Amoureuse d'un pompier

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Le 14 juillet, Harlequin ouvre le bal : accordez-vous quelques danses avec les plus séduisants des pompiers !

Depuis que Christian Welton a rejoint l’équipe de pompiers secouristes où elle travaille, Leanne fait tout pour garder ses distances. Hors de question qu’elle figure au nombre des conquêtes de cet incorrigible bourreau des cœurs. Or, au fil des missions, et notamment lors de la collecte de jouets pour les enfants démunis, Christian révèle d’autres facettes de son caractère : généreux, attentionné, sensible. Des qualités qui le rendent très vite irrésistible aux yeux de Leanne. Mais si elle succombe au charme de son coéquipier, pourra-t-elle en assumer les conséquences ?

Roman déjà paru sous le titre « Charmée malgré elle ».

Publié le : lundi 6 juillet 2015
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280342360
Nombre de pages : 130
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1.
Christian Welton enfonça une nouvelle fois son bâton de ski dans le conduit d’aération de l’abri montagnard de fortune. Il avait passé l’essentiel de la nuit à faire ce geste, afin de s’assurer que la neige n’empêche pas l’air de passer. Il y allait de sa vie et de celle de son cousin. Tous deux avaient déjà été extrêmement chanceux d’avoir pu s’engouffrer dans ce refuge improvisé sur les flancs de Mount Hood. Il jeta un coup d’œil à Owen Slayter, allongé à l’intérieur d’un sac de couchage. Un fin matelas de mousse le séparait du glacial tapis neigeux. Le côté droit du visage d’Owen était tout à la fois boursouflé, couvert d’hématomes et éraflé. Mais il ne s’agissait là que de blessures superficielles. Son cousin devait en revanche à tout prix être hospitalisé du fait de multiples fractures. Un transfert par hélicoptère était évidemment le moyen le plus rapide pour mettre Owen entre les mains des médecins. Mais les conditions météorologiques avaient jusqu’ici rendu impossible une telle solution. En attendant l’arrivée des secours, Christian devait tout faire pour maintenir Owen en vie. Et d’abord, il s’agissait d’éviter que son cousin ne tombe dans un état d’hypothermie. Il faisait à peu près zéro à l’intérieur de leur fragile campement. Presque l’été par rapport au froid mordant qui régnait à l’extérieur en cette fin de mois de novembre. Christian avait beau tendre l’oreille dans l’espoir de percevoir un bruit quelconque, il n’entendait rien. Cela étant dit, il préférait largement le silence — aussi angoissant fût-il — à la furie de la tempête qui s’était abattue sur eux la veille. Christian se dit que la Terre Mère les avait pris en pitié, qu’elle avait organisé une accalmie, le temps que les sauveteurs arrivent. Pourvu qu’ils ne tardent pas trop. Il se glissa hors de sa couche, se convainquant soudainement qu’il allait voir un coin de ciel bleu, sentir un rayon de soleil sur sa peau. Il retira les sacs à dos dont il s’était servi pour calfeutrer l’entrée du refuge et risqua un regard vers l’extérieur. Son sang, au sens propre comme au sens figuré, se glaça aussitôt. Le vent avait certes perdu quelque peu en intensité mais soufflait encore à au moins cent kilomètres/heure, la température était toujours aussi loin du zéro du mauvais côté du thermomètre, et la visibilité était nulle ou presque. Aucun hélicoptère ne pouvait prendre les airs dans un tel enfer. Et les routes étaient sûrement tout aussi impraticables. On n’allait pas les retrouver tout de suite ! Et ce foutu téléphone portable qui était déchargé.Stupide technologie qui fait défaut au pire moment.enrageait de ne Christian pas savoir ce qui se passait dans la vallée, de ne pas pouvoir suivre la progression d’une hypothétique opération de secours. Pas de panique !Ne penser qu’aux rares éléments de cette situation désespérée sur lesquels il pouvait exercer un semblant de contrôle. Comme enlever la neige de ses skis orange fluo placés en forme de croix pour qu’ils soient visibles de loin. Après avoir affronté le froid pendant quelques secondes, Christian s’engouffra dans l’abri et remit les sacs à dos en place. Il fut saisi de violents frissons, ses jambes commencèrent à trembler. Il frictionna ses cuisses avec ses mains engoncées dans de grosses moufles. En cet instant, il était prêt à échanger tout l’or du monde pour une tasse de chocolat chaud. Owen poussa un gémissement sourd. Il fallait absolument s’occuper de son cousin. Faire fondre de la neige pour qu’il puisse boire. Il ne fallait surtout pas manger de la neige, car cela ferait baisser la température du corps, ce qui augmenterait les risques d’hypothermie. Faire fonctionner un réchaud dans cet étroit réduit pouvait provoquer un empoisonnement au monoxyde de carbone. Mais Christian n’avait guère le choix. Cela étant dit, pendant que la neige
fondait dans la casserole, il se leva à plusieurs reprises pour dégager le conduit d’aération. Une fois qu’il eut fait fondre suffisamment de neige, il éteignit le réchaud et remplit une bouteille d’eau avec le breuvage obtenu. Il se faufila jusqu’à l’endroit où son cousin était allongé, faisant attention à ses mouvements pour ne pas se fracasser le crâne. Il s’était tellement empressé de creuser dans la neige pour protéger Owen du froid qu’il avait construit un abri trop petit. — Tu as soif ? demanda-t-il. Owen ouvrit péniblement les yeux et grimaça de douleur. — La tempête est passée ? Avec quelle difficulté il avait prononcé ces quelques mots ! Son cousin avait la voix d’un agonisant, de quelqu’un qui allait… non… il ne fallait pas penser à la mort ! Owen souffrait, ni plus ni moins. — Le temps est toujours aussi mauvais mais, dehors, ils savent où nous sommes, affirma Christian, s’efforçant de paraître aussi rassurant que possible. Quelle ironie de dépendre d’une mission de sauvetage lui qui, pompier de son état, passait son temps à extirper des gens de bâtiments en flammes ! — Tu crois… que la MRSMO nous trouvera ? s’enquit péniblement Owen. Christian avait beaucoup de respect pour les exploits de la MRSMO — la Mission de Recherche et de Sauvetage des Montagnes de l’Oregon — puisque, à bien des égards, comme les pompiers, sa raison d’être était de sauver des vies humaines. Les membres de la MRSMO, des montagnards aguerris, possédaient en outre des talents dont il était largement dépourvu. Mais même le plus valeureux d’entre eux mettrait beaucoup de temps à atteindre leur campement si la météo restait aussi exécrable. — Bien sûr qu’elle nous trouvera, répondit enfin Christian, pensant au courage de Paulson et de Thomas, à la fois sauveteurs de haute montagne et pompiers — finalement, il s’agissait d’une grande famille ! Par chance, avant que son téléphone ne rende l’âme, Christian avait eu le temps de communiquer leurs données GPS aux services d’urgence. « Toujours avoir un téléphone de secours », ne manquerait pas de lui dire Thomas, toujours prompte à faire la morale. Et, cette fois, elle aurait entièrement raison. — Même si la MRSMO ne vient pas nous chercher aujourd’hui, nous avons tout ce qu’il faut. Des sacs de couchage, de la nourriture à profusion, de l’essence pour le réchaud et mes talents d’infirmière. Christian crut apercevoir un semblant de sourire sur les lèvres d’Owen. Mais il vit bien que son cousin éprouvait des douleurs toujours aussi vives. Que faire pour les apaiser ? Peut-être agrandir le refuge ? De toute façon, les sauveteurs auraient besoin de davantage de place pour pouvoir s’occuper d’Owen. — Si tu n’y vois pas d’inconvénients, je vais apporter quelques modifications à notre nid douillet. Je trouve que nous sommes un peu à l’étroit. — Arrête tes bêtises. Crois-en un alpiniste chevronné, c’est le lot de tous les abris de fortune. Tu t’es déjà trempé pour le construire. Il ne faut pas que tes habits de rechange soient mouillés à leur tour. — Mais la neige peut nous envahir à tout instant. — Les secours seront là avant que cela n’arrive. Christian s’efforça de partager l’optimisme d’Owen. En tout cas, il était rassuré de constater que son cousin semblait plus alerte. — Bon, tu as raison, après tout, je ne suis qu’un modeste amateur d’escalade. Et je suis désolé de t’avoir entraîné dans cette aventure. — Arrête tes jérémiades, tu sais bien que c’est moi qui ai voulu gravir cette foutue montagne. — Peu importe, mais je te prie de ne pas mourir, sinon grand-père serait fâché pour de bon contre moi. Le patriarche du clan Welton ne lui pardonnerait évidemment jamais un inimaginable décès d’Owen. Déjà qu’il était persona non grata au sein de la famille parce qu’il avait refusé de prendre le poste au sein de l’entreprise familiale que son grand-père avait prévu pour lui. — Grand-mère non plus ne serait pas très contente. Ni mes sœurs ni les tiennes, dit Owen, prolongeant la plaisanterie quelque peu morbide qu’il avait initiée. Christian serra très fort la main de son cousin. Il fallait tenir. « L’avenir des établissements vinicoles Welton est entre tes mains et celles d’Owen ! » Combien de fois avait-il entendu leur
grand-père tonner cette phrase ? Mais tout cela n’avait plus aucune importance pour l’instant, il s’agissait simplement de survivre !
* * *
Des vents violents qui empêchaient de voir à plus de un mètre. Une température quelque part entre moins dix et moins vingt degrés. Certainement pas un temps à mettre le nez dehors. Et pourtant, elle était bien là ! Reniflant de froid, respirant bruyamment à travers son masque de ski, Leanne Thomas avançait à petits pas sur le flanc de la montagne. Une fine couche de glace avait recouvert ses vêtements et le sac à dos contenant quelque vingt kilos d’équipement et de matériel médical. Mais pour rien au monde elle n’aurait voulu être ailleurs. Si seulement les autres membres de la MRSMO pouvaient hâter le pas ! Ils devaient aller encore plus haut, là où le signal de détresse qu’ils avaient reçu avait été émis. Elle avait demandé à partir en éclaireur mais Sean Hughes, responsable de l’équipage composé de six membres, avait sèchement refusé, entonnant son éternelle litanie du risque d’hypothermie. Il pouvait être tellement mère poule parfois. Un trait de caractère à la fois désarmant et irritant. En même temps, on ne pouvait lui reprocher sa prudence. A quoi servirait une équipe de sauvetage qui perdrait l’un de ses membres avant même d’avoir trouvé ceux qu’elle était venue chercher ? Il n’empêche, cette fois-ci, les choses étaient particulières. Un des leurs était coincé là-haut ! Pas quelqu’un de la MRSMO, mais un pompier de Hood Hamlet. Christian Welton était arrivé un an plus tôt et était le plus jeune des soldats du feu professionnels. Dès le début, il avait débordé de confiance en lui, faisant preuve à la fois d’un humour et d’un professionnalisme à toute épreuve. Ce qui le lui avait rendu immédiatement sympathique. Voyant l’image de son collègue danser devant ses yeux, Leanne ne put réprimer un sourire. Grand, bien bâti, d’épais cheveux bruns, des yeux bleus étincelants. Christian Welton correspondait à merveille à l’expression « gravure de mode ». Pas étonnant qu’il ait du succès avec les femmes ! Même si, avec elles, il se montrait moins consciencieux que dans le boulot. Leanne se souvint de cette beauté — comment s’appelait-elle déjà ? Ah, oui, Alexa — qui un soir était venue faire un esclandre à la caserne, pendant sa garde. De manière générale, Leanne en savait plus que de raison sur la vie privée des mâles qui l’entouraient à la caserne. En même temps, cela l’aidait à déterminer ce qu’elle devait attendre d’une relation. Combien de fois avait-elle vu ses amis masculins, pompiers ou sauveteurs de haute montagne, briser le cœur d’une femme ? Elle-même avait trop souffert des rudesses de l’amour pour se mettre de nouveau dans une situation de vulnérabilité. A son arrivée, Christian avait bien tenté de jouer les jolis cœurs auprès d’elle. Mais, comme à son habitude, elle avait fermement repoussé ses avances, voulant avant tout être considérée comme un pompier et non pas comme une femme. Christian avait mis plus de temps que d’autres à comprendre le message, mais il avait fini par capituler, ne s’adressant désormais à elle qu’en des termes strictement professionnels. De toute manière, la hiérarchie voyait d’un très mauvais œil les amourettes sur le lieu de travail. Cela étant dit, maintenir à distance quelqu’un n’empêchait pas de le regarder de temps à autre. Et comment détacher ses yeux durablement de Christian ? Il était beau comme un dieu, préparait divinement le poulet au curry et parlait avec enthousiasme de ses expéditions d’escalade. L’angoisse la submergea tandis qu’elle songeait aux nombreuses anecdotes qu’il leur avait racontées sur les fois où il avait frôlé la mort. Comme aujourd’hui… Elle avait beau savoir que toute émotion excessive était nuisible à l’efficacité d’une opération de secours, elle ne pouvait s’empêcher d’être vivement inquiète pour lui. La face nord de Mount Hood n’était pas une partie de plaisir, même pour un sportif de haut niveau. Mais Leanne savait d’expérience que Christian n’agissait jamais de manière inconsidérée. Elle se raccrochait à cette idée tant bien que mal, priant pour qu’il ne soit pas blessé. Elle savait qu’il se trouvait là-haut avec son cousin. Pourvu que ce dernier soit suffisamment aguerri pour gérer la situation au cas où Christian serait gravement blessé. Une bourrasque de vent la fit vaciller sur ses jambes. La température était encore descendue d’un cran. Mais, refusant de sentir les morsures du froid, elle poursuivit résolument sa marche en
avant… jusqu’à ce qu’une nouvelle rafale de vent manque la faire tomber. Cette fois, elle eut besoin de ses bâtons de ski pour retrouver un semblant d’équilibre. — Ralentis le train, Thomas ! Tu n’es pas toute seule ! Les ordres de Hughes lui parvenaient loin derrière elle. En se retournant, elle constata qu’elle avait pris une sacrée avance sur les autres. Mais c’était plus fort qu’elle, elle craignait le pire. Comme — et cela remontait au Thanksgiving dernier — lorsqu’une fixation de snowboard défectueuse avait violemment fait chuter Sean. Il avait dû appeler les secours, et cela avait été le pire Thanksgiving de sa vie. Sauver des gens que l’on ne connaît pas est une chose. Mais quand il s’agit d’un collègue… Une fois que le reste de l’équipe parvint à sa hauteur, Leanne poursuivit son ascension, faisant désormais attention à chacun de ses pas. Malgré les couches de glace qui la recouvraient, elle sentait bien que l’humidité ne la pénétrait pas. Elle avait froid, mais elle ne gelait pas. Merci, maman Hughes ! Au bout de quelques minutes, Sean marqua un arrêt et rassembla l’équipe autour de lui. — Ça y est. Nous sommes dans les limites des coordonnées GPS qu’ils ont communiquées. Soyez particulièrement attentifs à des signaux qu’ils auraient pu placer pour nous indiquer leur position exacte. A peine eut-il terminé d’énoncer ses directives que Hughes fit tinter un long coup de sifflet dans l’espoir de se faire entendre de ceux qui devaient être secourus. En général, ce type de son portait plus loin que la voix humaine. En même temps, si Welton et son compagnon d’infortune s’étaient fabriqué un abri de neige — et c’était à espérer pour eux — il y avait de fortes chances pour qu’ils ne perçoivent aucun bruit tant la neige étouffait les ondes sonores. — J’ai trouvé un X, hurla Paulson, pointant du doigt une paire de skis orange fluo. Leanne éprouva une immense sensation de soulagement. Elle se précipita vers l’endroit mentionné par Paulson. Une sorte d’entrée vers un abri était bouchée par des sacs à dos. — Le jeunot a l’air de savoir s’y prendre, dit Paulson. — Allons vérifier ! répondit Leanne.
* * *
— Réveille-toi, mon pote ! Christian se releva d’un bond, se cognant la tête sur le plafond de neige durcie. — Qu’est-ce qu’il y a ? — Ils sont là ! Enfin ! Owen éclata de rire. Christian eut une bouffée d’angoisse. Les hallucinations étaient généralement des symptômes d’un état d’hypothermie. La situation devenait critique. Owen n’avait cessé de s’affaiblir au cours des dernières heures. — Comment te sens-tu… Un bruit sourd l’interrompit. Un des sacs à dos bouchant l’entrée était tombé. Ensuite, ce fut au tour du second. Puis il vit un casque rouge se frayer un passage. La MRSMO. Owen n’avait pas rêvé, ils étaient sauvés ! Le sauveteur parvint à l’intérieur de l’abri en rampant. Son casque, son masque, sa parka, son sac étaient entièrement recouverts de glace. On distinguait à peine le mot « secours » sur l’une des manches. Il commença à enlever une partie de son équipement… ce qui permit à Christian de se rendre compte qu’il ne s’agissait pas d’un homme mais d’une femme. — Thomas ! s’écria-t-il. Leanne Thomas était secouriste à la caserne. Jolie fille dotée d’un corps plus que sexy. Il avait tenté de la séduire lors de son arrivée parmi les pompiers de Hood Hamlet. Mais elle ne s’était guère montrée intéressée. De toute façon, elle n’était pas réellement son type. Professionnelle jusqu’au bout des ongles, Leanne Thomas aimait jouer les dures, comme si elle voulait faire oublier son genre. Jamais prise en défaut, elle s’acquittait de toutes ses missions avec un zèle exemplaire. Même s’il s’était résigné à cantonner leurs rapports au registre de la camaraderie, Christian aurait payé cher pour la voir une fois dénouer le sévère chignon qu’elle arborait tous les jours. Les joues de Leanne étaient rougies par le froid. Elle le regarda droit dans les yeux. — Welton ! Content de te retrouver. Il n’y a qu’un bleu pour se mettre dans une situation pareille.
— Je n’ai jamais été aussi heureux de voir ton visage, répondit Christian. — Paulson est dehors. Est-ce que tu es blessé ? Comment vont tes pieds ? Tout en posant ces questions d’usage, Leanne sortit de son sac des gants pour procéder à un premier diagnostic des blessures. — Je vais bien, mes orteils sont gelés, mais je les sens encore. C’est mon partenaire, et cousin, qui est plutôt mal en point. Il a fait une chute de ski. Il est âgé de vingt-six ans et ne présente aucun antécédent médical. A mon avis, il a un bras et une cheville cassés. Et un de ses genoux a dégusté. — Je suis là ! cria Owen, faisant semblant d’être fâché que l’on parle de son cas comme s’il était absent. — J’ai suivi la procédure NEXUS pour vérifier sa colonne vertébrale avant de le traîner dans cet abri. — Beau travail, Welton, dit Leanne d’un ton presque martial. Christian était flatté, Leanne Thomas avait le compliment rare. Il était surtout soulagé de n’avoir commis aucune erreur dans la manipulation d’Owen. Il s’en serait voulu toute sa vie d’avoir aggravé les blessures de son cousin. Comme Leanne fit mine de vouloir s’approcher d’Owen, Christian essaya de se dégager pour lui faire un passage. Pas facile dans un espace aussi réduit. — Est-ce un hobbit qui a construit cet abri ? demanda sa collègue avec un sourire ironique. — Je suis désolé, j’étais pressé, j’ai fait du mieux que j’ai pu. — Je plaisante, Welton, ce refuge vous a probablement sauvé la vie, je te félicite. Sans crier gare, Leanne lui décocha un clin d’œil qui le laissa pantois. Elle réussit enfin à se glisser le long d’Owen. — Bonjour, Owen. Vous avez de la chance, votre cousin s’est bien occupé de vous. — Vos yeux marron sont magnifiques. On dirait du chocolat au lait avec un nuage de crème. Christian se raidit. Quelle mouche avait piqué Owen ? Il regardait Leanne comme si elle était Aphrodite sortie des eaux. S’il pensait qu’il allait pouvoir la mettre dans sa poche par des compliments, il se fourvoyait. Leanne se fichait éperdument de l’effet que son physique pouvait avoir sur les hommes. Sans compter qu’il ne l’avait jamais vue flirter avec qui que ce soit. Pourtant, elle gratifia Owen d’un sourire chaleureux, et lui était visiblement ravi de voir une belle femme presque allongée sur lui. — Je vous remercie, Owen, j’aime beaucoup le chocolat. Je suis membre de la MRSMO et secouriste chez les pompiers de Hood Hamlet. M’autorisez-vous à vous examiner ? — Et comment ? Christian, pourquoi ne m’as-tu jamais dit que tu avais une collègue aussi charmante ? — Elle fait partie de l’équipe comme les autres, grommela Christian. — Tu dis cela comme ça ? Cela ne te fait aucun effet de travailler aux côtés de la huitième merveille du monde ? Il faut t’acheter des lunettes, mon vieux. Imperturbable, Leanne ouvrit le sac de couchage dans lequel était emmitouflé Owen, tout en faisant bien attention à ne pas le découvrir. — Ce que Welton veut dire, c’est que tous les autres membres de la caserne me considèrent comme l’un des leurs, oubliant le fait que je suis une femme. — Les idiots ! — C’est plus simple comme cela, poursuivit Leanne, tout en examinant la cheville d’Owen. — Il n’empêche, ce sont quand même des idiots. — Dis donc, toi, ce n’est pas parce que tu es blessé que tu as le droit de m’insulter ! — Il faut bien que quelqu’un dise enfin à ta collègue qu’elle est un plaisir rare pour les yeux. Sinon, elle refusera de me soigner. Leanne regarda Owen d’un air amusé. On aurait dit qu’elle était sous le charme de son cousin. C’était quand même insensé ! Cela faisait des mois qu’il se retenait de tout propos déplacé en présence de Leanne, de peur de froisser sa grande susceptibilité, et voilà qu’elle entrait sans rechigner dans le petit jeu de séduction initié par Owen. — Est-ce que vous portiez des chaussures d’escalade pendant votre descente à skis ? demanda Leanne. — Oui, j’avoue ma faute, j’aurais dû porter un équipement approprié. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Il faut dire que cette tempête nous a totalement pris par surprise. — Même avec des chaussures de ski, vous n’auriez pu éviter de vous casser la cheville. Bon, je n’ai pas assez de place pour travailler ici. Welton, mets ton masque de ski et va dire aux autres
de se dépêcher de monter la tente. Voilà qu’ils allaient être tout seuls, Owen et Leanne. Interloqué par la jalousie qu’il sentait monter en lui, Christian ne bougeait pas. — Welton ? Tu es sourd ? Exécution !
TITRE ORIGINAL :FIREFIGHTER UNDER THE MISTLETOE Traduction française :STAN B. TRAVERSE ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin Graphiste : Aude Danguy des Déserts HARLEQUIN BOOKS S.A. © 2011, Melissa Martinez McClone. © 2013, Traduction française : Harlequin S.A. ISBN 978-2-2803-4236-0
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