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Amelia la Scandaleuse

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Gagnante du concours de nouvelles 2013 des Éditions Laska

Depuis son enfance, Amelia a dû subir les mauvaises plaisanteries de son frère et de son inséparable comparse, Damian, le jeune duc de Knightbridge. Mais à quelques jours de son entrée dans le monde, une nouvelle farce dégénère. Cette ultime humiliation la pousse à la rébellion. Elle quitte la demeure familiale pour rejoindre sa tante, et prend fait et cause pour les suffragettes.

Pour Damian, la révélation est brutale. Il réalise qu’ils sont allés trop loin et surtout, qu’Amelia a grandi. Elle est devenue une belle jeune femme qui suscite son admiration autant que son désir. Dès lors, il ne souhaite plus qu’une chose : être pardonné. Malheureusement, la guerre éclate en Europe, jetant le monde dans le chaos...

15 000 mots (nouvelle)

« ... mon coup de cœur du concours. J’aime le personnage d’Amelia, sa force et son courage. J’aime le contexte historique, on s’y croirait. » Jo Ann von Haff (auteure de La Réelle Hauteur des hommes)

« L’écriture est maîtrisée, les personnages sont fouillés, avec un passé, un caractère, une histoire propre... Toutes les relations sont justes, les actes des personnages sont compréhensibles, il n’y a pas de cliché... » Valéry K. Baran (auteure de Quatre ans, deux mois et dix-huit jours)


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Résumé
Depuis son enfance, Amelia a dû subir les mauvaises plaisanteries de son frère et de son inséparable comparse, Damian, le jeune duc d e Knightbridge. Mais à quelques jours de son entrée dans le monde, une nouvelle far ce dégénère. Cette ultime humiliation la pousse à la rébellion. Elle quitte l a demeure familiale pour rejoindre sa tante, et prend fait et cause pour les suffragettes . Pour Damian, la révélation est brutale. Il réalise qu’ils sont allés trop loin et surtout, qu’Amelia a grandi. Elle est devenue une belle jeun e femme qui suscite son admiration autant que son désir. Dès lors, il ne souhaite plus qu’une chose : être pardonné. Malheureusement, la guerre éclate en Europe, jetant le monde dans le chaos…
De la même auteure aux Éditions Laska
L’Homme de la sierra
Dans la ligne de tir
Le Club des A - 3 : Samantha
AMELIA LA SCANDALEUSE
Pauline Libersart
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnage s, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés d e manière fictive.
Tous droits réservés © Stéphanie Joubert, 2014 Extrait deL’Homme de la sierra© Stéphanie Joubert, 2013.
Aucune reproduction ou transmission, totale ou part ielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des d roits et de l’éditeur.
Le téléchargement de cet ebook sur d’autres sites q ue ceux autorisés par l'éditeur ainsi que son partage au-delà du cadre strictement famili al et privé est interdit et puni par la loi. Les Éditions Laska s’engagent à ne pas apposer de DRM ni d’autre mesure visant à restreindre l’utilisation de cet ebook par les pe rsonnes l’ayant dûment acquis.
Design de la couverture : Jeanne Corvellec Photos de couverture : iStockphoto et RazzDazzStock
ISBN : 978-2-924395-16-5
Table des matières
Résumé Autres publications de l’auteure Page titre Droits d’auteur Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Merci ! L’Homme de la sierra (Chapitre 1) L’auteure
Chapitre 1
1918, Knightbridge Hall Ln sortit de sa chambre. Ila nuit tombait. Une froide nuit de septembre. Damia caressa machinalement la tête de son chien, un énor me dogue, qui l’attendait derrière la porte. Il prit le temps d’écouter le silence qui régnait dans le château. Un calme si loin des bruits assourdissants et des cris qui réso nnaient en permanence dans son esprit. Le jeune duc ne put retenir une grimace de douleur lorsqu’un élancement violent lui traversa la jambe, l’obligeant à s’appuyer plus lou rdement sur sa canne à pommeau d’argent. Lentement, il se dirigea vers le monumental escalie r de marbre, le chien sur ses talons. Il songea, non sans dérision, que sa mère a llait encore essayer de le persuader d’installer ses appartements dans les pièces du rez -de-chaussée. Agrippant de sa main libre la rambarde de cuivre im peccablement astiquée, il commença sa pénible descente. Dire qu’autrefois, il glissait à toute allure, à califourchon sur cette même rambarde… Pourquoi s’infligeait-il cette torture ? Il serait si simple de céder, de transformer la bibliothèque en chambre. Tout comme il serait plus simple d’utiliser le magnifique fauteuil roulant capitonné de cuir que sa mère avai t fait venir de Londres, et tout oublier… Et pourquoi ne pas m’abrutir au laudanum pendant qu e j’y suis !avec songea-t-il une amère ironie. Haletant, il fit une pause sur le palier. Très exac tement sous le portrait de son défunt père, Jonathan Whitfield, huitième duc de Kn ightbridge. Le tableau avait été achevé seulement quelques jours avant qu’il ne se t ue dans un stupide accident de chasse, laissant le titre à son fils unique âgé de quatre ans et toutes les responsabilités à sa jeune veuve. Damian serra les dents pour contenir la douleur. Il ne voulait pas oublier ce qui le hantait, comme l’en suppliait sa mère. Il ne pouvai t pas. Ses pensées restaient attachées à ses hommes sur le front et cela durerai t tant que cette guerre ne serait pas terminée… Seule cette maudite blessure l’empêchait de les rejoindre dans ces fichues tranchées. Il reprit sa lente descente. Arrivé au bas de l’esc alier, il se dirigea vers la petite salle à manger, celle réservée aux repas intimes en famil le, devinant la présence silencieuse des domestiques qui le surveillaient, t oujours prêts à venir l’aider… Il détestait cette sensation. Sa mère, la duchesse douairière, l’attendait déjà, assise à table. Il était en retard. Elle ne put retenir complètement le froncement de s es aristocratiques sourcils. Damian devina sans peine la cause de ce reproche muet, qui n’avait rien à voir avec l’heure. Il ne s’était pas changé, ni même rasé. En fait, il ne voyait plus l’utilité de toutes ces simagrées : la tenue de soirée, les baisemains… Le monde était devenu fou. Il n’y avait plus de civilisation. Seuls l’affection et le respect qu’il éprouvait pou r cette mère qui l’avait élevée seule, affrontant toutes les difficultés avec honneur, l’e mpêchaient de se conduire comme un sauvage. Mais pour combien de temps encore ? Chaque jour, les démons qui hantaient son âme gagnaient du terrain. Le repas commença dans un silence qui devint vite p esant pour la duchesse. Alors,
bien malgré elle, elle entama un long monologue sur l’état du domaine, sur la vie des gens du village, espérant que son fils réagisse enf in autrement que par des hochements de tête polis. « Vous avez reçu un colis », lança-t-elle soudain. Sa phrase mit quelques instants à franchir les murs de l’indifférence de Damian. « J’ai posé le paquet sur votre bureau, continua-t- elle, la gorge serrée, en le fixant intensément, son beau regard chargé d’inquiétude. — Pourquoi ? Vous vous chargez parfaitement du cour rier. Vous êtes bien plus habile que moi pour répondre à tous ces gens qui ve ulent savoir à quel point je suis amoindri », riposta-t-il, amer. Voyant sa mère se raidir, Damian ajouta plus doucem ent, avec un sourire contrit : « D’ailleurs, je vous en remercie. » La duchesse hésita, mais elle avait commencé, alors elle devait aller au bout… « Le paquet vient d’Amelia Deverell ! » Elle vit son fils serrer les mâchoires puis se cont raindre à se détendre, avant de se remettre à manger, sans faire aucun autre commentai re. Au moins ce soir mangeait-il. La duchesse retint un soupir peu élégant. Elle espé rait de toute son âme que le contenu de cette petite boîte lui ramènerait son fi ls. Pas cet inconnu froid et taciturne, mais le garçon merveilleux, drôle, plein de vie qu’ il était avant son départ et qu’elle sentait disparaître un peu plus chaque jour. Seulement, ce colis pouvait également être la boîte de Pandore. Elle avait hésité toute la journée avant d’aller le déposer dans le b ureau et d’oser en parler. À voir son fils si beau, si élégant autrefois, venir dîner soi r après soir complètement débraillé, mal rasé… Elle s’était finalement décidée. Peut-être ce paquet agirait-il comme un électrochoc sur lui ? Amelia la scandaleuse… * * * Damian avait eu du mal à masquer sa réaction. Ameli a lui avait écrit. Lors de leur dernière rencontre, elle l’avait pourtant congédié sans retour. Pourquoi lui avait-elle envoyé ce colis ? Il serra les mâchoires, mangea machinalement tout e n essayant de se concentrer sur la discussion. Il refusait de céder à l’impatie nce qu’il sentait monter en lui. Il s’astreignit à terminer son repas et même à raccomp agner sa mère jusqu’à ses appartements, malgré les élancements dans sa jambe. Après avoir tendrement embrassé la duchesse, il se rendit au bureau seigne urial. L’immense pièce était froide et austère, meublée de chêne foncé. Autrefois, il d étestait cet endroit, lui préférant la lumineuse bibliothèque. Mais aujourd’hui, cet antre lugubre lui convenait à merveille. Après s’être servi un cognac, Damian posa le carafo n sur le bureau à côté du petit colis, à portée de main, et se laissa tomber dans l ’énorme fauteuil de cuir. Il fixa longuement le petit paquet, tache claire su r le bois sombre. De la taille d’une boîte à cigares, enveloppé de papier kraft, il semb lait le narguer. D’une main qu’il ne pouvait empêcher de trembler, il défit la ficelle e t déchira l’emballage. Prenant une profonde inspiration, il souleva le couvercle. Le duc de Knightbridge reçut un uppercut en plein v entre et se trouva projeté des années en arrière…
Chapitre2
À l’âge de douze ans, comme tous les pairs du royau me, le jeune Damian avait été envoyé en pension à Eton. Là, il s’était lié d’amit ié avec Nathaniel Deverell, fils d’un petit hobereau du Surrey. Une amitié qui avait comm encé par une mémorable bagarre, lorsque Nathan lui avait lancé : « C’est pas parce que t’es duc que ça m’empêchera d e te cogner ! » Et le petit dur avait aussitôt mis l’idée en pratiq ue. Une longue punition plus tard, ils étaient devenus inséparables, au grand désespoir de tous leurs professeurs. Fils unique d’une mère qui ne lui refusait quasimen t rien, Damian avait exigé de passer toutes ses vacances avec son meilleur ami. A lors, la duchesse avait fait le nécessaire pour obtenir l’accord des parents de son camarade. La famille Deverell était de modeste lignage. Face à la promesse d’être invit ée, à chaque réveillon du jour de l’An, dans l’un des plus beaux châteaux d’Angleterr e et parmi les plus prestigieuses familles de l’aristocratie, l’ambitieuse lady Dever ell avait accepté l’arrangement avec joie. Les garçons passaient donc une moitié de leurs vaca nces dans le Surrey et l’autre à Knightbridge Hall. Damian adorait aller chez son ami, dont le manoir, bien plus petit que sa propre demeure, était aussi bien plus chaleu reux. Nathan était l’aîné d’une fratrie qui comptait une sœur, Amelia, et deux petits frères, Nick et Harry, des jumeaux. Amelia avait six ans à l’époque où il avait commenc é à se rendre chez eux. C’était une fillette rondelette que sa mère habillait de bl anc, de rose et de dentelles, comme une poupée de porcelaine, douce, toujours sage et p olie. Avec les années, la pauvre petite était devenue leu r victime préférée. Au fil des étés, ils l’avaient enfermée dans une malle au gren ier un après-midi entier, au simple prétexte qu’elle rentrait dedans. Plus d’une fois, ils avaient mis des lézards dans son lit, du sable dans sa dînette, fait des nœuds dans ses rubans et cent autres...
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