évîter un marîage auque on vouaît a contraîndre. Toute prîncesse qu’ee étaît, ee paraîssaît en cet înstant a pus maheureuse des femmes. Katerîna ne ’envîeraît pour rîen au monde. — Et quî est cet Ashirth je‑ne‑saîs‑quoî ? Il est grand et farouche. Il a la peau tannée par le soleil et le vent. Sa chevelure brille comme de l’onyx et ses yeux… Seigneur, comment un homme aussi brun peutil avoir un regard si bleu ? Katerîna dégutît tout en entrouvrant împerceptîbement
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e voet ain de mîeux voîr eur vîsîteur. Ouî, Ashirth Saxon avaît es prunees aussî beues que ces turquoîses ornant e îvre de psaumes de a prîncesse. Et ses yeux formaîent un troubant contraste avec sa cheveure de jaîs. — I dît qu’î est e commandant de a garde varangîenne et… — Les Varangîens ? Saînte Mère de Dîeu ! Ne me dîtes pas que ’empereur a envoyé sa garde personnee ? La prîncesse tîra sur a manche de Katerîna, faîsant tînter ses braceets dans ce geste. — Etes‑vous sûre de ce que vous avancez ? reprît‑ee. Ont‑îs des haches de combat ? — Ouî,despoina. Les hommes quî se tîennent à cheva un peu pus oîn ont tous des haches. Is… La prîncesse soupîra soudaîn de satîsfactîon. — Des cavaîers ? Aors ce n’est pas eux. Les gardes varangîens vont généraement à pîed. — Is ne sont pas tous montés, mîady. — Sont‑îs en tenue de combat ? — Is portent des cottes de maîes, en effet. Théodora émît un juron masonnant. Jamaîs pareî vocabe n’avaît dû résonner entre es murs d’un couvent, Katerîna en étaît sûre. — Oh ! prîncesse ! — Ne soyez pas aussî prude, Katerîna. Vous savez bîen d’où vîennent a pupart de ces nonnes. Ees ont sûrement entendu pîre, croyez‑moî. Katerîna en doutaît, maîs ee préféra se taîre. Ee n’étaît pas en posîtîon d’émettre des crîtîques. La prîncesse uî donna un coup de coude. — Etes‑vous sûre que rîen n’îndîque a présence du duc ? Son étendard, peut‑être ? Katerîna promena son regard de droîte à gauche en espérant apercevoîr e reste des sodats, maîs son champ de vîsîon
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étaît îmîté, Ashirth Saxon et son compagnon ’empêchant de voîr au‑deà de eurs arges épaues. Si grand. Et terriblement séduisant. Mais Dieu qu’il semble en colère… Ashirth Saxon ne sourîaît pus en effet. Sa bouche étaît réduîte à une îgne mînce et son încroyabe regard azur uî parut gacîa. Maîs à quoî d’autre devaît‑ee s’attendre ? Sî cet homme étaît bîen e commandant de a garde varangîenne, e garde du corps de ’empereur, î devaît être encore pus împîtoyabe et bruta que e reste de sa troupe. Un rayon de soeî it étînceer a ame d’une hache. Katerîna s’écaîrcît a gorge. — Je ne voîs pas d’étendard, prîncesse. Maîs îs sont tous armés jusqu’aux dents. A votre pace, je ne feraîs pas trop attendre cet Ashirth Saxon. — A ma pace ? La voîx de Théodora se it soudaîn tranchante. — Vous voîà bîen însoente, escave ! Katerîna reçut a réprîmande comme une gîle.Esclave. C’étaît pourtant bîen ce qu’ee avaît été avant que Théodora ne a rachète. Une escave. Ee ’avaît été sî ongtemps que e mot n’auraît pas dû avoîr encore e pouvoîr de a besser. Et pourtant, ee en fut peînée. Surtout dans a bouche de a prîncesse, a femme quî ’avaît îbérée de ’enfer qu’étaît devenue sa vîe. Que Théodora s’égare aînsî en uî rappeant son passé montraît bîen son désespoîr : a seue pensée de ce marîage a révusaît. Couant un regard vers a prîncesse, ee vît que cee‑cî se mordaît es èvres, et son cœur s’attendrît. Sa maïtresse n’étaît pas méchante de nature, non, et Katerîna étaît bîen pacée pour e savoîr. Ee étaît sîmpement à cran. Le duc Nîkoaos a terrîiaît. I n’y avaît pas que es escaves quî
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